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Quand les clubs italiens régnaient sur l’Europe (1994-1999)

Moins en verve depuis les années 2000, les clubs italiens souffrent d’une crise de résultats depuis le début du siècle (trois trophées européens remportés sur quarante et aucun titre depuis 2010). Un marasme sportif dû au déclin de ses équipes-phares et à une concurrence plus ardue que jamais sur la scène européenne. La donne était par contre totalement différente à la fin du siècle précédent. A cette époque, le football transalpin était plus dominateur que jamais et il arrivait même que deux clubs italiens s’affrontent en finale de coupe d’Europe. De 1989 à 1999, au moins un club italien disputait une finale de coupe d’Europe. Petit tour d’horizon.


AC Milan (C1 1994)

La désillusion de Munich a laissé des traces dans l’effectif milanais qui est partiellement remanié à l’intersaison (arrivées de Dejan Savicevic, Marcel Desailly et Zvonimir Boban notamment, départs de Rijkaard et de Gullit). Revanchards, les Rossoneri entament leur campagne en dominant timidement les suisses du FC Aarau (1-0 ; 0-0). Ils font nettement mieux en atomisant les danois du FC Copenhague lors du tour suivant (6-0 ; 1-0). La phase de poules les voient affronter le FC Porto, le RSC Anderlecht et les allemands du Werder Brême. Dans ce groupe largement à leur portée, les milanais se qualifient sans impressionner pour autant (deux victoires, quatre nuls). Ils se montreront plus à leur avantage lors de la demi-finale contre l’AS Monaco (3-0). Malgré tout, les Rossoneri ne sont pas favoris en finale surtout que le FC Barcelone, leur adversaire, pratique un football aussi chatoyant qu’efficace. Pourtant, la finale va tourner à l’avantage des milanais qui s’imposeront largement (4-0). Avec cette troisième C1 remportée en cinq ans, l’AC Milan consolide son statut d’équipe-phare de ce début de décennie 90.


Parme (C2 1994)

Renforcés par les arrivées de Nestor Sensini et Gianfranco Zola, les Gialloblus héritent du statut de favoris de la compétition. Les seizièmes de finale contre les suédois de Degerfors IF ne sont qu’une formalité (2-1 ; 2-0). La tâche s’avérera plus ardue au tour suivant contre le Maccabi Haifa (1-0 ; 0-1). Ce n’est qu’aux penaltys que le club d’Emilie-Romagne parviendra à se défaire des israéliens (3-1). Ils héritent d’un os en quarts, l’Ajax Amsterdam. Parme parvient tout de même à faire la différence (0-0 ; 2-0) avant de croiser le fer contre un autre sacré client en demis: le Benfica Lisbonne. Les Crociati sortiront vainqueurs de cette double confrontation électrique (1-2 ; 1-0) et se qualifieront pour la finale. Malheureusement, ils ne parviendront pas à prendre le meilleur sur Arsenal, leur adversaire. Parme s’incline 0-1 et est déchu de son titre.


Inter Milan (C3 1994)

Beaucoup d’eau a coulé sous les ponts depuis le succès de 1991. Si l’ossature italienne a été conservée (Bergomi, Zenga, Berti…) le trio allemand n’est plus là. L’Inter s’appuie désormais sur les néerlandais Dennis Bergkamp et Wim Jonk ainsi que sur le buteur uruguayen Ruben Sosa. Sans être particulièrement impressionnante, la formation nerazzuri fait le job au premier tour en dominant les roumains du Rapid Bucarest (3-1 ; 2-0). S’ils se font peur lors des tours suivants contre les chypriotes de l’Apollon Limassol (1-0 ; 3-3) puis les anglais de Norwich City (1-0 ; 1-0), ils tiennent tout de même leur rang. Les quarts de finale contre le Borussia Dortmund seront électriques mais l’Inter parvient à en sortir vainqueur (1-2 ; 3-1). En demis, ils retrouvent un autre club italien, Cagliari. En dépit d’un match retour brouillon, ce derby est bien négocié (3-0 ; 2-3). La finale contre l’Austria Salzbourg (actuel Red Bull Salzbourg) semble n’être qu’une formalité. Pourtant, la formation autrichienne se montrera plus accrocheuse que prévu. L’Inter s’impose tout de même difficilement (1-0 ; 1-0) et gagne sa deuxième coupe de l’UEFA en quatre ans.


