Les fils de… pas au niveau de leur père
Football et histoires de familles ont souvent fait bon ménage. Nombre de descendants d’anciens joueurs ont à leur tour embrassé la carrière de footballeur dans l’espoir de se faire un prénom. Si on compte quelques brillantes réussites de fils ayant supplanté leur géniteur (Paolo Maldini, les frères Laudrup, Christian Vieri, Juan Sebastian Veron, David Trezeguet, Youri Djorkaeff, Stéphane Chapuisat, Gonzalo Higuain…), certains, et non des moindres, n’auront jamais réussi à sortir de l’ombre de leur illustre paternel. Revenons sur les pérégrinations de ces fils de légendes du foot n’ayant pas eu la réussite de leurs pères.

Stephan Beckenbauer
C’est au sein du Bayern Munich que le fils de Franz Beckenbauer fait sa formation. Milieu de terrain besogneux, il n’a ni le charisme, ni le flegme de son géniteur. Intégré à l’équipe première du Bayern Munich Amateure (l’équipe réserve du Bayern) à l’orée de la saison 1986-1987, il y évoluera pendant deux saisons en troisième division. A l’intersaison 1988, il rallie le TSV Munich 1860, grand rival du club bavarois, où il bénéficiera de plus de temps de jeu. Il effectuera l’essentiel de sa carrière dans les divisions inférieures avec les Kickers Offenbach, et le FC Grenchen avant de découvrir la Bundesliga avec Sarrebrück. L’aventure tournera cependant court et il retrouvera la réserve du Bayern en 1994. En 1997, il arrête sa carrière à seulement 29 ans sans avoir jamais brillé. Il officie aujourd’hui comme scout pour le Bayern Munich.

Edinho
Fils du mythique Pelé, c’est pourtant dans le but que Edson Cholbi Nascimento choisi de faire ses gammes. En 1990, il intègre l’équipe première de Santos, club où son père a passé l’essentiel de sa carrière, en qualité de gardien remplaçant. Edinho ne parviendra cependant pas à s’imposer et ne dispute pas le moindre match officiel. Transféré dès la fin de saison au Portuguesa Santista, il n’y signera que six apparitions. Entretemps les ennuis judiciaires le rattrapent et il est condamné à six ans de prison en 1992 pour son implication dans une course de rue ayant causé la mort d’un motard (sa condamnation sera cependant annulée et il sera blanchi). A l’intersaison 1992, il rejoint São Caetano, avant de revenir à Santos en 1994. Il y demeurera jusqu’en 1998 (neuf matches disputés) dans le rôle de doublure. Après une dernière pige à Ponte Preta, il met un terme à sa carrière en 1999 à seulement 29 ans.
S’il n’a pas fait d’étincelles sur les pelouses, Edinho à cependant plus fait parler de lui dans la rubrique faits divers pour son addiction aux drogues et son implication dans de sombres affaires. En juin 2005, il est arrêté dans le cadre d’une enquête sur un trafic de drogue à grande échelle. Libéré fin 2006, il a de nouveau été condamné à 33 ans de prison en mai 2014 pour blanchiment d’argent issu du narcotrafic.

Jordi Cruijff
Dans les pas de son illustre géniteur, Jordi Cruijff intègre le centre de formation du FC Barcelone alors que son père Johan préside encore aux destinées de l’équipe première. Il y fera ses gammes avant d’être finalement intégré à l’effectif des Blaugranas à l’orée de la saison 1994-1995. Ses débuts sont prometteurs et on se prend à espérer qu’il ait une carrière aussi brillante que celle de son paternel. Seul problème, il tombe en disgrâce lorsque que son père est évincé de l’équipe barcelonaise. Toutefois il effectue ses débuts en sélection et est même retenu pour l’EURO 1996 où il s’illustrera positivement. Transféré à Manchester United après l’EURO, il se retrouve vite à cirer le banc. En quatre saisons, il ne joue que 41 matches (8 buts inscrits) avec les Red Devils. En 2000, il décide de relancer sa carrière et rejoint le Deportivo Alaves. Il y retrouvera un temps de jeu conséquent et prendra part à la belle aventure d’Alaves en Coupe de l’UEFA (finaliste en 2001). Malheureusement, ses soucis de finition ne parviendront pas à faire monter sa côte. Alaves est relégué à la fin de la saison 2002-2003 et Jordi Cruijff rebondit à l’Espanyol Barcelone. Il n’y restera qu’une saison avant de rejoindre le Metalurg Donetsk où il évoluera…en défense centrale. Au terme d’un passage anecdotique dans le championnat maltais, il mettra un terme à sa carrière en 2010.
Comparativement à celle de son père, la carrière de Jordi apparaît modeste. Toutefois, il fut tout de même un bon joueur offensif mais il lui manquait l’instinct du buteur, confortant cette impression de semi-échec lorsqu’on revient sur sa vie de footballeur. Jordi Cruijff exerce présentement comme manager général du club israélien du Maccabi Tel-Aviv.

