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Ces cadors éliminés au premier tour de la coupe du monde (1990-2022)

Phase d’écrémage par excellence, le premier tour de la coupe du monde est souvent marqué par des rencontres spectaculaires ainsi que des surprises. Il n’est pas rare que des favoris concèdent des défaites à ce stade de la compétition qui s’avère plus délicat à négocier qu’on ne pourrait l’imaginer. A ce titre, pratiquement toutes les nations majeures de l’échiquier footballistique ont expérimenté à un moment ou un autre une élimination au premier tour (en dehors des Pays-Bas qui n’ont jamais connu cette déconvenue). Redécouvrons toutes ces fois où des candidats à la victoire finale ou de grandes nations ont quitté prématurément le tournoi.

1990

URSS

Finaliste de l’EURO 1988, la formation soviétique est considérée comme un sérieux outsider malgré une poule difficile (le champion du monde argentin, la toujours imprévisible Roumanie et le Cameroun). L’URSS se fait surprendre lors de son premier match contre la Roumanie (0-2). Face à une Argentine revancharde (elle avait perdu son premier match), les hommes de Lobanovskyi concèdent une deuxième défaite (0-2) et terminent le match à dix suite à l’expulsion de Volodymyr Bezsonov. Contrainte de remporter son dernier match tout en espérant un revers argentin ou roumain, l’URSS triomphe largement du Cameroun déjà qualifié (4-0). Mais le nul entre l’Argentine et la Roumanie dans l’autre match de la poule scelle son sort. Les soviétiques finissent derniers et quittent le Mondial à la surprise générale.

1994

Colombie

Après une brillante campagne qualificative (avec notamment un succès 5-0 sur l’Argentine à Buenos-Aires), la Colombie au jeu chatoyant est présentée comme l’une des formations à suivre pour ce Mondial américain. Par-dessus le marché, elle hérite d’un groupe clément (Suisse, Roumanie, Etats-Unis). Mais soumis à une forte pression, tant politique que sportive, les Cafeteros ne jouent pas libérés. Conséquence, ils s’inclinent d’entrée contre une Roumanie diabolique menée par un Gheorghe Hagi des grands soirs (1-3). Ce revers aura pour conséquence d’intensifier la pression sur Valderrama et ses coéquipiers. Le deuxième match contre les Etats-Unis commence de la pire des façons avec un autogoal de l’infortuné Andrés Escobar. La Colombie est de nouveau battue (1-2) et est quasiment éliminée. Si elle sauve l’honneur en triomphant de la Nati lors du dernier match (2-0), ce succès ne lui permet pas d’éviter le bonnet d’âne du groupe et donc l’élimination. Celle-ci prendra d’ailleurs une dimension tragique vu que le pauvre Andrés Escobar sera assassiné un peu après son retour au pays.

1998

Espagne

Invaincue en compétition officielle depuis 1994, la Roja ne cache pas ses ambitions au moment où débute le Mondial français. Problème, son statut de tête de série n’a pu lui faire éviter le groupe de la mort (ses adversaires sont la Bulgarie, le Nigeria et le Paraguay). Pour leur premier match, les hommes de Javier Clemente croisent le fer avec la formation nigériane. Alors qu’ils mènent 2-1, une boulette du gardien Andoni Zubizarreta sur une frappe anodine de Garba Lawal permet aux Super Eagles d’égaliser puis de faire la différence cinq minutes plus tard sur une frappe lointaine de Sunday Oliseh. La Roja perd un match qu’elle aura globalement maitrisé (2-3 score final). Pour le deuxième match contre un Paraguay qu’il craint, Clemente remanie son onze de départ. La rencontre se soldera par un nul vierge (0-0). Désormais contrainte de battre la Bulgarie (elle aussi obligée de gagner) tout en comptant sur un revers paraguayen, l’Espagne remplit sa part du contrat en atomisant des bulgares démobilisés (6-1). Mais le succès du Paraguay dans l’autre match élimine la Roja qui ne verra pas les huitièmes.

