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Ces cadors éliminés au premier tour de la coupe du monde (1930-1986)

Phase d’écrémage par excellence, le premier tour de la coupe du monde est souvent marqué par des rencontres spectaculaires ainsi que des surprises. Il n’est pas rare que des favoris concèdent des défaites à ce stade de la compétition qui s’avère plus délicat à négocier qu’on ne pourrait l’imaginer. A ce titre, pratiquement toutes les nations majeures de l’échiquier footballistique ont expérimenté à un moment ou un autre une élimination au premier tour (en dehors des Pays-Bas qui n’ont jamais connu cette déconvenue). Redécouvrons toutes ces fois où des candidats à la victoire finale ou de grandes nations ont quitté prématurément le tournoi.

Pour plus de lisibilité cet article est divisé en deux parties. La première couvrant les treize premières éditions du Mondial et la seconde les tournois suivants.

1930

Brésil

Pour cette première édition de la coupe du monde, le Brésil se retrouve dans la même poule que la Yougoslavie et la Bolivie. Pour son entrée en lice, la Seleção s’incline contre les yougoslaves (1-2). Largement victorieuse des boliviens pour son deuxième et dernier match de poule (4-0), la Canarinha doit cependant se contenter de la deuxième place derrière la Yougoslavie. Etant donné que seul le premier se qualifiait pour les demi-finales, le Brésil se retrouve éliminé.

1934

Argentine

Finaliste de l’édition précédente, l’Argentine, du fait du forfait du tenant du titre uruguayen, fait figure de favorite. Opposée à la Suède pour son premier match du tournoi (la phase de poules a été remplacée par un huitième de finales à élimination directe), l’Albiceleste trouve la faille dès la quatrième minute. Mais elle ne parvient pas à garder son avance et concède l’égalisation cinq minutes plus tard. Si les argentins parviennent à reprendre la tête en début de deuxième mi-temps, ils concèdent deux buts et finissent par s’incliner (2-3).

Brésil

Confronté à l’Espagne dès son premier match du tournoi, le Brésil du jeune Leônidas ne part pas avec la faveur des pronostics. La Roja, guidée par le mythique gardien Ricardo Zamora, fait le trou d’entrée et inscrit trois buts dans les trente premières minutes. Leônidas réduira la marque en seconde période mais son but ne parviendra pas à relancer la Seleção qui s’incline finalement (1-3) et prend la porte.

1938

Allemagne

Troisième de l’édition précédente, l’Allemagne débarque en France avec une équipe encore plus impressionnante incorporant des joueurs autrichiens (l’Autriche avait été annexée par l’Allemagne). Opposée à la Suisse, elle se casse les dents sur la formation helvète. Si les allemands parviennent à ouvrir le score, une erreur de leur défenseur Willibald Schmaus permet à la Suisse d’égaliser avant la pause. Le score n’évoluera pas jusqu’à la fin des prolongations (1-1), obligeant les deux équipes à disputer un match d’appui cinq jours plus tard (il n’y avait pas de tirs au but à l’époque). Le replay débute sous de bons auspices pour la Mannschaft. Face à des suisses provisoirement réduits à dix suite à la blessure de leur ailier gauche (il n’y avait pas de remplacements à l’époque), les allemands prennent deux buts d’avance. La Nati réduit la marque avant la mi-temps. La seconde période helvète est homérique. De nouveau à onze (le joueur blessé avait repris sa place, chose permise par le règlement d’alors), les suisses reviennent au score avant d’inscrire coup sur coup deux buts à l’entame des quinze dernières minutes. Battue (2-4), l’Allemagne est éliminée à la surprise générale.

1950

Angleterre

Enfin décidée à prendre part à un Mondial après avoir boycotté les trois premières éditions, l’Angleterre débarque au Brésil avec l’intention de montrer à tous qu’elle est la meilleure nation en tant qu’inventrice du football moderne. Dans une poule plutôt ouverte, les anglais débutent bien en triomphant aisément du Chili (2-0). Pour leur deuxième match contre les Etats-Unis, les Three Lions prennent leur adversaire de haut et se permettent même de ne pas aligner Stanley Matthews, leur maître à jouer. Ils s’inclineront contre les amateurs étatsuniens à la surprise générale (0-1). En dépit de cette humiliation, tout n’est pas perdu vu qu’une victoire contre l’Espagne lors du dernier match leur assurerait la qualification. Mais la perfide Albion concède une nouvelle défaite (0-1) et voit son adversaire composter son billet pour le tour final.

