Les défaites-surprises en coupe du monde
Compétition reine du football international, la coupe du monde porte les stigmates de la hiérarchie entre nations. Il est effet rare que l’ordre footballistique soit totalement chamboulé, de sorte que ce sont souvent les mêmes nations qui se disputent la victoire finale. Cependant, la logique est parfois bafouée et certains favoris concèdent des défaites-surprises avec plus ou moins de répercussions. C’est sur ces ratés de grandes nations (ou de favoris) que nous allons nous focaliser dans cet article. Il importe cependant de souligner que nous avons tenu compte du contexte de l’époque et que seules les défaites lors du premier tour ont été prises en compte.
1938
Roumanie – Cuba: 1-2
Pour son troisième Mondial consécutif, la Roumanie, habituée de l’événement, croise le fer avec la modeste sélection cubaine, représentante de l’actuelle zone CONCACAF. Les joueurs des Carpates partent largement favoris, mais se font surprendre et concèdent le nul (3-3) après les prolongations. Lors du replay (il n’y avait pas de tirs au but à l’époque, les matchs étaient donc rejoués en cas d’égalité à l’issue des prolongations), la Roumanie ouvre le score. Cependant, les cubains, menés par leur buteur Socorro égalisent au retour des vestiaires avant de doubler la mise. Les roumains ne reviendront pas et seront éliminés à la surprise générale. Quant aux cubains, ils s’inclineront lourdement en quarts contre la Suède (0-8).
Allemagne – Suisse: 2-4
Candidate à la victoire finale, l’Allemagne, renforcée par des joueurs autrichiens (l’Autriche avait été annexée par les troupes hitlériennes), se présente en France avec de grandes ambitions. Opposée aux modestes suisses pour son entrée en lice, la Mannschaft ne peut faire mieux qu’un match nul (1-1) après prolongations. Les allemands démarrent parfaitement le replay en menant 2-0 au bout de vingt-deux minutes. Ils vont cependant se liquéfier par la suite. Les suisses reviennent au score en deuxième mi-temps et font le trou. Ils infligent une défaite aussi humiliante qu’historique aux allemands. Pendant huit décennies, cette élimination sera la pire performance allemande dans un Mondial. La Suisse sera éliminée au tour suivant par la Hongrie (0-2).
1950
Angleterre – États-Unis: 0-1
Après avoir boycotté les trois premières éditions du Mondial, l’Angleterre décide enfin de se joindre à la grand-messe footballistique. Pour cette première participation, la sélection anglaise arrive sûre de ses forces, convaincue de briller sans coup férir. Après des débuts réussis (victoire contre le Chili), les Three Lions de Stanley Matthews se cassent les dents sur une modeste équipe américaine constituée d’amateurs (avec entre autres un prof de lycée et un conducteur de corbillard!) et de semi-professionnels. Maladroite au possible (les anglais trouvèrent plusieurs fois les poteaux), l’arrogante Angleterre s’incline à la surprise générale. Obligés par la suite de battre l’Espagne pour sortir de la poule, les anglais concèdent une nouvelle défaite (0-1) et quittent prématurément le tournoi. Si l’aventure s’arrêtera également en poule pour les étatsuniens, cet exploit entrera dans l’histoire.
1966
Brésil – Portugal: 1-3
Battu par la Hongrie lors de son deuxième match de poule, le Brésil, tenant du titre est contraint de triompher de son cousin portugais (qui participe à la coupe du monde pour la première fois de son histoire). Bien que la Seleção ait fière allure (présence de Pelé, Garrincha, Jairzinho, Gilmar, Djalma Santos et de Tostão notamment), elle doit faire face à une équipe portugaise déterminée à gagner par tous les moyens. Le match est violent. Pelé, blessé par João Morais doit céder sa place, obligeant ses partenaires à finir à dix (les remplacements n’existaient pas encore). Au terme de ce match électrique marqué par un arbitrage plus que laxiste, les Auriverdes s’inclinent et sont éliminés dans la foulée. C’est un couac majeur pour les hommes de Vicente Feola qui restaient sur deux titres consécutifs.