2002

France

Championne du monde et d’Europe en titre, la France est la grandissime favorite de ce dix-septième Mondial. Avec un effectif impressionnant (seul manque à l’appel Robert Pires blessé), le titre semble promis aux Bleus, surtout que leur poule est largement jouable (Danemark, Uruguay, Sénégal). Pour le match d’ouverture contre le Sénégal, la France, privée de Zidane blessé, déjoue complètement et se fait surprendre par les Lions de la Teranga (0-1). Ce revers historique (les français n’avaient jamais perdu contre une de leurs anciennes colonies) est le signe annonciateur d’un fiasco complet. Ayant à cœur de se relancer contre l’Uruguay, les Bleus, réduits à dix dès la vingt-cinquième minute suite à l’expulsion de Thierry Henry, ne pourront obtenir mieux qu’un nul contre la Celeste. Le retour de Zidane, pourtant insuffisamment remis, pour le troisième match contre le Danemark n’enrayera pas la dynamique négative. La Danish Dynamite est plus affutée et parvient à prendre le meilleur sur des Bleus à bout de souffle. La France s’incline (0-2) et finit dernière de son groupe sans avoir inscrit le moindre but. Elle devient le premier tenant du titre éliminé d’entrée depuis le Brésil en 1966.

Argentine

Avec un effectif XXL, l’Argentine est déterminée à faire bonne figure et remporter sa troisième coupe du monde. Malheureusement, il lui faudra d’abord sortir du groupe de la mort (Angleterre, Suède et Nigeria). Les hommes de Marcelo Bielsa font le travail lors de la première journée en évitant le piège nigérian (1-0). La deuxième rencontre face à l’Angleterre sera plus délicate. Dans une opposition forcément spéciale (la guerre des Malouines, la main de Dieu mais surtout l’élimination anglaise par l’Argentine lors du Mondial précédent sont passées par là), les deux équipes se rendent coup pour coup. Les anglais finissent par faire la décision grâce à un penalty transformé par David Beckham juste avant la pause. L’Albiceleste ne parviendra pas à revenir au score et concèdera la défaite (0-1). Obligés de battre l’accrocheuse formation suédoise pour valider leur qualification, les argentins, éprouvés par une trop longue saison en club, manquent de gaz face à un adversaire très en jambes. Menée un peu avant l’heure de jeu, l’Argentine s’arrachera pour obtenir le nul (1-1). Résultat toutefois insuffisant pour poursuivre l’aventure.

Portugal

Brillamment qualifié, le Portugal de Luis Figo et Rui Costa hérite d’un groupe largement à sa portée (Pologne, Etats-Unis, Corée du Sud). Opposés aux Etats-Unis lors de la première journée, les portugais foirent totalement leur première mi-temps (menés 0-3 au bout de trente-six minutes) et s’inclinent finalement (2-3). La Seleção das Quinas n’a plus droit à l’erreur et passe ses nerfs sur la Pologne (4-0) lors du deuxième match. De nouveau en course pour la qualification après ce large succès, les portugais doivent tout de même battre les sud-coréens pour être certains de passer le premier tour. L’opposition s’avère plus ardue que prévue face à un pays organisateur surmotivé. Les Guerriers Taeguk finissent par ouvrir le score par l’intermédiaire de Park Ji-Sung (il était alors totalement inconnu). Le Portugal ne reviendra pas et cette défaite (0-1) scellera son élimination.

2006

République Tchèque

Demi-finaliste de l’EURO précédent et dotée d’un bel effectif (Pavel Nedved, Jan Koller, Milan Baros, Tomas Rosicky, Karel Poborsky, Petr Cech, Marek Jankulovski…), la République Tchèque hérite malheureusement d’un groupe très relevé (Italie, Etats-Unis, Ghana). Les tchèques prennent cependant les devants dès le premier match en corrigeant les étatsuniens (3-0). La rencontre suivante contre le Ghana sera plus qu’accrochée. Vite menés au score par les Black Stars, les hommes de Karel Brückner seront réduits à dix suite à l’expulsion de Tomas Ujfalusi et concèderont un deuxième but en fin de match. Battus (0-2) contre toute attente, ils sont obligés de batailler contre une Italie pas encore qualifiée pour passer le premier tour. Bien que vaillante, la Reprezentace ne peut rien contre une Squadra Azzurra aussi clinique qu’hermétique (0-2). Le Ghana s’étant imposé dans l’autre match, c’est lui qui accompagne l’Italie en huitièmes, laissant les tchèques sur le carreau.

