L’équipe-type des retraités de 2014
L’année 2014 aura vu un certain nombre de joueurs importants raccrocher les crampons. Dans cette cuvée on retrouve du très beau monde: un ballon d’Or, quelques légendes vivantes, une flopée d’éléments qui figurèrent parmi les meilleurs à leur poste mais aussi quelques espoirs déchus. A l’image des équipes-types de l’année civile, il m’est paru intéressant d’établir une sélection réunissant ces cadors qu’on ne reverra malheureusement plus sur une pelouse. Une équipe articulée en 4-3-3 avec en prime un banc complet. Bonne lecture.

Mickaël Landreau (Gardien)
De sa carrière il restera un chiffre: 618 comme le nombre de matchs de Première Division/Ligue 1 disputés par l’ex-gardien international. Ce cador du championnat français a fait preuve d’une longévité exceptionnelle au plus haut niveau, lui qui avait débuté à seulement 17 ans. Passé par Nantes, le Paris Saint-Germain, Lille et enfin Bastia, Landreau a à son actif deux titres de champion de France, trois coupes de France, une coupe de la Ligue et deux trophées des champions. Outre son record de matchs, il laisse derrière lui une réputation de tueur de penalty. On pourrait lui reprocher de n’avoir pas cédé aux sirènes étrangères (Arsenal, FC Barcelone entre autres) mais il a tout de même eu une grande carrière.

Javier Zanetti (Arrière droit)
Il a beau avoir débuté sa carrière à Talleres et être passé par Banfield, dans l’esprit de tous le nom de Javier Zanetti est, et restera à jamais, associé à l’Inter de Milan qu’il a rejoint en 1995. Une belle histoire d’amour longue de dix-neuf saisons qui aura vu le latéral/milieu argentin quasiment tout gagner avec la formation lombarde: vainqueur de la Champions League, de la coupe de l’UEFA, de la coupe du monde des clubs, cinq fois champion d’Italie et quatre fois vainqueur de la coupe d’Italie. Zanetti c’est aussi une classe indéniable sur le terrain, de vraies qualités de meneur d’hommes et une figure respectée de tous en Italie mais aussi en Argentine. A 40 ans, l’homme bionique des Nerazzuri a décidé de dire stop. Seule ombre au tableau, un palmarès international vierge malgré 145 capes.

Carles Puyol (Défenseur central)
Avec la retraite de Puyol c’est une page de l’histoire du football espagnol qui se tourne. Le défenseur chevelu aura marqué son temps par sa grinta et sa rage de vaincre. Quinze saisons durant, il fut l’âme de l’arrière-garde catalane où il évolua à quasiment tous les postes. Capitaine-courage du FC Barcelone, son club de toujours, Puyol a contribué à écrire quelques-unes des plus belles pages de l’histoire récente du football, tant en club qu’avec sa sélection avec laquelle il a remporté un titre de champion du monde et un EURO. Malheureusement, l’âge et des blessures récurrentes auront eu raison de la combativité du chien de garde catalan, le contraignant à mettre un terme à sa carrière après quinze années de bons et loyaux services. Il pourra toujours se consoler avec sa pleine brouette de titres.

Gabriel Heinze (Défenseur central)
Totalement inconnu au moment où il débarque à Paris en provenance du Real Valladolid, Gabriel Heinze s’avère par la suite être l’une des meilleures recrues du Paris Saint-Germain de ce début de siècle. L’intraitable argentin s’en ira par la suite monnayer son talent à Manchester United puis au Real Madrid avant de revenir en France chez le rival honni (l’Olympique de Marseille). Après un passage à l’AS Roma, il rejoint le club de ses débuts, Newell’s Old Boys, pour boucler la boucle. Quel que soit le maillot avec lequel il aura évolué, Heinze a laissé une image de véritable guerrier, haïssant la défaite et ne s’avouant jamais battu. Sa science du placement et son mental de vainqueur lui ont permis de s’imposer quasiment partout où il est passé. En sélection, il fut de l’épopée victorieuse de 2004 aux Jeux Olympiques, seul titre remporté par l’Argentine depuis plus de vingt ans.