Italie – Corée du Nord: 0-1
Favorite de sa poule, la Squadra Azzurra a son destin en main au moment de jouer son dernier match de poule contre les novices nord-coréens. L’Italie de Gianni Rivera, Giacinto Facchetti et Sandro Mazzola est grandissime favorite, surtout que leur adversaire n’a pas gagné le moindre match du tournoi. Et pourtant la Nazionale ne parvient pas à faire la différence. Elle encaisse un but en fin de première mi-temps. Les italiens ne parviendront pas à revenir au score et concèdent une défaite plus qu’humiliante qui les élimine de la compétition. La Corée du Nord, décomplexée par cet exploit est à deux doigts d’éliminer le Portugal lors des quarts de finale (elle a mené 3-0) mais est finalement sortie par Eusebio et ses coéquipiers (défaite 3-5).
1974
RFA – RDA: 0-1
Championne d’Europe en titre, demi-finaliste de l’édition précédente et pays organisateur, la RFA bénéficie d’un statut incontesté de favori. Pour ce match aux forts relents politiques contre l’autre Allemagne, il est plus question d’honneur que de réel enjeu sportif (la première place du groupe est pourtant en jeu). Avec dans ses rangs les tauliers Franz Beckenbauer, Gerd Müller, Sepp Maier, Berti Vogts, Paul Breitner, Jupp Heynckes, Uli Hoeness ou Rainer Bonhof, la RFA semble intouchable. Mais galvanisée par la portée idéologique de la rencontre, la RDA fait la différence et s’impose. Cette défaite-surprise s’avèrera finalement positive pour la RFA. Elle lui permet, entre autres, d’éviter d’être dans la même poule que les Pays-Bas au second tour. De plus, ce revers pousse le sélectionneur Helmut Schön à opérer des changements salutaires dans la gestion de son groupe. Toutes choses qui contribueront à la victoire finale de la RFA.
1978
Pays-Bas – Écosse: 2-3
Leaders de leur groupe à l’entame de la dernière journée, les bataves n’ont besoin que d’un nul pour valider leur qualification. Ce qui semble n’être qu’une formalité face à une formation écossaise peu coutumière du très haut niveau. Les Oranje ouvrent la marque sur pénalty. La Tartan Army qui peut encore se qualifier joue crânement sa chance. Menés par Kenny Dalglish, Graeme Souness et Archie Gemmill, les écossais inscrivent trois buts. Les néerlandais doivent s’arracher pour revenir à un but d’écart. Si cette défaite est une énorme surprise, les Pays-Bas se qualifient tout de même pour le tour suivant grâce à une meilleure différence de buts que leur adversaire. Ils parviendront à se hisser en finale de cette édition.
1982
RFA – Algérie: 1-2
Championne d’Europe en titre, la RFA du fait d’un effectif clinquant (Karl-Heinz Rummenigge, Paul Breitner, Pierre Littbarski, Felix Magath, Klaus Allofs, Harald Scumacher, Horst Hrubesch, les frères Föster, Lothar Matthäus…) part grandissime favorite dans ce match d’ouverture l’opposant à la novice Algérie. S’ils dominent outrageusement le début de match, les ouest-allemands ne parviennent pas à faire la différence. Au retour des vestiaires, les Fennecs s’enhardissent et ouvrent la marque par Rabah Madjer. Si Rummenigge finit par égaliser, Lakhdar Belloumi double la mise dans la foulée. La RFA ne s’en remettra pas et sera battue à la surprise générale. Si elle se qualifiera finalement de façon controversée (grâce à une victoire honteuse contre le cousin autrichien), la RFA s’inclinera en finale.
