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Quand les joueurs NBA s’invitent dans le rap

La NBA et le monde du hip-hop ont toujours entretenu des rapports étroits. Une filiation encore plus manifeste depuis l’explosion commerciale du genre dans les années 80. Les hits rappés ont souvent servi (et servent toujours) de bande sonore aux exploits des stars des parquets de la ligue majeure. Sans compter que nombre de basketteurs comptent de nombreuses stars du rap parmi leurs amis. De plus l’imagerie hip-hop s’est même invitée dans les coulisses de la NBA. ces deux univers parallèles ne pouvaient continuer leurs évolutions respectives sans être amenés à se télescoper. Si les références au basket sont des classiques dans le rap, certains basketteurs ont entrepris de franchir le Rubicond en endossant une casquette de MC avec plus ou moins de succès. Petite revue d’effectif des NBAers à avoir pris le micro.


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Shaq O’Neal

Sans aucun doute le plus célèbre des basketteurs-rappeurs. Le pivot le plus dominateur de la dernière décennie est également l’un des seuls joueurs NBA pouvant se targuer d’avoir une véritable carrière dans le rap (même s’il est loin d’être un foudre de guerre au mic). Dès sa deuxième saison dans la ligue au sein du Orlando Magic, Shaq Fu sort son premier album Shaq Diesel comptant des apparitions des Fu-Schnickens (Shaq est un grand fan du groupe) de Phife Dawg de A Tribe Called Quest et de la moitié d’EPMD, Erick Sermon (qui produira aussi quelques titres). Un premier essai qui trustera l’or (plus de 500.000 exemplaires écoulés) et qui l’encouragera à poursuivre l’aventure. Suivront Shaq Fu Da Return en 1994 (disque comptant des productions de Erick Sermon et Warren G), You Can’t Stop The Reign en 1996 puis Respect en 1998. Il montera également son propre label T.W.Is.M. Records (sur lequel était signé Peter Gunz). Une carrière bien remplie qui aura vue Big Shaq croiser ses rimes avec des monuments tels que The Notorious B.I.G., Nas, Jay-Z, Redman, Method Man, RZA, KRS-One, B-Real, Mobb Deep et même Michael Jackson (il signera un titre en featuring sur HiStory, le double album du King Of Pop).


Chris Webber

Fraîchement débarqué chez les Sacramento Kings où il écrira quelques-unes des plus belles pages de sa carrière, Chris Webber entreprend de se lancer lui aussi dans le rap sous le nom de C. Webb (pas de quoi dérouter les fans). L’ailier fort montera son propre label, Humility Records, et sortira 2 Much Drama, son premier et unique album en 1999. De ce disque on retiendra surtout le single Gangsta! Gangsta! (How U Do It) en duo avec Kurupt de Tha Dogg Pound. Ce ne sera pas un grand succès mais Chris Webber qui avait produit l’essentiel de son album n’en restera pas là et continuera à travailler ses instrumentaux . Il refera son apparition dans les crédits en produisant deux titres pour Nas (rien que ça!): Blunt Ashes présent sur Hip-Hop Is Dead et Surviving The Times sur le Greatest Hits du Street Poet paru en 2007.


Kobe Bryant

Peu de gens le savent mais au lycée Kobe Bryant était membre d’un petit groupe de rap baptisé CHEIZAW. Le groupe fut même signé par Sony Music Entertainment mais fut vite libéré de son contrat. Toutefois, Kobe Bryant fut conservé par la major qui lui offrit un contrat en solo (objectif avoué de Sony qui comptait capitaliser sur le succès naissant de Kobe pour réaliser une bonne opération commerciale).  Un album intitulé Visions était prévu pour le printemps 2000, mais malheureusement le premier single K.O.B.E. invitant le model Tyra Banks en featuring ne trouvera pas son public. Devant l’afflux de critiques négatives, Sony décidera finalement de surseoir à la sortie du disque et se séparera de Kobe Bryant, mettant fin à ses ambitions dans le rap game. Et honnêtement il ne manquera à personne dans le monde du hip-hop.


Allen Iverson

De la carrière de rappeur d’Allen Iverson beaucoup n’ont retenu que la controverse suscitée par la sortie de son single 40 Bars. Les lyrics s’en prenant aux homosexuels ne furent pas du goût des dirigeants de la ligue qui par la voix de David Stern parvinrent à l’obliger à édulcorer ses propos.  Principale conséquence de cette polémique, l’album de The Answer Jewelz sera ajourné et ne sortira finalement jamais, enterrant dans l’œuf les espoirs de carrière de A.I. en dépit de réelles qualités microphoniques. Depuis, il n’a que ponctuellement repris le micro pour des freestyles inédits.


Ron Artest/Metta World Peace

Originaire de Queensbridge, merveilleux vivier de rappeurs de talent, le jeune Ron Artest a grandi en écoutant les classiques des camarades de quartier. Son amour pour ce genre musical ne souffre d’aucun doute, toutes choses qui vont sans doute le décider à passer du côté des performers. A l’image de ses pairs, c’est via  son propre label Tru Warier Records que Ron Artest se lance dans le rap. En 2006, juste après son transfert aux Sacramento Kings, il sort son premier opus My World comptant des apparitions de P. Diddy, Juvenile, Mike Jones, Big Kap, Nature et Capone. Un premier set dont on ne gardera pas un souvenir impérissable et qui sera moqué par la critique. Loin de se laisser abattre, Metta World Peace persiste dans le monde musical et livre de temps en temps des singles oscillant entre le médiocre et le moyen.


Tony Parker

Grand fan de rap tant américain que francophone, Tony Parker entreprend en 2007 de sortir un album censé concrétiser son rêve de sortir un disque. Ce disque en Français ne restera dans les annales que pour sa médiocrité. Clairement T.P. est bien plus à l’aise sur un parquet balle en main que sur scène micro en main. L’intéressé a d’ailleurs confié ne pas espérer faire carrière dans la musique. Il ne s’agissait selon lui que d’une expérience ponctuelle. Peu probable donc que TP ait un petit frère (on serait tenté de dire heureusement). Toutefois si l’album n’est pas fameux, quelques titres ont fait le bonheur d’auditeurs peu difficiles.


Iman Shumpert

Bercé lui aussi par la musique depuis son enfance, le numéro 21 des New York Knicks s’est lui aussi décidé à concrétiser ses rêves en se lançant dans une carrière de rappeur. En 2012 il sort son premier single, Knicks Anthem, suivi d’une mixtape parue  fin 2012 sous le pseudonyme 2wo 1ne Th3 #Post90s. Actuellement encore en course pour les playoffs, il est contraint de mettre de côté sa casquette de MC. Il n’est cependant pas exclu qu’il persiste dans cette voie. L’avenir nous fixera.


Kevin Durant

KD s’est lui aussi essayé à l’exercice de MC l’an dernier aux côtés de Privaledge. Sur qu’on préfère tous voir Kevin Durant sur un parquet dynamitant les défenses adverses mais pour le coup il s’en tire plutôt bien par rapport à d’autres sportifs ayant pris le micro. Reste à savoir s’il ne s’agit que d’un délire passager ou si l’arrière des Oklahoma City Thunder compte concrétiser l’essai avec un album. Wait & See.


Lou Williams

Le joueur des Philadelphia Sixers taquine lui aussi le micro à ses heures perdues. S’il n’a pour l’heure rien sorti d’officiel, il faut avouer qu’il se défend plutôt bien au mic en comparaison avec d’autres basketteurs, même si son style fait un peu penser à Meek Mill. Il n’est pas impossible que Lou Williams finisse par se lancer dans une carrière discographique dans les années futures.

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