Les pires premiers choix de draft
Position la plus convoitée, le premier choix est considéré comme la place de choix de la grand’messe qu’est la draft NBA. Elle est censée couronner celui qui est considéré comme le joueur le plus doué/prometteur de la promotion. Si nombre de joueurs d’exception ont eu droit à cet honneur (Elgin Baylor, Kareem Abdul-Jabbar, Oscar Robertson, Earvin Magic Johnson, Hakeem Olajuwon, Shaquille O’Neal, Tim Duncan, Allen Iverson, Lebron James…), certains des premiers choix se sont avérés être de mauvaises pioches. Si certains n’ont pas été vernis (blessures), d’autres se sont montrés largement en deçà du niveau auquel ils étaient attendus.

LaRue Martin (Draft 1972)
Poste: Pivot.
Statistiques en carrière: 5,3 points, 4,6 rebonds, 0,5 contres, 0,7 passes décisives.
C’est au sein de Loyola University (son numéro de maillot y est d’ailleurs retiré) que le jeune LaRue Martin fit parler de lui, notamment lors d’un match NCAA contre UCLA et sa star de l’époque, l’excellent Bill Walton, future légende NBA. Après qu’il eut totalement pris le dessus sur Walton dans cette rencontre, Martin devient un des joueurs les plus convoités. Le staff des Portland Trail Blazers fut si impressionné qu’il le sélectionna comme premier choix, devant les futurs Hall Of Famers Bob McAdoo et Julius Erving. Rien qu’au vu de ce que devinrent ces deux joueurs, ce choix fut un pur gâchis d’autant que LaRue Martin ne put jamais s’adapter à la NBA. Pour sa première saison, le jeune pivot enregistre des moyennes de 4,4 points et 4,6 rebonds pour un temps de jeu d’environ 12 minutes.
Totalement à la rue (sans mauvais jeu de mots), il ne passera que 4 saisons dans la ligue avec les Blazers et plafonnera à 5,3 points et 4,6 rebonds de moyenne pour 14 minutes de jeu. Un total famélique comparé à ses compères de draft. Envoyé chez les Seattle Supersonics juste avant le début de la saison 1976-1977, il est coupé sans jouer le moindre match. Il tentera bien de revenir dans la ligue et sera engagé par les Cleveland Cavaliers en septembre 1977 puis par les Chicago Bulls en août 1978. Il ne portera cependant jamais le maillot de ces deux équipes puisqu’il sera à chaque fois libéré avant le début de la saison. Faute d’offres de contrat, il prendra sa retraite. Ironie du sport, les Blazers remportent leur premier titre en 1977 guidés par…Bill Walton.

Kent Benson (Draft 1977)
Poste: Pivot
Statistiques en carrière: 9,1 points, 5,7 rebonds, 0,9 contres et 1,8 passes décisives
Terreur des parquets NCAA avec les Indiana Hoosiers quatre saisons durant, Kent Benson jouissait d’une excellente réputation et semblait promis à une grande carrière. C’est donc sans surprise qu’il est sélectionné en première position par les Milwaukee Bucks lors de la draft 1977. Malheureusement il ne répondra jamais aux énormes attentes placées en lui. De sa carrière beaucoup n’ont retenu que sa bagarre avec Kareem Abdul-Jabbar lors de sa saison rookie. Le pivot des Lakers se fracture la main après avoir frappé Benson et écopera d’une suspension de vingt matchs. Cet incident coûtera d’ailleurs le titre aux angelinos. Incapable de rééditer ses performances NCAA dans la grande ligue, Benson finit sa première saison avec une moyenne de 7,7 points et 4,3 rebonds.
Si sa saison suivante est un peu plus convaincante, il ne devient jamais le crack espéré. Les Bucks l’échangent contre Bob Lanier des Detroit Pistons. A Motor City, il réalise des performances honnêtes au scoring, mais son manque de présence dans la peinture est problématique (aucune saison à 9 rebonds de moyenne, un comble pour un pivot). Pour ne rien arranger, ses performances déclineront d’années en années et il sera finalement refourgué à l’Utah Jazz en 1986. Il n’y restera qu’une saison avant d’effectuer un passage éclair aux Cleveland Cavaliers. Bien qu’il ait tout de même évolué 11 saisons en NBA, Kent Benson n’est devenu qu’un joueur correct sans plus. Une déception pour celui qui fut MOP en 1976.