Espagne – Irlande du Nord: 0-1
Pays organisateur, l’Espagne de Camacho, Gordillo, Santillana, Arconada ou Maceda part avec la faveur des pronostics dans une poule relativement abordable. Après un succès de prestige contre l’adversaire le plus coriace (la Yougoslavie), la Roja n’a besoin que d’un nul contre la modeste Irlande du Nord pour finir première du groupe. Les nord-irlandais qui jouent leur qualification se montrent solides et ouvrent le score grâce à Gerry Armstrong. Les espagnols auront beau se ruer à l’attaque, ils ne parviendront pas à faire plier leur adversaire qui rafle la première place de la poule. L’Espagne manquera même de peu de se faire éliminer mais du fait d’un plus grand nombre de buts inscrits, elle avance au tour suivant où elle confirmera ses limites face à la RFA et l’Angleterre.
1986
Uruguay – Danemark: 1-6
Pour son grand retour en coupe du monde (sa dernière participation remontait à 1974), l’Uruguay d’Enzo Francescoli affiche ses ambitions d’entrée en tenant en échec la RFA, épouvantail de la poule. Pour le deuxième match contre le Danemark qui dispute sa première coupe du monde, tout laisse penser que la Celeste fera bonne figure. Et pourtant… Les uruguayens s’inclineront lourdement face à des danois euphoriques menés par un Preben Elkjaer-Larsen des grands jours (il signera un triplé). Cette fessée en mondovision laissera des traces dans le groupe. Si l’Uruguay sort des poules de façon quasi-miraculeuse (en temps que meilleur troisième), elle est sortie dès le tour suivant par le voisin argentin.
Portugal – Maroc: 1-3
Malgré de nombreux soubresauts en coulisses (grève des joueurs, soirées arrosées…), le Portugal, demi-finaliste de l’EURO 1984, est alors considéré comme l’une des meilleures formations du Vieux Continent. S’ils assument ce statut lors de leur première rencontre, leur défaite contre la Pologne les oblige à gagner leur dernier match de poule contre le modeste Maroc. Face à une formation sans prétention qui n’a jamais fait d’étincelles sur la scène mondiale, le Portugal a largement la faveur des pronostics. Mais, incapables d’élever leur niveau de jeu, les partenaires de Paulo Futre et Fernando Gomes s’inclinent à la surprise générale après avoir été menés tout le long du match. Conséquence, ils finissent derniers du groupe et sont éliminés de la façon la plus ignominieuse qui soit.
1990
Argentine – Cameroun: 0-1
Tenante du titre, l’Argentine a l’honneur de disputer le match d’ouverture contre le Cameroun. S’ils sont une des places fortes du football africain, les Lions Indomptables, qui restent en plus sur une CAN ratée, ne pèsent pas bien lourd sur la scène mondiale. Tout semble donc joué d’avance. La formation camerounaise ne se laisse cependant pas impressionner et livre un match solide. Elle finit par ouvrir la marque grâce à François Omam-Biyik. Les partenaires de Diego Maradona ne parviendront pas à renverser la vapeur bien que leur adversaire termine la rencontre à neuf (André Kana-Biyik et Benjamin Massing avaient été expulsés). Les camerounais créent l’une des plus grosses sensations de l’histoire de la coupe du monde. Ce sera la première étape de leur épopée qui se conclura en quarts de finale. L’Albiceleste, malgré ce revers se qualifiera en temps que meilleur troisième et atteindra même la finale du tournoi.
Suède – Costa Rica: 1-2
Si elle n’est pas la meilleure formation européenne, la Suède hérite tout de même du statut de favorite dans un groupe où la qualification semble à sa portée (Brésil, Ecosse, Costa Rica). Bien que battus deux fois, les suédois peuvent tout de même viser la qualification à condition de triompher du modeste Costa Rica qui dispute son premier Mondial. La Suède ouvre la marque par Johnny Ekström mais ne parvient pas à tuer le match. Les costariciens, qui jouent également leur qualification, finissent par égaliser puis par faire le break en fin de rencontre. Outre l’aspect rageant de cette défaite, la Suède est la seule nation à s’incliner après avoir ouvert le score dans cette édition. Une singularité dont les partenaires de Tomas Brolin se seraient bien passés.
