Les bons joueurs qui n’ont jamais été All Star
A l’heure où la liste des joueurs retenus pour le All Star Game est désormais officialisée, avec son lot habituel de polémiques, il y a lieu de revenir sur ces basketteurs qui en dépit de bonnes statistiques en carrière n’ont jamais eu l’honneur d’être convoqués pour le match des étoiles. Si l’intérêt du match en lui-même a beaucoup diminué ces dernières années, être sélectionné au All Star Game reste une marque de prestige et de reconnaissance pour tout NBAer. Malheureusement le nombre de places est limité et les critères de sélections sont parfois arbitraires. Ainsi, la popularité prend parfois le pas sur les performances intrinsèques. Les joueurs cités dans cette liste ont souvent été dans la discussion pour être All Star, mais pour diverses raisons, ils n’ont pu l’être.

Happy Hairston
Période d’activité: 1964-1975
En dépit de plusieurs saisons en double-double de moyenne, Hairston n’a jamais connu l’honneur d’une sélection All Star. Pourtant, cet ailier fort passé par les Cincinnati Royals (actuels Sacramento Kings) les Detroit Pistons avant de s’imposer avec les Los Angeles Lakers avait pour lui d’excellentes performances dont quatre saisons consécutives à plus de 18 points et 10 rebonds. Il est d’ailleurs un des rares joueurs à avoir tourné en double-double durant toute sa carrière sans avoir été All Star. Il a sans doute payé le fait d’évoluer aux côtés de Wilt Chamberlain, Jerry West et Gail Goodrich.

Cedric Maxwell
Période d’activité: 1977-1988
Pilier des Boston Celtics du début des années 80 (son numéro de maillot a été depuis retiré par la Franchise), cet excellent ailier fort fut un des joueurs les plus décisifs de son temps. Double champion NBA (1981 et 1984), il a été notamment le MVP des Finales en 1981 et a sorti un match de mammouth lors du game 7 du titre de 1984. Et pourtant, il n’ira jamais au All Star Game. Cependant, il tournait à plus de 11,5 points de moyenne chaque saison (sauf durant son année rookie). Ce qui n’est pas rien dans un effectif comptant des joueurs comme Larry Bird, Nate Archibald, Kevin McHale et Robert Parrish. Lors de sa saison sophomore, il avait été décisif comme jamais (19 points, 9,9 rebonds de moyenne) mais cela ne fut pas suffisant pour lui ouvrir les portes du match des étoiles, surtout que les Celtics ne disputèrent pas les playoffs cette année là.

Derek Harper
Période d’activité: 1983-1999
Star des Dallas Mavericks (son numéro de maillot y est d’ailleurs retiré), cet excellent meneur n’a jamais été convoqué pour le match des étoiles. Et pourtant, il y avait toute sa place. Bon scoreur (sept saisons consécutives à 16 points de moyenne minimum), excellent défenseur (deux sélections dans la NBA All-Defensive Second Team), passeur correct, il est toujours devancé aux votes par d’autres joueurs. Le fait d’évoluer dans une conférence Ouest bien pourvue en joueurs extérieurs au moment de son prime a également joué en sa défaveur.

Byron Scott
Période d’activité: 1983-1998
Triple champion NBA comme joueur, celui qui deviendra coach de l’année en 2008 fut l’une des vedettes des Los Angeles Lakers durant la période du showtime. Auteur de 16 points de moyenne dès son année sophomore, il tournera à plus de 13 points de moyenne neuf saisons durant (21,7 points lors sa meilleure saison en 1988). Aux côtés de Kareem Abdul-Jabbar, Magic Johnson et James Worthy, il brille, mais du fait de l’abondance de biens, tant dans son équipe que dans la conférence Ouest, il n’a jamais été All Star. Devenu par la suite un des meilleurs coachs de la ligue, il prendra sa revanche en étant deux fois head coach d’équipes All Star (2002 et 2008).

Sam Perkins
Période d’activité: 1984-2001
En dépit de statistiques plutôt solides durant un bon tiers de sa carrière, Sam Perkins ne recueillera que peu de lauriers. Certes, il n’a jamais été un Franchise Player, mais il a fait mieux que de la figuration dans la majeure partie des équipes où il a évolué, carburant à plus de 11 points de moyenne pendant treize saisons. Mais la lutte pour les postes intérieurs était plutôt féroce à l’ouest. A tel point que lors de sa meilleure saison (16,5 points et 8,8 rebonds avec les Los Angeles Lakers en 1992), il est devancé par David Robinson, Hakeem Olajuwon, Karl Malone, Dikembe Mutombo et Otis Thorpe.

