Ces grandes équipes qui n’ont pas été championnes du monde (Années 90-2000)
Evènement majeur de la planète footballistique, la coupe du monde est et restera sans doute à jamais le trophée le plus prestigieux de tous. La remporter est considéré comme le couronnement d’une carrière. Toutefois si elle a souvent sacré certaines des meilleures sélections de l’histoire, cette versatile maîtresse s’est aussi refusée à pas mal d’équipes qui auraient mérité ses faveurs. L’histoire du foot regorge de sélections impressionnantes voire excellentes qui n’ont malheureusement jamais pu être championnes du monde, la faute le plus souvent à un concours de circonstances ou des choix discutables. Les meilleurs n’étant pas forcément les vainqueurs, ces rois sans couronnes sont tout de même entrés dans la légende de ce sport.
Pays-Bas (1998)
Portée par une génération dorée sur la pente ascendante (Seedorf, Kluivert, Van der Sar, Davids, Cocu, Overmars, Reiziger, Zenden, les frères De Boer…), de solides soldats (Stam, Numan, Bogarde, Jonk, Ooijer…), des seconds couteaux affûtés (Van Bronckhorst, Van Hooijdonk, Hasselbaink) et les déjà expérimentés Dennis Bergkamp et Aaron Winter, la sélection coachée par Guus Hiddink a fière allure sur le papier…et sur le terrain. En effet, cette équipe très joueuse fait souvent le spectacle. Malgré tout, on ne table pas forcément sur une victoire finale pour la formation batave. Versée dans un groupe comptant la Belgique, le Mexique et la Corée du Sud, les Oranje concèdent le nul d’entrée (0-0) face à leurs voisins du plat pays. Hiddink change son système et titularise Davids pour apporter plus de grinta. Les néerlandais surclassent les sud-coréens (5-0) avant de concéder le nul face à d’accrocheurs mexicains (2-2). Premiers de leur groupe, ils héritent d’un poil à gratter en huitièmes: la Yougoslavie. Ils sortent vainqueurs de ce match au couteau grâce à un but d’Edgar Davids dans le temps additionnel (2-1). En quarts, ils affrontent un autre favori à la victoire finale, l’Argentine de Daniel Passarella. Dans ce qui fut un des meilleurs matchs de la compétition, les deux équipes se rendent coup pour coup. La formation néerlandaise en pleine bourre fait la différence en toute fin de match grâce à Bergkamp et s’impose (2-1). Confrontés au Brésil en demi-finales, les Bataves font mieux que résister face au grand favori du tournoi. Bien qu’ayant concédé l’ouverture du score, les hommes d’Hiddink marquent une fois de plus en fin de match par l’intermédiaire de Kluivert et reviennent au score. La décision se fera aux tirs au but. Les brésiliens réussissent un sans-faute, contrairement à Cocu et Ronald de Boer qui ratent leur tentative, précipitant l’élimination des Oranje. Ils finiront finalement la compétition à la quatrième place après un ultime revers (1-2) face à la Croatie en match de classement. Malheureusement, ce sera le seul éclair de cette génération en coupe du monde. Non-qualifiés pour l’édition 2002, les néerlandais sont éliminés dès les huitièmes en 2006. D’ailleurs, seuls quatre des vingt-deux de 1998 (Van der Sar, Cocu, Ooijer et Van Bronckhorst) prendront part à cette ultime compétition.