1994
Italie – Eire: 0-1
Pour son premier match du tournoi, l’Italie croise le fer avec la modeste Irlande. Un duel déséquilibré sur le papier tant les hommes d’Arrigo Sacchi semblent avoir l’ascendant. Mais malgré sa défense de fer (Mauro Tassotti, Alessandro Costacurta, Franco Baresi, Paolo Maldini), soit ce qui se faisait de plus solide à l’époque, la Squadra Azzurra concède un but dès la onzième minute. Malgré un Roberto Baggio en pleine bourre, la Nazionale ne parviendra pas à combler son retard et s’inclinera. Elle se qualifiera finalement pour le deuxième tour de justesse grâce à son statut de meilleur troisième. Paradoxalement, la suite du tournoi sourira aux italiens qui se hisseront en finale. Pour l’Eire, l’aventure s’arrêtera dès les huitièmes suite à une défaite (0-2) contre les Pays-Bas.
Belgique – Arabie Saoudite: 0-1
Malgré deux victoires probantes, les Diables Rouges doivent encore glaner un point pour être certains de finir premiers du groupe. Du coup, le sélectionneur Paul Van Himst aligne sa meilleure équipe possible pour défier la modeste Arabie Saoudite, toujours en course pour la qualification grâce à son succès sur le Maroc. Les belges se heurteront à la muraille saoudienne durant toute la rencontre sans parvenir à trouver la faille. Pis, ils se feront punir sur un contre magistral conclut par un geste de classe de Saeed Al-Owairan. Ce but d’anthologie mythifiera encore plus cette défaite belge. Les Diables Rouges finissent seulement troisièmes de la poule (au nombre de buts inscrits) et héritent d’un os en huitièmes: l’Allemagne. Ils se feront éliminer par la Mannschaft. L’Arabie Saoudite subira le même sort contre la Suède.
1998
Brésil – Norvège: 1-2
Déjà qualifié et assuré de finir en tête de son groupe, le Brésil, tenant du titre, aligne une équipe résolument offensive (Ronaldo, Bebeto, Rivaldo, Denilson et Leonardo sont titulaires) pour venir à bout d’une Norvège qu’il craint (la Seleção s’était inclinée en match amical contre les Drillos quelques mois plus tôt). Obligés de gagner pour être certains de se qualifier, les norvégiens font le dos rond. Si Bebeto parvient à ouvrir le score, Tore André Flo égalise cinq minutes plus tard. Les Drillos feront finalement la différence en fin de rencontre grâce à un penalty transformé par Kjetil Rekdal. Cette défaite inattendue du Brésil (les Auriverdes n’avaient plus perdu au premier tour depuis 1966!) dessert surtout le Maroc qui se retrouve éliminé malgré une belle victoire dans l’autre rencontre du groupe (les marocains ne pouvaient se qualifier que si la Norvège ne s’imposait pas). La Seleção se reprendra et atteindra la finale de cette édition.
2002
France – Sénégal: 0-1
Sur le papier, cette affiche était tout sauf équilibrée. Face à une équipe de France championne du monde et d’Europe en titre, comptant dans ses rangs trois des meilleurs buteurs des cinq grands championnats européens (en l’occurrence Thierry Henry, David Trezeguet et Djibril Cissé) et une flopée des vedettes, le petit poucet sénégalais, novice à ce stade de la compétition, semble condamné d’avance, même si Zinedine Zidane est forfait pour la rencontre. Les Lions de la Teranga se présentent cependant à Séoul avec la ferme intention de jouer leur va-tout. Les hommes de Bruno Metsu font mieux que résister et ouvrent le score par Papa Bouba Diop dès la trentième minute. La France aura beau se ruer à l’attaque, elle ne prendra jamais à défaut la défense sénégalaise. Cette défaite aussi inattendue qu’humiliante sera l’acte fondateur de ce Mondial raté des Bleus qui seront sortis dès le premier tour sans avoir inscrit le moindre but. Un comble avec un tel arsenal offensif.