2010

France

Qualifiée au forceps, la France, malgré son statut de vice-championne du monde et un effectif de qualité, ne respire pas la confiance. Son groupe n’est pourtant pas le plus difficile qui soit (Mexique, Afrique du Sud, Uruguay). Le coup semble donc parfaitement jouable pour les hommes d’un Raymond Domenech plus critiqué que jamais. L’entame face à l’Uruguay viendra malheureusement confirmer les doutes sur les Bleus. Ce match fadasse sera sanctionné par un score vierge (0-0). Pour sa deuxième sortie, la France sombre corps et biens face à un Mexique pourtant peu impressionnant (0-2). L’algarade survenue entre Domenech et Nicolas Anelka à la mi-temps de ce match achèvera de pourrir l’ambiance interne. La conséquence de l’éviction d’Anelka sera la tristement célèbre grève de Knysna. Devenue la risée du monde footballistique, la France s’enfoncera encore plus lors de son dernier match contre l’Afrique du Sud. Yoann Gourcuff est expulsé et la France, à dix, concède une nouvelle défaite (1-2). Cette élimination sera un véritable traumatisme que la France mettra des années à digérer.

Italie

Tenante du titre, l’Italie arrive en Afrique du Sud avec un effectif remanié mais toujours impressionnant. Sa poule est d’ailleurs largement accessible (Slovaquie, Paraguay, Nouvelle-Zélande), pas de quoi douter. Et pourtant l’impensable se produira. En pleine crise de confiance, la Squadra Azzurra ne peut faire mieux qu’un nul contre le Paraguay (1-1). Le match contre les néo-zélandais, adversaires les plus faibles du groupe, symbolisera les carences de cette équipe qui peine à trouver un équilibre. Il faudra s’en remettre à un penalty de Vincenzo Iaquinta pour arracher le nul (1-1). Contre la Slovaquie, la Nazionale passe au travers et s’incline (2-3). Conséquence, elle finit dernière de son groupe et est donc logiquement éliminée. Une issue tout sauf imméritée tant les Azzurri auront déçu, encaissant systématiquement le premier but lors de leurs trois sorties.

2014

Espagne

Considérée comme la meilleure équipe du moment, la Roja qui reste sur trois succès lors de ses trois derniers tournois majeurs (une coupe du monde et deux EUROs remportés depuis 2008) hérite logiquement du statut de grandissime favorite. Malheureusement, elle n’échappera pas à la malédiction du tenant du titre (depuis 2002, le Brésil a été le seul champion du monde en titre à passer la phase de poules). Son premier match contre les Pays-Bas donne le ton. Dominatrice et bénéficiant d’une avance au score, l’Espagne se fait rejoindre suite à un but d’anthologie inscrit par Robin Van Persie. La Roja s’effondre totalement en seconde période et chute lourdement (1-5). Déjà dos au mur, elle se voit obliger de faire un résultat contre le Chili lors du deuxième match. Ce sera la bérézina. Les chiliens marquent deux buts en première période et ferment la boutique. Battue 0-2, l’Espagne est éliminée dès son deuxième match. Le large succès sur l’Australie (3-0) n’aura pour seul mérite que de lui mettre un peu de baume au cœur.

Italie

De retour au premier plan après un EURO 2012 probant (finaliste), l’Italie est cependant peu vernie vu qu’elle se retrouve dans le groupe de la mort (Angleterre, Uruguay, Costa Rica). Le choc de la première journée contre les Three Lions tourne cependant à l’avantage de la Nazionale qui s’impose (2-1). Le match suivant contre le Costa Rica sera par contre mal négocié. Surpris, les Azzurri s’inclinent contre toute attente (0-1) et doivent obtenir au moins un nul contre l’Uruguay pour se qualifier. Réduits à dix (expulsion de Claudio Marchisio), les italiens encaisseront un but à l’entame des dix dernières minutes et s’inclineront (0-1). Ils finissent troisièmes du groupe derrière leur adversaire du jour et prennent la porte.

Angleterre

Souvent décevante, l’Angleterre entendait faire bonne figure dans ce Mondial brésilien. Problème, elle est versée dans le groupe de la mort et doit se coltiner l’Italie, l’Uruguay et le Costa Rica. Pour son entrée en piste contre la Squadra Azzurra, l’Angleterre concède une défaite (1-2) qui compromet grandement ses chances de qualification. Face à une Celeste en quête de rachat (elle avait également perdu son premier match), les Three Lions se font punir par un doublé de Luis Suarez (1-2) et sont éliminés. Les hommes de Roy Hodgson ne parviendront même pas à sauver l’honneur lors du dernier match (nul 0-0 contre le Costa Rica). Ils finissent bons derniers de leur groupe.

