×

Groupe D, le bilan

Rarement l’étiquette de « groupe de la mort » n’aura été aussi bien portée. Avec trois anciens vainqueurs de la coupe du monde, le champion en titre d’Amérique du Sud, le vice-champion d’Europe et la toujours imprévisible Angleterre, il était clair que cette poule serait la plus relevée de la compétition. Au moment du tirage au sort, personne ne donnait cher de la peau du modeste Costa Rica qui semblait voué à jouer les utilités. Et pourtant c’est la formation issue de la zone CONCACAF qui s’est magnifiquement illustrée. Avec une formation pas flashy pour un sou sur le papier, le Costa Rica mené par Bryan Ruiz et Joel Campbell a réalisé la première grosse sensation du tournoi dès le premier match en venant à bout d’un Uruguay trop attentiste après avoir été mené au score (3-1). Vainqueur à la surprise générale de l’Italie (1-0), le Costa Rica valide son ticket dès la deuxième journée et s’adjuge même la première place du groupe au terme de son nul contre une Angleterre déjà éliminée. Une réussite complètement inattendue qui ne manquera pas de faire jaser.

Du côté des favoris, l’Angleterre et l’Italie restent donc à quai contre toute attente. Les hommes de Roy Hodgson s’étaient compliqué la tâche en s’inclinant contre les transalpins lors de leur premier match. En dépit d’un jeu plaisant, les jeunes pousses anglaises ont été défaites par un Uruguay en quête de rachat (1-2). Prématurément éliminée, cette Angleterre séduisante n’est jamais parvenue à prendre la mesure de ses adversaires et s’arrête au stade des poules. Un camouflet pour les Three Lions qui n’avaient plus été éliminés dès le deuxième match depuis l’édition 1950 et qui n’avait plus été sortis au premier tour depuis 1958. Seule consolation, Wayne Rooney a enfin ouvert son compteur-but en coupe du monde après trois éditions. Pour les derniers tauliers de la génération 2000, c’est donc la fin de l’aventure en sélection. Énormes en club, Frank Lampard et Steven Gerrard ne gagneront donc jamais rien en sélection et n’ont même jamais eu la joie d’être dans le dernier carré d’une compétition internationale.

L’élimination de l’Italie est elle encore plus dramatique. Après une entame réussie contre l’Angleterre (2-1), la Squadra Azzura s’est ensuite fait surprendre par un Costa Rica survolté. Malgré tout, l’Italie avait son destin en main lors de la dernière opposition contre un Uruguay obligé de faire un résultat. Et pourtant les hommes de Cesare Prandelli vont craquer au pire moment avec l’expulsion de Marchisio avant de prendre un but de Diego Godin. En panne d’efficacité (seulement deux buts inscrits de tout le tournoi), la formation transalpine quitte pour la deuxième fois consécutive la coupe du monde dès le premier tour, une première depuis la période maudite des années 50-60 ou l’Italie avait enchaîné quatre éliminations au même stade de la compétition. Une issue qui a précipité le départ du sélectionneur Prandelli qui a déjà présenté sa démission. Pour les historiques Gianluigi Buffon et Andrea Pirlo c’est sans doute la dernière grande compétition de leur riche carrière internationale.

Outsider déclaré, l’Uruguay a du se battre jusqu’au bout pour sortir de la poule. Tout avait mal commencé pour la Celeste, battue par un Costa Rica sans complexes. Heureusement le retour de Luis Suarez dans le onze de départ va remettre l’Uruguay sur les rails. Avec un doublé, l’attaquant de Liverpool crucifie son pays d’accueil et offre à sa sélection une raison d’espérer. Obligée de battre l’Italie pour composter leur billet pour le second tour, la Celeste a trouvé les ressources pour triompher grâce à une tête de Diego Godin. Même si le match a été terni par la morsure de Suarez sur Chiellini (non sanctionnée en plus), la qualification des poulains d’Oscar Washington Tabarez est amplement méritée. Cet Uruguay-là a toujours sa grinta et un duo offensif de qualité qui pourrait faire bien des ravages si Suarez n’est pas suspendu par la FIFA.

Partagez ce contenu :

Laisser un commentaire