Portugal – États-Unis: 2-3
Favorite déclarée à la victoire finale, la Seleção das Quinas, compte bien réussir son entrée dans le tournoi. La confrontation contre les Etats-Unis à tout d’une simple formalité. Cependant les Stars and Stripes sont loins de se présenter en victimes expiatoires. Ils jouent sur leurs qualités (solidité défensive, contres fulgurants…) pour surprendre les lusitaniens. En l’espace de trente-six minutes, les américains mènent 3-0. Le Portugal réduit la marque avant la mi-temps et passe la seconde période à courir après le score. S’ils concèdent un autogoal, les étatsuniens tiennent bon et arrachent un succès héroïque. Le Portugal après ce faux pas ne parviendra pas à sortir de la poule, contrairement à leur adversaire du jour qui atteindra les quarts.
2006
République Tchèque – Ghana: 0-2
Avec sa ribambelle de stars (Pavel Nedved, Petr Cech, Jan Koller, Tomas Rosicky, Milan Baros, Marek Jankulovski, Karel Poborsky…), la République Tchèque à tous les atouts pour faire bonne figure dans ce Mondial allemand. Pour son deuxième match face aux novices ghanéens, la Reprezentace est surprise d’entrée par un but d’Asamoah Gyan. Contrainte de courir après le score, elle s’échinera en vain. Pis, elle perd Tomas Ujfalusi, expulsé, avant de concéder un deuxième but en fin de match. Ce couac oblige la Tchéquie à gagner contre une Italie qui a elle aussi besoin de points. Les tchèques finiront par se faire sortir dès le premier tour. Le Ghana quant à lui parvient à valider son billet pour le tour suivant et à sortir de cette poule très relevée.
2010
Espagne – Suisse: 0-1
Logiquement favorite au vu de son statut de champion d’Europe en titre et de son armada (Xavi, Andres Iniesta, Xabi Alonso, David Villa, Fernando Torres, Puyol, Piqué, Sergio Ramos, David Silva, Sergio Busquets, Iker Casillas…), l’Espagne se présente sûre de ses forces pour son entrée en lice contre la Suisse. Mais le match va tourner au fiasco. Malgré une domination outrageuse, les hommes de Vicente Del Bosque ne parviennent pas à détraquer la mécanique suisse. La Nati fait le dos rond et concrétise l’une de ses rares occasions en début de seconde période par Gelson Fernandes. La Roja fait le siège du but helvète sans réussir à trouver la faille et doit s’incliner à la surprise générale. Cet échec initial sera cependant sans grande conséquence vu que l’Espagne finira championne du monde lors de cette édition.
Allemagne – Serbie: 0-1
Après des débuts réussis, la Nationalmannschaft a à cœur de valider au plus vite sa qualification. Pour ce faire, un succès sur la Serbie s’impose. L’artillerie lourde est de sortie côté allemand (Klose, Özil, Schweinsteiger, Lahm, Thomas Müller, Khedira, Podolski, Neuer…). Mais en face les serbes menés par Nemanja Vidic et Dejan Stankovic font de la résistance. Ils ouvriront le score par l’intermédiaire de Milan Jovanovic en fin de première période. Pour ne rien arranger, l’Allemagne est à dix depuis la 37e minute suite à l’expulsion de Klose. L’infériorité numérique et l’absence du finisseur se feront sentir pour la Nationalmannschaft qui ne reviendra jamais au score. Cette défaite ne l’empêchera cependant pas de finir première de la poule et de se hisser jusqu’en demi-finales, contrairement aux serbes qui malgré ce succès finiront bons derniers du groupe.
2014
Espagne – Pays-Bas: 1-5
Championne du monde et d’Europe en titre, la sélection espagnole arrive avec de nombreuses certitudes au Brésil. Pour ce remake de la finale de l’édition précédente, elle part logiquement favorite face à des Oranje rajeunis et moins expérimentés. Fidèle à ses habitudes, l’Espagne prend le contrôle du match et trouve la faille sur un pénalty transformé par Xabi Alonso. Mais alors que la Roja semble se diriger vers un succès tranquille, l’impensable se produit. Robin Van Persie égalise d’une tête venue d’ailleurs juste avant la mi-temps. En deuxième période, les bataves, transfigurés, tirent pleinement profit d’une défense espagnole fébrile comme jamais. Menée par un Robben stratosphérique, la sélection néerlandaise crucifie son homologue espagnole et s’impose largement. Cette lourde défaite d’entrée préfigure le déclin ibérique. L’Espagne, dont le tiki-taka ne fait plus recette, concèdera un autre revers et sera éliminée dès la deuxième journée des poules.
