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Editeurs, mettez vos sites à jour!

En quête d’un éditeur pour mes écrits, je me suis résolu à fouiner sur le net pour dénicher à qui envoyer ma prose. Ce travail s’est avéré fastidieux, mais bon an mal an, j’ai tout de même réussi à me constituer un fichier d’adresses.

Ainsi, j’ai pu visiter la grande majorité des sites internet officiels des maisons d’édition ivoiriennes. S’ils ont le mérite d’exister, une constante m’a rapidement interpellé: quasiment aucun d’entre eux n’était à jour. Je ne m’attarderai pas sur le web design daté qu’ils affichent. Le fait est que la mise à niveau la plus élémentaire était absente. Certains de ces sites ressemblent à des reliques du web avec une liste de nouveautés datant de plus de cinq ans. D’autres affichaient des informations totalement erronées (numéros de contact hors-service, adresses mails inexistantes…). Tout laisse croire que les sites web des maisons d’éditions sont laissés à l’abandon. Malheur à qui s’y aventurera! Le pauvre internaute qui y fera un tour trouvera de nombreuses sections vides, devra se contenter de parcourir un catalogue vieux de six ou sept ans, et n’y récoltera pas la moindre information sur les futures sorties ou les événements auxquels prendra part la maison d’édition. Pour ce qui est des biographies des auteurs publiés, il ne faut même pas rêver. Il n’y a pratiquement rien à se mettre sous la dent. Question visibilité pour les auteurs, on a connu mieux.

J’ai bien sûr cherché à savoir les raisons d’une telle désaffection. Heureusement la grande majorité des maisons d’édition disposent de pages officielles sur Facebook. Les gérants de ces dernières se montrent d’ailleurs particulièrement réactifs pour la plupart. Les quelques-uns auxquels j’ai parlé des sites officiels ont reconnu qu’ils n’étaient effectivement plus mis à jour. Toute la stratégie de communication étant désormais orientée vers les réseaux sociaux, avec des résultats plutôt probants.

-C’est plus facile de toucher les lecteurs via les réseaux sociaux, m’a confié l’un d’entre eux. La plupart des internautes y sont tout le temps. Il est donc bien plus simple d’y publier un contenu appelé à devenir viral que de le faire sur le site officiel qui enregistre nettement moins de visites.

Mon interlocuteur m’a même affirmé que la page Facebook de son employeur est plus simple à trouver que le site. Sur les moteurs de recherche, c’est pourtant le site officiel qui apparaît en premier dans les résultats de recherche. Pourquoi alors continuer à délaisser ces plateformes qui bénéficient d’un référencement plus que correct? Un éditeur rencontré lors d’une dédicace m’a confié que le site lui sert de vitrine. Il permet à ceux qui ne connaîtraient pas sa maison d’édition de trouver facilement des renseignements. Il m’a dans la foulée confirmé que le réseautage était plus efficace sur Facebook.

-Le fait qu’on puisse partager rapidement les publications est un atout. A l’heure actuelle, c’est le meilleur outil de promotion sur le net.

Cet argument se tient. Toutefois, je trouve dommage de payer un hébergement annuel pour un site dont on ne fait rien. Même s’il n’est pas le cœur de cible de la campagne de promotion, pourquoi ne pas au moins y relayer les dernières sorties et tenir a minima les adresses de contact à jour? Pour les auteurs, cette négligence à un effet désastreux sur la présence en ligne. En effet, les réseaux sociaux bénéficient d’un référencement moindre que les sites officiels. Un auteur dont la publication obtient un grand nombre de likes ou de partages est moins mis en avant par les moteurs de recherche que celui qui a un ouvrage référencé sur un site marchand par exemple.

Autre chose d’étrange, l’aspect commercial est purement et simplement négligé sur les sites d’éditeurs ivoiriens. Certains ne disposent même pas d’outils d’achat, d’autres n’affichent pas les prix des ouvrages. Aucune information non plus sur le distributeur ou le diffuseur. Si le but est réellement de se créer une vitrine, pourquoi ne rien y exposer? Dans ces conditions, la question de l’utilité de ces sites officiels se pose. Certains éditeurs ont d’ailleurs choisi de ne pas en posséder. Dommage que les maisons d’éditions locales ne réalisent pas les perspectives qu’une bonne présence en ligne offre aux auteurs et aux parutions.

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