AC Milan (C1 1995)

Les milanais entament la défense de leur titre avec un effectif quasiment inchangé. Dans une compétition qui inaugure un nouveau format, ils se retrouvent d’entrée dans la même poule que l’Ajax Amsterdam, l’AEK Athènes (Grèce) et le Casino Salzbourg (Autriche). Les Rossoneri finissent deuxièmes de la poule derrière l’Ajax, concédant notamment deux défaites face aux lanciers. Opposés au Benfica Lisbonne en quarts, ils se qualifient sans trembler (2-0 ; 0-0). En demi-finales, c’est le Paris Saint-Germain qui se dresse sur leur route. La double confrontation est tendue mais les hommes de Capello triomphent (1-0 ; 2-0) et retrouvent l’Ajax Amsterdam en finale. A l’image de leur double confrontation en poules, les milanais ne parviennent pas à résoudre l’équation ajacide et s’inclinent (0-1).


Parme (C3 1995)

Devenue une valeur sûre du football italien sur la scène européenne, les Gialloblus sont renforcés par les arrivées de Dino Baggio, Fernando Couto et Roberto Mussi. Brolin étant blessé durant une bonne partie de la saison, c’est le duo ZolaAsprilla qui guide l’attaque parmesane. Parme démarre timidement la compétition en éliminant le Vitesse Arnhem (0-1 ; 2-0). Le second tour contre l’AIK Stockholm ne sera pas plus simple (1-0 ; 2-0). L’Athletic Bilbao sera écarté dans la douleur en huitièmes (0-1 ; 4-2). Le quart de finale contre les danois de l’Odense BK est encore plus accroché (1-0 ; 0-0). Sans se montrer convaincants, les Gialloblus rejoignent le dernier carré et croisent le fer avec le Bayer Leverkusen. Cette fois, ils remportent deux succès probants (2-1 ; 3-0) et compostent leur ticket pour la finale. Pour la troisième fois depuis 1990, deux clubs italiens s’affrontent en finale (Parme et la Juventus). La Vecchia Signora est favorite mais les hommes de Nevio Scala ne se laissent pas impressionner et remportent le match aller 1-0. Les Gialloblus arrachent le nul au retour (1-1) et remportent leur deuxième trophée européen en trois ans.


Juventus Turin (C3 1995)

Favori déclaré à la victoire finale, le club turinois qui a enrôlé Ciro Ferrara, Didier Deschamps, Paulo Sousa et Robert Jarni a également vu les prometteurs Fabrizio Ravanelli, Alessandro Del Piero, Angelo Di Livio et Moreno Torricelli prendre du galon. L’impression de puissance dégagée par l’équipe se confirme durant le premier tour où les bulgares du CSKA Sofia sont atomisés (3-0 ; 5-1). les deux tours suivants face aux portugais du Maritimo Madère (1-0 ; 2-1) et aux autrichiens de l’Admira Wacker (3-1 ; 2-1) sont franchis sans forcer. Même le quart de finale contre l’Eintracht Francfort d’Augustine Okocha sera une véritable ballade (1-1 ; 3-0). En demi-finales, la Juve retrouve le Borussia Dortmund pour le remake de la finale de l’édition 1993. Cette fois encore la formation d’outre-Rhin s’incline (2-2 ; 2-1). Les Bianconeri affrontent leurs compatriotes de Parme en finale. Les hommes de Lippi ne parviendront pas à prendre le meilleur (0-1 ; 1-1). Ils pourront toutefois se consoler en remportant le scudetto après neuf ans de disette.


Juventus Turin (C1 1996)

Absente de la Champions League depuis 1986, la Vecchia Signora débute la compétition avec de grandes ambitions. La Juventus hérite d’un groupe comptant le Borussia Dortmund, le Steaua Bucarest et les Glasgow Rangers. La phase de poules est une ballade tranquille pour les partenaires de Fabrizio Ravanelli qui remportent quatre matchs sur six et finissent premiers. Opposés au Real Madrid en quarts, les Juventini doivent puiser dans leurs ressources pour se qualifier (0-1 ; 2-0). Les demi-finales face au FC Nantes, novice à ce stade de la compétition, seront plus faciles à aborder. Les Bianconeri font la différence à l’aller (2-0). Bien que battus au retour (2-3), ils valident leur qualification. En finale, ils rencontrent l’Ajax Amsterdam, tenant du titre. Les deux équipes n’ayant pu se départager au terme des prolongations (1-1), c’est aux tirs au but que la décision se fera. Les hommes de Lippi se montrent plus adroits et triomphent 4-2, remportant leur seconde Champions League après celle de 1985.