Uruguay – Costa Rica: 1-3
Dans ce groupe particulièrement relevé (l’Italie et l’Angleterre sont les deux autres équipes), l’Uruguay à l’honneur d’ouvrir les hostilités en croisant le fer avec la sélection la plus faible sur le papier. Tout laisse en effet croire que les costariciens se contenteront d’un statut de faire-valoir. L’entame de match le confirme d’ailleurs avec l’ouverture du score d’Edinson Cavani sur pénalty. Mais loin de se rebiffer, le Costa Rica prend le contrôle du match. Les Ticos égalisent au retour des vestiaires grâce à Joel Campbell avant de doubler la mise sur un but d’Oscar Duarte. Submergée, la Celeste ne peut rien pour renverser la vapeur, d’autant que le portier Keylor Navas se montre infranchissable. Les costariciens inscriront un troisième but en fin de rencontre et signeront un des premiers exploits de la compétition. L’Uruguay se remettra de cette entame ratée et parviendra à sortir de la poule. Son parcours prendra cependant fin dès les huitièmes de finale.
Italie – Costa Rica: 0-1
Après une victoire de prestige sur l’Angleterre, la Squadra Azzurra joue sa qualification contre le Costa Rica, vainqueur surprise de l’Uruguay. Personne ne s’imagine alors que les Ticos pourraient récidiver après leur exploit contre la Celeste. L’Italie se heurte vite à la muraille d’Amérique centrale et ne parvient pas à faire la différence. Les costariciens ouvrent la marque par l’intermédiaire de Bryan Ruiz en fin de première période. La Nazionale aura beau essayer de revenir dans la partie, son adversaire, qui peut se qualifier en cas de succès, ne se laissera jamais prendre à défaut. Finalement les Ticos auront la peau des transalpins et valideront dans la foulée leur billet pour les huitièmes à la surprise générale. L’Italie concèdera une nouvelle défaite lors de son dernier match de poule et se fera éliminer.
2018
Argentine – Croatie: 0-3
Favorite du groupe et candidate au titre, l’Argentine réalise des débuts poussifs (nul contre l’Islande). Pour son deuxième match, l’Albiceleste, forte de son armada (Messi, Higuain, Agüero, Dybala, Di Maria, Mascherano…) semble destinée à ne faire qu’une bouchée de la Croatie. Les partenaires de Luka Modric, qui jouent leur qualification, prennent cependant la mesure de leur adversaire, parvenant à faire déjouer les argentins. La sélection au damier porte l’estocade en seconde période en inscrivant trois buts. Si la Croatie est très loin d’être une équipe mineure, cet exploit lui vaudra de se départir de son habituel statut d’outsider (elle sera finaliste). L’Argentine aura toutes les peines du monde à se qualifier pour les huitièmes, stade où ils échoueront contre la France, futur vainqueur de l’épreuve.
Allemagne – Mexique: 0-1
Tenante du titre et favorite à sa propre succession, l’Allemagne semble avoir toutes les cartes en main pour mettre fin à la malédiction du champion (Au XXIe siècle, le Brésil est le seul champion du monde à n’avoir pas été éliminé dès la phase de poules). Joachim Löw peut compter sur ses cadres (Manuel Neuer, Jérôme Boateng, Mats Hummels, Toni Kroos, Sami Khedira, Mesut Özil, Thomas Müller, Marco Reus…) ainsi que sur de jeunes pousses prometteuses (Antonio Rüdiger, Julian Draxler, Joshua Kimmich, Ilkay Gündogan, Leon Goretzka, Timo Werner…). Seule ombre au tableau, l’absence d’un finisseur de premier plan. Pour son entrée en lice, la Nationalmannschaft bafouille son football contre le Mexique. Incapable de conclure ses occasions, elle se fait surprendre par un but d’Hirving Lozano. Malgré le siège du but de la Tri, les allemands seront écœurés par l’infranchissable Guillermo Ochoa qui multiplie les arrêts. Le Mexique, qui n’avait plus battu l’Allemagne depuis 1985, créé la sensation et plonge son adversaire dans la crise.
