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Alan Shearer, The Goal Machine

S’il fut indubitablement l’un des meilleurs buteurs de l’histoire du championnat anglais, Alan Shearer n’a malheureusement pas eu un palmarès à la hauteur de son efficacité (un seul titre glané en carrière). Terreur des défenses du Royaume, cet avant-centre incroyablement précis des deux pieds et doté d’un jeu de tête impressionnant a marqué son temps et est régulièrement cité parmi les meilleurs attaquants des années 90 et du début des années 2000. Découvrons son histoire.

Alan-Shearer-Jeune Alan Shearer, The Goal Machine

Débuts compliqués

Originaire de Gosforth, un quartier de Newcastle upon Tyne, Alan Shearer voit le jour le 13 août 1970 dans une famille d’ouvriers. Il tâte ses premiers ballons dès sa plus tendre enfance. Dans les clubs de son quartier, il évolue d’abord comme gardien de but mais est très vite reconverti milieu de terrain. Supporter de Newcastle United, il effectue des essais avec son club de cœur durant son adolescence. Malheureusement, il ne convainc pas le staff des Magpies et n’est pas retenu. Manchester City et West Bromwich Albion, autres clubs où il avait tenté sa chance, le recalent également. En désespoir de cause, il continue à évoluer avec l’équipe de son collège puis avec les Wallsend Boys Club, un petit club amateur de Newcastle upon Tyne. C’est lors d’un match avec cette équipe qu’il est repéré par Jack Hixon, un recruteur de Southampton, qui l’invite à venir s’entraîner avec les équipes de jeunes du club durant l’été 1985. Le jeune Shearer s’applique et satisfait les dirigeants des Saints. Il est conservé et signe un contrat en avril 1986. Ce qui lui permet d’intégrer les équipes de jeunes. C’est à ce moment que ses entraîneurs décident de le faire jouer plus haut et il est progressivement transformé en avant-centre. Un choix fructueux vu qu’il fera parler la poudre dans sa catégorie d’âge. Ce qui va lui permettre de taper dans l’œil du staff de l’équipe première.

