Champions League, ces grands clubs éliminés en poule (1994-1999)
Depuis son instauration dans le format actuel durant l’édition 1994-1995, la phase de poules de la Champions League est devenue l’une des attractions de la compétition, au point de susciter autant de passion que la phase à élimination directe. Critiquée à ses débuts pour sa tendance à favoriser les cadors et un supposé manque de compétitivité, elle a toutefois souvent recelé de surprises. Il arrive en effet que certains grands clubs ne parviennent pas à dépasser ce stade et se retrouvent prématurément éliminés. Et ce n’est pas la dernière édition qui a vu le FC Barcelone et la Juventus Turin notamment se faire sortir, qui déroge à la règle.
Petite précision pour ce panorama, seule la première phase de groupe est prise en compte pour une question d’équité (la deuxième phase de poule a été supprimée en 2004). De plus, seules les équipes bénéficiant d’un statut de grand d’Europe à l’instant T (cas de l’Ajax ou du FC Porto dans les années 90 par exemple, contrairement à Arsenal qui n’était qu’un outsider) seront évoquées. Les ex-cadors rentrés dans le rang (PSV Eindhoven, Benfica Lisbonne, Dynamo Kiev, Olympique de Marseille… Le Paris Saint-Germain et l’Ajax dans les années 2000…) seront également ignorés.
Manchester United (Saison 1994-1995)
Tête de série, la formation mancunienne hérite d’un groupe difficile composé du FC Barcelone, de Galatasaray et de l’IFK Göteborg. Sur le papier, tout laisse penser que les hommes d’Alex Ferguson passeront ce tour sans difficulté. Mais la règle du 3+2, limitant le nombre de joueurs étrangers à trois sur la pelouse et deux sur le banc, dessert énormément les Red Devils qui ne peuvent jamais aligner leurs meilleurs éléments ensemble. La campagne démarre bien avec une victoire 4-2 contre les suédois suivie de deux nuls contre la formation turque et les Blaugranas. Mais tout s’effondre au quatrième match suite à une lourde défaite à Barcelone (0-4). Les mancuniens se font ensuite surprendre à Göteborg (défaite 1-3) et se retrouvent en mauvaise posture à l’aube de la dernière journée. Obligés de battre Galatasaray (qui pouvait encore se qualifier) tout en comptant sur un revers du FC Barcelone, les mancuniens s’imposent 4-0 mais finissent à la troisième place derrière les barcelonais (qui ont fait un nul contre Göteborg) et sont donc éliminés à la surprise générale.
FC Porto (Saison 1995-1996)
En dépit de son statut de tête de série, le club portiste ne fut pas verni lors du tirage au sort avec pour adversaires le FC Nantes, le Dynamo Kiev et le Panathinaïkos. L’exclusion du club ukrainien (remplacé par les danois de l’Aalborg BK) équilibre un peu plus le groupe. Favori déclaré, Porto démarre timidement en concédant un nul vierge contre Nantes avant de triompher de l’Aalborg BK (2-0). Malheureusement, les Dragoes vont se louper lors de la double confrontation contre le Pana. Battus à domicile (0-1), ils ne peuvent faire mieux qu’un match nul à Athènes (0-0). La spirale négative se poursuivra avec un nul 2-2 contre Nantes. Toujours en course avant la dernière journée (une victoire les qualifiait si Nantes ne gagnait pas), Porto longtemps mené au score doit s’arracher pour obtenir le nul à Aalborg (2-2). Trop peu pour souffler la deuxième place aux nantais pourtant tenus en échec par le Panathinaïkos. Porto reste à quai, victime de son manque de réalisme.
AC Milan (Saison 1996-1997)
De retour en Champions League après une année d’éclipse, l’ogre milanais est considéré comme un des grands favoris du tournoi. Le tirage au sort se montre relativement clément avec le FC Porto, l’IFK Göteborg et le Rosenborg BK comme opposants. La phase de poules ne devrait qu’être une formalité, cependant les Rossoneri la démarrent de la pire des façons en s’inclinant à domicile contre Porto (2-3). S’ils se reprennent en exécutant Rosenborg (4-1), ils se font surprendre à Göteborg (1-2) après avoir longtemps mené au score. Déjà largués dans la course à la première place, les milanais s’accrochent comme ils peuvent en gagnant le match retour contre les suédois (4-2) mais ne parviennent pas à faire la différence contre Porto (1-1). Pis, il perdent George Weah, suspendu pour avoir assené un coup de tête à Jorge Costa. Malgré tout, les Rossoneri ont leur destin entre les mains avant le dernier match. Un nul contre Rosenborg leur suffit pour composter leur ticket pour le second tour. Et pourtant, ils retombent dans leurs travers en s’inclinant à San Siro (1-2) à la surprise générale. Troisièmes après un parcours ponctué par trois défaites de rang, les milanais prennent la porte.
