Ces franchises players transférés en fin de carrière
Si ces dernières années la notion de fidélité est moins présente en NBA, il n’en a pas toujours été ainsi. Historiquement, les stars et autres Franchises players avaient coutume d’effectuer toute leur carrière avec la même équipe, quitte à vivre des périodes de marasme sportif. Cependant, plus fréquemment qu’on ne le pense, certains joueurs emblématiques ont été contraints de terminer leur carrière loin d’une Franchise dont ils ont écrit quelques-unes des plus belles pages et où il a passé leurs meilleures années. La NBA est avant tout un business et la dimension humaine est assez souvent sacrifiée sur l’autel des ambitions sportives et/ou de la rentabilité. Ainsi, certains de ces joueurs ont été envoyés ailleurs pas leurs dirigeants en fin de carrière quand d’autres ont choisi de partir. Il est lieu d’établir un tour d’horizon sur ces trades inattendus qui en ont surpris plus d’un.

Dominique Wilkins aux Clippers puis aux Celtics et aux Spurs
Drafté en troisième position par le Utah Jazz en 1982, Dominique Wilkins fait les frais des difficultés financières de la Franchise de l’état mormon et est envoyé aux Hawks avant même d’avoir enfilé la tunique du Jazz. C’est finalement à Atlanta qu’il fera ses grands débuts et s’imposera comme un des meilleurs joueurs de son époque. L’ailier bondissant portera la Franchise géorgienne à bout de bras douze années durant ne finissant jamais aucune saison sous la moyenne de 20 points par match. Malheureusement il ne parviendra pas à atteindre les sommets avec les Hawks. En 1994, les dirigeants d’Atlanta décident de se séparer de lui et l’envoient aux Clippers en échange de Danny Manning. Un trade tumultueux en raison du contexte. Les Hawks sont alors en tête de leur conférence et Wilkins était encore All Star quelques semaines auparavant. A 34 ans, il est donc contraint de finir sa saison aux Clippers. Un trade qui s’avérera peu fructueux au plan sportif. Les Hawks seront de nouveau sortis en demi-finales de Conférence par les Pacers (2-4). Dominique Wilkins lui s’engagera avec les Celtics dès la fin de la saison (Il était Free Agent) sans parvenir à retrouver son lustre des années Hawks. Finalement il s’expatriera en Grèce au Panathinaikos où il remportera le championnat, la Coupe nationale et l’Euroleague (il finira même MVP du Final Four de l’Euroleague) avant de revenir aux San Antonio Spurs à 36 ans. Bien entendu il ne brillera pas plus que lors de son passage aux C’s et s’en ira en Italie, au Fortitudo Bologne à l’aube de la saison 1997-1998. C’est finalement avec une pige au Orlando Magic en 1999 qu’il bouclera la boucle avant de prendre une retraite bien méritée.
Le trade l’envoyant aux Clippers était tout de même assez logique sur le moment. Free Agent en fin de saison, Wilkins espérait obtenir un nouveau contrat longue durée, ce que la direction des Hawks ne comptait pas lui offrir, hésitant à tout miser sur un joueur de bientôt 35 ans même si ce dernier tournait au moment de son transfert à 29.1 points et 7.0 rebonds de moyenne. Dominique Wilkins a inscrit au total 23.292 points pour les Hawks et est toujours le meilleur scoreur de l’histoire de la Franchise. Son numéro 21 a été depuis retiré.

Scottie Pippen aux Rockets puis aux Blazers
Fidèle lieutenant de Michael Jordan et élément-clé des Chicago Bulls avec lesquels il a glané six titres et tous les honneurs, on imaginait mal Scottie Pippen évoluer ailleurs qu’aux Bulls. Et pourtant dans la foulée de la deuxième retraite de Jordan en 1998 et du lockout, il sera tradé aux Houston Rockets contre Roy Rogers et un tour de draft au second tour à la surprise générale et après onze saisons chez les Bulls. Les Rockets qui espéraient ainsi un renfort de poids pour épauler leurs stars Hakeem Olajuwon et Charles Barkley durent vite déchanter. Les trois hommes ne trouvèrent jamais l’alchimie nécessaire pour faire fonctionner leur trio et seront sortis dès le premier tour des playoffs par les Lakers (1-3). Il ne restera finalement qu’une saison et rejoindra les Blazers à 34 ans. Il y restera quatre saisons avant de revenir aux Bulls en 2003 pour un baroud d’honneur. A 38 ans, il n’était clairement plus le joueur de ses débuts et il mettra fin à sa carrière à l’issue de la saison. il effectuera en 2008 deux piges en Finlande aux Torpan Pojat puis en Suède aux Sundsvall Dragons.
Le transfert de Pippen aux Rockets symbolise à lui tout seul la gestion hasardeuse de l’intersaison 1998-1999. La direction avait pris le parti de rajeunir l’équipe pour éviter son déclin progressif en se débarrassant des joueurs emblématiques. Le but était de récupérer de la surface financière pour la Free Agency 2000 et des tours de drafts pour entamer la reconstruction autour de Toni Kukoc. Cette stratégie fut un échec monumental précipitant les Bulls dans les profondeurs de la ligue pour plusieurs saisons. Les Chicago Bulls lui ont rendu hommage en retirant son numéro 33.

