×

Jon Dahl Tomasson, Danish dynamiteur

Lorsqu’on évoque les joueurs offensifs danois les plus marquants, les premiers noms qui viennent sont ceux des frères Laudrup, d’Elkjaer-Larsen voire celui de Christian Eriksen. Peu nombreux sont ceux qui citent Jon Dahl Tomasson, leader offensif de la Danish Dynamite dans les années 2000. Relativement mésestimé, ce buteur fut pourtant l’un des meilleurs attaquants de l’histoire de son pays et le co-meilleur buteur de la sélection avec 52 réalisations. Redécouvrons la carrière de cet attaquant décisif mais trop souvent oublié.

tomasson-jeune-edited Jon Dahl Tomasson, Danish dynamiteur

Les débuts à Koge

Né en 1976 à Copenhague, il n’y reste que peu de temps vu que sa famille déménage à Køge alors qu’il est encore tout-petit. C’est là qu’il tape dans ses premiers ballons et intègre le Solrød BK, un petit club des environs de Køge, à seulement cinq ans. Il y évoluera quelques années avant de rejoindre le Køge BK, le grand club local, à neuf ans. Il y effectue toute sa formation et débute avec l’équipe première en novembre 1992 à seize ans. Il dispute deux bouts de matchs pour cette première saison (les saisons danoises se jouaient alors sur une année civile). Køge BK qui évolue en Denmark Series (troisième division danoise) mise sur son jeune joueur (il évolue alors comme milieu offensif ou attaquant de soutien) pour la saison suivante. Tomasson ouvre son compteur-but et dispute 15 matchs en championnat (cinq buts marqués) et cinq autres en coupe nationale (cinq buts inscrits). Il prend une part active dans la promotion du club en deuxième division. Il intègre dans la foulée la sélection U19. La saison 1994 sera celle de la confirmation. Il s’illustre en seconde division (23 buts en 31 matchs) et s’impose comme un élément-clé de son équipe. Boosté par ses performances (27 buts toutes compétitions confondues en 33 apparitions), Køge BK décroche la montée en première division. Tomasson finit meilleur buteur du championnat de D2 et est élu joueur U19 danois de l’année. Désormais sur les tablettes de clubs plus huppés, tout laisse penser que celui qui doit découvrir la première division ira monnayer son talent ailleurs.

tomasson-heerenveen Jon Dahl Tomasson, Danish dynamiteur

Transfert et explosion à Heerenveen

En décembre 1994, Tomasson alors âgé de dix-huit ans quitte le nid. Il s’engage avec le SC Heerenveen et découvre l’Eredivisie dès le mois de janvier 1995. Le jeune joueur s’acclimate rapidement à son poste de prédilection (en soutien de l’attaquant ou comme milieu offensif) et réalise une première demi-saison prometteuse aux Pays-Bas (cinq buts en seize matchs de championnat, six TCC). Pour son premier exercice complet avec Heerenveen, il fait parler la poudre (14 buts marqués en 30 matchs, meilleur buteur du club). Il est couronné footballeur de l’année 1996 devant Patrick Kluivert et Boudewijn Zenden, devenant le premier étranger à remporter cette distinction. Convoité par des clubs plus prestigieux, il décide de rester et réalise une saison 1996-1997 encore plus aboutie (18 buts en Eredivisie, 24 TCC) finissant une fois de plus meilleur buteur du club. Il effectue également ses débuts avec la sélection A en mars 1997. Heerenveen atteint la finale de la coupe des Pays-bas mais s’incline contre Roda JC (2-4).

john-dahl-tomasson-newcastle-edited Jon Dahl Tomasson, Danish dynamiteur

Echec à Newcastle

A bientôt 21 ans Tomasson décide de changer d’air. Il se montre sensible à l’attrait de Newcastle United (qui était alors un top club anglais) et s’engage avec les Magpies pour 2,2 millions £. Le manager Kenny Dalglish se montre enthousiaste d’autant que sa nouvelle recrue se montre à son aise durant la présaison. Mais les choses tournent au vinaigre un peu avant le début du championnat. Recruté pour jouer en soutien d’Alan Shearer, le buteur-maison de Newcastle, il se retrouve obligé de jouer en pointe suite à un concours de circonstances. Shearer se blesse et se retrouve sur le flanc pour de longs mois. Les Ferdinand, son remplaçant désigné, décide de quitter le club pour Tottenham durant l’intersaison 1997 et le vieillissant Ian Rush, arrivé en fin de mercato, ne convainc pas. Faute de mieux, Tomasson est aligné comme avant-centre pour la première fois de sa carrière, ce qui ne lui correspond guère à l’époque. Confronté à la rudesse des défenses anglaises, il a du mal à apprivoiser le poste, notamment à cause de ses limites physiques. Bien qu’assez régulièrement aligné, il ne marque que trois buts en Premier League (Quatre TCC). Conséquence de cette année difficile, il perd sa place en sélection et n’est pas retenu pour le Mondial 1998. Les Magpies finissent à une décevante treizième place. Ils atteignent la finale de la FA Cup mais sont défaits par Arsenal (0-2).

