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John Carew, le colosse norvégien

Mise en lumière par l’explosion d’Erling Haaland, la Norvège a cependant compté de bons attaquants dans ses rangs par le passé. Outre Tore André Flo et Ole Gunnar Solskjaer, on peut également citer John Carew, attaquant le plus capé de l’histoire de la sélection. S’il n’était pas le joueur le plus technique du monde, il sut miser sur ses qualités pour mener une bonne carrière. Découvrons l’histoire de celui qui fut le premier joueur noir à représenter la Norvège.

carew-valerenga John Carew, le colosse norvégien

Les débuts

Né en septembre 1979 à Lørenskog, dans le comté d’Akershus, il est le fils de l’ex-gardien de but de la sélection gambienne Ousainou Alieu Carew et d’une norvégienne du nom de Jorunn Ryen. Eduqué dans un environnement sportif, le jeune John Alieu Carew essaie plusieurs disciplines. Il se montre particulièrement doué pour l’athlétisme mais finit cependant par opter pour le football. Il commence sa carrière en rejoignant l’équipe de sa ville en 1995. Il y restera deux ans, une période durant laquelle il s’illustrera par son efficacité devant le but et commencera à faire parler de lui. De quoi attirer la convoitise de Valerenga IF, un club évoluant alors en deuxième division norvégienne. Il signe en faveur de Valerenga en 1997 à dix-huit ans. Il s’imposera assez rapidement en dépit de son inexpérience et se montrera précieux dans la course à la montée avec cinq buts en dix matchs de championnat auxquels il faut ajouter cinq réalisations en seulement quatre matchs de coupe nationale. Valerenga remporte la Coupe de Norvège et est promu à l’échelon supérieur. L’année 1998 (les saisons se jouent sur une année civile en Norvège) est celle de la confirmation pour lui. Il inscrit sept buts en dix-huit matchs de championnat et dispute la coupe des vainqueurs de coupe (trois buts en quatre rencontres). Dans la foulée, il est sélectionné pour la première fois en équipe nationale. Il se montrera tout aussi efficace durant la première moitié de la saison 1999 avec dix buts en 22 matchs TCC (sept en quinze matchs de championnat). Valerenga se résout à le laisser partir.

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Révélation à Rosenborg

Durant l’été 1999, il rejoint le Rosenborg BK, le plus grand club du pays. Ce transfert lui permettra de découvrir la Champions League, compétition dans laquelle il brillera (quatre buts en huit apparitions). En championnat par contre, il joue moins mais se montre décisif (dix buts en sept matchs). Toutes choses qui lui permettent de consolider sa place en sélection et d’en devenir un cadre. Rosenborg remporte le titre de champion en fin de saison. L’année 2000 est un poil moins probante malgré un bilan positif. S’il a plus de mal à briller durant la deuxième phase de la Champions League 1999-2000 (un but lors des quatre matchs joués par Rosenborg en début d’année 2000), il inscrit neuf buts en dix journées de championnat. Logiquement, il est sélectionné pour l’EURO 2000 mais n’y brillera pas, la Norvège étant éliminée dès la phase de groupe. Toutefois, ses exploits sur la scène européenne suscitent l’intérêt de clubs plus huppés.

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L’aventure valencienne

Durant l’intersaison 2000, John Carew est transféré à Valence pour 8,5 millions d’euros. Il rejoint le récent finaliste de la Champions League en compagnie d’autres prestigieuses recrues (Pablo Aimar, Ruben Bajara, Didier Deschamps, Vicente, Juan Sanchez…) avec pour mission de faire oublier l’argentin Claudio Lopez parti à la Lazio. Sous les ordres d’Hector Cuper, il gagne rapidement ses galons de titulaire lors de la saison à rallonge du club. Il inscrit 11 buts en 37 matchs de Liga mais seulement trois en 18 matchs de Champions League. Valence se hissera en finale mais s’inclinera contre le Bayern Munich aux tirs au but. La donne change durant l’intersaison avec le départ de Cuper. Rafael Benitez devient l’entraîneur du club et Carew voit débarquer deux nouveaux concurrents: Salva et Mista. Il perd sa place de titulaire et doit se contenter d’une quinzaine d’apparitions en championnat (seulement six titularisations) pour un seul but inscrit. Si les Che parviennent à décrocher le titre de champion cette saison-là, Carew n’y est pour rien avec son unique but en 24 apparitions TCC. Ses jours du côté de la Mestalla semblent comptés. Il est en passe de rejoindre Fulham en Premier League mais se fait recaler à la visite médicale. Il reste finalement au club durant l’intersaison 2002. Il parvient à gagner la confiance de Benitez et récupère sa place en pointe. De nouveau titulaire, il ne se montre pas toujours inspiré. Moqué pour ses ratés devant le but et son jeu inesthétique (Zlatan Ibrahimovic se le paiera en déclarant: « Ce que Carew fait avec un ballon, je le fais avec une orange« ), il finit la saison avec huit buts seulement en Liga pour 32 matchs joués. Il se montre heureusement plus décisif en Champions League (Cinq buts en treize matchs). Mais la saison est un échec pour Valence qui ne finit que cinquième du championnat. Bien qu’il ait été le meilleur buteur du club toutes compétitions confondues avec 13 buts, Carew n’a plus le soutien de son entraîneur.

