Se faire éditer en Côte d’Ivoire: l’envoi du manuscrit
Vous avez terminé votre manuscrit, l’avez maintes fois relu et corrigé et à présent vous vous sentez suffisamment armé pour passer à l’étape supérieure, celle de l’édition. Bienvenue dans la galère noble(s) auteur(s). Vous venez ainsi de valider votre ticket pour l’univers de la frustration. Pour plus de lisibilité, ce dossier sera divisé en plusieurs parties. Chacune d’entre elles couvrira une des étapes de l’édition.
Avant toute chose, je vous conseille d’utiliser la police Times New Roman, taille 12, 13 ou 14 pour votre écrit. Placez également un interligne 1,5 pour que l’écrit soit un tant soit peu aéré. N’oubliez pas de numéroter les pages. Pensez ensuite à convertir votre texte au format PDF et en conserver au moins une copie. Comme nous le verrons un peu plus loin, certaines maisons d’édition exigeront ce format, il est donc mieux que vous ayez déjà ce qu’il faut au moment où vous les démarcherez. De plus, le PDF a l’avantage d’être un format figé, contrairement au DOCX où il peut y avoir des décalages au moment de l’impression. Le mieux est de faire tirer votre texte directement à partir du format PDF pour éviter les mauvaises surprises.
Ensuite, il vous faudra faire tirer quelques exemplaires de votre manuscrit en format papier A4. Certaines maisons exigent une mise en page particulière (taille des marges, polices d’écriture spécifiques…). Pour être sûr de se conformer à leurs exigences, pensez à leur envoyer un mail, vous adapterez votre texte en fonction de leurs réponses. Une fois que c’est fait, faites imprimer et relier votre écrit (la majeure partie des éditeurs refusent les manuscrits non-reliés). Pensez également à adjoindre une couverture sommaire sur laquelle vous préciserez votre nom, le titre et le genre de l’ouvrage. Adjoignez un bref résumé en toute dernière page. Je précise que vous ne devez imprimer votre texte qu’au recto. Pensez à laisser suffisamment de marges pour les annotations futures des correcteurs. Assurez-vous également que le texte imprimé est bien visible et lisible (l’éditeur peut le refuser si l’encre est trop terne). Une fois que vous avez vos exemplaires tirés, rédigez une brève lettre d’accompagnement. Les maisons d’édition ivoiriennes ne les exigent pas toujours, mais c’est toujours mieux d’en avoir une sous la main au cas où elles vous le demanderaient.
La suite s’avère plus tortueuse. En effet, il vous revient de cibler les maisons d’édition auxquelles envoyer votre manuscrit. Le mieux serait de se renseigner pour savoir si elles éditent votre genre d’ouvrage (certaines maisons n’éditent pas de recueils de poèmes ou de pièces de théâtre, d’autres sont spécialisées dans la littérature enfantine ou les manuels scolaires). Pour ce faire, n’hésitez pas à vous rendre directement en librairie pour vous faire une idée du catalogue. Mais le mieux, c’est de visiter les pages Facebook ou les sites internet des éditeurs. Cette démarche présente le plus d’avantages. Vous parviendrez ainsi à récupérer nombre d’adresses mails, de numéros de téléphone et parfois même la localisation des locaux sans avoir à vous déplacer. De plus, vous pouvez aussi contacter directement les maisons d’édition via certaines applications de messagerie.
Une fois que vous avez toutes ces informations (adresses mails, numéros de téléphone, situation géographique des locaux…), le travail de démarchage commence effectivement. Pour vous simplifier la tâche, commencez par envoyer un mail (à chaque maison d’édition ciblée) dans lequel vous demanderez la marche à suivre pour leur soumettre un manuscrit. Au cas où vous n’obtenez pas de réponse, contactez-les directement par téléphone. A ce stade, deux tendances se dégagent:
- Certaines vous demanderont de leur envoyer le manuscrit par mail. Dans ce cas, vous envoyez en pièce jointe votre ouvrage, au format PDF ou DOCX de préférence, et vous attendez l’accusé de réception. En général, une maison sérieuse vous notifiera avoir reçu votre écrit et vous précisera la date approximative à laquelle elle vous relancera (le délai varie de quelques semaines à plusieurs mois).
- Quelques maisons d’édition exigent par contre que le manuscrit soit déposé à leurs locaux. Demandez poliment où ceux-ci se trouvent et rendez vous-y avec au moins un de vos exemplaires papier. Ne quittez pas leurs bureaux sans exiger une attestation de dépôt. Ce document que vous devez impérativement garder est la preuve que vous avez bien déposé un texte dans cette maison d’édition. Il est utile en cas d’éventuel litige. Avant de prendre congé de l’éditeur, lisez bien l’attestation de dépôt pour voir si tout correspond (le nom de la maison d’édition, votre nom correctement orthographié, le titre de votre ouvrage, vos numéros de téléphone, votre adresse mail, la date du jour et la signature de l’éditeur ou du chef du service manuscrits) et n’hésitez pas à interpeller votre interlocuteur si un point ne vous semble pas clair.
Une fois que votre manuscrit est déposé ou envoyé, il ne vous reste plus qu’à vous armer de patience. Les choses vont très lentement dans le microcosme de l’édition. Ne vous prenez donc pas la tête. Essayez d’y penser le moins possible. Tout ce que vous avez à faire est de surveiller vos mails et appels. Vous serez contacté par ces deux biais par les maisons d’éditions.
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