Juventus Turin (C1 1997)

La Juve remet son titre en jeu avec une équipe remaniée et encore plus forte sur le papier (arrivées de Zidane, Boksic, Montero et Vieri). Versés dans une poule difficile comptant Manchester United, le Fenerbahçe et le Rapid Vienne, les Bianconeri décrochent la première place sans forcer (cinq victoires, un nul). Opposés au Rosenborg BK en quarts, ils font le job (1-1 ; 2-0). En demi-finales, ils retrouvent l’Ajax Amsterdam pour le remake de la finale de l’édition précédente. Cette fois, les lanciers ne feront pas illusion et seront facilement écartés (2-1 ; 4-1). Grandissime favorite de la finale, la Juventus va cependant connaître un trou d’air inexplicable. Le Borussia Dortmund, leur adversaire, joue sans complexe et parvient à prendre les devants. La Juventus s’incline (1-3) et perd son titre.


Inter Milan (C3 1997)

Pour son premier mercato post-Arrêt Bosman, l’Inter sort l’artillerie lourde en recrutant Youri Djorkaeff, Ivan Zamorano, Jocelyn Angloma, Ciriaco Sforza et Aron Winter. Avec un effectif qui comptait outre l’historique capitaine Bergomi, Nicola Berti, Gianluca Pagliuca, Paul Ince, Maurizio Ganz et Javier Zanetti, l’Inter est bien armé. L’En Avant Guingamp en fera les frais en trente-deuxièmes de finale (3-0 ; 1-1). Le second tour contre les autrichiens du Grazer AK sera par contre plus compliqué (1-0 ; 0-1). Les Nerazzurri devront s’en remettre aux tirs au but pour se qualifier. Ils retrouveront leur superbe dès les huitièmes en écrasant Boavista (5-1 ; 2-0). Malgré une belle résistance le RSC Anderlecht (1-1 ; 2-1) puis l’AS Monaco (3-1 ; 0-1) tombent aussi face à l’armada intériste. En finale, le Schalke 04 de Marc Wilmots ne se laisse pas impressionner. Le club de Gelsenkirchen remporte la manche aller sur le plus petit des scores (1-0). Au retour, l’Inter parvient à refaire son retard (1-0) mais ne peut faire la décision durant les prolongations. Les Nerazzurri s’inclineront 1-4 aux tirs au but.


Juventus Turin (C1 1998)

Favorite déclarée à la victoire finale, la Juve va cependant vivre une phase de poules chaotique. Opposée à Manchester United, au Feyenoord Rotterdam et aux modestes slovaques du FC Kosice, la Vieille Dame galère, concédant notamment deux défaites contre les mancuniens et les néerlandais. Au coup d’envoi de la dernière journée, les Bianconeri sont mêmes virtuellement éliminés, obligés de gagner contre Manchester United en espérant une cascade de faux pas dans les autres poules pour décrocher la deuxième place qualificative. Contre toute attente, les planètes s’alignent et la Juve se qualifie. Véritable miraculée, la Vieille Dame change de visage lorsque Edgar Davids la rejoint lors du mercato hivernal. Transfigurés, les hommes de Lippi se défont du Dynamo Kiev de Shevchenko en quarts (1-1 ; 4-1) avant de disposer de l’AS Monaco en demis (4-1 ; 2-3). En finale, ils affrontent le Real Madrid. Les deux équipes se rendent coup pour coup mais la confrontation tourne à l’avantage des merengues. Battus 0-1, les Bianconeri échouent en finale pour la deuxième fois consécutive.


Inter Milan (C3 1998)

Décidé à retrouver les sommets, l’Inter frappe LE gros coup du mercato estival en enrôlant Ronaldo, le meilleur avant-centre du moment. Le club enregistre également les arrivées de Francesco Moriero, Diego Simeone, Alvaro Recoba, Benoît Cauet, Taribo West, Zé Elias et Paulo Sousa. Les départs d’Ince, Angloma et Sforza n’affaiblissent pas cette équipe taillée pour tout gagner. Neuchâtel Xamax, leur adversaire du premier tour, ne fait pas illusion (2-0 ; 2-0). L’Olympique Lyonnais fera meilleure figure au second tour en gagnant notamment à Milan. Mais les Nerazzurri font le job et triomphent (1-2 ; 3-1). Le RC Strasbourg pense lui aussi avoir fait le plus dur en remportant la manche aller. Les strasbourgeois seront renvoyés à leurs études au terme du match retour (0-2 ; 3-0). En quarts, l’Inter retrouve Schalke 04 pour le remake de la finale de l’édition précédente. La double confrontation est tout aussi accrochée et tout se jouera aux prolongations. Cette fois, l’Inter parviendra à faire la différence (1-0 ; 1-1). Le Spartak Moscou bien que déterminé devra lui aussi s’incliner lors des demi-finales (2-1 ; 2-1). Pour la grande finale (elle se joue en un match unique à compter de cette édition 1998), c’est la Lazio qui se dresse contre les Nerazzurri pour la quatrième finale italo-italienne en huit ans. Les Laziale se font cueillir d’entrée par un but de Zamorano. L’Inter remporte finalement le match 3-0 et s’adjuge sa troisième coupe de l’UEFA en moins de dix ans.


