Les équipes maudites: la génération Maldini – Baggio
Si l’histoire ne retient que les vainqueurs, celle du football fait le plus souvent la part belle à ceux qui pour une raison ou une autre ne sont pas parvenus à aller au bout. En effet, la mythologie de ce sport regorge de perdants magnifiques et d’éternels seconds. Parmi ces poulidors du ballon rond figurent un certain nombre de sélections qui malgré des qualités évidentes et des effectifs de haut niveau ne sont pas parvenues à s’installer sur le toit du monde. Pis, certaines d’entre elles n’ont remporté aucun trophée majeur. Pour ce premier volet de notre série consacrée aux grandes sélections non-titrées, intéressons-nous à l’Italie de la seconde moitié des années 80 à l’aube des années 2000.
L’après-Mondial 1986
Tenante du titre, la sélection italienne n’a pu conserver son trophée, logiquement éliminée par la France de Michel Platini en huitièmes de finale de la Coupe du monde 1986. Cet échec marque la fin d’une ère pour la Squadra Azzurra. Le sélectionneur Enzo Bearzot rend le tablier. Il est remplacé par Azeglio Vicini. Ce dernier se fait le devoir de rajeunir une sélection vieillissante et en fin de cycle. Ainsi les historiques Paolo Rossi, Bruno Conti, Gaetano Scirea, Marco Tardelli, Fulvio Collovati et le gardien Giovanni Galli sont écartés. Par la suite, Antonio Cabrini puis Alessandro Altobelli subiront le même sort. L’équipe est désormais articulée autour des jeunes loups Giuseppe Bergomi, Franco Baresi, Gianluca Vialli et du gardien Walter Zenga. A ces rescapés du Mondial mexicain s’ajoutent de nouveaux talents avides de faire leurs preuves: Paolo Maldini, Roberto Donadoni, Ruggiero Rizzitelli, Ciro Ferrara, Giuseppe Giannini, Ricardo Ferri et Roberto Mancini, tous âgés de moins de 25 ans. Avec cette jeune garde, l’Italie reprend des couleurs et déploie un jeu plaisant durant les éliminatoires de l’EURO 1988. Opposée au Portugal, à la Suède, à la Suisse et à Malte, la Squadra Azzurra survole son groupe (six victoires, un nul, une défaite) et se qualifie sans trembler. Versés dans un groupe relevé en phase finale (RFA, Espagne, Danemark), les italiens terminent deuxièmes derrière les ouest-allemands (deux victoires, un nul). Mais en demies, les hommes de Vicini ne pourront rien faire contre l’URSS et s’inclineront (0-2).
Le Mondiale 90
Après cette élimination, Vicini conserve la confiance de ses dirigeants et est reconduit dans ses fonctions. Il a alors la lourde tâche de préparer sa sélection pour la coupe du monde 1990 que l’Italie jouera à domicile. Il subit alors une énorme pression d’autant que les clubs italiens sont au sommet de leur art en coupe d’Europe (cinq coupes d’Europe remportées sur six entre 1989 et 1990 dont un triplé historique en 1990). Si Vicini peut s’appuyer sur des valeurs sûres (Zenga, Bergomi, Baresi, Maldini, Ferri, Giannini, Donadoni, Carlo Ancelotti, Nicola Berti…), il lui manque un buteur efficace. Vialli enchaîne le bon et le moins bon et Mancini peine lui aussi à confirmer. Finalement, il retiendra le duo mais aussi Andrea Carnevale, Aldo Serena et la petite merveille de la Fiorentina: Roberto Baggio. Un attaquant inconnu, Salvatore Schillaci, sera adjoint à la liste en qualité de joker. C’est finalement de ce dernier que viendra la lumière. Entré en jeu lors du premier match à la place de Carnevale, Schillaci marque au bout de deux minutes et permet à son équipe de triompher de l’Autriche (1-0). Les deux autres matchs de poule contre les Etats-Unis (victoire 1-0) et la Tchécoslovaquie (succès 2-0) ne seront que des formalités. A partir de ce match la donne change. Baggio et Schillaci deviennent titulaires et mènent l’attaque azzurra durant les matchs à élimination directe. Grâce à ce duo d’attaque décisif couplé à une incroyable solidité défensive, l’Italie se débarrasse de l’Uruguay en huitièmes (2-0) puis de l’Eire en quarts (1-0). La demi-finale contre l’Argentine, championne du monde en titre menée par le virtuose Diego Maradona, s’annonce électrique. Le match, disputé à Naples, tiendra toutes ses promesses. Schillaci ouvre le score dans les vingt premières minutes. Mais l’Argentine, boostée par le Pibe de Oro parvient à égaliser en seconde période grâce à Claudio Cannigia (1-1). Il s’agit du premier but encaissé par Zenga depuis le début du tournoi. Plus rien ne sera marqué et l’issue du match se décidera aux tirs au but. Les argentins réalisent un sans faute. Côté italien, Donadoni et Serena loupent leurs tirs et précipitent l’élimination de leur sélection. La Squadra s’adjugera tout de même la troisième place en battant l’Angleterre (2-1) lors du match de classement. Malgré un tournoi réussi, la désillusion de Naples est vécue comme un drame national.
