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Michael Owen, la symphonie inachevée

Handicapé par des blessures depuis de nombreuses années, Michael Owen, a annoncé son intention de raccrocher les crampons en fin de saison. A seulement 33 ans, l’ex-ballon d’or 2001 devenu simple joueur de complément à Stoke City, club qu’il avait rejoint à l’intersaison va donc tirer sa révérence. Occasion pour nous de revenir sur le parcours de cet attaquant d’exception qui aura marqué le football anglais par sa constance.

Chez les Owen le football est une histoire de famille. Michael Owen est en effet le fils de Terry Owen, ancien attaquant de clubs de divisions inférieures formé à Everton. C’est d’ailleurs pour les Toffees que le cœur du jeune Michael James bat dans ses premières années. C’est pourtant chez le grand rival de Liverpool qu’il fera ses classes au sein d’un centre de formation devenu un des principaux pourvoyeurs de l’équipe nationale (Robbie Fowler, Steve McManaman, Jamie Redknapp et David James notamment l’y ont précédé). C’est lors de la saison 1995-1996 qu’il fera parlé de lui en enchainant les performances de choix durant la FA Youth Cup (équivalent anglais de la Coupe Gambardella). Il y inscrira 11 buts en 5 matches et permettra à Liverpool de remporter pour la première fois de son histoire ce trophée aux dépends de l’équipe de West Ham United menée par Rio Ferdinand et Frank Lampard.

Fort de ce succès, Owen se voit offrir un contrat avec l’équipe première à 17 ans. Il fera ses débuts le 6 mai 1997 face à Wimbledon et trouvera le chemin des filets dès sa première apparition, confirmant tout le bien qu’on pensait de lui. Lors de la saison suivante il s’imposera définitivement au sein de l’attaque des Reds devenant même le premier choix offensif devant Robbie Fowler blessé avec qui il constituera par la suite une des doublettes offensives les plus craintes de Premier League. Ses bonnes performances lui ouvriront rapidement les portes de la sélection à seulement 18 ans et 59 jours, devenant ainsi le plus jeune international anglais du XXe siècle. Avec 18 buts en 36 matches et des apparitions convaincantes sous le maillot des Trois Lions, Glenn Hoddle le retient pour la coupe du monde 1998. Au troisième match de poule il est titularisé aux côtés de la légende Alan Shearer. Il marque les esprits avec un but d’anthologie lors du huitième de finale face à l’Argentine qui le révèlera au monde du foot.

Devenu par la suite un pilier tant de Liverpool que de la sélection,  il continuera sa progression enchainant les saisons pleines sous les ordres de Gérard Houllier. Malheureusement, il connaitra aussi ses premiers soucis aux ischio-jambiers, un mal qu’il traînera tout le restant de sa carrière. En 2001, il est au sommet de son art. Il réalise le quintuplé avec son club de toujours (FA Cup, Carling Cup, Coupe de l’UEFA, Community Shield, Super-coupe d’Europe), mène avec brio l’attaque de la sélection et récompense suprême reçoit le Ballon d’Or (Premier anglais depuis Kevin Keegan à l’obtenir). Il est également élu meilleur joueur de l’année. La suite sera cependant moins probante. Si Owen reste constant, il n’en est pas de même pour les Reds qui peinent à jouer les premiers rôles en championnat, incapables de rivaliser avec Arsenal et le rival historique Manchester United. Sollicité par le Real Madrid, la crise de résultats de Liverpool finira par le lasser. De plus Houllier est débarqué à la fin de la saison 2003-2004.  Owen qui fut le meilleur buteur de Liverpool en championnat depuis 1998 met un terme à son aventure liverpuldienne.

A l’orée de la saison 2004-2005, Michael Owen rejoint le Real Madrid pour 8 millions de livres plus le transfert d’Antonio Nunez envoyé à Liverpool en compensation. Il y retrouve son partenaire de sélection David Beckham, recrue-phare madrilène la saison précédente. Cependant Owen aura toutes les difficultés à s’imposer avec les Galactiques. En attaque Ronaldo est sur un nuage et Raul bien qu’en nette baisse d’efficacité demeure indéboulonnable du fait de son statut de leader et de capitaine. Confiné au banc de touche, Owen doit faire face aux critiques des  médias espagnols et se contenter de bouts de matches. Il finira tout de même la saison avec 16 buts (dont 13 en championnat) affichant le meilleur ratio minutes jouées/buts inscrits du club. Toutefois cela ne suffira pas à le convaincre de poursuivre l’aventure surtout que le Real est en pleine crise. Ne pouvant se résoudre à un rôle de joker, il repart en Angleterre à la fin de la saison et s’engage avec Newcastle United.