Daniele et Andrea Conti
A la différence de son père Bruno Conti, ailier mythique de l’AS Roma dans les années 80, Daniele Conti évolue dans une position plus reculée comme milieu de terrain. Après avoir effectué sa formation au sein des giallorossi, il débute sa carrière avec la Roma en 1996. Il ne parviendra cependant pas à s’imposer et ne disputera que cinq matches entre 1996 et 1999. En 1999, il est transféré à Cagliari. Au sein du club sarde, il trouvera ses marques et deviendra l’un des cadres de l’équipe. Intronisé capitaine de Cagliari en 2010, il y évolue encore et est à présent le joueur comptant le plus d’apparitions sous le maillot du club sarde (413 matches). Si sa carrière n’a pas atteint les sommets de celle de son géniteur, elle s’avère tout de même solide comparée à d’autres fils de star du foot.
Son frère aîné Andrea n’a quant à lui pas eu l’opportunité de s’imposer en Serie A. Après des débuts avec l’AS Roma en 1996, il prend la direction des divisions inférieures où il évoluera tout le restant de sa carrière. Attaquant trop peu prolifique pour espérer briller, il évolue présentement à l’AC Bellinzona en deuxième division suisse.

Paul Dalglish
Formé au Celtic Glasgow puis à Liverpool, c’est pourtant avec Newcastle United que le fils de Kenny Dalglish effectue ses débuts en 1997. Il est dans la foulée prêté à Bury pour une saison avant de revenir chez les Magpies en 1998. La rude concurrence au sein de l’attaque de Newcastle (Shearer, Duncan Ferguson, Andreas Andersson puis Louis Saha) limitera son temps de jeu et il sera prêté à Norwich City en 1999 où il sera définitivement transféré ensuite. Malheureusement pour lui, la suite de sa carrière sera moins probante. Plus jamais il ne jouera en Premier League, végétant entre la deuxième et la troisième division sans jamais briller. Finalement il finira sa carrière en Écosse à Kilmarnock en 2008 après une pige au Houston Dynamo (MLS).
Une fois retraité, il embrasse la carrière d’entraîneur en MLS en commençant comme assistant pour le Houston Dynamo en 2009 avant de devenir le head coach du Tampa Bay Mutiny en 2010. Il exerce à présent comme coach assistant au Real Salt Lake.

Thibault Giresse
Formé à Toulouse, club que son père dirigeait, Thibault Giresse fait ses débuts en 1999 avec l’équipe de la Ville Rose. Malheureusement pour ce solide milieu de terrain, le TFC est dans la tourmente. Il restera fidèle au club et l’accompagnera tant dans sa disgrâce (relégation en troisième division en 2001) que dans sa rédemption. En 2006, le club ne semble plus compter sur lui et il décide de rejoindre Amiens en deuxième division. Il y restera trois saisons avant de s’engager avec l’En Avant Guingamp. Avec le club breton, il retrouve la Ligue 1 et goûtera même à l’Europe cette saison. Toutefois sa carrière est loin de tutoyer celle de son géniteur, champion de France et membre du « Carré magique » de l’équipe de France, qui fut l’un des meilleurs footballeurs des années 80.

