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Se faire éditer en Côte d’Ivoire: la rencontre avec l’éditeur

Votre manuscrit a été retenu par un éditeur qui s’est empressé de vous contacter pour vous faire part de la nouvelle. Dans la foulée, il vous a également proposé un rendez-vous « afin de discuter du contrat d’édition ». Bien sûr, vous avez donné votre accord pour cette rencontre. Le souci est que si vous n’avez jamais été dans cette posture, vous ne savez trop quoi dire et vous avez de fortes appréhensions. Pas de panique. Votre serviteur se charge de vous informez de ce qui vous attend.

Le lieu du rendez-vous

En général en Côte d’Ivoire, l’éditeur vous invite à venir dans ses locaux. Ainsi il fait d’une pierre deux coups. Vous connaîtrez son bureau et il n’aura pas à brûler son carburant pour aller à votre rencontre. Si par contre, il vous donne rendez-vous dans un lieu plus informel (café, bibliothèque, restaurant…) ce n’est pas forcement mauvais signe. Mais, je vous recommande d’être méfiant, surtout si vous ne connaissez pas le lieu. Dans le pire des cas, faites vous accompagner par un proche qui restera dehors. Dans le cas où on vous fixe le rendez-vous dans un espace ouvert où vous n’êtes pas sûr d’avoir une table où s’asseoir, ça sent le sapin. Demandez à être reçu ailleurs quitte à attendre quelques jours de plus. Si l’éditeur est réellement intéressé, il accédera à votre requête. Le cas échéant, dites vous que c’est vous et non votre écrit qui l’intéressez.

La mise vestimentaire et la conduite à adopter

Mettez-vous en tête que vous n’impressionnerez pas votre interlocuteur, il en a vu d’autres. Soyez le plus décontracté et le plus naturel possible. Pas la peine de faire péter le costard ou la robe super chic. Ne soyez pas non plus trop négligé ou vulgaire. Pour ce qui est des manières et de l’expression, ne pensez pas non plus l’intimider. Pas besoin d’utiliser un vocabulaire soutenu et pédant. Toutefois, il s’agit d’un rendez-vous. Faites donc attention aux fautes d’expression et restez le plus calme possible. Ne faites pas le connaisseur, laissez-le parler et n’intervenez que s’il le faut sans trop en faire. Il ne sert à rien de lui raconter votre vie ou de lui étaler tous vos problèmes, il n’est ni un psy, ni une assistante sociale. Contenez votre colère quand bien même ce qu’il vous dit ne vous plait pas. L’édition est un petit milieu, prendre le risque de se brouiller avec un éditeur avant même d’avoir signé son premier contrat est malvenu. Vous pourriez vous faire blacklister par certaines maisons d’édition.

De quoi va t-on parler?

Le but de cette rencontre est avant tout de faire connaissance. Vous commencerez par quelques banalités. Il voudra peut-être en savoir un peu plus sur vous mais c’est assez sommaire. L’essentiel de la conversation va porter sur votre ouvrage et sa maison d’édition. Il va vous vendre son projet comme il se doit. Vous aurez parfois l’impression de vous retrouver devant un commercial. Laissez le exposer ses arguments et vous parler des pointures qu’il a dans son écurie (il va vous citer deux-trois auteurs célèbres avec qui il a eu à travailler). Ne vous laissez pas impressionner. Plus vous serez stoïque, mieux ce sera pour vous. Il ne faut pas qu’il ait l’impression que vous êtes dans le besoin et que vous serez prêt à tout pour un contrat d’édition. S’il a le sentiment d’être en position de force, il y a de fortes chances que vous vous fassiez avoir. Il finira par vous donnez un contrat d’édition afin que vous le lisiez.

Vais-je signer ce jour-là?

Non, vous ne signerez pas de contrat lors de cette première rencontre. Comme dit plus haut, il vous remettra un exemplaire du contrat et vous invitera à le lire chez vous, au calme. S’il insiste pour vous faire signer le contrat séance tenante, sans que vous ne l’ayez bien lu, refusez. Une telle attitude montre qu’il a quelque chose à cacher et vous pourriez vous retrouver piégé par des clauses dont vous n’avez pas eu connaissance. Généralement, vous repartez du rendez-vous avec le contrat. Au mieux, la signature n’interviendra que quelques jours ou semaines plus tard. Elle fera l’objet d’un autre rendez-vous dans ses locaux. Ce que je peux vous conseiller est de ne prendre aucun engagement, même oral, tant que vous n’avez rien signé. Si vous connaissez un juriste ou un avocat, faites lui lire le contrat avant de retourner voir l’éditeur. Ainsi vous pourrez avoir connaissance des clauses dangereuses pour vous et demander leur retrait avant de parapher cet accord. N’ayez pas peur de demander des modifications sur votre contrat. C’est un engagement que vous signez pour des années, il est donc normal d’être tatillon. Ne vous sentez pas obligé de signer parce que l’éditeur s’est montré sympathique ou parce que c’est la seule proposition que vous avez. Si l’éditeur refuse toute modification, ne signez rien et mettez vous en quête d’un autre éditeur. Je reviendrai sur les clauses dangereuses dans un autre article.

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