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FC Barcelone, les raisons d’une baisse de régime

Présenté il y a encore peu comme la meilleure équipe du monde, voire de tous les temps de façon un peu excessive par certains observateurs, le FC Barcelone est très loin d’être convaincant cette année. Ce collectif qui écrasait tout sur son passage et dominait de  façon insolente le monde du football est nettement moins fringant depuis le début de l’exercice 2012-2013 et n’apparaît plus aussi intouchable qu’il l’était il y a encore quelques mois. Dernier exemple de cette baisse de régime, le nul plutôt heureux obtenu face au Paris Saint-Germain en quarts de finales aller de la Champions League. Si les Blaugranas conservent toutes leurs chances de se qualifier et sont virtuellement champions d’Espagne, le manque de rigueur affiché ces dernières semaines laissent penser que cette machine à gagner n’est pas loin de connaitre son premier couac majeur dans un futur proche. Analysons ensemble les raisons de cette baisse de régime.

La Messi-dépendance

Les détracteurs du lutin argentin ne manquent pas de souligner qu’il n’a joué que dans un seul club et n’hésitent pas à affirmer qu’on ne pourra vraiment juger de sa grandeur que dans un contexte autre que celui du cocon barcelonais. Certes Lionel Messi est celui qu’il est grâce à son club et un système de jeu pensé pour tirer le maximum de son potentiel, mais contrairement à l’idée reçue peut-on décemment affirmer que le Barça est la même équipe sans lui. La question ne se pose que rarement vu que depuis 2010, le stratège argentin est très rarement blessé et dispute la quasi-intégralité des rencontres des Blaugranas. Ce sont les rares moments où il n’est pas sur le terrain qui servent finalement de révélateur. Touché à la cuisse ce mardi, il a été contraint de laisser ses partenaires finir la rencontre sans lui. Et en son absence, les lacunes offensives ont été criardes face à un adversaire de haut niveau. Le FC Barcelone ne s’est créé que très peu d’occasions et a dû s’en remettre à un penalty pour trouver le chemin des filets. D’autres rencontres l’ont prouvé dans les semaines passées. Messi muselé, l’attaque barcelonaise n’est plus aussi percutante. Il faut dire que le buteur argentin porte pratiquement à lui tout seul le scoring de son équipe. Il est rare qu’il termine un match sans trouver le chemin des filets, et il est souvent celui qui trouve la faille, celui également qui est la première option offensive du club. De plus son efficacité diabolique en fait un épouvantail pour les adversaires qui passent le plus clair de leur temps à essayer de le stopper, la plupart du temps sans succès. Toutes choses qui libèrent ses coéquipiers qui peuvent à loisir dérouler ce jeu si caractéristique à la maison catalane sans se soucier de la finition. Sans Messi cette équipe orpheline d’avant-centre de métier éprouve les plus grandes difficultés à concrétiser ses occasions face à un adversaire de son niveau.

La difficile succession de Guardiola

Après avoir présidé aux destinées du club catalan pendant quatre années, Josep Guardiola a choisi de tirer sa révérence en fin de saison dernière pour s’offrir un repos bien mérité. C’est à son fidèle adjoint Tito Vilanova que revient la lourde charge de lui succéder. Vilanova hérite d’une formation devenue un rouleau-compresseur, crainte et respectée de tous. S’il a l’avantage de bien connaitre le club et les joueurs, ses débuts sont cependant plutôt délicats. Certes, sous sa direction Barcelone continue de gagner, mais la main-mise sur les parties n’est plus aussi manifeste que les années passées. Le Barça semble moins dominateur et il lui arrive même de se louper. Victime favorite il y a encore quelques années, le grand rival madrilène a fini par prendre l’ascendant sur la formation catalane, ne perdant plus face à elle. Pis, cette saison le Real Madrid a remporté pratiquement tous les clasicos qu’il a eu à disputer contre les barcelonais. Le parcours en Champions League est lui aussi loin d’être exempt de reproches. Barcelone ne brille pas au Camp Nou et en dehors du large succès obtenu contre le Milan AC en huitièmes de finale, l’équipe a souvent été mise en difficulté sur son terrain. A l’extérieur, le bilan est également loin d’être positif avec deux défaites de rang (contre le modeste Celtic Glasgow et contre le Milan AC). N’eut été le début de championnat totalement raté du Real Madrid, pas sur que le FC Barcelone aurait été sacré cette saison. Rattrapé pas des soucis de santé (cancer de la glande parotide) il est contraint de se retirer pour se soigner. Son intérim assuré par son adjoint Jordi Roura est loin d’avoir rassuré avec une élimination en Copa Del Rey et une défaite contre le Milan AC au terme d’un match durant lequel l’équipe n’a rien montré. Il est vrai que Vilanova n’a pas été épargné par les coups durs (blessures de nombreux joueurs) et même s’il continue de dominer la Liga, le Barça fait nettement moins peur qu’avant, notamment sur la scène européenne.

