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Pierluigi Casiraghi, une carrière tronquée

Attaquant majeur de la Serie A dans les années 90, Pierluigi Casiraghi n’aura cependant pas eu la carrière la plus heureuse qui soit notamment pour la façon dont elle prit fin. Toutefois, il aura marqué de son empreinte l’histoire de la Lazio Rome en étant l’un de ses leaders durant la deuxième moitié de la décennie. Redécouvrons les accomplissements de celui qu’on surnommait Le Bison Romain.


pierluigi-gigi-casiraghi-650x431-1 Pierluigi Casiraghi, une carrière tronquée

Des débuts prometteurs

Lombard pure souche, Casiraghi voit le jour à Monza. C’est dans cette ville qu’il tapera dans ses premiers ballons. Logiquement, il intègre le club local, l’AC Monza pensionnaire de Serie B (D2 italienne). C’est là qu’il effectuera sa formation et débutera sa carrière en 1985 à seulement seize ans. Pour sa première saison professionnelle en deuxième division, il inscrit un but en douze apparitions. Lors de l’exercice suivant (1986-1987), il prend du galon et est régulièrement utilisé (25 matchs en championnat, 6 buts inscrits). Lors de la saison 1987-1988, il explose et inscrit une douzaine de buts en trente apparitions en championnat de D2. Pas mal pour un jeune joueur de dix-neuf ans. Il commence logiquement à attirer les convoitises de clubs de l’échelon supérieur mais choisit de rester un an de plus dans son club formateur dans l’espoir de le faire monter en première division. Cette quatrième saison sera finalement moins fructueuse. Il ne marque que neuf buts en vingt-sept matchs et Monza loupe une fois de plus la montée. A tout juste vingt ans, il décide de quitter le nid en fin de saison et répond favorablement aux sollicitations de la Juventus (l’AC Milan était également intéressé mais Casiraghi ne leur a pas donné suite. Ce qui a poussé le club à se rabattre sur Marco Simone) qui l’engage durant l’intersaison 1989.


pierluigi-casiraghi-juve Pierluigi Casiraghi, une carrière tronquée

Expérience turinoise mitigée

La découverte du haut niveau ne se fait pas sans heurts pour le jeune avant-centre. Son jeu essentiellement basé sur ses capacités physiques ne fait pas l’unanimité, surtout qu’il est loin d’être un foudre de guerre au plan purement technique. Toutefois, Dino Zoff, l’entraîneur des Bianconeri d’alors, lui fait confiance et l’aligne assez régulièrement malgré la concurrence de Salvatore Schillaci et Rui Barros. Malheureusement, l’adaptation est difficile et Casiraghi finit la saison avec quatre petits buts inscrits en Serie A (23 matchs joués). Il ne marque que cinq buts supplémentaires en Coppa Italia et en Coupe de l’UEFA (40 matchs TCC). Il inscrit cependant une première ligne à son palmarès vu que la Juve remporte la Coupe de l’UEFA. La deuxième saison commence sur des bases différentes. Zoff est remplacé par Luigi Maifredi sur le banc. Ce dernier continue à aligner Casiraghi qui réalise une bien meilleure saison (8 buts en championnat, 11 TCC) aux côtés de Roberto Baggio et du décevant Schillaci. Il termine deuxième meilleur buteur du club et est appelé pour la première fois en sélection par Azeglio Vicini. La saison est conclue sur une décevante septième place en championnat, malgré les renforts estivaux de Roberto Baggio et Thomas Hässler notamment, ce qui conduit à l’éviction de Maifredi.

A l’orée de la saison 1991-1992, Giovanni Trapattoni devient l’entraîneur de la Vieille Dame. Il décide de maintenir Casiraghi dans son équipe-type. Ce dernier joue plus que jamais (33 matchs en Serie A, 41 TCC) mais peine à trouver la mire (huit buts inscrits dont sept en championnat). Ce qui fait cependant de lui le deuxième meilleur buteur du club mais loin derrière Roberto Baggio auteur de 22 buts TCC. Désireux d’avoir un avant-centre plus efficace, les dirigeants enrôlent Gianluca Vialli durant l’intersaison 1992 et se débarrassent de Schillaci (transféré à l’Inter Milan). Cette nouvelle donne va ébranler le statut de Casiraghi. Bien qu’il soit désormais un des cadres de la sélection (le nouveau sélectionneur Arrigo Sacchi apprécie son profil et l’appelle régulièrement), il finit par perdre sa place de titulaire ne jouant que 18 matshs en championnat (un seul but marqué). S’il remporte sa deuxième Coupe de l’UEFA en fin de saison, son bilan est décevant (5 buts TCC en 29 matchs). Toutes choses qui vont le pousser à partir.