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Prêt à la Roma

Désormais indésirable à Valence, Carew est prêté avec une option d’achat à l’AS Roma pour la saison 2003-2004. Il se heurte à une rude concurrence pour la place en pointe (Vincenzo Montella, Marco Delvecchio et le jeune Antonio Cassano). Sous les ordres de Fabio Capello, il s’impose tout de même dans la rotation, profitant notamment des méformes des trentenaires Montella et Delvecchio. En vingt apparitions en Serie A (dix titularisations tout de même), il n’inscrit que six buts. Au total, il trouve le chemin des filets huit fois en 29 matchs TCC. La Roma finit deuxième du classement et se qualifie pour la Champions League. Peu convaincus par les prestations de l’attaquant norvégien, les dirigeants Giallorossi décident de ne pas le conserver. Il repart donc à Valence à la fin de la saison.

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Regain de forme à Besiktas

A Valence, il y a du changement après le départ de Benitez (parti entraîner Liverpool). Claudio Ranieri, le nouvel entraîneur ne se montre cependant pas séduit par le profil de Carew, surtout qu’il a débarqué avec Marco Di Vaio et Bernardo Corradi dans ses bagages. Poussé vers la sortie, Carew est transféré au Besiktas durant le mercato estival. Loin de se laisser abattre, le géant norvégien relève le défi et s’impose rapidement avec le club stambouliote. Il se montre à son avantage et termine la saison avec 13 buts (14 TCC) en 24 matchs de championnat (28 TCC). Sa belle saison lui vaudra de remporter le Kniksen Award, trophée récompensant le meilleur joueur norvégien de l’année, pour la première fois de sa carrière. De retour en grâce, il est de nouveau convoité par des clubs de championnats majeurs.

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Passage mitigé à Lyon

Durant l’été 2005, l’Olympique Lyonnais, en quête d’un avant-centre de talent l’engage (quatre ans de contrat et une indemnité de transfert de 7,65 millions d’euros). Il réalise des débuts fracassants lors du Trophée des Champions en signant un triplé (victoire 4-1 contre l’AJ Auxerre). Tout laisse alors penser qu’il va écraser la Ligue 1 avec la formation de Gerard Houllier. Ce ne sera malheureusement pas le cas. Outre la concurrence du brésilien Fred, son jeu trop physique est peu adapté à ce championnat et il se fait souvent sanctionner par les arbitres. Il réalise une saison assez contrastée avec les Gones (huit buts en 26 matchs de Ligue 1, 15 réalisations en quarante matchs TCC) mais se montre assez bon en Champions League (quatre buts en dix apparitions mais tous inscrits dans la phase de poules). Cette première saison lui permet cependant d’enrichir son palmarès avec un nouveau titre de champion. Sur le départ, il ne trouve pas preneur et commence la saison 2006-2007 avec Lyon sur fond de concurrence exacerbée (Fred, Wiltord et le jeune Karim Benzema). Devenu simple remplaçant, il ne foule les pelouses de Ligue 1 que neuf fois (treize matchs TCC) n’inscrivant qu’un seul but (deux TCC). Un départ semble inéluctable. L’OL ne le retient pas et il est échangé avec l’attaquant tchèque Milan Baros durant le mercato hivernal. Il rejoint donc Aston Villa durant l’hiver 2007. Il sera cependant crédité comme vainqueur du championnat français en 2007.