Ron Harper
Période d’activité: 1986-2001
Cinq fois champion NBA, Ron Harper peut se targuer d’avoir eu une carrière bien remplie. Cependant, on ne peut s’empêcher de penser qu’elle aurait pu être meilleure s’il avait réalisé ses meilleures statistiques dans de meilleures équipes. En effet, ses meilleures saisons individuelles ont été accomplies alors qu’il portait les couleurs de deux Franchises de la lose (Cleveland Cavaliers et Los Angeles Clippers). Avec la deuxième équipe de Los Angeles, il réalisera même une saison à 23 points de moyenne en 1990. Il aura beau tourner à 19 points de moyenne durant ses huit premières saisons dans la ligue, jamais il ne figurera parmi les élus du match des étoiles. Paradoxalement, c’est alors qu’il devient un joueur plus discret (une seule saison à plus de 10 points durant ses passages chez les Chicago Bulls et les Los Angeles Lakers) qu’il remporte ses titres.

Rod Strickland
Période d’activité: 1988-2005
Meilleur passeur de la NBA en 1998, nommé dans la All-NBA Second Team la même année, ce meneur de talent s’est montré brillant avec les Portland Trail Blazers et les Washington Bullets. De 1993 à 1998, il réalise cinq saisons à plus de 17 points de moyenne mais la féroce concurrence à son poste coté ouest (John Stockton, Gary Payton, Jason Kidd) comme côté est (Penny Hardaway, Tim Hardaway) l’écartera de facto des places de All Star. Un des plus gros manques à sa carrière, apparaissant comme une anomalie avec du recul.

Drazen Petrovic
Période d’activité: 1989-1993
Si ses premiers pas dans la ligue furent compliqués à Portland, Petrovic a montré toute l’étendue de son talent avec les New Jersey Nets. Durant ses deux saisons complètes avec cette Franchise, il tournait à 20,6 et 22,3 points de moyenne. Malheureusement le fait d’évoluer dans la même conférence que Michael Jordan limitait les possibilités d’être retenu au poste d’arrière. Le statut des Nets qui ne jouaient pas les premiers rôles n’a également rien arrangé.

Toni Kukoc
Période d’activité: 1993-2006
Lieutenant de Michael Jordan chez les Chicago Bulls, Kukoc malgré son statut de légende FIBA et de troisième option offensive des Bulls ne trouvera jamais grâce auprès des votants. Il faut dire que son statut de sixième homme n’a pas joué en sa faveur. Lorsque les clés de l’équipe lui furent confiées, les mauvaises saisons des Bulls éclipseront ses excellentes performances individuelles (18,8 et 18 points de moyenne en 1999 et 2000). Des joueurs évoluant dans des équipes présentant de meilleurs bilans lui seront préférés.

Isaiah Rider
Période d’activité: 1993-2001
Un des plus gros gâchis de l’histoire de la ligue. Aussi caractériel que talentueux, ce bondissant arrière/ailier n’eut pas une carrière à la hauteur de son potentiel du fait de ses nombreux écarts de comportements, de son addiction à la marijuana et de son manque de professionnalisme. Après des débuts fracassants (vainqueur du Slam Dunk Contest en 1994, nominé dans la All-Rookie First Team la même année), il confirme dès son année sophomore en signant une saison à 20,4 points avec les Minnesota Timberwolves. Mais sa mauvaise réputation et une suspension, suite à un conflit avec son coach, fit drastiquement baisser sa cote. S’il réalisera par la suite de très bonnes saisons, ce joueur ingérable et fantasque fut inlassablement ignoré par les votants.

Jalen Rose
Période d’activité: 1994-2007
Vainqueur du titre de MIP en 2000, il a tourné à plus de 18 points de moyenne entre 1999 et 2003 avec les Indiana Pacers puis les Chicago Bulls. Mais il eut le malheur d’évoluer au moment de l’âge d’or des joueurs extérieurs dans la conférence Est. Barré par Vince Carter, Tracy McGrady, Allan Houston, Paul Pierce voire Michael Jordan, il ne sera jamais sélectionné durant son prime. Par la suite, ses bonnes saisons avec les Toronto Raptors, Franchise avec laquelle il ne fera jamais les playoffs, le handicaperont. En clair, Jalen Rose a toujours été au mauvais endroit au mauvais moment pour grappiller une sélection All Star.

Aryvdas Sabonis
Période d’activité: 1995-2003
S’il fut incontestablement un des meilleurs joueurs européens de tous les temps, Sabonis a payé le fait d’être arrivé en NBA sur le tard. Il a en effet presque 31 ans quand il rejoint les Portland Trail Blazers. S’il fut décisif dès ses débuts, son statut de quasi-vétéran ne séduira ni le public ni les coachs qui lui préfèreront toujours des intérieurs plus jeunes et plus populaires. Malgré de solides statistiques (quatre saisons consécutives à plus de 12 points), les votants n’ont d’yeux que pour Hakeem Olajuwon, David Robinson et Shaquille O’Neal. Dommage pour celui qui pour sa première campagne de playoffs (1996) avait tourné à 23,6 points et 10,2 rebonds.