casiraghi-lazio Pierluigi Casiraghi, une carrière tronquée

Relance et confirmation à la Lazio

Durant l’intersaison 1993, Casiraghi s’engage avec la Lazio où il retrouve son ancien entraîneur Dino Zoff. Recruté pour faire la paire avec Giuseppe Signori, le buteur-maison, Gigi brillera plus par sa capacité à créer des brèches que par son acuité devant le but. Par-dessus le marché, il se retrouve en concurrence avec le croate Alen Boksic (arrivé de Marseille durant le mercato hivernal). Pour cette première saison, il ne trouve le chemin des filets que quatre fois (cinq buts TCC) en 26 rencontres de Serie A. Malgré tout, il est retenu dans le groupe des 22 pour la coupe du monde 1994 par Sacchi. Sa seconde saison est marquée par l’arrivée de Zdenek Zeman sur le banc (Zoff devient le président du club). L’entraîneur tchèque opte pour une organisation plus offensive et aligne la triplette Signori-Casiraghi-Boksic en attaque. Désormais titulaire indiscutable, Casiraghi mettra à profit ce nouveau schéma de jeu et finira la saison avec 12 buts inscrits (15 TCC) devenant le deuxième meilleur buteur du club derrière l’intouchable Signori. Sa troisième saison est encore meilleure. Il marque 14 buts en Serie A et le club finit sur le podium pour la deuxième année consécutive. Seule ombre au tableau, une élimination précoce en Coupe de l’UEFA. En fin de saison, Casiraghi est retenu pour l’EURO 1996 au détriment de Signori, laissé à la maison malgré son statut de co-meilleur buteur du championnat. Le tournoi sera cependant un échec (élimination au premier tour).

casiraghi-italia Pierluigi Casiraghi, une carrière tronquée

La saison 1996-1997 voit l’effectif être partiellement renouvelé (départs de Boksic, Roberto Di Matteo et Aron Winter, arrivées d’Igor Protti, Pavel Nedved, Paul Okon et Renato Buso). La mayonnaise ne prendra pas directement. L’alchimie entre Casiraghi et ses nouveaux partenaires d’attaque (Protti et Buso) laisse à désirer. Si Signori est toujours au rendez-vous, la Lazio se montre inconstante. Zeman sera finalement débarqué en janvier 1997 et Zoff se chargera d’assurer l’intérim jusqu’en fin de saison. Le club parvient à finir quatrième. Individuellement, l’exercice fut compliqué pour celui qu’on surnomme désormais Le Bison Romain. Casiraghi n’a en effet marqué que huit buts en championnat en 24 apparitions. En sélection, il est cependant toujours dans les petits papiers de Cesare Maldini, le successeur de Sacchi. Les choses vont se gâter lors de l’intersaison 1997. Sven-Göran Eriksson est nommé entraîneur et ce dernier n’apprécie que moyennement le style de jeu de Casiraghi. De plus Boksic est de retour et Roberto Mancini est arrivé en même temps qu’Eriksson. Ce dernier accorde volontiers sa confiance à Mancini au détriment de Gigi. Sa saison sera délicate entre passages sur le banc et titularisations par intermittences. Il ne marque que trois buts en 28 matchs de Serie A. Conséquence, il n’est pas retenu pour la coupe du monde 1998 après avoir pourtant été régulièrement sollicité pour la campagne de qualification.


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Fin brutale à Chelsea   

Poussé vers la sortie, il se laisse convaincre par l’offre de Chelsea, alors entraîné par Gianluca Vialli. Il s’engage avec les Blues pour 5,4 millions de £ et y retrouve ses compatriotes et partenaires de sélection Di Matteo et Gianfranco Zola. L’expérience tournera malheureusement court. Ses débuts sont difficiles. Il ne trouve le chemin des filets qu’une seule fois. Pis, en novembre 1998, il est victime d’une rupture du ligament croisé du genou droit lors d’un match face à West Ham United après avoir percuté Shaka Hislop, le portier des Hammers. Gigi ne s’en remettra jamais. Après une dizaine d’opérations, il ne peut reprendre la compétition et se voit obligé de mettre un terme à sa carrière en juillet 2000 à seulement 31 ans. Il n’aura joué au total qu’une quinzaine de matchs avec Chelsea. Il critiquera le club, coupable selon lui de ne pas l’avoir suffisamment soutenu, et l’attaquera même en justice pour réclamer des salaires impayés. S’il compte deux coupes de l’UEFA à son palmarès, il n’a jamais remporté de championnat et n’a jamais eu l’opportunité de disputer la Champions League.             

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