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Rebond à Aston Villa

Arrivé chez les Villains sur la pointe des pieds, il retrouve cependant un football qui lui correspond davantage. Il lui faudra cependant une période d’adaptation, surtout que les hommes de Martin O’Neill sont coincés dans le ventre mou de la Premier League. Pour sa première demi-saison au club, il dispute onze matchs et marque trois fois. La donne change totalement pour lui lors de la saison suivante. Malgré l’arrivée de Marlon Harewood, Carew s’impose en pointe et fait parler la poudre grâce aux caviars d’Ashley Young et Gabriel Agbonlahor. Il inscrit 13 buts en 32 matchs de Premier League et finit meilleur buteur du club. Cette année 2007 le verra remporter son deuxième Kniksen Award. Aston Villa se qualifie pour la Coupe de l’UEFA à la faveur de sa sixième place. La saison 2008-2009 sera tout aussi réussie pour lui avec une nouvelle sixième place en Premier League, une quinzaine de buts à son actif (onze en championnat) et un autre Kniksen Award. Il continue sur sa lancée en 2009-2010. S’il inscrit moins de buts en championnat (10 réalisations), il score à 17 reprises toutes compétitions confondues. Si les Villains ne parviennent toujours pas à faire mieux qu’une sixième place, les hommes de Martin O’Neill se montrent brillants lors des coupes nationales en atteignant les demi-finales en FA Cup (éliminés par Chelsea) et la finale de la League Cup (défaite contre Manchester United). La saison 2010-2011 sera par contre celle des déceptions. Cinq jours avant le début du championnat, O’Neill part. Il sera remplacé par Gerard Houllier. Ce changement ne fera pas les affaires de Carew qui perdra sa place de titulaire au profit d’Emile Heskey. En froid avec le technicien français, il ne sera sollicité que pour dix matchs de Premier League (onze TCC) sans parvenir à faire la différence. Sans surprise, il demande à partir durant le mercato hivernal d’autant que Darren Bent arrive au club et devient immédiatement titulaire.

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Fin de carrière compliquée

Poussé vers la sortie, il est prêté à Stoke City en janvier 2011. S’il parvient à intégrer la rotation, il a du mal à faire son trou sous la direction de Tony Pulis. Il ne marque qu’un seul but en dix apparitions en championnat (deux en treize matchs TCC). A la fin de la saison, il repart à Aston Villa qui décide le libérer. Pulis ne lui fait pas non plus d’offre. Carew se retrouve donc sans contrat durant l’intersaison 2011. A bientôt trente-deux ans, il estime cependant pouvoir continuer sa carrière. Finalement, il s’engagera avec West Ham United, fraîchement relégué en Championship. Au sein d’un effectif pléthorique et du fait d’une rude concurrence en attaque (Carlton Cole, Sam Baldock, Frédéric Piquionne, Nicky Maynard puis Ricardo Vaz Te), il a du mal à séduire Sam Allardyce, le manager. Le plus souvent remplaçant, il n’inscrit que deux buts en 19 apparitions (sept titularisations seulement). Les dirigeants des Hammers mettent fin à son contrat en fin de saison. De nouveau libre, il ne parvient pas à trouver preneur durant le mercato estival. Il discute avec Valerenga mais ne parvient pas à un accord, le club le jugeant trop gourmand. En février 2013, il est contacté par l’Inter Milan qui cherche un suppléant à Diego Milito, blessé. Malheureusement pour lui, il échoue à la visite médicale. Après avoir cherché un nouveau challenge sans succès, il met fin à sa carrière en octobre 2013 à trente-quatre ans.

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Globalement sous-estimé durant sa carrière, à cause notamment de son style de jeu peu plaisant, il a cependant été starifié dans son pays. A défaut de faire rêver, il a toujours mouillé le maillot pour sa sélection et l’a portée durant ces années difficiles où elle ne parvenait pas à se qualifier pour une compétition majeure. Pas assez efficace pour intégrer le panthéon des buteurs (il n’a jamais inscrit plus de dix-sept buts en une saison), son nom restera surtout associé à l’épopée valencienne en Champions League sous les ordres de Cuper. Il a tout de même eu une belle carrière en dépit de ses limites techniques.

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