Quand les clubs français brillaient en coupes d’Europe
Si la décennie 90 fut marquée par de profondes mutations dans le monde du football (Arrêt Bosman, création de la Champions League, ouverture du Ballon d’Or aux non-européens, nouvelles règles), elle coïncida également avec la période la plus faste de l’histoire des clubs français sur la scène européenne. En effet de 1990 à 1999, au moins une équipe hexagonale parvenait à se qualifier pour les demi-finales d’une coupe d’Europe. Si le bilan comptable fut finalement famélique (seulement deux titres remportés), jamais la France ne fut aussi performante en coupes d’Europe. Tour d’horizon.
Olympique de Marseille (C1 1990)
Pour son grand retour en C1, le club phocéen ne fait pas figure de favori. Les hommes de Bernard Tapie vont cependant s’offrir une magnifique épopée écartant les danois de Brondby IF (3-0 ; 1-1), les grecs de l’AEK Athènes (2-0 ; 1-1) puis les bulgares du CSKA Sofia en quarts (1-0 ; 3-1). Opposés au Benfica Lisbonne en demi-finales, ils triomphent lors de la manche aller (2-1). Malheureusement, le retour sera marqué par une grosse injustice. Les marseillais se font en effet éliminer par un but marqué de la main par Vata, l’attaquant angolais du Benfica. Un coup du sort qui leur restera en travers de la gorge, surtout après avoir été dominateurs sur l’ensemble de la double confrontation.
Olympique de Marseille (C1 1991)
Quelques mois après la déception de Lisbonne, c’est une équipe marseillaise remontée à bloc qui s’engage dans la compétition suprême. Considéré comme un outsider, le champion français va faire parler la poudre durant les deux premiers tours en atomisant les albanais du Dinamo Tirana (5-1 ; 0-0) puis les polonais du Lech Poznan (2-3 ; 6-1). En quarts, ils héritent de l’épouvantail milanais, double tenant du titre et considéré comme la meilleure équipe de l’époque. Sans complexes, les marseillais éliminent le Milan AC dans ce duel au couteau (1-1 ; 1-0) et héritent de fait du statut de favori. Ils confirmeront en demi-finales en battant le Spartak Moscou (3-1 ; 2-1). Favoris en finale, les hommes de Goethals ne parviendront pas à trouver la faille contre l’Etoile Rouge de Belgrade (Yougoslavie) et s’inclinent aux tirs aux buts après un nul vierge. Cruelle issue pour cette équipe qui avait fait rêver tout l’hexagone.
AS Monaco (C2 1992)
Dans une saison européenne catastrophique pour les clubs français (quatre clubs éliminés au stade des huitièmes de finale), la formation monégasque fait figure d’exception. Si les seizièmes face aux gallois de Swansea City ne furent qu’une formalité (2-1 ; 8-0), la tâche fut plus ardue contre les suédois de Nörrkoping au tour suivant (2-1 ; 1-0). Confrontés à l’AS Roma en quarts, les hommes d’Arsène Wenger passent difficilement l’obstacle (0-0 ; 1-0). Les demi-finales contre le Feyenoord Rotterdam seront tout aussi compliquées (1-1 ; 2-2). En finale, le Werder Brême est cependant trop fort. Menés par Klaus Allofs et le buteur néo-zélandais, Wynton Rufer, le club allemand fait la différence et s’impose 2-0.
Olympique de Marseille (C1 1993)
Pour cette première édition de la Champions League, le club marseillais endosse le costume de favori. Un statut que le club phocéen confirmera sans peine en se débarrassant des nord-irlandais du Glentoran (5-0 ; 3-0) puis des roumains du Dinamo Bucarest (0-0 ; 2-0). En phase de poules, ils dominent leur groupe et finissent invaincus devant les Glasgow Rangers, le Club Bruges et le CSKA Moscou. Les marseillais compostent leur ticket pour la finale où ils croisent le fer contre le Milan AC. Décomplexé par son exploit d’il y a deux ans contre ces mêmes Rossoneri, l’Olympique de Marseille joue sa chance à fond et triomphe 1-0 grâce à un but de Basile Boli. L’OM devient ainsi le premier club français à remporter une coupe d’Europe.