Alan-Shearer-Southampton Alan Shearer, The Goal Machine

Premières saisons à Southampton

Durant la saison 1987-1988, il est coopté en équipe première. Il effectue ses débuts en première division le 26 mars 1988 lors d’un match contre Chelsea sous les ordres de Chris Nicoll. Loin de se laisser impressionner, le jeune attaquant réalise son premier coup d’éclat deux semaines plus tard en inscrivant un hat-trick contre Arsenal. Il devient le plus jeune joueur à inscrire un triplé à 17 ans et 240 jours, battant le record de Jimmy Greaves (une autre légende du football anglais). Après une telle performance, il se voit logiquement proposer un premier contrat professionnel. Il finit cette première saison avec trois buts inscrits en cinq apparitions sur le pré. On se dit alors que sa carrière est définitivement lancée et qu’il explosera lors de la saison 1988-1989. Pourtant, Nicoll ne lui accorde que peu de crédit et l’utilise à doses homéopathiques. Il ne joue qu’une dizaine de matchs (huit titularisations) sans jamais parvenir à trouver le chemin des filets. La saison suivante, Nicoll l’aligne plus régulièrement aux côtés du buteur Rod Wallace. Le jeune avant-centre fait de son mieux mais a toujours autant de mal à se montrer décisif. S’il n’est pas titulaire indiscutable, il dispute tout de même 26 matchs en championnat (35 toutes compétitions confondues) et inscrit trois buts (cinq TTC). Après deux saisons finies aux douzième et treizième places, Southampton termine septième de Division One. Lors de la saison 1990-1991, il s’impose enfin durant cet exercice que Southampton conclura à la quatorzième place. Apprécié pour sa combativité (les supporters l’éliront joueur de l’année), il constitue le duo offensif avec Rod Wallace et bénéficie des caviars de Matt Le Tissier. Si ses statistiques ne sont pas folles (quatre buts en 36 matchs de championnat, 12 en 46 rencontres TCC), il intègre la sélection Espoirs et est retenu pour le Tournoi international de Toulon en fin de saison. Ce sera une révélation pour lui. Il brille de mille feux, inscrivant sept buts en seulement quatre matchs. La sélection anglaise remporte le tournoi et Alan Shearer est désormais considéré comme un joueur à suivre. Décomplexé, il retrouve son club le couteau entre les dents. En interne, il y a du nouveau avec l’arrivée d’un nouveau manager: Ian Branfoot qui remplace Chris Nicoll. Si jusque-là Shearer avait pour principale mission d’ouvrir des brèches défensives qui profitaient à ses coéquipiers, Branfoot décide d’en faire sa principale arme offensive, surtout que le club est orphelin de Wallace, parti à Leeds United. Shearer apprivoise rapidement son nouveau rôle et trouve régulièrement le chemin des filets dès lors. Il inscrit treize buts en 41 matchs de championnat (18 en 54 matchs TCC) et reçoit sa première convocation en sélection. Il marque dès sa première sélection (un match amical contre la France à Wembley). Malgré la modeste seizième place des Saints, il convainc le sélectionneur Graham Taylor qui le retient pour l’EURO 1992. Remplaçant, il ne joue quasiment pas (une seule apparition). Qu’importe pour Shearer dont la cote est désormais au plus haut. Les clubs plus huppés lui font les yeux doux et il est fortement pressenti pour signer à Manchester United. Il se laisse cependant séduire par les arguments de Kenny Dalglish, le manager des Blackburn Rovers, et décide de s’engager avec les Riversiders, nouvellement promus en Premier League. Il est transféré pour 3,4 millions de livres plus David Speedie qui rejoint Southampton en contrepartie.

