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Mista, le one season wonder

Göteborg, 19 mai 2004. Valence CF remporte la première coupe de l’UEFA de son histoire en battant l’Olympique de Marseille. Un homme aura marqué cette finale de son empreinte, l’avant-centre valencien Miguel Angel Ferrer Martinez, plus connu sous le sobriquet Mista. L’attaquant espagnol a en effet été décisif dans cette rencontre, provoquant le penalty du premier but avant d’inscrire le second un peu plus tard dans le match. Il est alors au sommet de son art, et on se demande encore pourquoi Iñaki Saez, le sélectionneur espagnol continue de l’ignorer. Tout laisse alors croire que Mista sera un des futurs grands attaquants de ce début de siècle, mais il en sera autrement comme va le prouver la suite de son parcours.

Les débuts

Le destin de footballeur de Mista est avant tout lié à un homme: Rafael Benitez. En effet, c’est le technicien espagnol qui le repère alors qu’il a en charge les équipes de jeunes du Real Madrid. Pur produit de la Fabrica, le jeune attaquant fait ses classes dans les équipes de jeunes avant d’intégrer l’équipe C. Il y évoluera une saison avant d’être promu en équipe B lors de la saison 1997-1998. C’est au sein de cette formation qu’il commence à se faire un nom en marquant 23 buts en 43 matchs. Des débuts plus qu’encourageants qui ne lui ouvriront cependant pas les portes de l’équipe première. Comme bon nombre de joueurs formés chez les Merengues, il fait les frais de la politique sportive du club qui privilégie les recrues. L’attaque du Real étant déjà bien pourvue (Raul, Morientes, Mijatovic, Suker, Savio…), le jeune buteur de l’équipe B n’est pas une priorité pour la direction.

Révélation à Tenerife

Ignoré par son club formateur, Mista décide de donner de l’allant à sa carrière en rejoignant le CD Tenerife lors de l’intersaison 1998. Sa première saison est décevante. Il ne parvient pas à gagner sa place de titulaire et ne signe que 13 apparitions (3 buts inscrits). Pour ne rien arranger, le club des îles Canaries est relégué en fin de saison. Mista décide cependant de continuer l’aventure. Intronisé titulaire, il prend part à 32 rencontres et inscrit 9 buts lors de l’exercice 1999-2000. Cependant Tenerife loupe la montée et doit passer une saison de plus en deuxième division. C’est alors que son destin se noue. Rafael Benitez prend les rênes de l’équipe lors de l’été 2000. Ce dernier fait de Mista un de ses joueurs-clés, au même titre que Luis Garcia et Curro Torres. Tenerife survole la D2 espagnole et parvient à remonter en première division. Avec 10 buts inscrits, Mista a parfaitement rempli son office.

Transfert à Valence

En quête de renouveau, Valence CF recrute Rafael Benitez pour succéder à Hector Cuper. Benitez emmène Mista et Curro Torres dans ses bagages. Malgré une rude concurrence en attaque (John Carew, Juan Sanchez, Adrian Ilie, Salva), Mista est assez régulièrement utilisé comme joker offensif ou pour dépanner sur le côté gauche. Il compte 26 apparitions (5 buts marqués) durant cette saison qui verra Valence remporter le titre après 31 ans de disette. La saison suivante sera un poil meilleure. Il décroche davantage de titularisations et se montre plus décisif devant le but. Si Valence finit à une décevante cinquième place, Mista termine lui la saison avec 11 buts toutes compétitions confondues, dont 7 en Liga. Désormais considéré comme un titulaire potentiel, il bénéficie de la pleine confiance de son entraîneur qui ambitionne de le responsabiliser davantage.

La saison de l’explosion

L’intersaison 2003 est plutôt agitée du côté valencien, notamment en attaque ou John Carew et Salva sont priés d’aller voir ailleurs. Malgré l’arrivée du brésilien Ricardo Oliveira, Mista est promu titulaire à la pointe de l’attaque. Un choix surprenant de prime abord mais qui s’avèrera payant. Mista explose et devient l’une des terreurs des défenses espagnoles. Il plante sans arrêt, tant en championnat qu’en coupe d’Europe et confirme enfin les dispositions entrevues lors des années précédentes. Avec ce nouvel atout offensif, Valence brille en championnat et remporte le titre pour la deuxième fois en trois ans. Mieux, le club remporte aussi la coupe de l’UEFA, une compétition durant laquelle Mista a aussi brillé. Auteur de 17 réalisations en championnat (22 toutes compétitions confondues), il réalise la meilleure saison de sa carrière. Seule ombre au tableau, sa non-sélection pour l’EURO 2004.

