Champions League, ces grands clubs éliminés en poule (2000-2005)
Depuis son instauration dans le format actuel durant l’édition 1994-1995, la phase de poules de la Champions League est devenue l’une des attractions de la compétition, au point de susciter autant de passion que la phase à élimination directe. Critiquée à ses débuts pour sa tendance à favoriser les cadors et un supposé manque de compétitivité, elle a toutefois souvent recelé de surprises. Il arrive en effet que certains grands clubs ne parviennent pas à dépasser ce stade et se retrouvent prématurément éliminés. Et ce n’est pas la dernière édition qui a vu le FC Barcelone et la Juventus Turin notamment se faire sortir, qui déroge à la règle.
Petite précision pour ce panorama, seule la première phase de groupe est prise en compte pour une question d’équité (la deuxième phase de poule a été supprimée en 2004). De plus, seules les équipes bénéficiant d’un statut de grand d’Europe à l’instant T (cas de l’Ajax ou du FC Porto dans les années 90 par exemple, contrairement à Arsenal qui n’était qu’un outsider) seront évoquées. Les ex-cadors rentrés dans le rang (PSV Eindhoven, Benfica Lisbonne, Dynamo Kiev, Olympique de Marseille… Le Paris Saint-Germain et l’Ajax dans les années 2000…) seront également ignorés.
Juventus Turin (Saison 2000-2001)
Tête de série lors du tirage au sort, la Juve est a priori vernie pour cette phase de poule avec le Deportivo La Corogne, le Hambourg SV et le Panathinaïkos pour adversaires. Et pourtant rien ne se passera comme prévu. L’issue totalement rocambolesque du premier match contre Hambourg (4-4) symbolisera le parcours chaotique des Bianconeri. Tout semble aller cependant pour le mieux après une victoire contre les grecs (2-1) et deux nuls consécutifs contre Le Super Depor (0-0 puis 1-1). Le cinquième match contre Hambourg sera le tournant de cette campagne pour la Vecchia Signora. Déjà expulsé lors du premier match contre La Corogne, Zidane est de nouveau exclu suite à un vilain geste sur le défenseur allemand Jochen Kientz. Davids sera également expulsé quatre minutes plus tard pour un deuxième jaune. Reduite à neuf, la Juve perd 1-3 et doit se passer de Zidane qui écope de cinq matchs de suspension. Deuxième à l’entame de l’ultime journée mais obligée de gagner, la Vieille Dame, affaiblie, s’incline contre le Pana (1-3). Hambourg ayant décroché un nul dans l’autre match, la Juve finit dernière du groupe et quitte la scène européenne par la petite porte.
FC Barcelone (Saison 2000-2001)
Vice-champion d’Espagne mais fort de son glorieux passé européen, le FC Barcelone est tête de série malgré ses prestations antérieures en dents de scie. Les Blaugranas ne se retrouvent pas dans la poule la plus abordable (AC Milan, Leeds United et Besiktas) mais semblent tout de même en mesure de faire bonne figure. L’entame est prometteuse avec un large succès sur Leeds au Camp Nou (4-0). Mais à l’image de son parcours en championnat, le Barça se montre inconstant au possible et se fait désosser par Besiktas (0-3) avant de s’incliner à domicile contre les Rossoneri (0-2). S’ils se reprennent en accrochant les lombards à San Siro (3-3), ils doivent batailler pour ramener un point d’Ellan Road à la cinquième journée (1-1). Lors de la dernière journée, le Barça n’a plus son destin entre ses mains. Obligés de gagner en espérant une défaite de Leeds pour décrocher la deuxième place, les Blaugranas remplissent leur part du contrat en disposant largement de Besiktas (5-0). Mais ce succès ne fera que conforter leur troisième place vu que les Peacocks décrochent le point qui leur manquait pour se qualifier en accrochant les Rossoneri (1-1). Le Barça est reversé en coupe de l’UEFA.
AS Monaco (Saison 2000-2001)
Champion de France en titre et plutôt performant sur la scène européenne lors des années précédentes, l’AS Monaco est tête de série et bénéficie d’un tirage plus que clément sur le papier (Galatasaray, Glasgow Rangers, Sturm Graz). Avec un tableau a priori aussi dégagé, la qualification ne semble être qu’une formalité. Mais étrangement, les monégasques se loupent d’entrée en concédant deux défaites contre Galatasaray (2-3) puis les Rangers (0-1) et se retrouvent derniers après deux journées. S’ils se rattrapent en surclassant Graz (5-0), ils concèdent une nouvelle défaite en Autriche (0-2). Scotchés à la dernière place du groupe, les monégasques se retrouvent obligés de gagner leurs deux derniers matchs pour espérer poursuivre leur aventure européenne. S’ils font le nécessaire lors de la réception du club turc au stade Louis II (4-2), ils ne peuvent venir à bout des Rangers à Ibrox (2-2). Conséquence, ils finissent derniers à la surprise générale.
