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Best To Worst, comment détruire son équipe

La quête d’un titre NBA résulte d’un ensemble de facteurs au nombre desquels une bonne gestion de l’effectif et de ses composantes. Dans cet esprit il importe de faire les changements qu’il faut au bon moment aux fins d’améliorer une équipe et d’en faire un candidat crédible au titre suprême. Toutefois il arrive que dans cette volonté de changement, les dirigeants fassent de graves erreurs et détruisent la cohésion collective, précipitant l’équipe dans les méandres de la médiocrité. Retour sur ces ajustements qui se sont avérés au final être de très mauvaises opérations, transformant des rosters de qualité s’étant hissés en finales en équipes médiocres, voire mauvaises.


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Seattle Sonics 1997-1998

Avec le duo Gary PaytonShawn Kemp et des joueurs du calibre de Nate McMillan, Detlef Schrempf et Hersey Hawkins, les Seattle Supersonics disposaient de suffisamment d’arguments pour se mêler à la course au titre. Toutefois les hommes de George Karl ne parviendront pas à décrocher le titre au terme d’une saison 1995-1996 ponctuée par une finale de prestige perdue contre les intouchables Chicago Bulls. Désireux de rééditer la performance et de triompher, les dirigeants des Sonics décident d’apporter du sang neuf au poste de pivot pour lequel Sam Perkins était jugé trop petit avec ses 2m06 en plus de soucis physiques récurrents. On se dit alors que la Franchise de Seattle va accueillir un intérieur de premier plan et les rumeurs vont bon train. Le choix des décideurs se portera finalement sur… Jim McIlvaine, un role player dont le seul titre de gloire était une moyenne de deux rebonds pris en 15 minutes de jeu avec les Washington Bullets. Un choix d’autant plus surprenant que McIlvaine était loin d’avoir fait ses preuves dans la ligue. Il bénéficiera toutefois d’un contrat mirobolant (35 millions de dollars sur sept ans) pour l’époque, soit presque autant que Schrempf (qui était All Star) et surtout Shawn Kemp. L’intérieur bondissant n’appréciera que modérément le traitement accordé à l’obscur McIlvaine, surtout que ce dernier ne brillera jamais sous ses nouvelles couleurs. Vexé, Kemp réclama plus d’argent, ce qui eut pour effet de susciter un conflit avec ses dirigeants. Finalement il sera envoyé aux Cleveland Cavaliers dans un échange à trois équipes. Bien que son remplaçant Vin Baker ait fait bonne figure pendant deux saisons, la magie disparut et les Sonics ne parvinrent plus à retrouver les finales.  Le départ de George Karl en 1998 scella le sort de l’équipe. Son remplaçant Paul Westphal ne trouva jamais la bonne formule et l’équipe sombra dans la médiocrité. Payton eut beau se débattre pour booster les Sonics, sans ses anciens partenaires partis monnayer leur talent ailleurs et avec un Vin Baker qui sombra dans l’alcool par la suite, difficile de faire bonne figure. Plus jamais les Sonics ne joueront les premiers rôles en NBA et ce jusqu’à la disparition de la Franchise.


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Chicago Bulls 1998-1999

Équipe-phare des années 90, les Chicago Bulls, emmenés par Michael Jordan, Scottie Pippen et autres Dennis Rodman, étaient à n’en point douter la franchise numéro 1 de cette décade. Toutefois après l’obtention du troisième titre consécutif en 1998, le GM Jerry Krause décide de tourner la page et d’anticiper le vieillissement des cadres de l’équipe. Dans la foulée du lockout, il décide de se séparer de l’ossature d’un groupe qui a outrageusement dominé la saison. Objectif avoué, disposer de suffisamment de flexibilité salariale en vue de la Free Agency 2000 pour pouvoir reconstruire. Scottie Pippen est envoyé à Houston contre Roy Rogers et un second tour de draft, Dennis Rodman est laissé libre après la fin de son contrat, Steve Kerr est cédé aux San Antonio Spurs et enfin Luc Longley est expédié à Phoenix. Phil Jackson et Michael Jordan ayant décidé de se retirer, l’équipe fut articulée autour de Toni Kukoc et confiée à Tim Floyd, ancien coach d’Iowa State. Le résultat sera un échec sur toute la ligne. En détruisant leur roster, les Bulls firent pâle figure lors de la saison 1998-1999 et terminèrent dans les profondeurs de la ligue, devenant candidats à la Draft Lottery. Seule consolation, la franchise chicagoane gagna le premier choix de draft, un comble pour un champion sortant. Pis, en 2000 les Bulls, devenus une équipe banale, ne parvinrent à attirer aucun des Free Agents convoités (Tim Duncan, Tracy McGrady, Grant Hill, Eddie Jones). Chicago ne retrouvera les playoffs qu’en 2004 et ne redeviendra une des places fortes de la ligue qu’à la faveur de l’arrivée de Derrick Rose en 2008.