Cristian Chivu (Arrière gauche)
Les blessures n’auront pas épargné le malheureux Christian Chivu durant sa carrière. La plus spectaculaire, cette fracture du crâne en janvier 2010 suite à un choc tête contre tête avec Sergio Pellissier. Un regrettable incident qui le contraindra à jouer casqué pour tout le reste de sa carrière. C’est encore une blessure, une luxation de l’orteil survenue en 2012, qui l’a contraint à raccrocher les crampons. En dépit de deux interventions chirurgicales, Chivu n’a pu s’en remettre et a du arrêter les frais à seulement 34 ans. Une triste fin de carrière pour ce joueur, révélé à l’Ajax Amsterdam, qui a explosé lors de son passage à l’AS Roma avant de rayonner avec l’Inter Milan. Chivu fut tout simplement un des défenseurs les plus complets de la dernière décennie. Capable d’évoluer avec brio à tous les postes de la défense mais aussi comme milieu récupérateur, il est doté d’une qualité technique rare pour un joueur à vocation défensive. Il a également pour lui un sens tactique hors-norme, un pied gauche précis mais surtout une qualité de relance des plus abouties. Chivu n’était pas un monstre physique, mais son intelligence de jeu, plus que précieuse, compensait et en faisait l’un des meilleurs à son poste.

Juan Sebastian Veron (Milieu défensif)
Les mauvaises langues évoqueront son difficile passage en Angleterre (avec Manchester United puis Chelsea) pour minimiser l’importance du tondu argentin. La Brujita, c’est plus que ce joueur au crâne rasé qui semblait égaré sur les pelouses d’outre-manche. C’est surtout un des milieux les plus complets de la fin des années 90 et il y a fort à parier qu’il serait régulièrement cité dans les tout-meilleurs joueurs de ce début de siècle s’il ne s’était pas perdu en Premier League. C’est en Italie que Veron a fait montre de son aisance technique et de ses qualités de leader. Que ce soit avec la Sampdoria, Parme ou la Lazio Rome, ce merveilleux éclaireur de jeu a brillé. Même son passage à l’Inter Milan où il fut prêté deux saisons fut assez satisfaisant bien qu’en deçà de ses premières années transalpines. Retiré une première fois des terrains en juin 2012 à cause de problèmes au genou, Veron avait rechaussé les crampons en 2013 pour aider son club de cœur Estudiantes de La Plata. Il en est aujourd’hui le président.

Clarence Seedorf (Milieu relayeur)
Appelé au chevet d’un Milan AC malade, Clarence Seedorf, alors à Botafogo, met un terme à sa carrière de joueur et embrasse celle de coach pour redresser les Rossoneri. Si l’expérience ne fut pas une totale réussite, Seedorf aura prouvé une fois de plus qu’il est de ces hommes de valeur sur lesquels on peut toujours compter. Le joueur en tout cas restera à jamais dans les souvenirs des amateurs de beau jeu. Que ce soit avec l’Ajax Amsterdam où il se révéla, la Sampdoria, le Real Madrid ou même avec la sélection batave, Seedorf a marqué son temps avec un jeu aussi élégant qu’efficace. Si son passage à l’Inter Milan fut plus que mitigé, c’est avec le Milan AC que celui qui fut surnommé Il Professore par les supporteurs fit étalage de toute sa classe. Son palmarès parle d’ailleurs pour lui: quatre Champions League remportées avec trois clubs différents (Ajax Amsterdam, Real Madrid et deux fois avec le Milan AC) il a également la particularité d’avoir été champion dans tous les pays où il est passé à l’exception du Brésil. Un grand monsieur du football tout simplement.