Avec les Magpies il réalise un début de saison encourageant mais la malchance et les blessures viendront entacher sa renaissance. Le 31 décembre 2005, il se fracture le métatarse du pied droit lors d’un match contre Tottenham. Conséquence il manquera l’essentiel du restant de la saison. Toutefois il termine l’exercice avec 7 buts inscrits pour 11 matches disputés. Il parviendra cependant à être remis à temps pour la coupe du monde 2006 où il sera une fois encore titulaire aux côtés de Peter Crouch. Touché au genou lors du match de poule contre la Suède, il doit quitter ses partenaires. On lui diagnostique une rupture des ligaments croisés et il se retrouve sur le flanc pour pratiquement toute la saison 2006-2007. Il ne reviendra à la compétition qu’en avril 2007, le temps de disputer trois matches de Premier League (aucun but inscrit). L’intersaison sera marquée par des rumeurs de départ vers un des clubs du Big Four, mais Owen restera finalement fidèle aux Magpies et débutera la saison 2007-2008 avec les noir et blanc. Une fois de plus les soucis de santé gâcheront sa saison. En septembre 2007 il doit se faire opérer pour une double hernie. A son retour les Magpies sont en pleine déroute sportive. Sam Allardyce nommé en début de saison est remercié et le club flirte avec la zone de relégation. Kevin Keegan revient sur le banc et Owen retrouve le chemin des filets. Finalement Newcastle sauve sa tête. Il finit la saison avec 11 buts inscrits en championnat. L’Angleterre n’étant pas parvenue à se qualifier pour l’EURO austro-suisse, lors de la saison 2007-2008, quelques pépins physiques l’éloigneront une fois de plus des terrains. En dépit de ses déboires, Newcastle entend le conserver et lui propose un nouveau contrat. Il rejette l’offre et se retrouve libre en fin d’exercice. Pour ne rien arranger les Magpies sont relégués en Championship. Owen se retrouve sur le marché.

Malgré ses soucis physiques, Michael Owen bénéficie toujours d’une bonne côte auprès des clubs majeurs. Il se laisse convaincre par les sollicitations d’Alex Ferguson et rejoint Manchester United à l’intersaison 2009 retrouvant au passage la Champions League. S’il conserve de beaux restes, Owen ne parvient cependant pas à s’imposer avec les Red Devils. Il se contente de quelques apparitions et est surtout utilisé en coupes. A ce titre il inscrit 4 buts en Champions League, et semble en mesure d’accrocher une place dans la sélection de Fabio Capello pour la World Cup sud-africaine. Mais son inefficacité en championnat (trois buts seulement) lui portera préjudice. Finalement il devra une fois de plus mettre prématurément un terme à sa saison dès le mois de mars, gêné par des douleurs aux ischio-jambiers. A son retour lors de la saison 2010-2011, il reste confiné à un statut de réserviste. A seulement 30 ans sa carrière semble déjà à son crépuscule. Il n’inscrira que 2 buts pour 11 bouts de matches disputés, suffisant cependant pour remporter son premier titre de champion, seul trophée anglais manquant à son palmarès. Ce sera la dernière éclaircie dans la grisaille de sa carrière mancunienne. L’exercice 2011-2012 sera une longue traversée du désert avec un malheureux match disputé en Premier League et de nouvelles blessures. Finalement il mettra un terme à son parcours avec les Red Devils.

De nouveau sur le marché, Owen rallie Stoke City à la surprise générale. En effet, le style de jeu du club fait de passes longues et de balles aériennes ne correspond que très peu à celui d’Owen. Comme pressenti, il n’est que très peu utilisé (six matches et un but). Toutes choses qui l’ont décidé à mettre un terme à sa carrière en fin de saison. S’il a incontestablement été l’un des plus grands attaquants de la dernière quinzaine, Michael Owen a la particularité de n’avoir jamais remporté aucun trophée en dehors de l’Angleterre. La totalité de ses titres ont également été glanés  avec seulement deux clubs (Liverpool et Manchester United). Il est également l’un des sept joueurs à avoir inscrit plus de 150 buts en Premier League.En sélection son compteur restera bloqué à 89 sélections pour 40 réalisations. Il est l’un des dix internationaux anglais les plus capés. Il est également le seul international anglais à avoir inscrit au moins un but lors de quatre tournois majeurs (Coupe du monde 1998, EURO 2000, Coupe du monde 2002, EURO 2004) et est toujours le plus jeune joueur et le plus jeune buteur de son pays en compétition majeure. Salut l’artiste!

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