Une défense en berne

Les statistiques sont formelles, le FC Barcelone n’a jamais pris autant de but que cette saison depuis le début de la décennie. La faute à une défense fragile, privée de nombreux tauliers. Outre Éric Abidal contraint de mettre sa carrière en veilleuse pour subir une greffe du foie, le capitaine et leader de la défense Carles Puyol est peu épargné par les blessures depuis l’année 2012 et n’a au final que peu joué.  Privé de ces deux pièces majeures, Vilanova a été contraint de repositionner Javier Mascherano en défense centrale, mais là encore le sort s’acharne vu que l’argentin vient lui aussi de rejoindre l’infirmerie. Dans l’incapacité d’aligner sa défense titulaire au complet de toute la saison, le FC Barcelone est devenu moins costaud derrière et a plus de mal à endiguer les offensives adverses. Les très offensifs latéraux Jordi Alba et Dani Alves, n’étant pas les meilleurs défenseurs du monde, l’assise de l’arrière-garde repose le plus souvent sur Gerard Piqué. Le défenseur espagnol a beau être une référence mondiale à ce poste, il ne peut tout faire, surtout que le secteur aérien manque singulièrement de taille, mettant systématiquement l’équipe en danger sur les coups de pied arrêtés. Pour ne rien arranger le gardien Victor Valdes s’avère de moins en moins rassurant, donnant à l’arrière-garde Blaugrana une impression de fébrilité. En difficulté sur les balles aériennes, souvent soumise aux contres adverses, décimée par les blessures, cette défense est loin d’être le meilleur atout de l’équipe cette saison.

Des attaquants peu décisifs

L’omniprésence offensive de Messi profite bien évidemment au club qui peut se targuer d’avoir l’un, si ce n’est le meilleur artificier en exercice. Seul écueil, le reste des attaquants ont du mal à s’aligner sur les performances du prodige argentin. Meilleur buteur de l’histoire de la sélection espagnole, David Villa n’a trouvé que huit fois le chemin des filets en championnat. Il ne compte également qu’un seul but en Champions League à son actif et aurait déjà fait part de ses envies d’ailleurs. Plus régulièrement utilisé, Alexis Sanchez est lui aussi loin de se montrer à son avantage avec deux malheureux buts en championnat et un seul en Champions League. Avec cinq petits buts en Liga Pedro Rodriguez n’est pas plus brillant que ses deux collègues.  Au vu de ces statistiques, il est clair que Messi est l’arbre qui cache la forêt. Toutefois ces compères d’attaque ont du mal à se montrer décisifs en son absence. On en a eu encore une preuve lors du match contre le PSG où durant toute la deuxième mi-temps ils se sont montrés très peu dangereux. En dehors de la Copa Del Rey où ils ont brillé face à des adversaires de niveau inférieur, les attaquants barcelonais sont loin de faire une grande saison. Dans ce contexte, toute absence prolongée de Messi pourrait être fortement préjudiciable à ce club qui manque de point de fixation en attaque et où les joueurs offensifs, à force d’être trimballés à tous les postes, n’ont plus l’efficacité attendue devant le but.

Des jeunes pousses trop tendres

La force du FC Barcelone a presque toujours été son centre de formation, pourvoyeur de talents pour l’équipe première. Si jusqu’alors La Masia a formé nombre de joueurs de talents, les derniers joueurs à avoir été intégrés à l’équipe sont parus nettement moins à leur aise que leurs illustres aînés. Depuis l’explosion de Pedro Rodriguez plus aucun de ces jeunes joueurs n’a su se faire une place dans le onze de départ catalan. Symbole de ces manques Marc Bartra. Le jeune défenseur n’est toujours pas parvenu à s’imposer malgré les nombreuses défections dans ce secteur de jeu. Et eu vu de ses prestations les rares fois où on fit appel à lui, il est peu probable qu’il fasse son trou dans les prochains mois. Barré par Dani Alves et Adriano Correa, le latéral droit Martin Montoya éprouve lui aussi les plus grandes difficultés à s’imposer. Même cas de figure pour le polyvalent Marc Muniesa (il est capable d’évoluer à tous les postes de la défense et comme milieu défensif) qui lui aussi cire le banc depuis le début de la saison. Du côté des joueurs offensifs, le son de cloche n’est pas différent. En dehors de Cristian Tello devenu au fil de la saison une valeur sûre comme remplaçant, les autres jeunes doivent se contenter de jouer les doublures-lumière. Trop peu utilisé , Isaac Cuenca a été prêté à l’Ajax Amsterdam jusqu’à la fin de la saison. Quant au milieu mexicain Jonathan Dos Santos lui non plus n’arrive pas à se mettre en valeur faute de temps de jeu.

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