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Quand Newcastle était un grand d’Angleterre

Désormais réduit au statut de simple comparse en Premier League, Newcastle United fut pourtant un club majeur à la fin des années 90, au point de se battre pour le titre pendant plusieurs saisons d’affilée. Durant ces années, l’équipe managée par Kevin Keegan tenait la dragée haute au Manchester United de Sir Alex Ferguson et rivalisait sans peine avec Arsenal ou Liverpool. Le départ de l’ancienne légende de Liverpool mettra malheureusement fin à cette période dorée et si le club retrouve quelques couleurs lors de la décennie 2000 (trois saisons dans le top 5 entre 2002 et 2004), plus jamais on ne le reverra jouer les premiers rôles. Retour sur ce qui fut l’une des plus belles périodes de l’histoire des Magpies.

Les arrivées de Sir John Hall et Kevin Keegan

Relégué en deuxième division en 1989, Newcastle United était devenu une anonyme formation de l’échelon inférieur et devait même batailler pour se maintenir. La donne change en début d’année 1992 alors que le club est dans une impasse sportive (il était relégable). Le magnat Sir John Hall rachète le club. Première décision, il se sépare du manager Osvaldo Ardiles et engage Kevin Keegan pour le remplacer. L’ex-joueur du club (il en a porté les couleurs au crépuscule de sa carrière au début des années 80) prend fonction en février 1992 et entreprend de relancer une équipe à la dérive. Finalement, il réussit à décrocher le maintien dans les dernières journées. Dès la saison suivante, le club, renforcé par les arrivées d’Andy Cole et John Beresford notamment, est complètement transfiguré. Les Magpies deviennent la meilleure équipe de la Division One (D2 Anglaise) et décrochent la montée en terminant premiers du championnat.

Le retour au premier plan

Bénéficiant de la confiance du propriétaire, Keegan recrute de nouveaux éléments (dont Peter Beardsley, Pavel Srnicek et Rob Lee) histoire de faire mieux que de la figuration en Premier League. Portés par l’efficacité d’Andy Cole (34 buts en championnat), les Magpies finissent troisièmes à la surprise générale et se qualifient pour la coupe de l’UEFA. Pas mal pour un promu. Le suisse Marc Hottiger et le belge Philippe Albert rejoignent le club pour renforcer l’arrière-garde. Steve Howey et Rob Lee confirment les promesses affichées la saison passée et deviennent des cadres de l’équipe. La saison sera toutefois moins réussie. Le club ne finira que sixième. Il ne se montrera pas non plus à son avantage en coupe de l’UEFA (élimination dès le deuxième tour par l’Athletic Bilbao (3-2 ; 0-1)). Par-dessus le marché Andy Cole s’est envolé pour Manchester United en cours de saison (échangé avec Keith Gillepsie et un peu plus de six millions de livres). Cette saison moins réussie montre les limites de cette formation qui aspire à grandir encore plus.

Le changement de dimension

Avec l’argent obtenu de la vente d’Andy Cole, Newcastle voit grand pour la saison 1995-1996. David Ginola est débauché du Paris Saint-Germain durant l’intersaison. Les Ferdinand, Warren Barton et Shaka Hislop débarquent également à St-James Park. De nouveaux éléments viennent renforcer le club durant le mercato hivernal: le buteur colombien Faustino Asprilla et le milieu anglais David Batty. Devenu un sérieux contender, Newcastle fait la course en tête une bonne partie de la saison. Mais Manchester United, mené par Eric Cantona se montre plus pugnace et parvient à décrocher le titre. Les Magpies doivent se contenter de la seconde place. Maigre consolation, cette belle saison leur permet de retrouver l’Europe.