FC Barcelone (Saison 1997-1998)
Alors que la Champions League, suite à une reforme, accueille pour la première fois les deuxièmes des grands championnats, le FC Barcelone, qui reste sur un titre en coupe des vainqueurs de coupe obtenu la saison précédente, fait figure de prétendant à la victoire finale. Le groupe semble abordable entre les souvent décevants Dynamo Kiev et PSV Eindhoven ainsi que le novice Newcastle United (première C1 disputée de toute son histoire). Ce sont pourtant les Magpies qui frapperont le premier gros coup de la poule en disposant d’entrée des Blaugranas (2-3). La suite de la compétition sera tout aussi foireuse pour les barcelonais qui concèdent un nul à domicile contre le PSV Eindhoven (2-2) avant de se faire surclasser deux fois de suite par le Dynamo Kiev (défaites 0-3 puis 0-4). Dès la fin de la quatrième journée, la qualification n’est déjà qu’une douce chimère. Et la suite va le confirmer. Si le Barça gagne enfin son premier match contre Newcastle (1-0), l’élimination est déjà consommée. Incapables de triompher de la formation néerlandaise lors de la dernière journée (2-2), les Blaugranas finissent derniers de leur poule avec cinq malheureux points au compteur.
FC Porto (Saison 1997-1998)
Bénéficiant d’un tirage au sort assez peu favorable (Real Madrid, Rosenborg BK, Olympiakos), la tâche s’annonce ardue pour le FC Porto d’autant que seuls les premiers de poule et les meilleurs deuxièmes se qualifient pour le tour suivant. Les portistes se loupent totalement lors des premières journées. Battus par l’Olympiakos (0-1), ils concèdent deux défaites successives contre les Merengues (0-2) puis la formation norvégienne (0-2). Derniers à l’entame de la quatrième journée, ils ne peuvent faire mieux qu’un nul contre Rosenborg. Leur élimination étant quasiment actée, ils sauvent l’honneur en battant difficilement les grecs (2-1) avant de se faire étriller par des madrilènes sans pitié (0-4). Porto finit dernier de la poule avec seulement quatre points engrangés.
Paris Saint-Germain (Saison 1997-1998)
Etiquettée favorite sur la foi de ses excellentes campagnes européennes précédentes (depuis 1993, le PSG atteignait au moins les demi-finales des coupes d’Europe qu’il disputait), la formation parisienne n’est cependant pas tête de série et se retrouve dans un groupe difficile comptant le Bayern Munich, le Besiktas JK et l’IFK Göteborg. Cette poule s’avèrera aussi indécise que prévu. Le PSG démarre bien en exécutant le club suédois (3-0) mais se fait surprendre à Istanbul par Besiktas (défaite 1-3). Le match suivant contre le Bayern sera le tournant de la compétition. Plombés par une performance cataclysmique de leur gardien Christophe Revault, les parisiens chutent lourdement (défaite 1-5). S’ils se vengent lors du match retour en gagnant 3-1, le mal est fait d’autant que seule la première place qualifie directement pour les quarts. S’ils gagnent leurs deux derniers matchs (victoire 1-0 à Göteborg, succès 2-1 contre les stambouliotes), la défaite de Munich va s’avérer décisive. Le PSG finit à égalité de points avec les bavarois mais hérite de la deuxième place à la différence de buts. Ce goal average défavorable va précipiter leur élimination vu qu’ils ne terminent pas parmi les meilleurs deuxièmes. La Juventus ayant une différence de buts plus favorable, c’est elle qui bénéficie du dernier billet de meilleur deuxième. L’aventure européenne du PSG s’arrête de façon rageante.