Alan-Shearer-Blackburn-Rovers-1024x576 Alan Shearer, The Goal Machine

L’explosion à Blackburn

Avec les Rovers, Alan Shearer s’impose immédiatement et réalise d’excellents débuts. Associé à l’écossais Kevin Gallacher la plupart du temps, il fait parler la poudre et continue sur ses standards de la saison précédente en plus d’être pleinement intégré à la sélection. La malchance s’en mêle malheureusement. Lors d’un match contre Leeds United en décembre 1992, il est victime d’une rupture des ligaments croisés du genou droit. Cette blessure l’oblige à mettre prématurément fin à sa saison. Portés par Mike Newell (son remplaçant à la pointe de l’attaque) et des individualités comme Graeme Le Saux, Tim Sherwood, Stuart Ripley, Henning Berg, Colin Hendry ou Patrik Andersson, les hommes de Dalglish finissent quatrièmes de Premier League. Auteur de seize réalisations en seulement 21 matchs de championnat, Shearer a également trouvé le chemin des filets à six reprises en cinq matchs de League Cup. Il revient plus fort lors de l’exercice 1993-1994. Renforcés par les arrivées de David Batty et du gardien Tim Flowers, les Rovers jouent les premiers rôles et se mêlent à la course au titre, bien aidés par l’efficacité de Shearer. Il inscrit la bagatelle de 31 buts en 40 matchs de championnat (34 en 48 rencontres TCC) et s’avère précieux pour Blackburn qui finit deuxième du championnat, décrochant au passage une qualification en Coupe de l’UEFA. Seule ombre au tableau, son retour en sélection s’avère peu fructueux. Durant sa longue absence, les Three Lions se sont montrés inconstants et loupent finalement la qualification pour la Coupe du Monde 1994. L’intersaison s’avère agitée avec la venue de l’attaquant Chris Sutton pour seconder Shearer. Les deux hommes vont vite se trouver et leur duo va s’avérer très complémentaire. Si les Rovers ne font pas illusion en Coupe de l’UEFA (élimination dès le premier tour contre les Suédois de Trelleborg), ils ont tout le loisir de se concentrer sur la Premier League et titiller Manchester United. Vite éliminés des coupes nationales, les Riversiders prennent la tête du championnat et la conserve jusqu’au bout. Battus par Liverpool lors de la dernière journée du championnat, ils sont tout de même sacrés vu que les Red Devils ne parviennent pas à battre West Ham United, ce qui permet à Blackburn de finir premiers pour un point de plus. C’est la consécration pour Shearer qui remporte là le premier titre de sa carrière en plus de terminer meilleur buteur du championnat avec 34 buts inscrits en 42 matchs (37 buts TCC en 49 matchs). C’est par contre plus compliqué en sélection. Bien qu’il soit titulaire indiscutable, il ne parvient pas à marquer. Terry Venables (le nouveau sélectionneur) continue cependant à lui accorder toute sa confiance. La saison 1995-1996 est cependant beaucoup plus difficile. Ridiculisés en Champions League (ils finissent derniers de leur poule avec une seule victoire, un nul et quatre défaites), les Rovers ne parviennent plus à faire illusion en championnat. Vite décrochés, ils ne peuvent se mêler à la course au titre et se classent seulement septièmes. S’il termine une fois de plus meilleur buteur de Premier League avec 31 réalisations, les modestes statistiques de Shearer sur la scène européenne (un seul but marqué, sur penalty qui plus est, lors de la campagne en C1) suscitent des doutes quant à sa capacité à mener l’attaque anglaise lors de l’EURO 1996 disputé à domicile, surtout qu’il n’a plus marqué avec les Three Lions depuis septembre 1994. Venables lui renouvelle sa confiance et en fait son titulaire aux côtés de Teddy Sheringham. Bien lui en a pris vu que Shearer retrouve l’efficacité durant le tournoi qu’il termine meilleur buteur avec cinq réalisations. L’Angleterre se fait cependant éliminer en demi-finales par l’Allemagne aux tirs au but. Après cette saison riche au plan individuel, Shearer est plus que convoité.

alan-shearer-presentation-1024x682 Alan Shearer, The Goal Machine

Légende de Newcastle

Convoité par Manchester United, le transfert semble en bonne voie mais capote finalement. C’est alors que Newcastle United entre en piste et fait une offre mirobolante. Séduit par la perspective d’évoluer avec son club de cœur dans sa ville natale, sous les ordres de son idole de jeunesse Kevin Keegan, le buteur anglais donne son accord et il rejoint les Magpies fin juillet 1996 pour 15 millions de livres sterling (transfert le plus cher à l’époque). Unique recrue du club, il intègre une formation comptant des éléments comme David Ginola, Les Ferdinand, Keith Gillepsie, Rob Lee, Faustino Asprilla ou son ex-coéquipier David Batty. Il ne met pas longtemps à trouver ses marques et fait la paire avec Ferdinand. Sa première saison est positive malgré une blessure à l’aine qui lui avait fait manquer sept matchs (25 buts en 31 matchs de Premier League, 28 en 40 rencontres TCC). Il termine meilleur buteur du championnat pour la troisième année consécutive. Malheureusement, Newcastle vit une saison blanche. Le club se fait sortir des coupes nationales avant d’être éliminé de la Coupe de l’UEFA par l’AS Monaco et ne finit que deuxième du championnat derrière les Red Devils. Pour ne rien arranger, Keegan démissionne en janvier et est remplacé par Dalglish. Maigre consolation, une qualification pour la Champions League qui s’ouvre aux deuxièmes des grands championnats pour la première fois. En sélection, tout va pour le mieux. Glenn Hoddle, le remplaçant de Venables, l’intronise capitaine (il gardera ce statut jusqu’à sa retraite internationale) et Shearer se montre enfin efficace avec les Three Lions. Il participe au Tournoi de France en fin de saison 1997 et remporte ce mini-tournoi réunissant la France, le Brésil et l’Italie. Les choses vont de nouveau tourner au vinaigre pour lui. Lors d’un match de présaison, il se blesse aux ligaments d’une de ses chevilles et se retrouve sur le flanc pour de longs mois. Sans lui, Newcastle piétine, se fait sortir de la C1 dès la phase de poule et finit dans le ventre mou à une triste treizième place. Les Magpies atteignent cependant la finale de FA Cup mais ne peuvent rien contre Arsenal. Revenu à la compétition dans le dernier tiers de la saison, Shearer affiche des statistiques faméliques (deux buts en 17 matchs de championnat, sept buts en 23 matchs TCC). Malgré tout, Hoddle ne doute pas de lui et le sélectionne pour la Coupe du Monde 1998. Il en fait même son titulaire aux côtés du jeune Michael Owen. S’il pèse sur les défenses durant le tournoi, il n’inscrit que deux buts. L’Angleterre se fait sortir aux tirs au but par l’Argentine en huitièmes de finale.