Juninho (Milieu offensif)
A 39 ans et après une ultime pige au Vasco da Gama, Juninho Pernambucano a décidé de raccrocher les crampons. Celui qui fut l’un des piliers de l’Olympique Lyonnais restera à jamais dans l’histoire du football comme l’un des tout-meilleurs tireurs de coup-francs de tous les temps. Juninho c’est avant tout ce fouetté unique, cette capacité à donner des courbes et des effets improbables à un ballon, une valeur ajoutée incontestable sur coups de pied arrêtés. Mais Juninho c’est aussi un statut de légende vivante de la Ligue 1, une efficacité offensive de bon aloi, un impact réel sur le jeu et des qualités de meneur d’homme. Confronté à une abondance de biens (Rivaldo puis Kaka et Ronaldinho lui ont été préférés), il n’a que rarement eu l’occasion de briller avec la Seleçao. Dommage pour un joueur de ce niveau.

Rivaldo (Attaquant de soutien droit)
Milieu offensif d’une élégance rare, le Ballon d’Or 1999 a connu une fin de carrière pour le moins mouvementée. S’il a connu les sommets et les grands clubs (FC Barcelone, Milan AC…) il a à son actif des passages dans des championnats plus qu’exotiques (l’Ouzbékistan avec le FC Bundokyor, l’Angola avec le Kabuscorp) qui lui ont malheureusement donné une image de mercenaire prêt à jouer n’importe où du moment que la paie est intéressante. Qu’importe, les amoureux de football technique n’oublieront jamais ses dribbles chaloupés, son sens du spectacle et ce pied gauche à la précision légendaire, tant pour les crochets que pour les buts. Bien avant le Joga Bonito, Rivaldo était de ces joueurs pour lesquels on n’avait que d’yeux. Un véritable régal à voir! A l’heure où on compte de moins en moins de magiciens du dribble sur les pelouses, on ne peut qu’être pris de nostalgie en voyant Rivaldo raccrocher les crampons pour devenir le président du Mogi Mirim son dernier club.

Ryan Giggs (Attaquant de soutien gauche)
Plus que pour son jeu, tout en explosivité, à ses débuts ou pour son palmarès long comme un jour sans pain, la carrière de Ryan Giggs sera surtout marquée par sa fidélité à Manchester United. Le gallois n’a en effet jamais joué ailleurs et c’est d’ailleurs cette fidélité qui va précipiter sa fin de carrière lorsqu’il prend place sur le banc en remplacement de David Moyes licencié. Aujourd’hui membre du staff de Louis Van Gaal, Giggs est de ceux qui représentent le mieux l’esprit Red Devil, lui qui pendant vingt-trois ans en a défendu les couleurs sur le pré. S’il a eu une carrière internationale faite de rendez-vous manqués du fait de sa nationalité, le mythique numéro 11 a écrit sa légende en club, remportant 35 titres ce qui en fait le joueur le plus titré de l’histoire du football moderne. Il est en outre le seul joueur à avoir remporté treize titres et détient le record du plus grand nombre de matchs joués en Premier League. Il est également le seul joueur à avoir marqué au moins un but lors de vingt-et-une saisons consécutives de Premier League, est le détenteur du record de passes décisives effectuées en championnat anglais et à la particularité de n’avoir jamais été expulsé. Giggs est tout simplement de la race des seigneurs.

Thierry Henry (Avant-centre)
Bien que meilleur buteur de l’histoire de la sélection française (51 buts en 123 sélections), Thierry Henry n’a malheureusement jamais fait l’unanimité dans son propre pays, éclipsé par le génie de Zidane et desservi par une image publique peu flatteuse. Qu’importe au fond, c’est en Angleterre que Mister Henry a construit sa légende sous le maillot d’Arsenal. Avec 226 buts inscrits avec les Gunners, il fut le porte-flambeau de cette équipe et l’un des canonniers les plus craints du monde. Pas un hasard qu’il ait été statufié, lui qui est le meilleur buteur de l’histoire du club. Thierry Henry c’est avant tout une efficacité diabolique devant le but, une capacité d’accélération à faire pâlir des sprinteurs de métier, une rapidité d’exécution des plus admirables et cet enroulé pied droit côté opposé devenu sa marque de fabrique. Thierry Henry c’est aussi un des plus beaux palmarès de l’histoire du football français, de pleines brouettes d’actions décisives, une ribambelle de gestes de classes… Bref, Henry fait partie du haut du panier des meilleurs attaquants de la dernière décennie, et ça personne ne pourra le contester.
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