Argentine (1998)
Forte d’une nouvelle génération prometteuse (Ortega, Veron, Zanetti, Claudio Lopez, Crespo, Ayala, Almeyda, Gallardo…) et de cadres revanchards (Batistuta, Balbo, Simeone, Sensini, Berti…) cette équipe est l’une des plus impressionnantes qui soit sur le papier. Passarella, l’entraîneur, s’est même permis de ne pas sélectionner Fernando Redondo, Aimar et Palermo ainsi que la jeune garde du Velez Sarsfield (Posse, Cordone et les frères Husain). Avec cet effectif aux allures de sélection All Star, l’Argentine est un candidat plus que crédible à la victoire finale. Dans une poule plutôt abordable (Croatie, Jamaïque, Japon), les Albicelestes font le spectacle et remportent leurs trois matchs sans encaisser le moindre but. Les choses vont se corser en huitièmes de finales. Opposés à l’Angleterre dans un match que Michael Owen va éclabousser de son talent, l’Argentine a toutes les peines du monde à faire la différence (2-2) malgré une supériorité numérique suite à l’expulsion de Beckham. C’est aux tirs au but que les hommes de Passarella composteront leur ticket. En quarts, ils héritent d’un os: les Pays-Bas. Ce choc entre les deux ogres tient ses promesses. Vite menés au score, les argentins égalisent rapidement. Le sort du match va se nouer après l’expulsion d’Ariel Ortega, coupable d’un vilain geste sur Van der Sar. En toute fin de match, les Pays-Bas (à dix eux aussi après l’expulsion de Numan) trouvent la faille par Bergkamp (1-2). Une élimination cruelle pour l’Argentine qui quitte le tournoi par la petite porte.
Brésil (1998)
Absolument irrésistible depuis plusieurs années, le champion du monde en titre est LE favori de cette coupe du monde française. Malgré l’éviction de Romario (non-retenu par Zagallo, officiellement à cause d’une légère blessure), cette équipe articulée autour de la superstar Ronaldo a très fière allure, mêlant nouveaux talents (Rivaldo, Roberto Carlos, Denilson…) et vieux briscards de l’aventure 1994 (Dunga, Aldair, Cafu, Bebeto, Taffarel, Leonardo…). Ce cocktail détonant va faire des étincelles dans sa poule (deux victoires mais une défaite contre la Norvège). Dès les huitièmes, le rouleau-compresseur auriverde se met en marche, triomphant d’un Chili dépassé (4-1). Le quart de finale contre le Danemark est plus délicat mais les Canarinhos s’en tirent une fois de plus à bon compte (3-2). En demi-finales, il faudra aller jusqu’aux tirs au but pour défaire les Pays-Bas (1-1, 4-2 aux penaltys). Sans surprise, le Brésil se retrouve donc en finale. C’est l’identité de son adversaire qui est un peu plus surprenante: la France. Le pays organisateur parvient à ce stade de la compétition pour la première fois de son histoire. Et si les Bleus ont l’un des meilleurs joueurs du monde dans leur effectif (Zidane), leur inexpérience en fait des outsiders. La préparation de la finale est perturbée par l’imbroglio Ronaldo. Auteur de cinq buts dans le tournoi, le phénomène pique une crise quelques heures avant la finale. Présumé forfait, il est finalement titularisé. Malheureusement, le Brésil, tétanisé, ne verra pas le jour dans cette finale. Incapables de faire la différence et de contenir les assauts français, les Auriverdes s’inclinent lourdement (0-3). Cette défaite loin d’être anodine précipitera la sélection dans la crise.