Alan-Shearer-Newcastle-1 Alan Shearer, The Goal Machine

Les Magpies débutent mal la saison 1998-1999. Dalglish est viré au bout de deux matchs de championnat. Son remplaçant, Ruud Gullit, aura toutes les peines du monde à relancer l’équipe qui se fait rapidement distancer en championnat puis se fait éliminer de la Coupe des Vainqueurs de Coupe dès le premier tour par le Partizan Belgrade. La FA Cup sera le seul rayon de soleil de la saison. Avec cinq buts en six matchs, Shearer, devenu le capitaine de l’équipe, est l’un des principaux artisans du bon parcours de Newcastle. Le succès n’est cependant pas au bout vu que les locataires de Saint-James Park s’inclinent en finale contre l’intouchable Manchester United (les Red Devils feront le triplé cette année-là). Malgré cette défaite, ils valident leur qualification en Coupe de l’UEFA. En championnat, tout va à vau-l’eau avec une frustrante treizième place. À titre personnel, Shearer retrouve un peu d’allant (quatorze buts en 30 matchs de championnat, 21 TCC) et conserve son statut de cadre des Three Lions (désormais coachés par Kevin Keegan) avec lesquels il participe aux qualifications pour l’EURO 2000. L’exercice suivant démarre encore plus mal avec quatre défaites lors des cinq premiers matchs de Premier League. En conflit avec Gullit, Shearer est écarté du onze titulaire lors du derby contre Sunderland (match perdu par les Magpies). Conséquence, Gullit est viré et remplacé par Sir Bobby Robson. Lanterne rouge, Newcastle devra attendre son huitième match de championnat pour enregistrer sa première victoire après un nul et six défaites. Avec une entame aussi catastrophique, il n’y a aucune illusion à se faire sur les ambitions en Premier League. La situation ne sera pas non plus reluisante en coupes avec une élimination d’entrée en League Cup puis une autre en Coupe de l’UEFA. Le club parvient à se hisser en demi-finales de la FA Cup mais est battu par Chelsea. Modeste onzième du classement, Newcastle vit une nouvelle saison blanche malgré le retour en grâce de Shearer (23 buts en 37 matchs de Premier League, 30 buts en 50 matchs TCC). Sans surprise, il est retenu pour l’EURO 2000. Tombée dans un groupe très relevé (Allemagne, Portugal, Roumanie), l’Angleterre ne peut sortir des poules (une victoire, deux défaites). Auteur de deux buts, Shearer ne put rien pour sauver son équipe. Écœuré après cette nouvelle désillusion, il prend sa retraite internationale à seulement trente ans. En 63 sélections, il a inscrit 30 buts et porté le brassard de capitaine 34 fois.

