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Les pires désillusions des clubs français en coupe d’Europe

Contrairement à leurs homologues italiens, espagnols, anglais et allemands, les clubs français ont rarement été vernis en coupes d’Europe. Éternels outsiders, les équipes hexagonales ne comptent que deux titres continentaux à leur palmarès, ce qui est l’un des pires bilans pour une supposée grande nation de football. Si l’histoire du foot français est pauvre en titres, elle est en revanche riche en désillusions de divers ordres, au point qu’on pourrait croire qu’une culture de la lose colle à la peau des clubs. Certaines de ces déceptions tiennent une place spéciale du fait de leur scénario. Ce sont ces échecs retentissants que nous aborderons dans cet article.

Stade de Reims – Real Madrid (Finale C1 1956)

Mené par Raymond Kopa, le club rémois se présente confiant sur la pelouse du Parc des Princes pour cette finale. Avantagé par le fait de jouer quasiment à domicile, Reims entre parfaitement dans le match en marquant deux buts dans les dix premières minutes de jeu. Le Real Madrid parvient à revenir à la marque avant la pause, mais Reims reprend l’avantage peu après l’heure de jeu. On se dit alors que la cause est entendue mais les partenaires de Di Stefano ont de la ressource. Ils égalisent cinq minutes plus tard et inscrivent le but de la victoire dans les quinze dernières minutes de jeu. Reims ne reviendra pas et le Real Madrid, vainqueur 4-3, soulève sa première Coupe des Clubs Champions. La première d’une longue série.

AS Saint-Etienne – Bayern Munich (Finale C1 1976)

Privés de Synaeghel et Farison, en plus de Dominique Rocheteau blessé qui doit débuter sur le banc, les Verts ne sont pas favoris pour cette finale, surtout face au double tenant du titre. Mais contre toute attente, les stephanois dominent la première période et trouvent deux fois les montants (l’occasion la plus nette étant cette tête de Jacques Santini sur la barre transversale). En seconde période, les munichois marquent à la 57e minute sur un coup-franc indirect rapidement joué. Saint-Etienne ne s’en remettra pas et ne parviendra pas à égaliser. Une issue rageante au vu de la physionomie du match.

Olympique de Marseille – Benfica Lisbonne (Demi-Finale retour C1 1990)

Vainqueur à domicile au match aller (2-1), le club phocéen aborde ce match retour avec quelques certitudes. Si les marseillais ne parviennent pas à marquer, ils tiennent en revanche le coup défensivement. Mais à la 83e minute, le match va se débloquer suite à un but inscrit de la main par le buteur angolais Vata Matanu Garcia. L’arbitre, n’ayant rien vu, valide le but malgré les protestations des marseillais. Cette défaite cruelle est synonyme d’élimination pour Marseille, le Benfica se qualifie pour la finale au bénéfice du but à l’extérieur inscrit à l’aller.

Olympique de Marseille – Etoile Rouge Belgrade (Finale C1 1991)

Donnés largement favoris, les Marseillais sont confiants au moment d’aborder cette finale contre le club yougoslave à Bari. Comme il fallait s’y attendre, l’Etoile Rouge bétonne et joue le contre. Marseille ne parvient pas à faire sauter le verrou au grand dam de ses supporteurs, le duo Jean-Pierre PapinChris Waddle étant parfaitement muselé. La prolongation s’étant soldée par un match nul et vierge (0-0), l’issue de la rencontre va se jouer au tirs aux buts. Un exercice dans lequel les yougoslaves excellent vu que dans leur championnat, tous les matchs nuls se terminaient par une séance de tirs aux buts. Manuel Amoros ratera sa tentative. Ce sera le seul tir manqué de la séance. Marseille s’incline 3-5 aux tirs aux buts, un scénario d’autant plus cruel quand on sait que le club phocéen avait largement dominé le match.

Paris Saint-Germain – La Corogne (2e Phase de poules C1 2001)

Pour cette cinquième journée de la deuxième phase de groupes, le PSG joue sa qualification pour les quarts de finale. En cas de succès, les hommes de Luis Fernandez peuvent entrevoir le tour final. La première mi-temps parisienne est de toute beauté. Bien qu’évoluant à l’extérieur, Paris est sans complexes et trouve deux fois le chemin des filets grâce à Okocha et Laurent Leroy. Au retour des vestiaires, un nouveau but de Laurent Leroy permet au club parisien de mener 3-0. La cause semble entendue mais le Super Depor ne se laisse pas abattre et revient à 3-2. Mais de façon totalement inexplicable, l’entraîneur parisien décide de jouer la défense et remplace ses deux métronomes (Okocha et Benarbia) par deux joueurs à vocation défensive. Cette stratégie va s’avérer foireuse. Walter Pandiani scelle le sort de la rencontre en inscrivant deux buts supplémentaires, permettant à La Corogne de s’imposer 4-3. Le PSG ne se remettra pas de ce retournement de situation et finira dernier de son groupe.

Paris Saint-Germain – FC Barcelone (Huitième de finale C1 2017)

Larges vainqueurs au match aller (4-0), tous les voyants semblaient au vert pour le PSG. Sur papier, la qualification ne pouvait échapper aux parisiens. Et pourtant l’impensable se produira. Les hommes d’Unai Emery vont se liquéfier et s’effondrer totalement. Menés au score dès la 3e minute, ils vont accuser deux buts de retard à la pause suite à un auto-goal de Kurzawa. La chute continuera en deuxième période avec un penalty transformé par Messi. La réduction de score de Cavani semble sceller le sort de la rencontre vu que le Barça doit alors inscrire trois buts supplémentaires pour se qualifier. Mais emmenés par un Neymar stratosphérique, les catalans tirent profit de la faillite mentale de parisiens tétanisés et s’imposent 6-1 dans les arrêts de jeu, se qualifiant dans la foulée. Cette spectaculaire Remontada fait désormais partie de l’histoire du football.

Paris Saint-Germain – Manchester United (Huitième de finale C1 2019)

Deux ans après la Remontada, le Paris Saint-Germain va encore se viander au pire moment. Pourtant avec un succès probant à l’extérieur 2-0, le match retour devait n’être qu’une formalité. De plus, Manchester United, considérablement affaibli du fait des blessures et des suspensions, se présentait avec un effectif essentiellement composé de remplaçants et réservistes. Les choses se gâtent dès la deuxième minute quand Lukaku profite d’une passe en retrait plus qu’approximative de Kehrer pour ouvrir la marque. Si le PSG revient au score, il se fait surprendre sur une autre erreur individuelle et se retrouve mené au score à la mi-temps (1-2). Incapables de tuer le match, les parisiens vont concéder un penalty improbable en fin de match qui sera transformé par Rashford. Une fois de plus, le PSG a failli mentalement et concède une défaite (1-3) qui l’élimine à la surprise générale.

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