Ils auraient pu jouer pour la Côte d’Ivoire
Ces dernières années, la sélection ivoirienne fait face à un creux générationnel consécutif à la retraite de sa génération dorée. Du fait de la baisse de niveau du championnat et de l’expatriation de plus en plus prématurée des jeunes talents, le suivi des candidats à l’équipe nationale est devenu plus délicat et on observe des insuffisances au plan qualitatif. Cette situation a conduit la fédération à courtiser maints binationaux afin de les convaincre de rejoindre Les Éléphants, histoire de conserver une équipe un minimum compétitive. Cependant, cette approche n’a pas toujours été heureuse. Ainsi, plusieurs joueurs d’origine ivoirienne ont renoncé à en défendre les couleurs en dépit des sollicitations de la FIF (Fédération Ivoirienne de Football).
Ici ne seront abordés que les joueurs ayant effectivement joué au moins une rencontre avec une nation européenne. Ceux qui n’ont connu que les Espoirs (Roger Boli, Samassi Abou…) ou qui ont opté pour une autre sélection africaine ou asiatique ne seront pas évoqués.

Basile Boli (France)
Premier joueur d’origine ivoirienne à avoir intégré les Bleus, le natif d’Abidjan y a laissé une belle empreinte. Comparé à Marius Trésor à ses débuts, il honore ses premières sélections dès 1986. Henri Michel puis Michel Platini en font un de leurs hommes de base et il conserve sa place en sélection jusqu’en 1993. Seul bémol, son passage en équipe de France correspond à l’épineuse période de l’après-Platini. Il ne disputera qu’un EURO avec la sélection en 1992 et échouera par deux fois à se qualifier pour une coupe du monde. Avec 45 capes (un but), Basile Boli est pour l’heure le seul ivoirien d’origine à s’être durablement imposé avec les Bleus.

Jérôme Gnako (France)
Formé à Bordeaux, c’est à Angers puis avec l’AS Monaco que Jérôme Gnako connaîtra les plus belles heures de sa carrière. En sélection, il sera moins chanceux. Le fait d’avoir évolué avec les équipes de jeunes puis les Espoirs français le rendent non-sélectionnable pour la Côte d’Ivoire (Les règles de l’époque ne permettaient pas de changement de sélection, quand bien même le joueur n’avait jamais joué de match avec les A). Toutefois, il disputera deux matchs avec les Bleus: un premier en novembre 1992 puis le second en février 1994. N’ayant pu convaincre Aimé Jacquet, il ne sera plus jamais rappelé.

Martin Djetou (France)
Né à Brogholo, Martin Okelo Djetou arrive en France enfant. Formé à Strasbourg, ce robuste défenseur (capable d’évoluer aussi comme milieu défensif), explose avec l’AS Monaco et intègre le groupe France en 1996 après avoir fait ses classes avec les Espoirs. Présent sur la liste des 28 pré-sélectionnés pour la Coupe du Monde 1998, il fait partie des six joueurs écartés de la sélection définitive par Aimé Jacquet. Traumatisé par cette malheureuse expérience, sa carrière internationale ne s’en relèvera pas. Il confessera d’ailleurs l’avoir très mal vécu, au point de simuler des blessures pour ne plus revenir en équipe de France. Son compteur de sélections est resté bloqué à six.

Djibril Cissé (France)
Fils de Mangué Cissé, ex-international ivoirien (il était d’ailleurs un des piliers des Éléphants dans les années 70), Djibril Cissé ne portera cependant jamais les couleurs ivoiriennes. Né et formé en France, c’est tout naturellement qu’il figure dans les sélections de jeunes tricolores. Après avoir gravi tous les échelons avec les jeunes, il est logiquement convoqué avec les A suite à ses excellentes prestations avec l’AJ Auxerre. Il sera retenu pour la Coupe du Monde 2002. La suite de son parcours en Bleu sera plus tortueuse. Régulièrement convoqué de 2002 à 2004, il rate cependant l’EURO 2004 à cause d’une suspension. Sélectionné pour le Mondial 2006, il subit une double fracture tibia-péroné à la jambe droite lors du dernier match de préparation et doit déclarer forfait. De retour sur les terrains début 2007, il aura cependant du mal à regagner sa place en sélection. Présélectionné pour l’EURO 2008, il est écarté de la liste finale. Toutefois, il revient dans le groupe pour les éliminatoires de la Coupe du Monde 2010 pour laquelle il sera sélectionné. Il ne sera rappelé qu’une seule fois après cette compétition. Il aura joué 41 matches avec l’équipe de France pour neuf buts inscrits.

Olivier Kapo (France)
Né à Abidjan, Olivier Kapo arrive en France enfant. Il y effectuera sa formation à l’AJ Auxerre où il côtoiera Djibril Cissé. Il effectue ses débuts avec les espoirs en 2000 avant d’être appelé chez les A en 2002. Bénéficiant de la confiance de Jacques Santini, il fait partie du groupe qui remporte la coupe des confédérations en 2003. Malheureusement, il perd sa place en équipe de France suite à son transfert à la Juventus Turin. Incapable de s’imposer avec la Vecchia Signora, il n’est pas retenu pour l’EURO 2004. La suite de sa carrière sera une succession d’échecs qui l’éloigneront définitivement de la sélection. Kapo n’aura joué que neuf matches (trois buts inscrits) avec les Bleus.