AJ Auxerre (C3 1993)
Durant cette saison qui fut l’une des meilleures de l’histoire du foot français sur la scène européenne, le club bourguignon surprend tout le monde en se hissant jusque dans le dernier carré. Après deux premiers tours expéditifs contre les bulgares du Lokomotiv Plovdiv (2-2 ; 7-1) puis les danois du FC Copenhague (5-0 ; 2-0), les hommes de Guy Roux doivent s’employer pour éliminer le Standard de Liège en huitièmes (2-2 ; 2-1). En quarts, ils héritent d’un os, l’Ajax Amsterdam, tenant du titre et favori déclaré à la victoire finale. Vainqueurs à l’aller 4-2, les auxerrois s’inclinent au retour 0-1 mais valident tout de même leur billet pour les demies. Opposés au Borussia Dortmund, Auxerre fait bonne figure (0-2 ; 2-0) remontant notamment deux buts au match retour. La décision se fera aux tirs aux buts, un exercice qui sourira finalement au club allemand au grand dam des valeureux auxerrois.
Paris Saint-Germain (C3 1993)
Souvent décevant sur la scène européenne, le PSG prend enfin la mesure de cette compétition et brille. Le parcours fut pourtant loin d’être simple. Si le PAOK Salonique est écarté sans difficulté en trente-deuxièmes de finales (2-0 ; 2-0), les choses se compliquent dès le tour suivant avec une double confrontation au vitriol contre Naples (2-0 ; 0-0). Les huitièmes contre le RSC Anderlecht sont tout aussi délicats (0-0 ; 1-1). En quarts, les parisiens croisent le fer contre le Real Madrid. Surclassés à l’aller (1-3), les partenaires de Weah réalisent l’exploit au retour et se qualifient en gagnant 4-1. Les demies contre la Juventus Turin seront malheureusement marquées par deux défaites (2-1 ; 1-0). Cette épopée sera fondatrice et servira de terreau aux futurs exploits européens du PSG.
AS Monaco (C1 1994)
Repêchés en Champions League à la faveur de la suspension de l’OM, les monégasques vont cependant faire mieux que de la figuration dans cette compétition. Difficiles vainqueurs de l’AEK Athènes en seizièmes (1-0 ; 1-1), ils se montrent plus à leur avantage au tour suivant contre le Steaua Bucarest (4-1 ; 0-1). Versés dans le même groupe que le FC Barcelone, le Spartak Moscou et Galatasaray, les monégasques finissent deuxièmes de leur poule et gagnent le droit d’affronter le Milan AC en demi-finales. Ils s’inclinent lourdement (0-3) lors de ce match disputé à San Siro.
Paris Saint-Germain (C2 1994)
Favori à la faveur de sa bonne campagne européenne de la saison précédente, le club parisien fait parler la poudre lors des deux premiers tours écartant l’APOEL Nicosie (1-0 ; 2-0) puis l’Université Cracovie (4-0 ; 2-0). En quarts, ils retrouvent le Real Madrid pour ce qui devait être la revanche de l’année précédente. Cette fois encore, les madrilènes ne peuvent prendre le dessus sur des parisiens solides (1-0 ; 1-1). Weah offre même la victoire au PSG lors du match aller joué au Santiago Bernabeu. Le duel contre Arsenal en demies sera moins probant. Tenus en échec à l’aller (1-1), les parisiens se font surprendre par les Gunners au retour (0-1) et quittent une compétition qui semblait être à leur mesure.