L’échec de 1992
Vicini conserve son poste sur la foi de ses bons résultats lors du Mondiale. Il entame alors la campagne de qualification de l’EURO 1992 avec des certitudes. Elles seront cependant rapidement mises en doute. Schillaci ne confirme pas et enchaîne les prestations décevantes. Et sans buteur, l’Italie peine à se montrer efficace malgré le génie de Roberto Baggio qui devient le métronome de la sélection. Dans un groupe plus relevé qu’il n’y parait (URSS, Norvège, Hongrie, Chypre) où seule la première place permet de se qualifier, la Squadra Azzurra paie ses soucis d’efficacité et finit deuxième à trois points de l’URSS. Bien que l’Italie n’ait concédé qu’une seule défaite (1-2 lors d’un déplacement en Norvège), elle se retrouve éliminée. Le plus choquant fut le nombre de buts encaissés (cinq) durant cette campagne qualificative. Un comble pour une formation réputée hermétique. Conséquence de cet échec, Azeglio Vicini est limogé et remplacé par Arrigo Sacchi, le sorcier qui a mis l’AC Milan sur le toit de l’Europe.
Le coup du sort de 1994
Dès sa prise de fonction, Sacchi apporte de nouvelles idées. Le jeu est nettement moins brillant que lors des plus belles heures de son prédécesseur, mais l’efficacité est retrouvée. Il commence par écarter de nombreux joueurs: Bergomi, Vialli, Zenga, Ferrara, Schillaci, Giannini, Ferri… Le lifting se poursuit avec l’arrivée de nombreux joueurs de l’AC Milan: Alessandro Costacurta, Mauro Tassotti, Demetrio Albertini, Alberigo Evani, Daniele Massaro… D’autres joueurs issus des grands clubs italiens deviennent aussi ses hommes de base: Antonio Conte, Dino Baggio, Gianluca Pagliuca, Luigi Appoloni, Antonio Benarrivo, Roberto Mussi, Gianfranco Zola… Baresi, Maldini et Donadoni deviennent les piliers de la sélection. Les clés du jeu sont quant à elles confiées à Roberto Baggio. Les qualifications pour la coupe du monde 1994 sont globalement maîtrisées dans une poule comptant le Portugal, l’Ecosse, la Suisse, l’Estonie et Malte. La Squadra Azzurra finit première de son groupe en ne concédant qu’une seule défaite. Si les résultats sont là, la qualité de jeu ne séduit pas et l’équipe semble moins fringante que celle alignée quatre ans plus tôt. Pour ne rien arranger, Roberto Mancini, vexé de ne pas être titulaire, s’embrouille avec Sacchi et se retrouve écarté de la liste finale. Les soucis offensifs sont toujours aussi manifestes et Sacchi en est réduit à faire confiance aux deux avant-centres de la Lazio Rome, Giuseppe Signori et Pierluigi Casiraghi, pour booster son attaque. Versée dans un groupe difficile (Mexique, Norvège, Eire), l’Italie frôle la correctionnelle durant la phase de poule. Battue d’entrée par l’Eire (0-1), elle triomphe difficilement de la Norvège lors du match suivant (1-0). Ce match marqué par l’expulsion du gardien Pagliuca et la sortie prématurée de Roberto Baggio, remplacé par Luca Marchegiani le gardien numéro 2, ne rassure pas. L’Italie ne parviendra pas à prendre le meilleur sur le Mexique lors de la troisième rencontre (1-1) et finit troisième. Heureusement, elle se qualifie grâce à son statut de meilleur troisième. En huitièmes, les italiens affrontent le Nigeria. Face à des Super Eagles euphoriques, la Nazionale se retrouve vite menée au score. Il faudra tout le talent de Roberto Baggio pour égaliser en fin de match et arracher la prolongation. Réduite à dix après l’expulsion de Zola (qui n’a passé que dix minutes sur le terrain), l’Italie arrache son ticket pour les quarts grâce à un penalty