Colombie – Japon: 1-2
Après un bon parcours lors de l’édition précédente, la Colombie, qui a conservé son ossature en plus d’avoir récupéré Radamel Falcao (forfait lors de l’édition 2014) arrive en Russie avec le statut de poil à gratter. Pour leur premier match contre le Japon, habituel faire-valoir des phases de poule, les Cafeteros partent avec la faveur des pronostics. Mais les Samouraïs Bleus jouent sans complexe et ouvrent le score sur un penalty de Shinji Kagawa dès la sixième minute. Si la Colombie égalisera plus tard, elle ne parvient pas à prendre l’ascendant définitif sur son adversaire. Les japonais, désormais rompus aux joutes mondiales, exploitent la moindre faille et finissent par doubler la mise pendant la deuxième mi-temps. Les colombiens ne s’en remettront pas et concèderont une défaite totalement inattendue. Ils parviendront cependant à se qualifier pour le tour suivant, finissant même premiers de leur groupe.
Allemagne – Corée du Sud: 0-2
Après un succès acquis de haute lutte contre la Suède, l’Allemagne doit impérativement gagner pour assurer sa qualification. Contre une Corée du Sud déjà éliminée, la donne leur semble favorable. Cependant les partenaires de Heung-min Son refusent de servir de victimes expiatoires. Dominés comme jamais, les sud-coréens plient mais ne rompent pas. Le gardien Hyen-woo Jo sort le match de sa vie. Finalement, les Guerriers Taeguk inscriront deux buts dans les arrêts de jeu, grâce à des contres rondement menés. Ce résultat élimine l’Allemagne à la surprise générale. C’est également la première fois que la Nationalmannschaft se fait battre par une équipe asiatique en coupe du monde et la première fois depuis 1938 qu’elle quitte la compétition dès le premier tour.
2022
Argentine – Arabie Saoudite: 1-2
Face à une Argentine invaincue depuis 36 matchs et portée par son stratège Messi, personne ne donnait cher de la peau de la sélection asiatique. La première mi-temps, largement dominée par l’Albiceleste (un but sur pénalty, trois autres refusés) est conforme aux prévisions. Mais les saoudiens reviennent des vestiaires galvanisés et jouent enfin libérés . Bousculée, la formation sud-américaine se fait surprendre dès la 48e minute avant d’encaisser un second but cinq minutes plus tard. Le siège du but de Mohammed Al-Owais sera sans effet. Ni Messi, ni ses fidèles lieutenants (Di Maria, Lautaro Martinez, Papu Gomez, Julian Alvarez…) ne parviendront à percer le coffre-fort saoudien. Les Faucons Verts réalisent un des plus grands exploits de leur histoire.
Allemagne – Japon: 1-2
Pour ses débuts dans la compétition, l’Allemagne croise le fer avec le Japon. Donnée largement favorite, la Nationalmannschaft ouvre la marque sur un penalty de Gündogan et rentre aux vestiaires avec un but d’avance. Alors qu’elle semble se diriger vers un succès tranquille, la sélection allemande ne parvient pas à tuer le match. Elle finira par payer cash son inefficacité. Le Japon égalise par Ritsu Doan à la 75e minute avant de prendre l’avantage grâce à un but de Takuma Asano cinq minutes plus tard. Le NationalElf ne trouvera pas la faille et s’inclinera. Cette défaite retentissante fragilise encore plus une Allemagne orpheline d’un grand buteur depuis la retraite de Miroslav Klose.
Partagez ce contenu :



Laisser un commentaire