Lazio Rome (C3 1998)

Habituée aux places d’honneur, la Lazio entend changer de dimension et s’offre un bel effectif grâce à de bons coups sur le marché des transferts. Avec des joueurs comme Pavel Nedved, Roberto Mancini, Alessandro Nesta, Matias Almeyda, Diego Fuser, Vladimir Jugovic, Alen Boksic, José Chamot ou Pierluigi Casiraghi, les Biancocelesti ont fière allure. Bien aidés par des tirages au sort favorables, ils font parler la poudre lors des trois premiers tours en écartant successivement les portugais du Vitoria Guimaraes (4-0 ; 2-1), les russes du Rotor Volgograd (0-0 ; 3-0) et les autrichiens du Rapid Vienne (2-0 ; 1-0). L’AJ Auxerre s’incline également en quarts (1-0 ; 2-2). Les demi-finales contre l’Atletico Madrid sont par contre très accrochées. Toutefois, les Laziale sortent vainqueurs (1-0 ; 0-0) et gagnent le droit d’affronter l‘Inter Milan en finale. Vites menés au score durant cette ultime confrontation, les Biancocelesti s’inclinent lourdement (0-3) face à l’armada milanaise.


Lazio Rome (C2 1999)

Pour la toute dernière édition de la Coupe des vainqueurs de coupe, la Lazio Rome apparaît comme le favori ultime. Avec un effectif comptant Christian Vieri, Nedved, Mancini, Boksic, Nesta, Dejan Stankovic, Sinisa Mihajlovic, Marcelo Salas, Matias Almeyda, Lombardo ou Fernando Couto, difficile de penser autre chose. Les Biancocelesti bénéficient en plus d’un tirage au sort plus que favorable a priori. Cependant, la route vers la finale sera loin d’être un long fleuve tranquille. Les suisses de Lausanne-Sport se montrent plus coriaces que prévus en seizièmes (1-1 ; 2-2). Le second tour contre les yougoslaves du Partizan Belgrade sera tout aussi brouillon (0-0 ; 3-2). La Lazio se qualifiera de haute lutte en s’imposant à Belgrade. Par contre, les quarts de finale seront nettement mieux maîtrisés. Les grecs du Panionios sont surclassés (4-0 ; 3-0). En demis, le Lokomotiv Moscou ne se laisse pas non plus faire et la Lazio se qualifiera grâce au but inscrit à l’extérieur (1-1 ; 0-0). Opposés aux surprenants espagnols de Majorque en finale, les Biancocelesti s’imposent (2-1) au terme d’une rencontre très disputée.


Parme (C3 1999)

Avec dans ses rangs Hernan Crespo, Enrico Chiesa, Abel Balbo, Juan Sebastian Veron, Lilian Thuram, Fabio Cannavaro, Gianluigi Buffon, Alain Boghossian, Nestor Sensini, Diego Fuser, Dino Baggio, Mario Stanic, Stefano Fiore, Luigi Sartor, Antonio Benarrivo, Roberto Mussi, Faustino Asprilla et Luigi Appoloni, Parme dispose de la meilleure équipe de toute son histoire. Paradoxalement, les Gialloblus ne se montreront pas aussi impériaux qu’on pourrait le penser lors des deux premiers tours contre le Fenerbahçe (0-1 ; 3-1) puis le Wisla Cracovie (1-1 ; 2-1). Même la confrontation contre les Glasgow Rangers en huitièmes ne sera pas un sommet de football offensif (1-1 ; 3-1). En quarts par contre, l’artillerie lourde est de sortie. Battue à l’aller par les Girondins Bordeaux (1-2), la formation parmesane atomise littéralement le futur champion de France au retour (6-0). En demis, l’Atletico Madrid rend également les armes (3-1 ; 2-1). Pour sa quatrième finale européenne, Parme affronte l’Olympique de Marseille. Le club français ne fera pas illusion et sera facilement battu par les Gialloblus (3-0). Parme remporte sa troisième coupe d’Europe en moins de dix ans.

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