Confirmation et premiers couacs

Les Magpies frappent un grand coup lors du mercato en recrutant Alan Shearer pour 15 millions de livres (plus gros transfert de l’histoire à l’époque). Avec ce renfort XXL, tout laisse penser que Newcastle fera bonne figure dans la course au titre. Mais les choses commencent mal. Les Magpies se font détruire par leur rival mancunien lors du Charity Shield (0-4) et s’inclinent contre Everton dès la première journée du championnat. S’ils se reprennent ensuite et enchaînent les victoires, tout se gâte à partir de novembre. Pendant près de deux mois, le club n’enregistre pas la moindre victoire. Il faudra attendre fin décembre pour qu’il retrouve le goût du succès. En coulisses, des remous apparaissent. Kevin Keegan, bien que prolongé en janvier, quitte le club début février. Il est remplacé par Kenny Dalglish, une autre ancienne légende liverpuldienne. Si ce dernier parvient dans un premier temps à rester au contact en championnat, son club dit adieu au titre durant le mois de mars (une seule victoire enregistrée durant ce mois). Les Magpies se font également sortir en quarts de finale de la coupe de l’UEFA par l’AS Monaco (0-1 ; 0-3). Ils finissent deuxièmes de Premier League pour la seconde saison de suite, devancés par Manchester United.

La chute

Malgré leur qualification pour la Champions League (une première dans leur histoire), les Magpies subissent le contrecoup du départ de Keegan. Ginola, Ferdinand, Beardsley, Lee Clark et Robbie Elliott quittent le club. Pour les remplacer, les dirigeants font du neuf avec du vieux en faisant venir deux anciens de Liverpool (Ian Rush et John Barnes) ainsi que le vieillissant Stuart Pearce. Les plus jeunes Shay Given, Jon Dahl Tommason et Temuri Kestbaia arrivent en plus de l’italien Alessandro Pistone. Sir John Hall prend également du recul et Freddy Shepherd devient le nouveau chairman. Dalglish est confirmé comme manager. Malheureusement pour lui, il ne parviendra pas à trouver la formule gagnante malgré un bon début de saison. D’octobre à janvier, Newcastle ne s’impose que trois fois. Pour ne rien arranger, Asprilla et Beresford quittent le club lors du mercato hivernal et les Magpies font pâle figure en Champions League (élimination dès la phase de poules avec deux victoires, un nul et trois défaites). Ils finiront à une triste treizième place en championnat. Seule éclaircie dans cette saison ratée, une finale de FA Cup perdue contre Arsenal (0-2). Ce qui permet tout de même aux Magpies de se qualifier pour la coupe des coupes vu que les Gunners avaient réalisé le doublé coupe-championnat.

La fin d’une époque

En dépit de ses échecs, Dalglish est conservé. L’intersaison voit Hislop, Tomasson, Darren Peacock et Pavel Srnicek mettre les voiles. L’effectif prend un accent français avec les arrivées du champion du monde Stéphane Guivarc’h et de ses compatriotes Laurent Charvet et Lionel Pérez. Dietmar Hamman et Norberto Solano arriveront ensuite. La saison démarra mal (aucune victoire lors des quatre premiers matchs). Dalglish prend la porte et est remplacé par Ruud Gullit. S’il parvient à redonner des couleurs au club en Premier League, Newcastle se fait sortir dès le premier tour de la coupe des coupes par le Partizan Belgrade (2-1 ; 0-1). Symbole de cette disgrâce, Guivarc’h qui est poussé vers la sortie et transféré dès le mois de novembre. Duncan Ferguson le remplace numériquement. En janvier 1999, les jeunes français Didier Domi et Louis Saha (prêté par Metz) viennent renforcer l’équipe. Newcastle finit une fois de plus treizième. Paradoxalement, le club parvient à se hisser en finale de la FA Cup mais ne peut rien contre Manchester United (0-2). Seul avantage, ce résultat les qualifie pour la coupe de l’UEFA grâce au triplé réalisé par les mancuniens cette année-là.

A l’orée de la saison 1999-2000, les Magpies ne font plus rêver personne. Aucun grand nom ne rejoint le club qui perd Hamman, Albert et Pearce notamment. Et ce ne sont pas Alain Goma, Frank Dumas, Marcelino ou Kieron Dyer qui parviendront à relancer le club. Gullit se fait virer dès le 28 août. Bobby Robson lui succède. Il ne parviendra pas à faire des miracles durant cette saison difficile (onzième place en championnat, élimination en huitièmes de finales de C3). Finalement cette équipe ne sera restée au top que quelques saisons avant de rentrer assez brutalement dans le rang. Newcastle devra attendre la saison 2001-2002 pour de nouveau figurer dans le haut du tableau.

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