Borussia Dortmund (Saison 2001-2002)
En quête de rédemption après une campagne précédente décevante, le Borussia se retrouve dans le groupe le plus homogène avec la tête de série la plus faible (Boavista) mais d’imprévisibles outsiders (Liverpool et le Dynamo Kiev). Le BVB commence timidement sa campagne en concédant deux nuls contre les ukrainiens (2-2) puis face aux Reds (0-0). Ils s’inclinent ensuite contre Boavista (1-2). Ils se reprennent cependant en battant coup sur coup les portistes (2-1) puis le Dynamo Kiev (1-0). Troisièmes à l’entame de l’ultime journée, les marsupiaux doivent gagner pour être sûrs de passer. Ils s’inclinent malheureusement contre Liverpool (0-2) et ne profitent pas de la défaite de Boavista contre Kiev. A égalité de points avec les portugais, le Borussia loupe la qualification à cause d’une différence de buts défavorable. Il est reversé en C3.
Lazio Rome (Saison 2001-2002)
Lorsque le tirage au sort la place dans un groupe comptant Galatasaray, le PSV Eindhoven et le FC Nantes, la Lazio fait figure de grandissime favorite du groupe. Le seul obstacle semble être l’imprévisible formation turque. Mauvaise pioche, c’est justement de Galatasaray que viendra le premier accroc (défaite 0-1 lors du match inaugural de la poule). Alors qu’on imagine que ce faux pas sera passager, les Biancocelesti se font surprendre à domicile par les nantais (1-3) avant de s’incliner de nouveau à Eindhoven (0-1). Après trois journées, la Lazio est dernière du groupe et semble déjà condamnée. Malgré un sursaut d’orgueil lors des deux rencontres suivantes (victoires 2-1 contre les néerlandais puis 1-0 contre les turcs), les Biancocelesti qui comptent un point de retard sur Galatasaray et Eindhoven se voient obligés de battre Nantes pour se qualifier. Le contrat ne sera pas rempli vu qu’ils s’inclinent à La Beaujoire contre des nantais euphoriques. La victoire des turcs dans le deuxième match les relèguent à la dernière place. La Lazio finit avec le bonnet d’âne du groupe.
Liverpool (Saison 2002-2003)
Deuxième de son championnat la saison précédente, Liverpool est versé dans un groupe comptant le Valence CF, le Spartak Moscou et le FC Bâle. Rien de bien méchant en apparence en dehors du club espagnol qui marche alors sur l’eau. Les Reds croisent d’ailleurs le fer contre les galiciens lors de la première journée et s’inclinent (0-2). Par la suite, ils concèdent un nul décevant contre la formation suisse à Anfield (1-1). Ils parviennent cependant à se remettre en selle grâce à une double confrontation bien négociée contre le Spartak (5-0 puis 3-1). De nouveau en position favorable dans la course à la qualification, les Reds vont cependant concéder une défaite contre Valence (0-1) qui les met en position indélicate. Le match à Bâle prend des allures de finale du groupe. Obligé de battre les suisses pour s’assurer la deuxième place de la poule, Liverpool se retrouve mené 0-3 dès les trente premières minutes. S’il parviennent à renverser la vapeur et à égaliser, ils doivent se contenter d’un nul (3-3), heureux eu égard les circonstances mais insuffisant pour poursuivre l’aventure en C1. Les Reds doivent se contenter de la C3.
Bayern Munich (Saison 2002-2003)
Seulement troisième de Bundesliga la saison précédente, le Bayern n’est pour une fois pas tête de série et se retrouve dans le groupe de la mort (AC Milan, Deportivo La Corogne, RC Lens). N’empêche, le club bavarois étant coutumier de l’adversité, personne ne s’imagine qu’il pourrait rester à quai. Mais cette campagne va tourner au fiasco complet. Signe avant-coureur, une défaite d’entrée à domicile contre La Corogne (2-3). La suite ne sera pas meilleure avec un nul contre Lens (1-1) puis une double confrontation ratée face à l’AC Milan (défaites 1-2 à l’aller comme au retour). Avec seulement un point au compteur, le Bayern squatte le bas du classement à la surprise générale et est quasiment condamné. Le chemin de croix se poursuit cependant avec un nouveau revers contre Le Super Depor qui élimine définitivement le club bavarois de toute compétition. Le Bayern décrochera finalement son deuxième point lors de l’ultime match en concédant le nul contre Lens (3-3). Cette campagne en tous points ratée restera dans les annales comme l’une des pires de l’histoire du Bayern.
