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Les pires séries noires de grands attaquants

En panne d’efficacité depuis de longs mois, Karim Benzema a mis à profit la domination sans partage des Bleus lors du match amical contre l’Australie (6-0) pour retrouver le chemin des filets. L’avant-centre du Real Madrid a ainsi mis fin à une peu flatteuse série de 1222 minutes sans inscrire le moindre but. L’ancienne vedette lyonnaise est cependant loin d’être le seul avant-centre à avoir connu une si longue période de disette. D’autres joueurs et parfois pas des moindres, ont eux aussi traversé des périodes sans, en club ou en sélection, s’attirant parfois les railleries du public et de la presse spécialisée. Petit tour d’horizon des pires périodes d’inefficacité d’attaquants côtés.

Jean-Pierre Papin

Passé à la postérité pour ses papinades et son adresse phénoménale devant le but, le mythique JPP a lui aussi connu une période difficile en Bleu. Dans la foulée d’une coupe du monde 1986 durant laquelle il a du se contenter du statut de joker (2 buts inscrits tout de même), celui que tous présentaient déjà comme un avant-centre de grand talent est intronisé titulaire les mois suivants. Malheureusement et à l’image de cette équipe de France en pleine décrépitude, il ne parvient pas à trouver la mire. Déjà affecté par un début de saison mitigé avec l’Olympique de Marseille, Papin hérite des surnoms peu flatteurs de « JPP, j’en plante pas » et « JPP, j’en peux plus ». Il n’inscrira pas le moindre but en sélection de toute l’année 1987 et ne retrouvera le chemin des filets qu’en septembre 1988 après 9 matches et 671 minutes de disette.

Luc Nilis

Luc Nilis restera à jamais l’une des plus grandes énigmes du football belge. Attaquant prolifique en club, Lucky Luc n’aura jamais convaincu en sélection. Pressenti pour être le leader de l’attaque des Diables Rouges, il n’est jamais devenu le grand buteur attendu. Un comble pour un avant-centre qui enchainait les saisons pleines avec Anderlecht puis l’Ajax Amsterdam. Son total de buts avec l’équipe nationale belge n’excède pas les 10 réalisations. Le pire reste tout de même ses débuts avec les Diables Rouges où il n’a trouvé le chemin des filets qu’à sa 24e sélection lors d’une large victoire contre la modeste Zambie (9-0).

Alan Shearer

Excellent en club, Alan Shearer mettra du temps à confirmer en sélection. La retraite de Gary Lineker en 1992 lui laisse le champ libre mais ce n’est qu’en 1994 qu’il devient un titulaire indiscutable. Intronisé atout offensif numéro un de la sélection dirigée par Terry Venables en prévision de l’EURO 1996, Alan Shearer connaitra cependant une longue période où la réussite le fuira. En 12 matches et 21 mois, il ne marquera pas une seule fois, au point qu’au moment de débuter l’EURO 1996, beaucoup se demandent si Shearer est encore l’homme de la situation. Ce dernier fera mentir les sceptiques lors du premier match de la compétition en marquant dès la 22e minute. Un déclic pour le buteur de Blackburn qui inscrira cinq buts en autant de rencontres dans la compétition et deviendra l’attaquant anglais le plus prolifique les saisons suivantes. Dire qu’avant cet EURO, Shearer n’avait scoré que 5 fois en 23 sélections.

Diego Forlan

Sur les tablettes des plus grands clubs européens en début de siècle, Forlan rejoint Manchester United en janvier 2002 suite à un transfert mouvementé (il devait initialement signer avec Middlesbrough). L’ancien buteur d’Independiente est considéré par beaucoup comme un crack et il semble acquis qu’il s’illustrera de la meilleure des façons avec les Red Devils. Et pourtant l’attaquant uruguayen peinera à se montrer efficace. Il enchainera 18 rencontres toutes compétitions confondues sans marquer. Ce n’est qu’en septembre, lors de la saison 2002-2003, qu’il vaincra le signe indien en inscrivant son premier but mancunien sur penalty lors d’un match de Champions League contre le Maccabi Haifa. Il faudra attendre le 26 octobre 2002 pour qu’il marque enfin son premier but en championnat anglais contre Aston Villa. Son passage à l‘Inter Milan lors de la saison 2011-2012 sera tout aussi difficile. S’il débloque son compteur-but dès le 11 septembre 2011, il devra attendre le 4 mars pour de nouveau goûter à la joie de marquer.