transformé par Roberto Baggio. La montée en puissance des hommes de Sacchi se confirme lors des rencontres suivantes. Solide à défaut d’être enthousiasmante, la Squadra Azzurra bat l’Espagne en quarts (2-1) et triomphe de la Bulgarie en demies sur le même score. Auteur de trois buts lors de ces deux rencontres, Roberto Baggio joue le meilleur football de sa carrière et semble absolument intouchable. Les Azzurri se retrouvent opposés au Brésil en finale. Ce qui devait être un sommet se conclura sur un triste 0-0 après les prolongations. Pour la première fois de l’histoire de la Coupe du monde, le vainqueur sera désigné suite à une séance de tirs au but. A ce jeu-là, les brésiliens se montrent plus adroits. Baresi et Massaro ratent leur tir. Roberto Baggio expédie le sien dans le ciel de Pasadena et crucifie son équipe. L’Italie s’incline.
La fin de l’ère Sacchi
Après cette désillusion, les dirigeants décident tout de même de renouveler leur confiance à Sacchi. Ce dernier renouvelle son effectif par petites touches. Si l’ossature globale est conservée, la jeune garde de la Juventus Turin débarque en grandes pompes: Alessandro Del Piero, Angelo Peruzzi, Angelo Di Livio, Moreno Torricelli, Fabrizio Ravanelli… En revanche, Roberto Baggio, en difficulté en club, se montre moins affûté et est finalement écarté de la sélection. Des joueurs issus des clubs romains sont également convoqués: Roberto Di Matteo, Alessandro Nesta, Amedeo Carboni en plus de Casiraghi et Signori. Mais ce qui fait le plus parler en Italie est le fait que très peu de joueurs de l’Inter Milan sont sélectionnés. Ce qui, au vu du passé de coach de l’AC Milan de Sacchi, est perçu comme une injustice. L’Italie se retrouve dans un groupe de qualification plus homogène que prévu (Ukraine, Croatie, Lituanie, Estonie, Slovénie). Si les hommes de Sacchi ne concèdent qu’une défaite, ils finissent deuxièmes derrière la Croatie. Faisant partie des six meilleurs deuxièmes, ils valident leur ticket pour la phase finale. Sacchi, fidèle à lui-même, décide de se passer de Roberto Baggio, d’Antonio Conte et snobe également Signori et Igor Protti, capocannonieri (meilleurs buteurs du championnat) cette saison-là. Il leur préfère Enrico Chiesa (Sampdoria) et retient aussi l’inexpérimenté Diego Fuser de la Lazio. Cette sélection ne compte aucun joueur de l’Inter Milan. Dans un groupe difficile (Allemagne, Russie et République Tchèque), l’Italie semble pourtant armée pour faire la différence. Son premier match contre une Russie invaincue depuis près de deux ans est bien négocié. La Squadra Azzurra s’impose 2-1. Pour le deuxième match contre l’adversaire le plus faible sur le papier (la République Tchèque), Sacchi effectue cinq changements dans son onze de départ, histoire de préserver ses meilleurs éléments pour le match contre l’Allemagne. L’Italie s’incline (1-2) à la surprise générale contre les tchèques, menés par un certain Pavel Nedved alors inconnu. Obligée de battre l’Allemagne pour se qualifier ou espérer une défaite de la République Tchèque, l’Italie fait le jeu contre une Mannschaft qui refuse le combat et se contente de contenir les offensives. Gianfranco Zola ratera un penalty qui s’avérera décisif. Menée au score jusque dans les dernières minutes, la République Tchèque parvient à égaliser et arrache le match nul (3-3) contre la Russie. L’Italie qui n’a pu faire mieux qu’un triste 0-0 contre une Allemagne réduite à dix, est prématurément éliminée à la confrontation directe malgré une meilleure différence de buts.