Inter Milan (Saison 2003-2004)
Tête de série, l’Inter bénéficie d’un tirage abordable sur le papier (Arsenal, Lokomotiv Moscou, Dynamo Kiev). Pas de quoi s’affoler en somme, surtout que la campagne débute de la meilleure des façons possibles par un large succès à Highbury contre Arsenal (3-0). Le Dynamo Kiev rend lui aussi les armes lors du deuxième match (victoire de l’Inter 2-1). Les Nerazzuri semblent alors bien partis pour faire un cavalier seul dans ce groupe, mais c’était sans compter avec le club moscovite. L’Inter concède une lourde défaite à l’aller (0-3) et ne parvient pas à faire la différence au retour (1-1). C’est alors que l’inexplicable se produit. Premiers de la poule, les milanais explosent en plein vol lors de la réception des Gunners à Giuseppe Meazza (défaite 1-5) et tombent à la troisième place. Lorsque débute la dernière journée, toutes les équipes du groupe peuvent encore se qualifier. Malgré le revers du Lokomotiv, l’Inter qui devait absolument gagner ne peut faire mieux qu’un nul contre le Dynamo (1-1). Résultat des courses, les Nerazzuri restent troisièmes et se retrouvent en C3.
Lazio Rome (Saison 2003-2004)
Si la Lazio pouvait s’estimer chanceuse après le tirage au sort au vu de la composition de son groupe (Chelsea, Besiktas, le Sparta Prague), la suite viendra lui donner tort vu que la poule s’avère beaucoup plus homogène qu’elle ne le laisse penser. Les Laziales débutent pourtant de la meilleure des manières avec une victoire à l’extérieur à Istanbul (2-0 contre Besiktas) puis un nul contre Prague (2-2). C’est l’affrontement avec l’autre favori qui ruinera les chances des Biancocelesti. Battus par les Blues à Stamford Bridge (1-2), les romains explosent totalement à domicile lors du match retour (humiliation 0-4). En mauvaise posture, les Biancocelesti ne peuvent venir à bout des stambouliotes au Stadio Olimpico (1-1). A égalité de points avec les tchèques mais avec deux points de retard sur les turcs, la Lazio doit absolument battre le Sparta pour se qualifier. Ce sera l’inverse vu qu’elle s’incline dans les arrêts de jeu contre la formation tchèque (0-1). Ce coup du sort fait tomber la Lazio à la dernière place du groupe. Un véritable camouflet pour cette équipe déjà fragilisée sur le plan financier.
Deportivo La Corogne (Saison 2004-2005)
Demi-finaliste de l’édition précédente et abonné aux beaux parcours en Champions League depuis le début des années 2000, La Corogne est l’un des plus redoutables outsiders du tableau. Paradoxalement, le club galicien se retrouve dans l’un des groupes les plus difficiles avec le finaliste de la dernière édition (l’AS Monaco), Liverpool et l’Olympiakos. Aucun faux pas ne sera toléré dans cette poule très homogène. Le Depor commence par un nul contre les grecs (0-0) avant de perdre à Louis II contre Monaco (0-2). Tenus en échec par les Reds à Anfield (0-0), ils s’inclinent contre les liverpuldiens à domicile au retour (0-1). Avec seulement deux points inscrits, le Depor est la seule équipe du groupe à n’avoir gagné aucun match et est en queue de peloton. La mauvaise passe se poursuit avec une défaite contre l’Olympiakos (0-1) qui les condamne définitivement. Ils ne parviendront même pas à sauver l’honneur lors de l’ultime confrontation contre les monégasques et se feront humilier à domicile (0-5). La Corogne ne fut que l’ombre d’elle-même durant cette campagne qui l’aura vu finir dernière de sa poule sans avoir inscrit le moindre but. Du grand art.
Valence CF (Saison 2004-2005)
Tenant de la coupe de l’UEFA et champion d’Espagne en titre, Valence se montre légitimement ambitieux malgré un groupe difficile comptant l’Inter Milan, le Werder Brême et le RSC Anderlecht. Le club galicien commence par triompher des belges lors de la rencontre inaugurale (2-0) mais ne peut rien contre le Werder au Weserstadion (défaite 1-2). La réception de l’Inter à la Mestalla va tourner à la déroute avec un revers qui fit date (1-5). Heureusement que le match retour fut plus équilibré. Valence parvient à ramener un point de Giuseppe Meazza (0-0). S’ils parviennent à se relancer en battant Anderlecht (2-1) lors de la cinquième journée, la cause est déjà entendue pour la qualification. Obligé de battre le Werder lors de la dernière journée sur un gros score (au moins trois buts d’écart) pour espérer finir deuxième, Valence s’incline à domicile (0-2) et doit se contenter de la troisième place.
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