Pervis Ellison (Draft 1989)
Poste: Pivot
Statistiques en carrière: 9,5 points, 6,7 rebonds, 1,6 contres et 1,5 passes décisives
En dépit d’un titre de MIP obtenu en 1992, la carrière d’Ellison fut surtout marquée par de nombreuses blessures. Lorsque que le transfuge de Louisville est sélectionné en première position de cette draft qui comptait notamment Sean Elliott, Glen Rice, Tim Hardaway ou Shawn Kemp, personne ne crie au scandale. Malheureusement Ellison ne sera pas épargné par la malchance et paiera au prix fort sa fragilité physique. Il manquera 48 des 82 matchs de sa saison rookie pour cause de blessure (Il sera même surnommé Out Of Service Pervis par son coéquipier Danny Ainge).
Les Kings perdent patience et le transfèrent à Washington dès la fin de saison. Il y trouve ses marques et réalise deux premières saisons réussies, au point de décrocher le trophée de MIP. Malheureusement, ce sera la seule éclaircie de cette carrière pourrie par les blessures. Lors de la saison 1992-1993, il ne joue que 49 matchs. L’exercice suivant sera encore moins abouti (47 matchs joués et des statistiques en nette baisse). Recruté par les Boston Celtics en 1994, il passera plus de temps à l’infirmerie que sur les parquets (durant ses quatre dernières années dans le Massachusetts, il ne joue que 69 matchs sur 246 possibles) et enchaînera les saisons ratées (jamais au-dessus des 7 points de moyenne et scotché sur le banc les rares fois où il est apte). Pour sa dernière expérience NBA en 2000, il ne joue que 9 matchs avec les Seattle Supersonics avant de prendre sa retraite. Ellison est le seul numéro 1 de draft des années 80 à n’avoir jamais été All Star.

Joe Smith (Draft 1995)
Poste: Ailier Fort
Statistiques en carrière: 10,9 points, 6,4 rebonds, 0,8 contres et 1 passe décisive.
Meilleur joueur NCAA de l’année 1995 avec l’université du Maryland, Joe Smith apparaît rapidement comme un des favoris pour le First Pick de la draft. Sans surprise, il est retenu en première position par les Golden State Warriors devant d’autres ailiers forts de renom (Kevin Garnett, Antonio McDyess et Rasheed Wallace, tous sélectionnés dans le top 5 de cette draft en plus de Jerry Stackhouse). Si les quatre autres premiers picks deviennent tous des joueurs majeurs de la ligue, Smith aura plus de difficultés à s’imposer du fait de son physique un peu trop fluet pour les raquettes NBA. Toutefois, il réalise d’assez bonnes saisons avec les Warriors (18,7 points et 8,5 rebonds lors de sa meilleure année) mais sera tout de même envoyé chez les Philadelphia Sixers au bout de deux ans et demi.
La suite de sa carrière sera nettement moins glorieuse. Incapable de se fixer dans un groupe en dépit de statistiques honorables, il devient un journeyman ballotté d’équipes en équipes (il changera notamment neuf fois d’équipe à partir de 2006!). Cette instabilité nuira considérablement à ses performances. Ses statistiques s’écroulent et il finit par arrêter sa carrière en 2011 après une ultime pige au Los Angeles Lakers. Son seul titre de gloire fut une sélection dans la All Rookie First Team en 1996.

Michael Olowokandi (Draft 1998)
Poste: Pivot
Statistiques en carrière: 8,3 points, 6,8 rebonds, 1,4 contres et 0,7 passes décisives
Sélectionné en premier choix de la draft par les Los Angeles Clippers au sortir d’une excellente saison NCAA avec Pacific (son numéro de maillot y a été retiré), Michael Olowokandi sera une des victimes collatérales du lockout de la saison 1998-1999. Pour rester en jambes, il rejoint le Kinder Bologne en Italie avant de revenir à Los Angeles dès la levée du blocage. Cependant, Olowokandi ne justifiera jamais la confiance placée en lui. A la peine avec les Clippers, il réalise une saison rookie qui était loin d’être celle attendue d’un premier choix de draft (8,9 points et 7,9 rebonds). De tous les numéros 1 de draft de l’ère moderne, seuls Kent Benson et Pervis Ellison (qui en plus était blessé) avaient réalisé de pires statistiques. Il sera tout de même nommé dans la All Rookie Second Team.
La suite de sa carrière ne sera pas meilleure et il devra attendre sa quatrième saison pour enfin passer les dix points de moyenne. Ce qui est loin d’être une performance dans une équipe qui est la risée de la ligue. Pour ne rien arranger, il doit aussi composer avec des soucis physiques (hernie, blessure au genou…). Transféré aux Timberwolves en 2003, il n’y brillera pas davantage (6,1 points, 5,5 rebonds en trois saisons), freiné par les blessures et des méformes. Envoyé chez les Boston Celtics en 2006, son passage y sera anecdotique (2,1 points et 2,2 rebonds de moyenne en deux ans). Considéré comme un des plus gros busts de l’histoire des drafts, Olowokandi est, avec Ellison et Joe Smith, l’un des seuls First Picks jamais All Star sur une période de 21 ans (de 1979 à 2000).