Le départ de Benitez et la disgrâce

Après une saison aussi énorme, Mista a définitivement changé de statut et est considéré comme l’une des stars de l’équipe. La donne va cependant changer. Rafael Benitez quitte le club et s’engage avec Liverpool. Son remplaçant Claudio Ranieri arrive avec Marco Di Vaio dans ses bagages. Mista garde sa place de titulaire mais se montre incapable de rééditer ses exploits passés. Il marque tout de même 8 buts dans cette saison difficile qui voit Valence finir septième. Il est même appelé pour la première fois de sa carrière en sélection pour un match amical contre la Chine. Durant l’intersaison 2005, Quique Sanchez Flores devient le coach du club. Ce dernier ne croit pas spécialement en Mista qui en plus voit débarquer un concurrent de taille: David Villa. Ce dernier ne mettra pas longtemps à s’imposer comme buteur de l’équipe. Mista se retrouve à cirer le banc. S’il continue d’entrer régulièrement en jeu (29 matchs de Liga), sa saison est une catastrophe au plan statistique. Il n’inscrit en effet qu’un seul but en championnat. Sa saison 2003-2004 est loin et il est logiquement placé sur la liste des transferts en fin de saison.

Échec à l’Atletico

En juillet 2006, Mista signe en faveur de l’Atletico Madrid. Ce transfert est censé marquer un renouveau vu qu’il a pour mission d’épauler un Fernando Torres trop esseulé en attaque. Une fois de plus, les choses ne se passeront pas comme prévu. Mista se retrouve vite supplanté par une autre recrue, un certain Sergio Agüero tout juste débarqué d’Independiente. Mista hérite de nouveau du statut de joker. Pour ne rien arranger, il peine à trouver la mire et n’inscrit que 3 buts en 29 apparitions. Trop peu pour convaincre le staff des Colchoneros. Toutefois, le club le conserve suite au départ de Fernando Torres à Liverpool durant l’été 2007. Diego Forlan est recruté dans la foulée pour faire la paire avec Agüero. Ce duo aura les faveurs de Javier Aguirre, l’entraîneur. Conséquence, Mista ne joue pratiquement plus (7 matchs) et est désormais régulièrement cité parmi les flops du championnat. Son contrat n’est pas renouvelé et il se retrouve sans club en fin de saison.

Relance manquée à La Corogne

Libre de tout engagement, Mista signe un contrat de trois ans avec le Deportivo La Corogne en juillet 2008. Il réussit ses débuts avec le club galicien en marquant dès son premier match. Ce sera malheureusement la seule étincelle qu’il fera. Ectoplasmique au possible et fragilisé par des blessures récurrentes, il est vite mis de côté et ne joue que 13 matchs de toute la saison. L’exercice suivant sera de la même veine. Il jouera exactement le même nombre de matchs pour les mêmes statistiques offensives (13 apparitions, 1 but). Sans surprise, les dirigeants galiciens décident de se défaire de lui. Il faut dire qu’avec deux buts inscrits en deux ans, on ne peut pas dire qu’il ait laissé un souvenir impérissable du côté du Riazor.

Départ en MLS et fin de carrière

Le 6 juillet 2010, il s’engage avec le Toronto FC, un club de MLS (championnat américain) pour un contrat courant jusqu’à la fin de la saison 2010 (les saisons en MLS se jouent sur une année civile). Enthousiaste à l’idée de se relancer, il ne brille pas plus que lors des années précédentes. Mista ne joue que 14 rencontres (9 en championnat) n’inscrivant qu’un seul but en CONCACAF Champions League. Déçus de son rendement, les dirigeants de Toronto le mettent sur la liste des joueurs non-protégés durant la draft d’expansion en novembre 2010. Il ne trouve cependant pas preneur, ignoré tant par les Portland Timbers que les Vancouvers Whitecaps. Dans la foulée, Toronto met fin à son contrat. Mista se retrouve sans club. Ne parvenant pas à trouver d’équipe, il annonce sa retraite en août 2011 à seulement 32 ans.

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