Alan-Shearer-Newcastle-2 Alan Shearer, The Goal Machine

La saison 2000-2001 sera à oublier pour lui. Victime de nombreux pépins physiques, il ne joue qu’un tiers des matchs (19 apparitions en championnat, 23 TCC) et ne marque qu’à cinq reprises en Premier League (sept buts TCC, co-meilleur buteur du club avec Nolberto Solano et Carl Cort). Sans son atout offensif majeur, Newcastle, vite sorti des coupes nationales, reste englué dans le ventre mou du championnat et accroche une décevante onzième place. Le club enregistre quelques changements à l’intersaison avec les recrutements de Jermaine Jenas, Craig Bellamy, Laurent Robert et Sylvain Distin. Les Magpies reprennent des couleurs et leur capitaine retrouve tout son tranchant. De nouveau en pleine forme, il inscrit 23 buts en 37 rencontres de Premier League (27 en 46 matchs TCC). Les hommes de Sir Bobby Robson se classent quatrièmes et se qualifient pour la Champions League. Après une telle saison, le retour de Shearer en sélection est évoqué. Mais le principal intéressé décline l’offre, estimant avoir fait son temps avec les Three Lions. La saison 2002-2003 démarre timidement pour Newcastle (une victoire, un nul et trois défaites). Mais le club se reprend et remonte la pente au point d’intégrer le top 5 du championnat. En Champions League, les débuts sont tout aussi délicats avec trois défaites lors des trois premiers matchs, ce qui n’empêchera pas le club geordie de se qualifier pour la seconde phase de poules grâce à ses trois victoires consécutives lors des trois derniers matchs (un fait unique). L’aventure européenne n’ira pas plus loin tout comme celles dans les autres coupes. Si Newcastle ne peut pas se mêler à la course au titre, il fait bonne figure et finit troisième devant Chelsea et Liverpool, réalisant sa meilleure saison depuis 1997. Shearer, à l’image de son équipe, a réalisé une bonne saison (17 buts en championnat, sept en C1, 25 réalisations TCC). À trente-trois ans, il espère toujours glaner un titre avec son club de cœur et remet le couvert pour une huitième année avec les Magpies. L’exercice 2003-2004 sera moins fructueux. Le début de saison est complètement raté (élimination en tour de qualification de la C1, série de six matchs sans victoire au début du championnat). Newcastle se fait également éliminer de la League Cup dès son entrée en lice, sort prématurément de la FA Cup et doit se battre pour remonter dans le premier tiers du tableau en championnat. Désireux de remporter un trophée, les hommes de Robson jouent la Coupe de l’UEFA à fond sans succès. Ils atteignent les demi-finales mais sont éliminés par Marseille. Les Magpies s’effondrent en championnat (trois nuls et une défaite lors des quatre derniers matchs de la saison) et laissent échapper la qualification en Champions League (ils finissent cinquièmes). Les 22 buts en championnat de Shearer (en plus de ses six buts en C3) ne pèsent pas bien lourd au moment du bilan de fin de saison. S’il a marqué 28 buts toutes compétitions confondues, son palmarès reste désespérément vierge avec le club de sa ville.

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Alan Shearer et Michael Owen