Kwame Brown (Draft 2001)
Poste: Pivot
Statistiques en carrière: 6,6 points, 5,5 rebonds, 0,6 contres et 0,9 passes décisives.
Kwame Brown, c’est l’histoire d’une éternelle déception. Un jeune joueur prometteur que tous les scouts considéraient comme un futur Hall Of Famer, dominateur dans la ligue scolaire (meilleur rebondeur et contreur de tous les temps à ce niveau, il en était également le deuxième meilleur scoreur de tous les temps) et présenté par presque tous comme The Next Big Thing. Encouragé par la hype dont il bénéficie, il décide de zapper l’université et se présente directement à la draft dès la fin du lycée.
Problème, Kwame Brown n’avait pas le mental nécessaire pour le haut niveau et encore moins pour assumer le statut de First Pick, sélectionné par Michael Jordan (à l’époque General Manager des Wizards) qui plus est. Conséquence, ce pivot n’aura fait que décevoir et, au vu de sa modeste carrière, il restera à jamais comme l’un des plus mauvais premiers choix de draft de tous les temps (seuls LaRue Martin et Anthony Bennett ont fait pire). Sa saison rookie donna d’ailleurs le ton (4,5 points et 3,5 rebonds de moyenne, une des pires lignes statistiques de tous les temps pour un First Pick). Il ne brillera que par intermittence (pour sa meilleure saison en 2004, il n’a inscrit que 10,9 points et 7,4 rebonds de moyenne), et ne deviendra jamais le joueur qu’on espérait. Ses saisons quelconques aux Los Angeles Lakers, aux Memphis Grizzlies et aux Detroit Pistons sont encore dans toutes les mémoires. Ses dernières expériences foireuses aux Charlotte Bobcats, aux Golden State Warriors ou aux Philadelphia Sixers sont à ranger au rayon anecdotes. Son seul mérite est d’avoir passé douze saisons dans la ligue.

Greg Oden (Draft 2007)
Poste: Pivot
Statistiques en carrière: 8 points, 6,2 rebonds, 1,2 contres, 0,5 passes décisives.
S’il est vrai que les Blazers ont souvent fait de mauvais choix en draft, celui de sélectionner Greg Oden en First Pick semblait assez judicieux et aurait même été une bonne idée si la franchise de l’Oregon n’avait pas choisi de snober… Kevin Durant. Et pourtant, tout le monde s’accordait à dire que Durant serait un futur top player, mais Portland voulait un pivot et Greg Oden leur semblait plus intéressant que Joakim Noah (cette cuvée de draft comptait aussi Al Horford). Malheureusement, Oden jouera de malchance. Trop souvent blessé, il n’aura au total jamais effectué une saison complète, passant le plus clair de son temps à l’infirmerie. Il ne jouera pas le moindre match lors de sa saison rookie à cause d’une blessure au genou. De retour sur les parquets en 2008-2009, il vit une saison difficile (8,9 points et 7 rebonds de moyenne) marquée elle aussi par des blessures.
Ses genoux en compote lui pourriront sa carrière. Durant sa saison sophomore, il contracte une blessure au genou gauche qui le pousse à mettre un terme à sa saison après seulement 21 matchs. La saison suivante, il retourne à l’infirmerie pour une micro-fracture en novembre 2010, juste avant le début de la saison. Oden enchaîne par la suite trois saisons blanches. Libéré par les Trail Blazers en mars 2012, il revient à la compétition en 2013-2014 avec le Miami Heat où il signe pour une saison. Il n’y jouera que 26 matchs sans briller. Faute de convaincre les Franchises NBA, il s’envole pour la Chine et signe avec les Jiangsu Dragons pour une saison avant de se retirer définitivement. Oden n’aura malheureusement jamais pu confirmer les promesses entrevues.