Hakeem Olajuwon aux Raptors
Avec deux titres de champion, dix-sept saisons de fidélité, un palmarès individuel long comme le bras et un véritable statut de légende vivante à Houston (Il y avait effectué sa carrière universitaire avant d’être drafté en première position par les Rockets en 1984), qui mieux que Hakeem Olajuwon pouvait symboliser les Houston Rockets? Le pivot le plus dominant de son temps n’avait jamais déçu et même à 38 ans continuait à tourner à plus de 10 points et 7 rebonds de moyenne. Cependant même les légendes ne sont pas intouchables et soucieux d’entamer une reconstruction au plus vite, les dirigeants des Rockets ont préféré se séparer de Hakeem The Dream après que ce dernier ait refusé un contrat de 13 millions de dollars. Résultat le mythique numéro 34 fut envoyé aux Toronto Raptors contre des tours de draft, la Franchise canadienne étant disposée à payer les 18 millions de dollars sur trois saisons qu’il souhaitait. L’expérience tournera malheureusement court. Olajuwon y réalisera sa pire saison au plan comptable, 7.1 points et 6 rebonds de moyenne par match pour ce qui sera sa dernière saison. En effet suite à une blessure, The Dream est contraint de se retirer à 39 ans. Une bien triste fin de carrière pour ce joueur qui collectionna les records durant toute sa carrière.
Pas rancunier pour autant, Olajuwon est resté proche de son équipe de cœur et intervient de temps à autre quand la Franchise le sollicite (Dernier exemple en date, sa présence aux côtés de la délégation des Rockets avec Dwight Howard il y a quelques semaines). Son numéro 34 trône au plafond du Toyota Center.

Patrick Ewing aux Sonics puis au Magic
Dans l’histoire récente des Knicks il y a incontestablement un avant et un après Pat Ewing. Si on peut déplorer que son association avec Bernard King n’aie jamais pu se mettre en place à cause des pépins physiques de ce dernier, Ewing a porté la Franchise new-yorkaise vers les sommets, en faisant une des places fortes de la conférence Est. Quinze années durant il fut l’incarnation des New York Knicks dans l’esprit de tous communiquant son charisme et sa combativité à tous ses coéquipiers. Personne n’aurait pu l’imaginer finir sa carrière ailleurs que dans la Grosse Pomme et pourtant après quinze années de bons et loyaux et services, la nécessité de faire évoluer une équipe dont le dernier titre de champion remonte à 1973 s’est fait sentir. A 38 ans, il n’était, il est vrai, plus aussi dominateur que par le passé et était sujet à des blessures récurrentes, il était logique de s’en défaire. En 2000, il est envoyé aux Seattle Supersonics dans un blockbuster trade triangulaire en échange de Glen Rice, Luc Longley, Travis Knight, Vladimir Stepania, Lazaro Borrell, Vernon Maxwell, deux choix de draft au premier tour et deux choix de draft au second tour. En contrepartie son coéquipier Chris Dudley était lui transféré aux Phoenix Suns.
Si les Knicks ne sont pas sortis affaiblis dans un premier temps par ce trade, la carrière du grand Pat a elle définitivement sombré. Avec les Sonics il passe pour la première fois de sa carrière sous les 10 points de moyenne en saison. Il ne s’éternisera d’ailleurs pas à Seattle et rejoindra le Magic dès la saison suivante. Une expérience qui va s’avérer encore plus catastrophique avec une moyenne de 6 points et 4 rebonds par match. Usé, il met un terme à sa carrière 40 ans et devient dans la foulée assistant coach aux Wizards. Les Knicks ont retiré le numéro 33 en hommage à ses prouesses.