Angleterre (2002)
Après une élimination frustrante quatre années plus tôt, la sélection anglaise sort l’artillerie lourde pour ce Mondial 2002 (Owen, Beckham, Rio Ferdinand, Campbell, Ashley Cole, Scholes, Butt, Fowler, Hargreaves, Heskey et même les vétérans Sheringham et Seaman). Versée dans le groupe de la mort, cette équipe aux fortes individualités va se montrer à son avantage. Tenue en échec par la Suède d’entrée (1-1), elle frappe un grand coup en battant l’Argentine lors de la revanche de la dernière coupe du monde. Comme un symbole, c’est David Beckham qui scelle le sort du match sur penalty, lui qui avait été expulsé quatre ans plus tôt contre cette même Albiceleste. Malgré un 0-0 sans saveur face au Nigeria, les Three Lions se qualifient pour le second tour. Opposés au Danemark en huitièmes, ils dominent sans trembler la formation scandinave (3-0). Du fait des échecs de nombre de formations prestigieuses (éliminations prématurées de la France, l’Argentine, le Portugal puis l’Italie), ils héritent de l’étiquette de favoris. Rare équipe à son niveau durant cette coupe du monde, l’Angleterre doit cependant croiser le fer avec un Brésil retrouvé en quarts. Dans cette finale avant la lettre, il faudra toute la classe de Ronaldinho pour éliminer la formation anglaise. Owen, sur un nuage dans ce tournoi, marque le premier mais Rivaldo égalise dans le temps additionnel de la première mi-temps. En seconde période, Ronaldinho double la mise pour les Auriverdes. Malgré un très bon match l’Angleterre s’incline (1-2) et est éliminée.
Brésil (2006)
Champion du monde en titre et récent vainqueur de la Copa America, le Brésil arrive en Allemagne avec des certitudes et un effectif à faire rêver n’importe quel entraîneur (Ronaldo, Ronaldinho, Kaka, Adriano, Cafu, Roberto Carlos, Emerson, Robinho, Juninho Pernambucano, Lucio, Ze Roberto…). Avec une telle armada, il est logique de faire de la formation de Carlos Alberto Parreira le grand favori du Mondial 2006. Paradoxalement, la seule interrogation concerne l’état de forme de Ronaldo. Opposés à la Croatie, l’Australie et au Japon en phase de poules, les Auriverdes remportent trois succès sans se forcer. En huitièmes de finale, ils croisent le fer avec le Ghana, novice à ce stade de la compétition. Si la qualification est au rendez-vous après un large succès (3-0), les interrogations sont nombreuses. En effet la ligne offensive se cherche et les milieux semblent se marcher sur les pieds. De plus, il n’y a aucune alchimie entre Kaka et Ronaldinho. Ce dernier est d’ailleurs décevant. En quarts de finale, le Brésil est confronté à son premier gros test: la France. Menés par un Zidane plus virtuose que jamais, les Bleus donnent une leçon de réalisme à la Seleção et s’imposent sur la plus petite des marges grâce à un but de Thierry Henry. Cette formation brésilienne aura donc été davantage une association de talents qu’une vraie équipe.
Argentine (2006)
Lorsque l’Argentine se présente au Mondial 2006 après son échec de l’édition précédente, l’heure est à la reconstruction. Dans la foulée d’un titre olympique obtenu en 2004, José Pekerman, l’entraîneur, a rajeuni son groupe. Il en a également profité pour faire le ménage dans un vestiaire divisé par les tensions entre Juan Pablo Sorin et Juan Sebastian Veron. Le second est écarté, ainsi que tous ses proches, susceptibles de pourrir l’ambiance. La jeune garde menée par Messi, Tevez, Cambiasso, Mascherano et Saviola est à l’honneur, tout comme quelques vieux fidèles (Crespo, Ayala, Heinze, Aimar). Les clés du jeu sont confiées à Juan Roman Riquelme. Tête de série du groupe de la mort (Pays-Bas, Côte d’Ivoire, Serbie-Monténégro), la formation de Pekerman se qualifie sans encombre (deux victoires, un nul) décrochant même la première place de la poule. Mis en difficulté par des mexicains valeureux en huitièmes, les argentins ne passent l’obstacle qu’en prolongations (2-1). Le quart de finale contre l’Allemagne est une autre paire de manche. Face au pays organisateur, la rencontre est tendue. Après avoir ouvert le score par Ayala après la pause, l’Albiceleste concède un but de Klose en fin de partie. C’est aux tirs au but que la décision se fera. Les allemands ne tremblent pas et réalisent un sans-faute. Ayala et Cambiasso ne parviennent pas à en faire autant, mettant fin aux rêves de titre argentins.
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