Italie

Tenante du titre et double championne en titre, l’Italie hérite logiquement de la casquette de favorite bien que le contexte ait totalement changé. La deuxième guerre est passée par là et la longue pause footballistique a eu raison de l’ossature de l’équipe. Il ne reste pratiquement aucun membre de l’équipe des années 30. Pour ne rien arranger, le forfait de l’Inde réduit le nombre de matchs à disputer à deux. La Squadra Azzurra se fait surprendre d’entrée par la Suède (2-3). Si la Nazionale parvient à remporter sa deuxième rencontre contre le Paraguay (2-0), son élimination était déjà actée à cause du nul entre suédois et paraguayens quelques jours plus tôt. Les Azzurri, deuxièmes de la poule (seul le premier se qualifiait), quittent la compétition par la petite porte.

1954

Italie

Quatre ans après l’échec brésilien, la Squadra Azzurra entend vendre chèrement sa peau dans ce mondial suisse. Ils concèdent cependant une défaite contre le pays organisateur dès leur premier match (1-2). Heureusement, les italiens se reprennent bien en ne faisant qu’une bouchée de la Belgique (4-1) lors de la deuxième journée. A égalité de points avec la Suisse, ils gagnent le droit de disputer un match d’appui contre cette dernière (il n’y avait pas de troisième match de poule lors de cette édition, mais un match d’appui qui se jouait seulement si deux équipes finissaient à égalité de points) pour espérer prendre la deuxième place qualificative (l’Angleterre avait fini première du groupe). La Nazionale ne fera cependant pas illusion dans cette rencontre et s’inclinera lourdement (1-4).

1958

Argentine

Pour son grand retour en coupe du monde (sa dernière participation remontait à 1934), l’Argentine se retrouve dans le même groupe que le tenant du titre ouest-allemand, la Tchécoslovaquie et la modeste Irlande du Nord. L’aventure suédoise va tourner au fiasco. Battue d’entrée par la RFA (1-3) après avoir ouvert le score, l’Albiceleste remet les pendules à l’heure en triomphant des nord-irlandais (3-1) lors du deuxième match. Confrontée à des tchécoslovaques obligés de gagner pour espérer une qualification, les argentins vont se faire étriller par leur adversaire (1-6). Humiliés, ils finissent à la dernière place. Un résultat qui déclenche l’ire légitime des supporteurs. Le retour au pays de la sélection fut houleux.

Angleterre

Pour la seule édition disputée par les quatre nations britanniques (elles étaient toutes qualifiées), l’Angleterre ne fut pas vernie par le tirage au sort avec une poule comptant le Brésil, l’URSS et l’Autriche. Le premier match contre les soviétiques fut toutefois bien négocié (nul 2-2). Le second contre les Auriverdes fut sanctionné par un nul vierge (0-0). En position favorable alors que débute la troisième journée, les Three Lions ne peuvent faire mieux qu’un nul contre les autrichiens (2-2). A égalité de points avec l’URSS, les anglais sont contraints de disputer un match d’appui contre les soviétiques. L’Angleterre s’incline (0-1) et quitte la compétition.

1962

Italie

En pleine renaissance après avoir loupé l’édition 1958, l’Italie forte de ses individualités (Gianni Rivera, Cesare Maldini, Giovanni Trappatoni…) n’est cependant pas tête de série lors du tirage au sort. Conséquence, elle se retrouve dans le même groupe que le pays organisateur, la RFA et la Suisse. La Squadra Azzurra fait toutefois bonne impression en arrachant un nul contre les ouest-allemands lors du premier match. La rencontre suivante contre le Chili sera malheureusement l’une des plus honteuses de l’histoire. Rebaptisé La bataille de Santiago, ce match d’une rare violence sera perdu par les italiens (0-2) dans une ambiance plus que délétère. Cette défaite précipitera l’élimination de la Nazionale. Malgré son large succès sur la Suisse (3-0), l’Italie finit troisième derrière la RFA et le Chili.

Argentine

Versée dans un groupe largement à sa portée, l’Argentine avait à cœur de faire oublier son Mondial suédois décevant. Si elle triomphe de la modeste Bulgarie d’entrée (1-0), elle ne peut cependant rien contre une Angleterre euphorique et sure de ses forces (défaite 1-3). Pour le dernier match de poule contre la Hongrie, l’Albiceleste n’a d’autre choix que de battre son adversaire pour se qualifier. Le pari sera perdu vu que la rencontre se soldera par un nul vierge (0-0) qui élimine l’Argentine pour la deuxième édition consécutive.