Portugal

Guidés par leur métronome Cristiano Ronaldo, les portugais jouent de malchance lors du tirage au sort et tombent dans un groupe homogène (Allemagne, Ghana, Etats-Unis). Le coup semble toutefois jouable pour le récent demi-finaliste de l’EURO. Les hommes de Paulo Bento vont cependant déchanter dès l’entame du tournoi suite à leur lourde défaite contre la Nationalmannschaft (0-4). Bousculée par les Etats-Unis, la Seleção das Quinas parvient à arracher un nul heureux en toute fin de rencontre (2-2). Mal embarqué, le Portugal doit battre les Black Stars en inscrivant le plus de buts possible et espérer que l’Allemagne batte largement la formation US. Les portugais gagnent (2-1) mais sont éliminés malgré le revers américain, la faute à leur goal average défavorable (-3). La défaite contre l’Allemagne aura finalement pesé très lourd.

2018

Allemagne

Champions du monde en titre et grands favoris, les allemands semblent programmés pour aller au bout. La phase de poules ne devrait servir qu’à se faire les dents. Mais les hommes de Joachim Löw, un poil trop confiants, se compliquent la tâche en s’inclinant dès leur premier match contre le Mexique (défaite 0-1). Dos au mur, elle frise la correctionnelle lors de le deuxième journée en étant longtemps tenue en échec par la Suède. Un but inespéré de Toni Kroos au bout du temps additionnel lui permet cependant de faire la décision (victoire 2-1). Pour son troisième match contre des sud-coréens déjà éliminés, la Nationalmannschaft n’a d’autre choix que de gagner pour avoir son destin en main. Elle fera le siège du but de Jo Hyeon-Woo sans jamais réussir à trouver la faille. Le pire arrive dans les arrêts de jeu avec deux buts sud-coréens inscrits en contre. L’Allemagne s’incline (0-2) et tombe à la dernière place du groupe, devenant le quatrième tenant du titre du XXIe siècle à se faire éliminer prématurément.

2022

Allemagne

Revancharde après son élimination prématurée lors de l’édition précédente, l’Allemagne, remaniée et désormais dirigée par Hansi Flick fait figure de favorite de son groupe malgré la présence de l’Espagne. Le Japon et le Costa Rica semblent voués à servir de faire-valoir. Confiante, la Nationalmannschaft domine les débats à la mi-temps de son premier match mais se fait surprendre par le Japon en deuxième période. Résultat, elle perd à la surprise générale (1-2). Fatalement, l’Allemagne se retrouve exactement dans la même situation que lors de l’édition précédente et doit absolument ne pas perdre son deuxième match. L’Espagne fait la course en tête mais le NationalElf s’arrache et égalise en fin de match (1-1). Lorsque débute la dernière journée, toutes les équipes du groupe peuvent encore se qualifier. Ce qui oblige l’Allemagne à battre son adversaire du jour le Costa Rica en espérant que le Japon ne s’impose pas. Au terme d’une soirée électrique et riche en rebondissements, les allemands qui avaient été menés au score par les Ticos s’imposent (4-2). Problème, le Japon a également remporté son match. Les Samuraïs Bleus s’adjugent la première place du groupe devant la Roja qui décroche le second accessit pour les huitièmes. Comme quatre ans plus tôt, l’Allemagne reste à quai.

Belgique

Pour ce qui semble être la dernière chance de la génération dorée belge d’obtenir un trophée, le tableau est tout sauf dégagé (Croatie, Maroc, Canada) mais les hommes de Roberto Martinez semblent avoir ce qu’il faut pour sortir de leur poule. Problème, les tensions internes minent le groupe qui ne parvient même plus à cacher ses dissensions. Toutefois l’entame est réussie avec une victoire étriquée contre le Canada (1-0). Pour leur deuxième match contre le Maroc, les Diables Rouges se cassent les dents sur la muraille chérifienne. Ils concèdent finalement une défaite contre les Lions de l’Atlas (0-2). Ce revers les met en position indélicate vu qu’ils sont contraints de battre la Croatie pour être certains de se qualifier. Les croates, qui n’ont besoin que d’un nul pour valider leur billet pour le second tour, jouent la montre. La Belgique ne parvient pas à forcer le coffre-fort croate. Son inefficacité est symbolisée par Romelu Lukaku. Entré en jeu en début de deuxième période, l’avant-centre belge loupe quatre occasions. Le match se solde sur un nul vierge (0-0), un résultat qui scelle l’élimination belge.

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