Peter Crouch

Recruté par Liverpool pour apporter de la hauteur au jeu des Reds, Peter Crouch, intronisé attaquant titulaire mettra un long moment à faire la différence. S’il a eu de l’impact par son jeu en déviation notamment, il mettra près de 1000 minutes à inscrire son premier but avec la formation liverpuldienne en Premier League. Ce n’est que le 3 décembre, près de quatre mois après ses débuts officiels avec les Reds qu’il trouve la faille lors d’un match contre Wigan. A l’image de Fernando Torres plus tard, Crouch a passé la barre des 24 heures toutes compétitions confondues sans trouver le chemin des filets. Une inefficacité qui sera diversement appréciée par certains de ses coéquipiers, Djibril Cissé notamment qui sera exilé sur le côté droit ou réduit au rang de doublure.

Zlatan Ibrahimovic

Buteur patenté en club, le parcours en sélection de la star parisienne est plus chaotique (Zlatan aurait demandé à jouer pour son pays d’origine, la Bosnie-Herzégovine à ses débuts). Finalement c’est avec la Suède que le géant de Malmö s’illustre. Devenu titulaire indiscutable un peu avant l’EURO 2004, il connaitra cependant une période difficile dès l’année suivante. D’octobre 2005 à juin 2008, Ibra ne trouve pas le chemin des filets. Une éprouvante abstinence de 1119 minutes qui prendra fin lors de l’EURO 2008  lors d’un match contre la Grèce. Depuis Ibra a retrouvé la régularité, pour la plus grande joie de la sélection scandinave et des amateurs de football qu’il gratifie de buts de génie comme celui inscrit en amical contre l’Angleterre en 2012.

Djibril Cissé

A sa décharge, Djibril Cissé ne s’est jamais imposé durablement comme titulaire en équipe de France mais l’attaquant peroxydé reste sur l’une des plus longues séries sans marquer en termes d’années. Le dernier but de Cissé en équipe de France remonte à novembre 2005, lors du périple des Bleus aux Antilles. Entre coups du sort, blessures, concurrence et choix d’entraineur, celui qui fut l’un des attaquants les plus craints du championnat français n’a que rarement eu l’occasion de briller en raison d’un temps de jeu limité en Bleu. Les rares fois où il a eu sa chance, son incapacité à faire la différence l’a desservi. Bien qu’il se déclare toujours à la disposition de la sélection, l’avenir semble bien sombre pour Djibril Cissé qui n’est plus que réserviste. Et ce n’est pas son exil russe au Kuban Krasnodar qui risque de changer la donne.

Cristiano Ronaldo

On peut être un des joueurs les plus prolifiques de son temps et connaitre une période difficile. Ça arrive même aux meilleurs et Cristiano Ronaldo n’y a pas échappé. Si en club l’ailier portugais fait preuve d’une régularité admirable, il a connu quelques trous d’air en sélection. Le plus marquant reste celui qui s’est étendu de février 2009 à juin 2010. Au sein d’une Selecçao en difficulté dans la course au mondial sud-africain, celui qui est devenu entretemps le joueur le plus cher de l’histoire après son transfert au Real Madrid ne parvient pas à planter le moindre but. Le Portugal devra se passer de ses réalisations pour composter son ticket pour la coupe du monde. Heureusement, Cristiano Ronaldo retrouve le chemin des filets une fois la compétition lancée lors du festival offensif contre la modeste Corée du Nord (7-0). Une libération après seize longs mois d’échecs qu’il commentera ainsi:  « Les buts, c’est comme le ketchup : quand ils arrivent, ils viennent tous en même temps. »

