Peut-on encore se faire éditer sans frais?
Cette question m’a été posée par des auteurs débutants que j’ai eu à rencontrer. Ils m’ont fait part de leurs déboires dans leur quête d’éditeur. La plainte la plus récurrente concernait les frais d’édition que nombre d’éditeurs locaux exigent désormais. Dans ces conditions, il y a vraiment lieu de se demander s’il est encore possible de sortir un livre sans passer à la caisse.
Malheureusement, une grande majorité de maisons d’édition locales ne proposent plus de contrat à compte d’éditeur. Pourquoi? Essentiellement pour des questions de trésorerie et pour minimiser les coûts. Mais surtout, pour ne prendre aucun risque. La désaffection de nos concitoyens pour la lecture étant une triste réalité, les livres se vendent mal. De sorte qu’il est difficile qu’un éditeur entre dans ses frais. En dehors des œuvres d’auteurs déjà établis ou de « personnalités » dont le seul patronyme suffit comme argument de vente, il est rare qu’un éditeur ne perde pas d’argent s’il décide de sortir le livre d’un nobody. Dans ce contexte, le primo-romancier bénéficie de peu d’égards, quelle que soit la qualité de son écrit.
Le principal souci est que la porte est dorénavant fermée pour beaucoup d’auteurs incapables de s’acquitter de la participation financière réclamée par les maisons d’édition. Certaines d’entre elles ne publient d’ailleurs qu’à compte d’auteur ou en coédition. D’autres exigent que vous achetiez quelques centaines d’exemplaires de votre propre œuvre. Ce qui représente quand même un sacré coût, même si vous en avez les moyens. Dans ce contexte, le jeune écrivain désargenté n’a pas voix au chapitre. Une situation franchement regrettable, d’autant que l’édition étant en priorité ouverte à ceux qui paient, certains éditeurs deviennent moins regardants sur la qualité des productions.
Heureusement, une poignée de maisons d’édition continuent à proposer des contrats à compte d’éditeurs. La majeure partie d’entre elles peuvent se le permettre vu qu’elles font leur beurre avec les manuels scolaires et peuvent donc prendre quelques risques financiers. C’est à ces éditeurs qu’il faudra proposer vos écrits en priorité. Je ne vous cache pas que le processus est long et parfois frustrant avec elles. Vous pouvez n’avoir de réponse (favorable ou non) que des mois, voire des années après (ça s’est déjà vu). Il va falloir donc se montrer très patient. Si vous n’avez pas d’argent, privilégiez donc les gros éditeurs bien établis. Vous n’aurez rien à perdre à les démarcher.
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