tomasson-feyenoord Jon Dahl Tomasson, Danish dynamiteur

Rebond au Feyenoord

Après cette saison décevante, Tomasson ne compte pas s’éterniser dans le nord de l’Angleterre. Il rejoint le Feyenoord Rotterdam qui débourse 2,5 millions £ pour s’attacher ses services. Au sein d’un championnat qu’il connait bien, le danois s’éclate aux côtés de Peter Van Vossen, de l’argentin Julio Cruz et de Bonaventure Kalou. Tomasson qui a retrouvé son poste de milieu offensif brille. Il commence par retrouver la sélection, inscrivant au passage son premier but international. Pour cet exercice 1998-1999, il rayonne, marque 13 buts en Eredivisie (16 TCC) et décroche son premier titre majeur, le championnat des Pays-Bas. La saison suivante démarre sous de bons auspices. Le club remporte la Supercoupe néerlandaise et découvre la Champions League. Le Feyenoord termine l’exercice à la troisième place. Tomasson de son côté se montre un peu moins prolifique (10 buts en championnat, 14 TCC). Mais l’essentiel est ailleurs. Devenu un des piliers de la Danish Dynamite depuis la retraite des frères Laudrup, il est logiquement retenu pour l’EURO 2000. Son duo avec Ebbe Sand à les faveurs du sélectionneur Bo Johansson et il est titularisé durant tout le tournoi. Malheureusement, le Danemark finit dernier de sa poule sans inscrire le moindre but. La saison suivante est marquée par un changement de statut. Avec le départ de Julio Cruz pour Bologne, davantage de responsabilités offensives sont échues à Tomasson qui doit désormais évoluer plus haut sur le terrain. Il se montre à la hauteur et inscrit une quinzaine de buts en Eredivisie (17 TCC) terminant meilleur buteur du club. Feyenoord finit deuxième. Durant l’intersaison, un renfort de poids rallie le club, Pierre Van Hooijdonk. Tomasson et le buteur néerlandais développent rapidement une parfaite alchimie et le duo devient la nouvelle terreur des défenses bataves. La saison ne sera cependant pas un long fleuve tranquille. Rapidement sorti de la Champions League, le Feyenoord est reversé en Coupe de l’UEFA. Décrochés en championnat (ils ne finiront que troisièmes), les hommes de Bert Van Marwijk misent tout sur cette compétition et remportent la C3. A titre personnel, Tomasson réalise une saison pleine (17 buts en championnat, 22 TCC). Il est logiquement sélectionné pour le Mondial 2002. Titulaire indiscutable, il inscrit quatre buts durant le premier tour. L’aventure s’arrête cependant dès les huitièmes (défaite 0-3 contre les anglais). Il sera par la suite élu joueur danois de l’année 2002.

jon-dahl-tomasson-ac-milan Jon Dahl Tomasson, Danish dynamiteur

L’aventure italienne

En fin de contrat, Tomasson décide de ne pas prolonger. Il s’engage avec l’AC Milan où il retrouve ses compatriotes Thomas Helveg et Martin Laursen. Malheureusement pour lui, l’adaptation sera difficile. Concurrencé par Clarence Seedorf, Rivaldo et Rui Costa au poste de milieu offensif, il doit aussi faire face à deux monstres pour le poste d’avant-centre (Andriy Shevchenko et Filippo Inzaghi). Résultat, il est le plus souvent remplaçant et joue peu (29 apparitions tout de même en championnat, 37 TCC). Il n’inscrit que quatre buts (11 TCC) en Serie A. Au plan collectif par contre, la saison est excellente. Les rossoneri remportent la Coppa Italia et la Champions League. Malheureusement pour Tomasson, il sort sur blessure lors du match aller de la finale de la coupe d’Italie, ce qui lui fait manquer la finale de la C1. L’arrivée de Kaka durant l’intersaison 2003 douche définitivement ses espoirs d’évoluer comme milieu offensif. Derrière Sheva et Pippo Inzaghi, il doit se contenter d’un statut de troisième option au poste d’avant-centre dans un premier temps. Le club commence par remporter la Supercoupe d’Europe (Tomasson n’entre pas en jeu) et parvient à gagner le titre de champion en fin de saison. L’attaquant danois se montre nettement plus incisif durant cet exercice (12 buts en Serie A, 15 TCC) profitant des nombreux pépins physiques d’Inzaghi. En sélection tout va pour le mieux. Il est décisif durant la campagne qualificative de l’EURO portugais. Sans surprise, il figure dans la liste finale du sélectionneur Morten Per Olsen. Tomasson inscrit trois buts durant le tournoi et se montre à son avantage. Malgré une élimination en quarts (0-3 contre la République Tchèque), il est nommé dans l’équipe de lEURO 2004. Il sera élu pour la deuxième fois de sa carrière joueur danois de l’année. Sa saison 2004-2005 sera cependant plus mitigée. S’il joue davantage (40 matchs TCC), il ne marque que neuf buts (six en championnat) du fait de la concurrence avec le nouvel arrivant Hernan Crespo (prêté par Chelsea). Le club loupe tous ses objectifs et doit se contenter de la Supercoupe d’Italie en guise d’unique trophée. La fameuse défaite en finale de Champions League contre Liverpool apparait comme le chant du cygne pour Tomasson. Entré en cours de jeu, il n’a pu faire la différence, inscrivant tout de même sa tentative lors de la séance de tirs au but. L’arrivée de Christian Vieri durant l’intersaison 2005 le pousse vers la sortie. Il accepte de partir et est mis sur la liste des transferts.

