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Requiem pour Antoine

Komnbouaré Requiem pour Antoine

On s’y attendait tous plus ou moins et la nouvelle a fini par tomber dans la journée d’hier: Antoine Kombouaré a été démis de ses fonctions d’entraîneur du Paris Saint-Germain. Une issue pas franchement surprenante au vu de la pression à laquelle il avait été soumis depuis le rachat du club par des investisseurs qatariens. Il faut avouer que la vision que les nouveaux propriétaires ont pour le club est assez difficilement compatible avec le tempérament et surtout l’aura internationale du coach Kanak. S’il a fait ses preuves depuis longtemps en Ligue 1, sa renommée n’est malheureusement cantonnée qu’au seul paysage footballistique francophone (et là-même encore). En dehors de ceux qui suivent de près la Ligue 1, Kombouaré est un inconnu au bataillon. Globalement considéré comme un obscur défenseur par les fans de foot peu avertis (et non-français ou francophones), il avait un statut de joueur globalement méconnu du fait d’une carrière internationale modeste et comme entraîneur il était loin d’avoir acquis une certaine popularité. Toutes choses qui s’avèrent handicapantes pour un club aux ambitions démesurées.

Cependant plus que ce licenciement prévisible et prévu, c’est la façon peu élégante de le faire qui a été malvenue. Certes Kombouaré n’a pas mené à bien quelques objectifs sportifs en étant prématurément éliminé de la coupe de la ligue et de l’Europa League (qui avait été définie comme une priorité), mais l’incroyable pression médiatique qu’il a subi à ce sujet n’ont rien arrangé, tout au contraire.  Ces derniers mois, il ne se passait pas une semaine sans supputations au sujet de son avenir, de son éventuel remplaçant, des futures arrivées de joueurs et autres. Toutes choses qui ont eu une répercussion sur le sportif où le club a commencé à déjouer, laissant le doute s’installer à mesure que les rumeurs grandissaient. Un peu comme Albert Emon lors de son passage sur le banc marseillais, Kombouaré a été vu comme une solution de substitution en attendant l’arrivée d’un technicien plus prestigieux. Il était déjà acquis qu’il ne serait plus l’entraîneur du PSG à la fin de la saison, une situation dont il était lui-même parfaitement conscient au regard de ses déclarations.Il savait comme tout observateur averti que le match de Saint-Étienne serait son dernier sur le banc parisien en dépit d’une première place acquise de haute lutte au classement. Il aura cependant eu la grandeur de ne jamais verser dans la polémique inutile et d’essayer tant bien que mal de faire son travail.

S’il s’en sera plutôt bien sorti au regard des résultats et du classement, il faut bien reconnaître que cette première partie de saison n’était pas forcement de nature à satisfaire ses employeurs. Certes il a du composer avec un effectif trois étoiles et n’a eu que peu de temps pour en faire un vrai collectif, surtout que certains joueurs sont arrivés tard dans la saison, mais il aura manqué tous les rendez-vous importants de la saison et ses choix ont parfois été largement discutables. Les propriétaires quatariens espéraient un bon parcours en Europa League pour faire monter la côte du club sur le plan mondial. En dépit d’un groupe a priori accessible, le PSG aura été éliminé sans gloire par l’Athletic Bilbao et le Red Bull Salzbourg. Le choix de faire jouer des équipes hybrides dans cette compétition est loin d’avoir dédouaner Kombouaré qui vu avec des yeux de profane ne semblait pas prendre cette compétition au sérieux. Autre écueil la lourde défaite au Vélodrome lors du Clasico face à des Marseillais en plein doute et le coaching étrange dont il a fait montre (la sortie de son meilleur atout offensif Gameiro alors qu’il était mené et devait absolument marquer) ne l’ont pas non plus mis en position de force. Mais plus que ces quelques échecs c’est surtout le jeu pas franchement flamboyant de ses hommes qui a certainement pesé très lourd dans la balance. Le PSG version 2011-2012 n’est pas encore une vraie équipe, mais une somme de talents, donnant la sale impression que l’équipe n’a réussi à tenir son rang que grâce aux exploits individuels. Il faut aussi reconnaitre que ces derniers mois le PSG est timoré et sa ligne d’attaque peine à jouer ensemble et à se fondre dans le collectif, laissant le plus souvent la défense livrée à elle-même. N’eut été la forme étincelante de son gardien Salvatore Sirigu, de loin la meilleure recrue parisienne, le club serait certainement entre la quatrième et la dixième place du classement. Kombouaré n’a pas réussi à faire du PSG une équipe et même si les résultats parlent pour lui, ce fait ne le mettait pas en position de force.

Quoi qu’il en soit la page Kombouaré est définitivement tournée et l’arrivée très probable de Carlo Ancelotti attendue, tous comme d’éventuels renforts (Beckham certainement mais aussi Hulk, Kolo Touré, Salomon Kalou ou Carlos Tevez). Le coach italien à l’habitude des défis et sait parfaitement géré les égos des stars, mais  dans le contexte électrique du PSG et de la Ligue 1, il lui faudra énormément de flegme pour faire l’unanimité surtout que l’éviction de Kombouaré va très certainement faire naître un sentiment d’inimitié encore plus grand autour de ce club. Espérons pour lui qu’il fera mieux que Franz Beckenbauer avec Marseille en 1991. Pour ce qui est d’Antoine il aura reçu une lettre de licenciement et un gros chèque (on parle de trois millions d’euros) comme cadeau de noël, mais aussi quelques mois de calme après deux années et demi de tension. Comme issue il y a pire.

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