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New York Knicks 2000-2001

Place forte de la ligue durant les années 90 avec deux finales jouées, les Knicks, après un nouvel échec en finales de conférence face aux Pacers, décidèrent d’entamer leur mue. L’emblématique Pat Ewing fut transféré aux Seattle Supersonics, suivi dans la foulée par Chris Dudley, envoyé à Phoenix dans le même trade. En échange, les Knicks reçurent Glen Rice, Luc Longley, Travis Knight, Vladimir Stepania, Lazaro Borrell, Vernon Maxwell, deux choix de draft au premier tour et deux choix de draft au second tour. Ce trade marqua le début de la fin pour les new-yorkais. Si en saison régulière la différence ne se fit pas sentir tout de go, les Knicks ne parvinrent pas à franchir le premier tour des playoffs pour la première fois en dix ans. Un contretemps qui ne faisait que préfigurer une décennie difficile où les Knicks s’illustreront surtout par une gestion hasardeuse, des contrats fantaisistes, un climat volontiers délétère et une succession d’échecs. Qualifiés pour les playoffs en 2004, les Knicks ne reviendront à ce stade de la compétition qu’en 2011. Ce n’est d’ailleurs qu’après 2010 que les new-yorkais, désormais menés par Carmelo Anthony, redevinrent des clients réguliers de la post-season, mettant fin à une ignominieuse série de 13 matches sans victoires en playoffs. Si pour l’instant on ne peut décemment affirmer que les Knicks sont un vrai candidat au titre et que la période trouble est révolue, la décennie actuelle s’avère nettement plus probante que la précédente.


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Los Angeles Lakers 2004-2005

A l’orée de la saison 2003-2004, le titre semblait promis aux Lakers de Shaquille O’Neal et Kobe Bryant, renforcés par les arrivées des superstars Gary Payton et Karl Malone. Cependant la mayonnaise ne prit que partiellement et l’équipe, minée par les tensions entre Big Shaq et le Black Mamba notamment, échoua en finale face aux Detroit Pistons. Cet échec sonna le glas de cette équipe bâtie pour gagner. Excédé, le coach Phil Jackson préféra rendre le tablier. Les dirigeants décidèrent de reconstruire autour de Kobe Bryant. Shaquille O’Neal fut transféré au Miami Heat contre Lamar Odom, Brian Grant, Caron Butler et un premier tour de draft. Gary Payton fut quant à lui envoyé à Boston en compagnie de Rick Fox. En échange, les Lakers enregistrèrent les arrivées de Chris Mihm, Marcus Banks et Chucky Atkins. Pour compléter l’effectif, Smush Parker fut également embauché dans cette équipe confiée au mythique Rudy Tomjanovich.  Seul problème, aucun de ces joueurs n’avait les épaules pour porter l’équipe, surtout que la malchance s’en mêla. En proie à des soucis physiques récurrents, Karl Malone décida de prendre sa retraite en pleine saison, suivi par Tomjanovich fragilisé par des problèmes de santé. Sans Kobe Bryant blessé à la cheville et Lamar Odom touché à l’épaule, l’équipe ne parvint pas à trouver la bonne carburation et manqua les playoffs. L’année suivante ne fut pas plus réussie. Malgré un Black Mamba en feu et le retour de Phil Jackson sur le banc, l’équipe ne put jouer les premiers rôles, la faute à un effectif bien trop limité en qualité. Deux saisons durant, les pourpre et or durent batailler pour avoir leur billet en playoffs. Ce n’est qu’à la faveur de l’arrivée de Pau Gasol en février 2008 que les Lakers retrouvèrent du mordant et redevinrent les prétendants au titre qu’ils avaient l’habitude d’être.

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