Abou Diaby (France)
Natif d’Aubervilliers, Vassiriki Abou Diaby effectue toute sa formation en France à l’INF Clairefontaine puis à l’AJ Auxerre. Durant ses jeunes années, il rejoint les équipes de France de jeunes et est appelé dans toutes les catégories. Bien que sélectionnable avec la Côte d’Ivoire, il n’est cependant pas approché. Assez logiquement, il rejoint donc les Bleus en 2007. S’il impressionne dès ses débuts, il ne parviendra malheureusement pas à s’imposer sur la durée à cause de sa fragilité physique. Toutefois, il est sélectionné pour la Coupe du Monde 2010. Régulièrement appelé par la suite par Laurent Blanc, il finit par disparaître des listes du sélectionneur à cause de ses nombreuses blessures, manquant notamment l’EURO 2012. Abou Diaby n’a plus connu le bonheur de la sélection depuis septembre 2012. Il a, au total, porté le maillot des Bleus seize fois (un but inscrit).

Tiémoué Bakayoko (France)
Né à Paris dans le 14e arrondissement, il effectue sa formation au Stade Rennais où il débute sa carrière. Transféré par la suite à l’AS Monaco, il y effectue de bonnes saisons et est approché par la sélection ivoirienne. International Espoirs avec la France (il a joué dans toutes les catégories de jeunes), il donne malgré tout son accord à la FIF et son arrivée en sélection ivoirienne est programmée pour mi-2017. Mais quelques mois plus tard, il est convoqué par Didier Deschamps pour un match amical. Faisant fi de sa promesse à la fédération ivoirienne, il rejoint les Bleus avec qui il effectue ses débuts. Pour l’heure, il s’agit de sa seule sélection en équipe de France. S’il a encore la possibilité de jouer pour les Éléphants (il n’a disputé qu’un match amical), il est peu probable que l’encadrement technique de l’équipe ivoirienne lui pardonne sa volte-face.

Johan Djourou (Suisse)
Adopté par la première épouse de son père, une suissesse, Djourou arrive en Suisse à dix-sept mois. Il y fait ses classes et effectue sa formation à l’Etoile Carouge. Logiquement, il choisi de représenter sa patrie d’adoption dans les catégories de jeunes. C’est d’ailleurs lors d’une compétition de jeunes qu’il se fait remarquer par les recruteurs d’Arsenal. Il intègre par la suite le centre de formation des Gunners avec qui il commencera sa carrière professionnelle. Bien que disposant de la possibilité de changer de nationalité sportive dès 2004, il reste fidèle à la sélection suisse et y effectue ses débuts en 2006. Il en devient vite un des tauliers au point de prendre part à toutes les compétitions majeures disputées par l’équipe helvétique depuis. Il compte 75 sélections pour deux buts avec la Nati.

Jores Okoré (Danemark)
Né à Abidjan, il arrive au Danemark à l’âge de trois ans. Formé à Nordsjaelland, il y débute sa carrière professionnelle en 2011 en première division danoise. La même année, il répond favorablement aux sollicitations de la sélection danoise. Après avoir intégré le groupe des U21, il connait sa première cape avec les A en novembre 2011. Il fut ensuite retenu pour l’EURO 2012. Il compte pour l’heure huit sélections avec la Danish Dynamite.

Serge Gnabry (Allemagne)
Né d’un père ivoirien et d’une mère allemande, il effectue ses premiers pas professionnels avec Arsenal. En dépit de la présence de quelques éléments de la sélection ivoirienne chez les Gunners, il décide cependant d’opter pour le pays de sa mère et de défendre les couleurs allemandes. Il n’honorera sa première cape avec les A qu’en 2016 suite à une bonne saison avec le Werder Brême et des Jeux Olympiques convaincants. Pour l’heure, il compte cinq sélections (quatre buts inscrits) avec la Nationalmannschaft.

Jonathan Tah (Allemagne)
De mère allemande comme Gnabry, lui aussi décide de jouer pour l’Allemagne dès ses jeunes années. Il gravit les échelons dans les équipes juniors et Espoirs avant de recevoir sa première convocation A en 2016. Il sera retenu pour l’EURO 2016 en remplacement d’Antonio Rüdiger, blessé. Pour le moment, il n’est pas parvenu à s’imposer définitivement avec la Nationalmannschaft dont il n’a plus porté les couleurs depuis 2016 (quatre sélections). Toutefois, le défenseur du Bayer Leverkusen est considéré comme un joueur d’avenir outre-Rhin vu son jeune âge.

Nathan Aké (Pays-Bas)
De père ivoirien et de mère néerlandaise, Nathan Aké naît et grandit aux Pays-Bas. Sans surprise, il intègre les sélections de jeunes de son pays de naissance et en devient même le capitaine jusqu’en U19. Bien que côtoyant des joueurs ivoiriens à Chelsea, il choisit tout de même de défendre les couleurs néerlandaises une fois la majorité atteinte. A 22 ans, il fait ses débuts avec les Oranje en 2017. Régulièrement intégré au groupe depuis lors, il compte 10 sélections (un but) pour le moment.

Adama Diomandé (Norvège)
Valentin Adama Diomandé voit le jour à Oslo. Fils d’immigrés ivoiriens, il n’a cependant jamais connu son pays d’origine et commence le football en Norvège. Après une bonne saison avec Stromsgodset, il honore sa première cape avec les Espoirs norvégiens. Deux ans plus tard, il fait ses débuts avec la sélection A. Lors de l’intersaison 2015, il est transféré à Hull City où à défaut de briller, il se fait connaitre. Sa dernière sélection remonte à 2017. Il a déjà porté le maillot norvégien à onze reprises (un but).
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