Ajax Amsterdam (Saison 1998-1999)
Bénéficiant d’un statut de tête de série du fait de ses prouesses passées, la formation ajacide bénéficie d’un tirage au sort a priori favorable (FC Porto, Olympiakos, Croatia Zagreb). Bien que seule la première place soit directement qualificative, les lanciers sont grandissimes favoris de cette poule. Les débuts sont pourtant moyens avec un triste nul à Zagreb (0-0) suivi d’une victoire étriquée contre le FC Porto (2-1). La double confrontation contre le club grec ne se passe pas trop mal. Battu à Athènes (0-1), l’Ajax s’impose ensuite à domicile (2-0). En tête de son groupe avant les deux dernières journées, la formation néerlandaise s’incline contre le Croatia Zagreb à domicile (0-1). Ce revers met l’Ajax en très mauvaise posture avant l’ultime journée. Troisièmes du groupe, les lanciers doivent obligatoirement s’imposer à Porto pour espérer accrocher une place de meilleur deuxième. Ce déplacement tournera mal. Ils perdent largement contre Porto (0-3) et sont donc éliminés. Pis, ils terminent derniers du groupe malgré leurs sept points engrangés.
FC Barcelone (Saison 1998-1999)
Souvent décevants en Champions League à la fin de cette décennie, les Blaugranas, pourtant champions d’Espagne en titre se retrouvent dans le groupe de la mort avec pour adversaires Manchester United, le Bayern Munich et les danois du Brøndby IF. Comme le laissait penser le tirage au sort, les erreurs se payent cash dans cette poule ultra-relevée. Les barcelonais commencent bien en arrachant un nul heureux à Old Trafford (3-3) avant de s’imposer à domicile contre la formation danoise (2-0). C’est finalement la double confrontation contre le Bayern qui servira de juge de paix dans ce groupe. Les Blaugranas perdent le match aller (0-1) avant de concéder une deuxième défaite de suite à domicile (1-2) après avoir mené au score. En mauvaise posture, les Blaugranas doivent s’arracher pour obtenir le nul contre les Red Devils à domicile (3-3). Ils se retrouvent mathématiquement éliminés avant même la dernière journée (les deux premières places leurs sont inaccessibles même en cas de succès lors du dernier match). La victoire pour l’honneur à Brøndby (2-0) ne leur permettra que de finir devant leur adversaire du jour.
Borussia Dortmund (Saison 1999-2000)
Pour son grand retour dans la compétition-reine, le Borussia Dortmund bénéficie d’un tirage au sort plutôt clément (Feyenoord Rotterdam, Boavista, Rosenborg BK). Le BVB assume son statut de favori de la poule lors des deux premières journées en ramenant un nul intéressant de Rotterdam (1-1) puis en battant Boavista (3-1). Mais tout se complique lors du duel contre le Rosenborg. Incapables de triompher des norvégiens à l’extérieur (2-2), les marsupiaux s’inclinent lourdement à domicile au retour (0-3). Lors de la cinquième journée, ils concèdent un nul contre le Feyenoord (1-1). Deuxième à l’entame de l’ultime journée, le Borussia est contraint de battre Boavista pour éviter les mauvaises surprises (une victoire qualifie le Feyenoord). Le BVB perd contre la formation portiste et tombe à la troisième place suite à la victoire des néerlandais. L’aventure en C1 s’arrête ainsi.
AC Milan (Saison 1999-2000)
Pour son come-back en Champions League, l’AC Milan, du fait de son statut de champion d’Italie en titre, est tête de série et hérite d’un groupe très homogène mais largement jouable sur le papier (Chelsea, Galatasaray, Hertha Berlin). Si les Rossoneri évitent le traquenard Chelsea d’entrée (0-0) et s’imposent contre la formation turque (2-1), ils négocient mal la double confrontation contre le Hertha Berlin, pourtant novice dans cette compétition. Tenus en échec à domicile lors de la troisième journée (1-1), les milanais s’inclinent ensuite à Berlin à la surprise générale (0-1). S’ils ont encore leur destin en main, le nul contre Chelsea (1-1) les met en mauvaise posture à l’entame de l’ultime journée (ils ne sont que troisièmes avec deux points de retard sur les berlinois). Obligés de battre Galatasaray tout en comptant sur une défaite du Hertha, les Rossoneri qui ont longtemps mené 2-1 craquent dans les dernières minutes et s’inclinent 2-3. Conséquence, leur adversaire du jour leur souffle la troisième place sur le fil et sera reversé en C3 (il gagnera d’ailleurs le trophée cette saison-là). La formation lombarde finit dernière et est éliminée de toute compétition européenne.
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