Anthony Bennett (Draft 2013)
Poste: Ailier/Ailier Fort
Statistiques en carrière: 4,4 points, 3,1 rebonds, 0,2 contres et 0,5 passes décisives.
Premier First Pick coupé après deux saisons, premier First Pick à être envoyé en D-League, premier First Pick coupé par trois Franchises d’affilée, seulement 151 matchs NBA joués et quatre fois starter en tout et pour tout, Anthony Bennett est incontestablement le pire premier choix de draft de l’histoire. Sélectionné en première position par les Cleveland Cavaliers à la surprise générale, Anthony Bennett se retrouve du même coup sous les feux de la rampe. Un statut qu’il aura du mal à assumer, et ce dès le camp d’entraînement où il arrive en surpoids suite à une opération de l’épaule. Son positionnement fera aussi l’objet d’interrogations (pas assez adroit pour le poste d’ailier et pas assez de coffre physique pour être ailier fort). Son début de saison avec les Cavs sera tout simplement atroce. Il signera un 0 sur 15 au tir lors de ses quatre premiers matchs. La suite de la saison ne sera pas meilleure. Entre blessures et méformes, il plafonne à 4,2 points de moyenne.
Déçus par son rendement, les dirigeants des Cavaliers l’envoient dans le Minnesota. Chez les Timberwolves, il ne brillera pas davantage (5,2 points et 3,8 rebonds de moyenne pour un peu plus de 15 minutes de jeu) et sera coupé. Il tentera de se relancer à Toronto puis chez les Brooklyn Nets sans plus de succès (il sera même envoyé en D-League dans chacune de ces Franchises). En 2016, il s’engage avec le club turc Fenerbahçe avec qui il remporte l’Euroleague malgré un temps de jeu famélique (6,3 minutes par match). Revenu aux États-Unis, il ne trouve pas preneur et s’engage avec les Northern Arizona Suns (équipe G-League affiliée aux Phoenix Suns). Il n’y reste que quelques mois avant d’être tradé aux Maine Red Claws. Il évoluera ensuite une saison avec les Agua Caliente Clippers toujours en G-League, avant de quitter définitivement les ligues américaines. Après deux années sans club, il rebondit à l’Hapoel Jérusalem en août 2021. Il sera libéré en janvier 2022 après seulement six matchs joués. On le retrouve ensuite aux Kaohsiung Steelers (Taïwan) puis aux Hsinchu JKO Lioneers (Corée du Sud) et aux Formosa Dreamers (Taïwan). Il ne parviendra jamais à faire plus d’une saison dans ces différentes équipes. Désormais âgé de 32 ans, il a signé en faveur d’Al-Najma (Bahrein) en avril 2025.

Markelle Fultz (Draft 2017)
Poste: Meneur
Statistiques en carrière: 10,4 points, 3,2 rebonds, 0,3 contres et 4,4 passes décisives
Extrêmement prometteur au lycée (sélectionné pour le Mc Donalds All-American Game aux côtés de Jayson Tatum, Bam Adebayo ou De’Aaron Fox, MVP du Tournoi des Amériques U18) puis sous les couleurs des Washington Huskies en NCAA (23,2 points de moyenne), il est logiquement pressenti pour être un top player et bénéficie d’une grosse hype au moment où il décide de s’inscrire à la draft. Il est logiquement pris en première position par les Phiadelphia Sixers.
Son début de carrière NBA ne sera pas de tout repos. Il se blesse à l’épaule dès le début de l’exercice 2017-2018 et est écarté des terrains pour une bonne partie de la saison (il ne jouera que 14 matchs, tous en sortie de banc). Ce ne sera que le début d’un cycle de blessures et d’indisponibilités sans compter que ce souci à l’épaule altérera définitivement sa capacité à shooter (il souffre d’un syndrome de défilé thoracique, un problème nerveux qui limite certains de ses mouvements). Il ne dispute que 19 rencontres lors de sa saison sophomore avec les Sixers avant d’être envoyé au Orlando Magic en février 2019. Sur le flanc à cause d’une nouvelle blessure à l’épaule, il devra attendre le début de la saison suivante pour enfin jouer ses premières minutes avec la Franchise floridienne. Sa saison 2019-2020 avec le Magic est assez réussie (12,1 points et 5,1 passes décisives en 72 matchs disputés). La suivante démarre bien et il semble enfin sur la pente ascendante mais une rupture du ligament croisé antérieur du genou gauche l’oblige à mettre fin à sa saison après seulement huit matchs joués (12,9 points et 5,4 passes décisives de moyenne). Il ne retrouvera les parquets que plus d’un an plus tard, en février 2022. Il termine la saison 2021-2022 avec une moyenne de 10,8 points et 5,5 passes décisives en 18 apparitions. Il réalise ensuite sa meilleure saison (14 points, 5,7 passes décisives, 3,9 rebonds, 1,5 steals en 60 matchs) mais cette embellie sera de courte durée. Ses statistiques chutent lors de l’exercice 2023-2024 (7,8 points et 2,8 passes décisives). Les dirigeants du Magic perdent patience et le libèrent. Sans club pendant un moment, il rejoint les Sacramento Kings en février 2025. Utilisé en sortie de banc, il se montrera peu à son avantage (2,9 points et 1,3 passes décisives) en 21 rencontres. Son contrat n’est pas renouvellé en fin de saison. Actuellement sans club à seulement 27 ans, on voit difficilement comment Fultz pourra justifier son statut de First Pick.
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