Cesare Maldini et le retour du Catenaccio
Après cette humiliante élimination, Sacchi est logiquement limogé. Son successeur Cesare Maldini (père de Paolo et ancien capitaine de la sélection dans les années 60) opère un revirement idéologique dès son intronisation. Exit la beauté du jeu. Son approche se veut pragmatique au possible et résolument défensive. Il ressort le vieillot catenaccio des cartons de l’histoire. Un comble alors qu’il dispose de quelques-uns des meilleurs joueurs du monde évoluant dans le meilleur championnat de l’époque. Tout commence bien pourtant en éliminatoires avec un succès de prestige contre l’Angleterre (1-0) arraché à Wembley (c’était la première fois que l’Angleterre perdait dans son stade mythique). Dans un groupe qui ne comptait pourtant pas des foudres de guerre en dehors des anglais (Pologne, Moldavie et Géorgie), l’Italie bien qu’invaincue enchaîne les performances ternes et finit deuxième. Obligée de disputer un barrage pour se qualifier, elle se retrouve opposée à la Russie. La double confrontation est plus que tendue mais l’Italie, au bout de l’ennui, composte son ticket pour la coupe du monde française (1-1 ; 1-0). Très critiqué pour son style de jeu, Cesare Maldini va au bout de ses idées et n’hésite pas à faire du neuf avec du vieux en rappelant Roberto Baggio, Bergomi et Ferrara. Les deux premiers figureront d’ailleurs dans sa liste définitive. Le troisième aurait vraisemblablement été du voyage s’il n’avait pas été blessé. Malgré une attaque de feu (Christian Vieri, Alessandro Del Piero, Fabrizio Ravanelli, Filippo Inzaghi, Enrico Chiesa, Gianfranco Zola, Pierluigi Casiraghi, Vincenzo Montella, Francesco Totti…), il persiste à ne jouer qu’avec une seule pointe. Il retient Vieri, Inzaghi et Ravanelli (qui cédera sa place à Chiesa à cause d’une blessure) et aligne Del Piero plus bas sur le terrain. La parole est à la défense avec outre Bergomi les tauliers Paolo Maldini, Alessandro Nesta, Fabio Cannavaro et Alessandro Costacurta. Les juventini Moreno Torricelli, Angelo Di Livio et Gianluca Pessotto sont également de la partie. Albertini, Di Matteo, Dino Baggio, Francesco Moriero et Luigi Di Biagio se chargent de régenter le milieu. Versée dans un groupe où elle fait figure de favorite (Chili, Cameroun, Autriche), la Squadra Azzurra démarre timidement en concédant un nul contre le Chili (2-2). Elle finira tout de même en tête de son groupe grâce aux succès sur le Cameroun (3-0) et l’Autriche (2-1). Portée par un Vieri efficace au possible (4 buts) et un Roberto Baggio retrouvé, l’Italie impressionne. Il lui faudra tout de même batailler pour sortir vainqueur du huitième de finale l’opposant à la Norvège. Un but de Vieri et des parades décisives d’un Gianluca Pagliuca en verve suffisent. En quarts, l’Italie croise le fer avec la France. Ce match très tactique se solde par un nul vierge après les prolongations. C’est aux tirs au but que la décision se fera. Albertini puis Di Biagio ratent leurs tentatives. Pour la troisième fois consécutive l’Italie est éliminée de la coupe du monde aux tirs au but. Si l’issue est cruelle, cette Italie au jeu moche, qui n’a joué que pour ne pas perdre, ne sera pas regrettée par les adeptes de football esthétique.