Gary Payton aux Bucks, puis aux Lakers, aux Celtics et au Heat
S’il y a bien un joueur mieux qui incarna les Seattle Supersonics dans l’imagerie populaire durant les années 90, ce fut incontestablement Gary Payton. Treize saisons durant ce meneur aussi brillant offensivement que défensivement fut la pièce maîtresse des Sonics mais ne parvint jamais à jouer les premiers rôles en post-season. Toutefois l’annonce de son trade en cours de saison 2002-2003 en a surpris plus d’un. Malgré ses 35 ans il était toujours en pleine possession de ses moyens, mais la perspective de recruter Ray Allen pris le pas sur la fidélité, surtout que les Sonics étaient en pleine déconfiture sportive. Payton fut donc envoyé aux Bucks où il termina la saison.
Les Sonics ne retrouvèrent que temporairement la lumière les années suivantes. Pendant ce temps, Payton décida de rejoindre les Lakers pour essayer d’y obtenir un titre de champion. Les Lakers se qualifièrent pour les Finals mais s’inclinèrent contre les Pistons. Après cet échec les Lakers l’envoyèrent aux Boston Celtics en compagnie de Rick Fox en échange de Chris Mihm, Jumaine Jones et Chucky Atkins. Tradé en cours de saison aux Hawks contre Antoine Walker, il fut coupé par la Franchise d’Atlanta dans la foulée. Libre, il retourna finir la saison aux Celtics avant de s’offrir un dernier défi avec le Miami Heat. Finalement c’est avec le Heat qu’il décrochera enfin cette bague tant convoitée à 37 ans. Il jouera une saison de plus avant de se retirer.

Karl Malone aux Lakers
L’histoire du Jazz est indissociable de son duo John Stockton – Karl Malone qui constitua une des meilleures paires meneur – intérieur dans les années 90. Si John Stockton eut l’opportunité de passer toute sa carrière dans la Franchise de l’état mormon, Karl Malone préféra s’offrir un dernier défi. Orphelin de son compère de toujours parti à la retraite à l’issue de la saison 2003, Malone, Free Agent s’engagea avec les Los Angeles Lakers dans l’espoir de décrocher une bague de champion.
A 40 ans il sortait d’une saison à 20,6 points, 7,8 rebonds et 4,7 passes décisives (son record en carrière) et il semblait encore en mesure d’apporter beaucoup malgré le poids des années. L’expérience va cependant être désastreuse pour lui. Longtemps blessé il rate une bonne partie de la saison et joue en-dessous de son niveau passé (il finira tout de même la saison avec 13,2 points, 8,7 rebonds et 3,9 passes décisives, des statistiques que lui envieraient bien de quadragénaires, et tout ça en jouant le plus souvent blessé). Les Lakers atteindront les Finals mais s’inclineront face aux Detroit Pistons. Malone prendra sa retraite après cet ultime échec.

Paul Pierce aux Nets puis aux Wizards et aux Clippers
Considéré par tous comme l’âme des Celtics, Franchise avec laquelle il a effectué ses débuts et avec laquelle il a tout connu, des saisons-galères au titre suprême conquis en 2008, Paul Pierce était un des rares joueurs encore en activité à avoir passé plus de dix ans dans une Franchise. Sa fidélité n’était plus à démontrer. Mais après deux dernières saisons difficiles, la direction des Boston Celtics a entrepris de commencer la reconstruction et a donc décidé de se séparer de ses joueurs plus âgés. Ainsi lors de l’intersaison 2013 Paul Pierce, Kevin Garnett et Jason Terry furent envoyés aux Brooklyn Nets. A 35 ans, Paul Pierce était plus proche de la fin que du début, mais sur le papier, son expérience pouvait être un gros atout pour les Nets. Bien que demeurant productif (13,5 et 4,6 rebonds de moyenne), The Truth vivra une saison contrastée marquée par une élimination au second tour des play-offs. Il quittera Brooklyn dès l’intersaison et s’engagera avec les Washington Wizards. Il n’y restera qu’une saison avant de rallier les Clippers où il évoluera deux saisons avant de se retirer.
Tony Parker aux Hornets
Pilier des San Antonio Spurs aux côtés de Tim Duncan et Manu Ginobili, tout laissait croire que T.P. prendrait sa retraite avec sa Franchise de toujours. Et pourtant, son déclin physique pousse les dirigeants texans à se passer de ses services. En fin de contrat, il n’est pas prolongé et doit quitter les Spurs après dix-sept saisons de bons et loyaux services. Désireux de poursuivre sa carrière, il s’engage pour deux ans avec les Charlotte Hornets durant l’intersaison 2018. Utilisé en sortie de banc, ses statistiques baissent logiquement (9,5 points et 3,7 passes décisives) et il vit une saison plutôt frustrante. Les Hornets ne finissent que neuvièmes de leur conférence et loupent les play-offs. C’est la première fois depuis ses débuts en NBA que Tony Parker ne prend pas part à la post-season. Alors qu’il lui reste un an de contrat, il conditionne son retour sur les parquets à la construction d’un roster capable de jouer les play-offs. Peu satisfait par le niveau des recrues, il décide de mettre un terme à sa carrière.
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