Paris Saint-Germain (C1 1995)
N’étant pas tête de série, le champion de France est contraint de passer par un tour de qualification avant de rallier la phase de poules. Heureusement, leur adversaire hongrois, le Vac FC-Samsung, ne fait pas le poids (3-0 ; 2-1). Intégré dans une poule comptant le Bayern Munich, le Spartak Moscou et le Dynamo Kiev, le PSG fait sensation et finit en tête du groupe à la surprise générale après avoir remporté tous ses matchs. Opposés au FC Barcelone en quarts, les parisiens confirment leur statut de bourreau de clubs espagnols et se qualifient (1-1 ; 2-1). Ils héritent du tenant du titre milanais en demies. Plus expérimenté, le Milan AC remporte la double confrontation (0-1 ; 0-2) et gagne le droit de disputer la finale. Pour la troisième année d’affilée, le PSG échoue en demi-finales.
FC Nantes (C1 1996)
Tête de série, Nantes est directement qualifié pour la phase de poules. La tâche s’annonce ardue dans un groupe comptant le FC Porto, le Panathinaikos et le Dynamo Kiev, surtout que Nantes est affaibli par les départs de Loko (Paris saint-Germain) et Karambeu (Sampdoria). L’exclusion du Dynamo Kiev de la compétition (remplacés par les danois de l’Aalborg BK) va finalement profiter aux nantais qui finissent seconds derrière le Panathinaikos et se qualifient pour les quarts. Dans une double confrontation électrique, les canaris finissent par prendre le meilleur sur le Spartak Moscou (2-0 ; 2-2). En demies, ils croisent le fer avec la Juventus Turin, l’un des épouvantails de la compétition. Logiquement battus à l’aller (0-2), les nantais s’offrent un succès de prestige au retour (3-2). Insuffisant toutefois pour se qualifier pour la finale.
Paris Saint-Germain (C2 1996)
Pour leur retour en coupe des coupes, les parisiens font partie des favoris. Un statut qui leur va comme un gant et qu’ils justifieront lors des deux premiers tours. En effet, les norvégiens du Molde FK (3-2 ; 3-0) puis le Celtic Glasgow (1-0 ; 3-0) ne font pas illusion. La donne se complique à l’amorce des quarts. Confrontés au Parme AC de Stoichkov,, les parisiens sont battus à l’aller (0-1). Ils parviennent cependant à renverser la vapeur au retour et s’imposent 3-1. Les demi-finales contre le Deportivo La Corogne de Bebeto sont maîtrisées (1-0 ; 1-0). Donné largement favori contre le Rapid de Vienne pour sa première finale européenne, le PSG est au rendez-vous et s’impose 1-0 grâce à un but de Bruno Ngotty.
Girondins de Bordeaux (C3 1996)
De toutes les formations françaises s’étant qualifié pour une finale de coupe d’Europe, aucune n’a eu un parcours aussi long que celui des Girondins de Bordeaux. En effet, les partenaires de Zidane, Dugarry et Lizarazu se sont hissés à ce stade au terme d’un marathon de près de vingt matches. Initialement non-qualifiés pour la Coupe de l’UEFA, ils ont en effet dû passer par la Coupe Intertoto pour avoir le droit de disputer la C3. Les macédoniens du FC Vardar (2-0 ; 1-1), les ukrainiens du Rotor Volgograd (2-1 ; 1-0) et les espagnols du Betis Séville (2-0 ; 1-2) ne parviennent pas à stopper les bordelais. Lorsqu’ils affrontent le Milan AC en quarts, personne ne donne cher de la peau des girondins, surtout après une défaite logique lors du match aller (2-0). Et pourtant, Bordeaux réalise l’exploit au match retour et s’impose 3-0, réalisant un des gros coups de la compétition. Au terme de demi-finales maîtrisées contre le Slavia Prague (1-0 ; 1-0), les girondins défient le Bayern Munich en finale. Cette fois, il n’y aura pas de miracle contre le club bavarois qui s’impose 2-0 à l’aller avant de terminer le travail en Gironde en s’imposant 3 à 1.