Kasper Schmeichel
Recruté en septembre 2002 par Manchester City, le rejeton du mythique gardien danois fait ses classes avec les Skyblues où il débute sa carrière en 2004. Faute de temps de jeu, il fera l’objet de cinq prêts successifs dans les divisions inférieures à compter de 2006. En août 2009, il s’engage avec Notts County en quatrième division. L’aventure ne durera qu’une saison au terme de laquelle il rejoint Leeds United en Championship (deuxième division anglaise). En fin de saison, il est transféré à Leicester City toujours en Championship. Il s’y impose enfin comme titulaire indiscutable. Cette saison, il a retrouvé la Premier League à 27 ans. Une progression loin de celle de son père Peter qui fait partie du top 10 des meilleurs gardiens de tous les temps. Il est en tout cas très peu probable que la carrière de Kasper supplante celle de Peter.

Bradley Wright-Phillips
Fils de Ian Wright mythique avant-centre d’Arsenal, c’est pourtant les traces de son frère adoptif Shaun Wright-Phillips que Bradley suit en intégrant le centre de formation de Manchester City. Il débute sa carrière avec les Skyblues en 2004 mais ne parvient pas à s’imposer en attaque malgré des débuts fracassants (premier but en Premier League inscrit dès sa première apparition après seulement quatre minutes). En 2006, il prend la direction de Southampton alors en Championship dans l’espoir de lancer enfin sa carrière. Laissé libre après la relégation du club en 2009, il rebondit à Plymouth Argyle et rejoint ensuite Charlton Athletic lors du mercato 2011. De retour d’un prêt à Brentford en troisième division, il est libéré par Charlton. Bradley Whright-Phillips part alors à la découverte de la MLS et rejoint les New York Red Bulls où il réussit depuis de belles saisons aux côtés de Thierry Henry. Il fait même partie des meilleurs attaquants de la ligue nord-américaine.

Benjamin Genghini
Fils de Bernard « Tchouki » Genghini, il effectue sa formation à Mulhouse avant de la parachever à Sochaux, club formateur de…Bernard. Intégré à l’équipe première du club doubiste, il disputera ses premières minutes avec Sochaux lors de la saison 2005-2006. Prêté une saison à l’US Raon-l’Étape en troisième division, il connaîtra un retour difficile et passera toute la saison 2007-2008 sur le banc. Laissé libre par Sochaux, il s’engage en 2009 avec le FC Gueugnon en troisième division sans plus de réussite. Le club subit une liquidation administrative en 2010 et Benjamin rejoint le RC Strasbourg , alors en Ligue 2, en 2010. Le club alsacien ratera la montée de peu avant d’être relégué en CFA 2 suite à une liquidation. Toutefois Benjamin Genghini évoluera avec Strasbourg dans le championnat amateur et participera aux différentes remontées du club.

Diego Armando Maradona Junior Sinagra
Fils adultérin du génie argentin, Diego Junior intègre les équipes de jeunes du Napoli avant de terminer sa formation au Genoa. S’il a le physique, la dégaine et un peu du talent de son père, il ne fait pas d’étincelles. Une fois sa formation terminée il rejoint le modeste club de Cervia en sixième division. Un choix de carrière qui plombera définitivement ses chances dans le football professionnel. Il végétera entre la cinquième et la sixième division et ne connaîtra jamais l’élite. Parallèlement il se lance dans le beach-soccer, sport qui lui convient bien mieux, et où il recueillera quelques lauriers. Sélectionné dans l’équipe italienne de beach-soccer il décroche la médaille d’argent lors du mondial de 2008. Il compte également un scudetto avec le Napoli Beach Soccer. Aux pelouses, Diego Maradona Junior préfère le sable fin.

George Weah Junior
A l’image de nombre de fils d’anciens footballeurs, Weah Junior bénéficie des connexions paternelles pour intégrer le centre de formation du Milan AC. Le jeune milieu est prometteur mais régulièrement freiné par les blessures. Faute de donner la pleine mesure de son potentiel, il est laissé libre par les rossoneri une fois sa formation terminée. Le jeune américain (il compte deux sélections avec les U20 US) s’envole pour la République Tchèque où il effectue un essai au Slavia de Prague. Il ne sera cependant pas retenu et sa carrière plongera définitivement. Ce n’est qu’en février 2010 qu’il se signale de nouveau en rejoignant le club suisse de Wohlen en deuxième division. Depuis il évolue dans des ligues mineures sans jamais avoir tiré son épingle du jeu. En mai 2014, il rejoint l’équipe réserve du Paris Saint-Germain. A 27 ans, on peut déjà affirmer que sa carrière est un échec complet.
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