La désillusion de l’EURO 2000
Sans surprise Cesare Maldini est licencié. C’est une autre légende qui lui succède sur le banc: Dino Zoff. Dernier capitaine de la Squadra Azzurra à avoir soulevé un trophée, il semble être la personne idoine pour redonner des couleurs à la sélection. Il commence par mettre en place un jeu plus chatoyant et par rajeunir l’équipe. Bergomi, en fin de carrière, est écarté. Di Matteo, Costacurta, Ravanelli, Zola et Pagliuca ne sont pas non plus rappelés. Torricelli, Moriero et Roberto Baggio sont progressivement mis à l’écart. La jeune garde romanista (Francesco Totti, Vincenzo Montella, Marco Delvecchio, Eusebio Di Francesco) prend le pouvoir. De nouveaux éléments sont intégrés: Gianluca Zambrotta, Mark Iuliano, Stefano Fiore… Ferrara et Conte font en revanche leur grand retour. Les fidèles Paolo Maldini, Nesta, Del Piero, Inzaghi et Cannavaro sont eux toujours d’attaque. Les éliminatoires de l’EURO 2000 ne sont pourtant pas une promenade de santé. Dans un groupe comptant le Danemark, le Pays de Galles, la Biélorussie, et la Suisse, la Nazionale ne gagne que quatre matchs concédant trois nuls et une défaite. C’est toutefois suffisant pour finir premier du groupe et se qualifier directement. La liste finale de Zoff compte deux grands absents: Vieri et Gianluigi Buffon blessés. Opposée à la Belgique, à la Turquie et à la Suède, l’Italie remporte ses trois matchs sans trembler. En quarts, les italiens se débarrassent des encombrants roumains 2-0. Le plus gros test arrivera en demi- finales lors d’une confrontation contre les Pays-Bas. Dominée comme rarement par les bataves, l’Italie verrouille sa défense à double tour et tient bon jusqu’à la fin des prolongations (0-0). Une fois de plus il faut passer par les tirs au but, un exercice qui ne réussit guère aux italiens depuis dix ans. Cependant, le miracle aura lieu. Trois néerlandais ratent leur penalty. L’Italie se hisse en finale où elle affronte la France de Zidane, championne du monde en titre. La Squadra prend l’avantage grâce à un but de Delvecchio. Les français courent après le score pendant toute la partie. Alors que le banc italien commence déjà à se congratuler, Sylvain Wiltord égalise au bout du temps additionnel. La France fera la décision en prolongations grâce à un superbe but de David Trezeguet. Une fois de plus l’Italie voit un trophée lui échapper.
La malédiction se poursuit
Dino Zoff quitte ses fonctions après cette cruelle défaite. Giovanni Trapattoni est nommé à sa place. Contrairement à ce qu’on pourrait penser, il décide de s’appuyer sur la même ossature en incluant quelques nouveaux éléments: Gennaro Gattuso, Marco Materazzi, Francesco Coco, Damiano Tommasi, Alessio Tacchinardi, Giuseppe Pancaro… Cette équipe revancharde se qualifiera brillamment pour la coupe du monde 2002 (six victoires et deux nuls en huit rencontres). La liste définitive compte trois invités-surprises: Christian Panucci, Cristiano Zanetti et Cristiano Doni. Problème, la saison à rallonge joue sur la fraîcheur des joueurs qui arrivent fatigués à la préparation. Tête de série d’un groupe difficile (Croatie, Mexique, Equateur), la Squadra Azzurra commence bien en venant à bout de l’Équateur (2-0). Le second match contre la Croatie se soldera par une défaite (1-2). Menée pendant l’essentiel du match contre le Mexique, l’Italie ne devra son salut qu’à un but de Del Piero en fin de rencontre pour arracher le nul (1-1). Les Azzurri finissent deuxièmes de leur poule. Après cette qualification laborieuse, les hommes de Trapattoni héritent de la Corée du Sud en huitièmes. Cette rencontre, déséquilibrée sur le papier, aura pourtant un dénouement inattendu. Vieri ouvre le score en début de match mais la Corée égalisera dans les cinq dernières minutes et arrachera la prolongation. Cette dernière sera marquée par un fort relent de polémique sur l’arbitrage. Totti se fait sévèrement expulser pour une simulation peu évidente et Tommasi se voit refuser un but pour un hors-jeu inexistant. Les sud-coréens triompheront finalement grâce à un golden goal de Ahn Jung-Hwan inscrit à la 117e minute. L’Italie quitte le tournoi par la petite porte en ayant le sentiment de s’être fait voler.
Après la pluie, le beau temps
Cette compétition sera la dernière de Paolo Maldini, dernier dinosaure de cette génération. Il prend sa retraite internationale. Trapattoni guidera l’équipe lors de l’EURO 2004 qui se conclura par une nouvelle désillusion (élimination au premier tour). Un revers qui lui vaudra d’être remplacé par Marcello Lippi. Sous les ordres de ce dernier, la chance sourira enfin aux azzurri en 2006 lors de la coupe du monde allemande. Ils remportent le titre grâce à une victoire sur la France aux tirs au but. Une belle revanche après la déception de l’EURO 2000.
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