1966

Brésil

Tenant du titre, le Brésil fait figure de grandissime favori pour ce Mondial, surtout que son groupe semble peu relevé (Hongrie, Bulgarie et le Portugal qui dispute sa première coupe du monde). Les Auriverdes font le job contre la Bulgarie (2-0) lors de la première journée. Mais soumis au jeu viril proposé par des hongrois volontaires et réalistes (en plus d’être privés de Pelé, touché après le premier match), les brésiliens s’inclinent (1-3) lors de leur deuxième match. Contrainte de battre le Portugal déjà qualifié, la Seleção va totalement déjouer. Réduit à dix suite à la blessure de Pelé (victime d’une agression de João Morais), le Brésil a du mal à contenir les assauts portugais. Ils s’inclineront finalement (1-3) et ne passeront pas le premier tour.

Espagne

Championne d’Europe en titre, l’Espagne n’hérite pourtant pas du statut de tête de série, la faute à ses décevantes coupes du monde précédentes. Résultat, elle doit croiser le fer avec la RFA, la Suisse et l’Argentine. Confrontée à l’Albiceleste pour son premier match, la Roja rend les armes (1-2). S’ils disposent de la modeste Suisse (2-1), ils se retrouvent obligés de faire un résultat contre l’ogre ouest-allemand. La RFA étant obligée de gagner elle aussi pour sécuriser sa place en quarts de finale, elle se montre pugnace et répond à l’ouverture du score espagnole avant de doubler la mise. L’Espagne perd (1-2) et est renvoyée à ses études.

Italie

Après la déception de l’édition précédente, l’Italie bénéficie d’un tirage au sort relativement clément avec l’URSS, le Chili et la modeste Corée du Nord. La Squadra Azzurra débute bien le tournoi en réglant son compte au Chili quatre ans après La bataille de Santiago (victoire 2-0). La suite est cependant moins probante. La Nazionale se fait surprendre par l’Union Soviétique (0-1). Le match contre la Corée du Nord revêt des allures de formalités contre un adversaire novice à ce stade de la compétition. Les nord-coréens créent la sensation en ouvrant le score. Les italiens auront beau se ruer à l’attaque, la formation asiatique tiendra bon. Les Azzurri s’inclinent (0-1) à la surprise générale et doivent quitter le tournoi.

1974

Italie

Championne d’Europe en 1968 et vice-championne du monde lors de l’édition précédente, l’Italie semble avoir enfin retrouvé sa superbe dans les grands tournois. Avec des joueurs comme Zoff, Facchetti, Mazzola, Rivera ou Fabio Capello, elle semble être en mesure de lutter pour le titre final. Dans une poule comptant l’Argentine, la Pologne et Haïti, personne n’envisage une élimination prématurée de la Squadra Azzurra. Le premier match contre des haïtiens valeureux mais limités vient cependant faire naître des doutes. S’ils ont gagné facilement (3-1), les italiens ont concédé l’ouverture du score. Lors du choc du groupe contre l’Argentine, ils doivent de nouveau courir après le score mais décrochent finalement un nul heureux (1-1). Pour leur troisième match contre des polonais déjà qualifiés, les Azzurri n’ont besoin que d’un nul. Ils passeront cependant au travers et ne pourront obtenir le point requis pour la qualification (défaite 1-2). Ce revers couplé au succès argentin dans l’autre match les élimine.

1986

Portugal

De retour au premier plan après un EURO 1984 réussi, la sélection portugaise bien que privée de Fernando Chalana est l’un des épouvantails du tournoi. Malgré un tirage au sort peu clément (Angleterre, Pologne, Maroc), elle semble être en mesure de faire bonne figure. Tout commence bien avec un succès d’entrée de jeu contre les anglais (1-0). L’opposition contre la Pologne sera par contre moins probante (défaite 0-1). Pour son troisième match contre les inattendus marocains, la Seleção das Quinas part largement favorite. Cueillie à froid dès les vingt premières minutes, elle ne parviendra pas à renverser la vapeur et s’inclinera (1-3). Ce résultat la fait tomber à la dernière place du groupe, mettant fin à son tournoi.

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