Paris Saint-Germain (C2 1997)
Tenant du titre, le PSG est évidemment favori à sa propre succession. Pour son entrée en lice, le club parisien détruit le FC Vaduz, représentant du Liechtenstein (4-0 ; 3-0). Galatasaray se montre plus coriace en huitièmes, mais doit aussi s’incliner (2-4 ; 4-0). L’AEK Athènes ne fait pas mieux en quarts (3-0 ; 0-0). Liverpool se dresse sur la route des parisiens en demies. Si le PSG négocie parfaitement la première manche en triomphant 3-0, il se fait peur au retour. Les Reds s’imposent 2-0 mais ce résultat n’a aucune incidence sur la qualification parisienne. Opposés au FC Barcelone de Ronaldo pour sa deuxième finale consécutive, les parisiens s’inclinent cette fois (0-1). Héros de la finale précédente, Ngotty endosse cette fois le mauvais rôle en concédant le penalty décisif.
AS Monaco (C3 1997)
Éliminé sans gloire lors de l’édition précédente, le club monégasque débute toutefois la compétition avec le plein de confiance. Le premier tour contre le Hutnik Cracovie (Pologne) n’est qu’une promenade de santé (1-0 ; 3-1). Dès le tour suivant, ils éliminent le Borussia Mönchengladbach (4-2 ; 0-1) avant de se payer un autre représentant allemand en huitièmes, le Hambourg SV (3-0 ; 2-0). Confrontés à Newcastle en quarts, les monégasques triomphent sans trembler (1-0 ; 3-0). La donne change en demi-finales où les attend un des favoris à la victoire finale: l’Inter Milan. Défait à l’aller 1-3, Monaco ne parvient pas à renverser la vapeur malgré un succès 1-0 au retour. Les Nerazzuri se qualifient pour la finale. Monaco se consolera en remportant le titre de champion quelques semaines plus tard.
AS Monaco (C1 1998)
Qualifié directement pour la phase de poules, Monaco tombe dans un groupe difficile avec le Bayer Leverkusen, le Sporting CP et les modestes belges de Lierse SK. En dépit de débuts difficiles (lourde défaite contre le Sporting CP lors du premier match), les monégasques se reprennent et terminent en tête de la poule. Ils ne seront cependant pas vernis lors du tirage au sort du second tour, vu qu’ils se retrouvent opposés à Manchester United. Et pourtant, l’impossible va se produire. Au terme de deux matchs serrés (0-0 ; 1-1), Monaco se qualifie pour les demies grâce au but inscrit à l’extérieur. Cette fois, c’est la Juventus Turin de Zidane et Del Piero qui se dresse sur leur chemin. Surclassés à l’aller par des turinois euphoriques (1-4), les partenaires de Thierry Henry enregistre un succès insuffisant au retour (3-2). L’aventure s’arrête là pour les monégasques.
Olympique de Marseille (C3 1999)
Affublé d’une étiquette de grand d’Europe et d’un effectif de qualité, l’OM apparaît comme l’une des meilleures chances françaises au moment où cette édition 1999 de la Coupe de l’UEFA débute. Les tchèques du Sigma Olomouc (2-2 ; 4-0) puis le Werder Brême (1-1 ; 3-2) rendent les armes. En huitièmes, l’OM triomphe de l’AS Monaco (2-2 ; 1-0) lors de la première confrontation franco-française de l’histoire des coupes d’Europe. La suite sera tout aussi probante quoique ardue. L’obstacle Celta Vigo est franchi en quarts (2-1 ; 0-0) Les demi-finales contre Bologne sont accrochées mais tournent en faveur des phocéens (0-0 ; 1-1). Pour sa troisième finale européenne, l’OM se présente diminué du fait de nombreux suspendus. Ce match contre Parme disputé à Moscou va tourner à la Bérézina. L’OM s’incline lourdement (0-3) et finit son parcours européen sur une mauvaise note.
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