Brent Barry
Période d’activité: 1995-2009
Fils du Hall of Famer Rick Barry, il aura toutes les peines du monde à se faire un prénom dans la ligue. Finalement, il fait montre de ses qualités de shooteur à trois-points sous la tunique des Seattle Supersonics. Aux côtés de Gary Payton, il devient une des principales menaces en périphérie de la ligue. Brent Barry était également un très bon défenseur tournant à plus de 1,5 interceptions par match. Pourtant, ses qualités ne convaincront jamais les électeurs. Les Sonics alternent le bon et le moins bon durant les cinq saisons où il y évoluera. Dans ces circonstances, difficile d’avoir deux joueurs All Star et encore plus de devancer Gary Payton dans l’esprit des fans et des coachs. Souvent cité, Brent Barry n’aura jamais sa chance.

Marcus Camby
Période d’activité: 1996-2013
S’il n’a jamais été un gros scoreur (14,8 points lors de sa meilleure saison aux points), Marcus Camby s’illustra surtout par ses qualités défensives. Il fut notamment élu défenseur de l’année en 2007 et figura deux fois dans la All Defensive First team (2007 et 2008) et deux fois dans la All Defensive Second Team (2005 et 2006). Il fut aussi quatre fois le meilleur contreur de la ligue. Malheureusement, les nominations au All Star Game ont tendance à privilégier les joueurs offensifs, raison pour laquelle années après années, des intérieurs plus flashys lui seront préférés. Dommage pour celui qui fut l’un des meilleurs défenseurs de la ligue en son temps.

Mike Bibby
Période d’activité: 1998-2012
Auteur de bons débuts avec les Vancouver Grizzlies, c’est lorsqu’il rejoint les Sacramento Kings qu’il s’impose comme l’un des meilleurs meneurs de la ligue. Aux côtés de Chris Webber, Peja Stojakovic ou Vlade Divac, il brille dans ce qui est l’une des places fortes de la conférence ouest. En playoffs, il se montre encore plus efficace mais curieusement, il ne sera que rarement dans la discussion pour le All Star Game. Outre la forte concurrence dans la conférence ouest (Gary Payton, Steve Francis, Steve Nash, Stephon Marbury…) il a aussi payé le fait de jouer dans une équipe aussi dominante. Il était en effet mal vu qu’une seule équipe ait plus de deux joueurs au All Star Game, question de diversité. Et comme Chris Webber ou Stojakovic étaient retenus pratiquement chaque année, Bibby fut toujours laissé de côté. Ses onze saisons consécutives à plus de 13 points de moyenne n’y ont rien changé.

Lamar Odom
Période d’activité: 1999-2004
Bien qu’il fut l’un des meilleurs joueurs des années 2000 et qu’il ait enchaîné douze saisons sans jamais descendre en dessous des 10 points de moyenne, Lamar Odom n’a jamais connu de sélections au All Star Game. Souvent dans la discussion, il s’est fait supplanter aux votes années après années à son grand désarroi. A l’image d’autres joueurs figurant dans cette liste, il eut le malheur d’évoluer dans une équipe médiocre en début de carrière (Los Angeles Clippers). Par la suite, il ne sera pas non plus verni lors de ses premières saisons avec les Los Angeles Lakers. Bien qu’étant l’un des meilleurs joueurs derrière l’intouchable Kobe Bryant, il subit le contrecoup de l’omnipotence de ce dernier. L’arrivée de Pau Gasol le transforme en sixième homme. Il pourra toujours se consoler avec ses deux titres de champions obtenus en 2009 et 2010 et son trophée de meilleur sixième homme remporté en 2011.

Josh Smith
Période d’activité: 2004-2017
Vainqueur du Slam Dunk Contest en 2005, Josh Smith espérait certainement revenir un jour dans un All Star Weekend pour prendre part au match des étoiles. Longtemps, il sera dans la discussion mais n’aura jamais cet honneur. Et pourtant, il réalisa d’excellentes saisons avec les Atlanta Hawks, carburant à plus de 15 points de moyenne et plus de 7 rebonds pendant sept saisons. Il a aussi été retenu dans la All Defensive Second Team en 2010. Les votants préférant retenir son coéquipier Joe Johnson pratiquement chaque année, Josh Smith déclarera que son absence au All Star Game est due au fait qu’il « ne lèche pas suffisamment de culs ». Par la suite, il se perdra à Detroit puis à Houston, mettant ainsi fin à toute chance de le voir au All Star Game.
Mentions
Du fait que la carrière de ces joueurs ne soit pas terminée, il est prématuré de les inclure dans cette liste. Toutefois Mike Conley, Jamal Crawford, Monta Ellis ou Serge Ibaka auraient aussi pu glaner quelques sélections All Star.
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