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Le cas Edilivre

Si vous avez déjà eu à entrer les mots-clés « Se faire éditer gratuitement » dans un moteur de recherche, il y a de fortes chances que vous soyez tombé sur le lien d’Edilivre. Pour ceux qui se poseraient la question, Edilivre est un éditeur numérique, en d’autres termes une maison d’édition qui publie en priorité ses livres sur internet.

Comment ça se passe?

La procédure de publication ressemble beaucoup à celle pratiquée par les plateformes d’auto-publication. Ici aussi , vous devez envoyer votre manuscrit via le site d’Edilivre. Vous recevez une réponse dans un délai de deux semaines. La réponse n’étant presque jamais négative, un contrat d’édition vous est proposé dans la foulée. A vous de le signer et de le renvoyer à l’éditeur pour que débute la procédure de publication. Comme pour une maison d’édition classique, vous cédez vos droits à Edilivre qui se charge aussi des démarches légales (Dépôt à la Bibliothèque Nationale de France, numéros ISBN, référencement sur les sites de vente en ligne…). Le site d’Edilivre a le mérite d’être très détaillé, de sorte que l’auteur sait parfaitement dans quoi il s’engage.

Les services aux auteurs

C’est sous cette dénomination que sont rangées les offres payantes d’Edilivre. On y retrouve la réalisation de la couverture par des infographistes et la correction du manuscrit par des correcteurs professionnels. Ces services ne sont pas obligatoires mais vous constaterez vite qu’Edilivre vous encouragera vivement à y souscrire. Si vous choisissez de vous contenter de l’offre de base, sachez qu’elle est très sommaire. Ce sera à vous de vous charger du travail éditorial (corrections, mise en page…) et vous ne bénéficierez que d’une couverture blanche, banale au possible, pour votre ouvrage.

La face cachée

Derrière ce tableau apparemment idyllique, se cache une réalité plus sombre. Le contrat vous accorde des droits d’auteur pouvant monter jusqu’à 70% pour les livres numériques achetés sur le site d’Edilivre. Ce qui est bien plus que les 6 à 10% de l’édition traditionnelle. Cependant, les livres numériques étant vendus moins chers que leurs homologues papier, la somme perçue par livre n’est pas aussi élevée qu’on pourrait le croire, d’autant que vous ne touchez que 15% si votre livre numérique est acheté sur une plateforme autre que celle d’Edilivre. De plus, vos droits d’auteur ne vous sont versés que s’ils sont d’au moins 79 euros. Faute de quoi, ils sont reportés à l’année suivante.

Mais le pire avec cet éditeur est l’absence de promotion et la non-présence en librairie. OK, votre ouvrage est référencé sur les sites marchands et dans la banque de données des libraires, mais qui achètera un ouvrage dont personne n’a entendu parler? Qu’est-ce qui lui permettra de se distinguer des autres milliers d’ouvrages publiés chaque semaine chez ce type d’éditeur? En clair, ce sera à vous d’en parler autour de vous et de vous battre pour que votre oeuvre se vende. Vous êtes donc livré à vous-même à la sortie du livre. Et comme vous avez cédé vos droits, votre ouvrage ne pourra plus être édité ailleurs.

Faut-il s’y faire éditer?

Si vous souhaitez juste avoir un livre à votre nom avec le logo d’un éditeur marqué dessus, foncez! Mais pour tous les autres cas de figure, je déconseille franchement de signer pour cette maison d’édition. Même en passant à la caisse, n’espérez pas avoir une promotion efficace. Et sans promotion, ni présence en librairie, vous ne vendrez pas grand-chose. Autant dire que les droits d’auteur seront ridicules, si droits d’auteur il y a (Nombre d’auteurs signés chez cette maison d’édition galèrent à atteindre les 79 euros requis).

De plus, le fait de céder vos droits est tout bonnement une mauvaise idée. Votre oeuvre ne vous appartient plus et Edilivre n’en fera rien vu que son but n’est pas de défendre votre texte. Par dessus le marché, il vous faudra commander votre propre ouvrage pour l’avoir en version papier. Tout sauf pratique quand on réside hors d’Europe. Plutôt que de publier chez Edilivre, mieux vaut encore utiliser des plateformes d’auto-publication. C’est peu ou prou la même chose question procédure, mais au moins vous conservez vos droits et pourrez toujours faire publier votre texte chez un vrai éditeur, ce qui ne sera pas le cas avec Edilivre. Sans compter que vous percevrez plus d’argent si vous parvenez à vendre le livre autour de vous.

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