Amer, Shearer annonce que la saison 2004-2005 sera la dernière de sa carrière. Elle ne sera pas de tout repos. Comme trop souvent, l’entame est catastrophique (deux nuls et deux défaites lors des quatre premières journées de championnat). Sir Bobby Robson est limogé dans la foulée. Graeme Souness est engagé pour redresser le club. La saison sera assez inégale. Les Magpies sont sortis de la League Cup dès le deuxième tour et en interne, les soucis se multiplient. Bellamy, coupable d’avoir simulé une blessure est envoyé en prêt en cours de saison, Laurent Robert se plaint de son temps de jeu et pour couronner le tout, Lee Bowyer et Kieron Dyer en viennent aux mains en plein match lors d’une défaite à domicile contre Aston Villa. Si le club fait ce qu’il peut en Coupe de l’UEFA, il quitte la compétition en quarts de finale, battu par le Sporting CP. En FA Cup, les Magpies parviennent à se hisser en demi-finales mais se font surclasser par Manchester United. Ce relatif bon parcours en FA Cup va leur offrir un ticket inespéré pour la Coupe Intertoto en dépit de leur triste quatorzième place en Premier League. A l’image de son club, la saison de Shearer fut faite de hauts et de bas (sept buts seulement en championnat mais 11 réalisations en Coupe de l’UEFA, 19 buts TCC). Conscient de son importance, Souness parvient à le convaincre de différer sa retraite d’une saison. Shearer accepte de rempiler pour un ultime exercice. Les Magpies se montrent actifs sur le marché des transferts (arrivées de Michael Owen, Scott Parker, Albert Luque, Emre Belözoglu, départs de Nicky Butt, Bellamy, Laurent Robert, Jermaine Jenas, Hugo Viana et James Milner). La mayonnaise tarde cependant à prendre. Comme d’habitude, le début de saison est à oublier (deux nuls et trois défaites lors des cinq premières journées de championnat). Les coupes ne sourient pas non plus aux Magpies et le tant attendu duo Shearer – Owen ne peut être mis en place à cause des nombreux pépins physiques du dernier. Du Boxing Day à début février, Newcastle ne gagne pas le moindre match (un nul et cinq défaites). Souness en fait les frais et prend la porte (il est remplacé par Glenn Roeder). Shearer entre un peu plus dans l’histoire en passant le cap des 200 buts inscrits pour Newcastle United. L’équipe remonte au classement mais la saison du capitaine s’arrête brutalement suite à une blessure aux ligaments du genou gauche à trois matchs de la fin du championnat. Ce sera la dernière apparition d’Alan Shearer sur un terrain qui est contraint de raccrocher les crampons à presque trente-six ans. Son compteur de buts restera bloqué à dix pour cette ultime saison (il a inscrit quatorze buts TCC) mais il termine pour la huitième fois meilleur buteur du club toutes compétitions confondues. Avec 206 buts marqués en 405 matchs, il est le meilleur buteur de l’histoire du club. Steve McCLaren, le nouveau sélectionneur de l’Angleterre lui propose de devenir son adjoint après la Coupe du Monde 2006 mais il décline l’offre et entame une carrière de chroniqueur sportif à la BBC. Il deviendra brièvement l’entraîneur de Newcastle United en avril 2009 dans l’espoir de sauver le club de la relégation. Ce sera un échec vu que les Magpies seront relégués en Championship à l’issue de cette saison 2008-2009. Il reprend son poste à la BBC, fonction qu’il occupe encore à ce jour.

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Véritable légende du football anglais, Alan Shearer ne compte qu’un seul titre majeur à son actif. La donne aurait certainement été différente s’il avait choisi de rejoindre Manchester United quand les occasions se sont présentées. Son refus de quitter Newcastle l’a finalement empêché d’avoir un palmarès à la hauteur de sa stature. En sélection, il n’a finalement disputé qu’une coupe du monde et deux EUROS. Pis, il n’a disputé la Champions League que deux fois dans sa carrière sans avoir brillé outre mesure. Il est encore à ce jour le meilleur buteur de l’histoire de Newcastle United (206 buts), le meilleur buteur de l’histoire de la Premier League (260 réalisations dont 227 dans la surface de réparation [un autre record], 283 buts inscrits au total en première division anglaise), le joueur le plus décisif sur une saison (34 buts et 13 passes en 1994-1995), le joueur ayant inscrit le plus grand nombre de pénaltys en Premier League (56) et le premier joueur à avoir inscrit un quintuplé en Premier League. Il a logiquement été intégré au Premier League Hall of Fame en 2021. Une statue à son effigie a été érigée près de Saint-James Park, le stade des Magpies. Il figure dans le Top 10 des meilleurs buteurs de l’histoire de la sélection anglaise.

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