Lukas Podolski

A la différence de nombreux joueurs, Lukas Podolski est nettement plus décisif en sélection qu’en club (Dire qu’il avait demandé à jouer pour la Pologne, son pays d’origine avant d’opter pour l’Allemagne faute d’obtenir une réponse de la sélection polonaise). Si avec la Nationalmannschaft il n’a jamais déçu, on ne peut en dire autant en club. En 2009, de retour à Cologne (son club formateur) après une expérience mitigée avec le Bayern Munich (en quatre saisons il n’y avait jamais franchi le cap des 10 buts en Bundesliga), Poldi s’illustrera surtout par son inefficacité. Il traverse la saison 2009-2010 comme un fantôme et  passe 1425 minutes (de septembre 2009 à mars 2010) sans marquer. Paradoxalement c’est lors d’un match contre le Bayern Munich que la série a pris fin. Après le match, il annonce à la presse allemande songer à se faire tatouer le nombre de minutes sans buts. De toute la saison 2009-2010, il n’a inscrit que trois buts toutes compétitions confondues. Toutefois cela ne l’empêchera pas de prendre part à la coupe du monde 2010 où il s’est montré brillant.

Wayne Rooney

Entre l’attaquant mancunien et la sélection, l’histoire d’amour a toujours été compliquée. Plus jeune joueur à avoir porté le maillot des Three Lions en début de siècle et étincelant lors de l’EURO 2004, Rooney a connu une carrière internationale plus difficile par la suite. Diminué par une blessure en 2006, et absent de l’EURO 2008, il démarre la campagne qualificative pour la coupe du monde sud-africaine pied au plancher, marquant à quasiment chaque rencontre. Cependant la belle série va s’enrayer et laisser place à une autre beaucoup moins glorieuse. Rooney ne marquera plus en sélection pendant presque un an (d’octobre 2009 à septembre 2010). Sa coupe du monde 2010 est marquée par ses échecs répétés devant le but. Ce n’est qu’à la faveur d’un match contre la Suisse en éliminatoires de l’EURO 2012 que Shrek retrouve le chemin des filets.

Fernando Torres

Incontestablement l’une des pires séries, si ce n’est la pire, pour un attaquant de classe mondiale. Débauché à grands frais de Liverpool par Chelsea (58,5 millions d’euros, record du royaume à l’époque), l’avant-centre espagnol a peiné à trouver la mire avec les Blues. En panne d’efficacité et de confiance, Torres erre comme un âme perdue sur la pelouse de Stamford Bridge et devient l’objet des railleries du microcosme football qui critique son manque d’efficacité. Des supporters facétieux mettront même en ligne une horloge faisant le décompte des heures sans but de l’infortuné Torres. Après plus de 24 heures sans marquer, la série prendra fin en mars 2012. Avec 1451 minutes sans but entre octobre 2011 et mars 2012, Fernando Torres détient le record de la plus longue série du type. Un écueil qui a grandement érodé sa confiance vu qu’il n’est plus le buteur faisant feu de tout bois qui a martyrisé les défenses avec l’Atlético Madrid et Liverpool.

Karim Benzema

Muet sous le maillot tricolore depuis juin 2012 et un but inscrit contre l’Estonie, Karim Benzema était devenu la tête de turc d’une certaine frange de supporters et de la presse. Symbolisant à lui tout seul les difficultés offensives des Bleus, l’avant-centre madrilène bien que considéré comme le meilleur attaquant français ne se hissera jamais à la hauteur de ce statut. Sa motivation sera mise en cause. Pour ne rien arranger, Benzema ne semblait pas particulièrement impliqué avec les Bleus, dézonant beaucoup trop au goût de maints observateurs. Cette longue période de disette aura eu pour conséquence de le pousser sur le banc au profit d’Olivier Giroud. Après avoir mis fin à cette période d’inefficacité de 1222 minutes, Benzema va devoir batailler pour retrouver une place de titulaire à la pointe de l’attaque tricolore.

Mention spéciale:

Deux années (1999-2001) durant Kaba Diawara n’a trouvé le chemin des filets avec aucun de ses cinq clubs (Arsenal, Marseille, Paris SG, Blackburn Rovers et West Ham). C’est à la faveur de son prêt au Racing Ferrol qu’il marquera de nouveau.

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