tomasson-vfb-stuttgart Jon Dahl Tomasson, Danish dynamiteur

Expérience mitigée en Bundesliga

En juillet 2005, il est transféré au VFB Stuttgart pour 7,5 millions d’euros. Il s’engage pour quatre ans avec le club allemand où il retrouve son compatriote Jesper Grønkjaer. S’il trouve rapidement ses marques malgré une forte concurrence (Cacau, Daniel Ljuboja, Mario Gomez, Marco Streller), le club vit une saison difficile finissant modestement neuvième de Bundesliga. Avec huit buts en 26 matchs de championnat (11 en 37 matchs TCC), il est cependant co-meilleur buteur du club avec Ljuboja. Conséquence de cet exercice décevant, l’entraîneur Giovanni Trapattoni n’est pas conservé. Son remplaçant Armin Veh ne compte pas sur Tomasson. Il accorde sa confiance au duo GomezCacau et fait de Streller sa troisième option. Orphelin de Grønkjaer parti au FC Copenhague durant l’intersaison, Tomasson traîne son spleen et ne joue que quatre matchs de Bundesliga (six TCC) sans parvenir à marquer. Frustré, il décide de partir durant le mercato hivernal. Ironie du sport, Stuttgart sera sacré champion cette saison-là.

tomasson-villarreal Jon Dahl Tomasson, Danish dynamiteur

Relance manquée à Villarreal

Le 24 janvier 2007, Tomasson est prêté au Villarreal CF jusqu’à la fin de la saison avec une option d’achat. Il devient au passage l’un des rares joueurs à avoir évolué dans les quatre championnats européens majeurs (Florin Raducioiu, Gheorghe Popescu, Abel Xavier et Pierre Womé en ont fait de même). Censé pallier la longue indisponibilité de Nihat Kahveci, il ne parvient pas à faire oublier ce dernier. Il inscrit tout de même quatre buts en onze matchs. Ce qui s’avère suffisant pour les dirigeants du Yellow Submarine qui décident de le conserver. Malheureusement sa première saison complète va s’avérer délicate. En sélection les choses vont mal. Le Danemark ne parvient pas à se qualifier pour l’EURO 2008 (la Danish Dynamite avait déjà raté la coupe du monde 2006). En club, le retour en grâce de Nihat couplé à l’explosion du nouvel arrivant Giuseppe Rossi bride l’attaquant danois. En 25 matchs de championnat, il ne trouve le chemin des filets qu’à trois reprises. Il n’a pas été d’un grand apport durant la belle saison de Villarreal (deuxième de Liga). Logiquement, il se retrouve sur la liste des indésirables.

tomasson-feyenoord-2008-2009 Jon Dahl Tomasson, Danish dynamiteur

Retour au Feyenoord et fin de carrière

Laissé libre par le Yellow Submarine, Tomasson désormais âgé de 32 ans revient au Feyenoord Rotterdam à l’intersaison 2008 et s’engage pour trois saisons. Revanchard, le buteur danois entend de nouveau briller. Associé à Roy Makaay, il réalise un bon début d’exercice avec quatre buts en trois rencontres. L’embellie est malheureusement stoppée brutalement par une blessure contractée fin septembre. Il ne retrouve les terrains qu’en janvier. Il finit cette première année avec neuf buts au compteur pour treize matchs de championnat joués. Déterminé à briller lors de l’exercice suivant, il s’impose immédiatement comme titulaire aux côtés de Makaay. Il termine la saison avec douze buts (onze en championnat) finissant meilleur buteur du club. Toutes choses qui lui vaudront une sélection pour la coupe du monde 2010. Il hérite même du brassard de capitaine. Remplaçant lors du premier match à cause d’une blessure, il retrouve sa place de titulaire et inscrit même son cinquante-deuxième et dernier but en sélection durant le dernier match de poule. Le Danemark ne passe malheureusement pas la phase de groupe. Il prend sa retraite internationale dans la foulée. De retour en club, le staff médical constate que sa blessure est plus grave que prévu. S’il devait initialement manquer un mois de compétition, la guérison s’éternise et il ne joue finalement pas la moindre minute de la saison 2010-2011. Ne parvenant pas à récupérer, il décide de mettre un terme à sa carrière de footballeur professionnel. Il ne restera cependant pas longtemps inactif vu qu’il devient assistant coach à l’Excelsior Rotterdam dès juin 2011. Depuis, il poursuit sa carrière d’entraîneur. Il est l’actuel manager des Blackburn Rovers.

Partagez ce contenu :

Laisser un commentaire