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Où en sont les rappeurs-stars des années 2000 ?

Suite aux bons retours de notre dossier sur les têtes d’affiche de la seconde moitié des années 90, nous avons à la demande de certains lecteurs décidé de le compléter avec un volet consacré lui aux rappeurs-stars des années 2000. La période couverte étant bien plus étendue, l’analyse s’étend à toute la décennie avec cependant un bémol : sont seulement pris en compte ceux qui ont effectivement bénéficié d’un statut de rappeur de premier plan au sens mainstream et qui ont été actifs de 2000 à 2010. En outre, seuls les projets officiels servent d’indicateurs. Ainsi tous ceux qui sont devenus des rappeurs de premier plan à la fin de la décennie (Rick Ross, Young Jeezy par exemple) ne seront pas mentionnés tout comme ceux qui bien qu’actifs depuis longtemps n’ont été starisés que dans la deuxième moitié de la décennie (Lil Wayne par exemple). De plus, les rappeurs déjà cités dans l’article des années 90 ont été également ignorés. Dernière précision, ce tour d’horizon n’a pas la prétention d’être exhaustif, ne soyez donc pas surpris qu’on ait omis de parler de certains acteurs du mouvement. Sur ce, bonne lecture.


Eminem

Eminem Où en sont les rappeurs-stars des années 2000 ?

Élevé au rang de phénomène commercial dans les années 2000 suite aux sorties de The Slim Shady LP en 1999 puis de The Marshall Mathers LP en 2000, Eminem s’impose comme la star incontestée du rap du début de la décennie. Devenu le plus gros vendeur du moment, ses alliés et lui écrasent la concurrence et le camp Shady/Aftermath règne en maître sur le rap game. Cependant, la machine connaîtra son premier couac majeur en 2004 à la sortie d’Encore, le cinquième opus du peroxydé de Detroit. Sans être foncièrement mauvais, l’album s’avère être en deçà des attentes et de ses possibilités. De plus, Eminem semble éprouvé par toutes ces années au sommet et par toute l’agitation qui l’entoure depuis sa starification. Sa vie personnelle aura finalement raison de sa motivation, tout comme ses différentes addictions aux drogues et autres tranquillisants. L’échec de son remariage mais surtout le décès tragique de son meilleur ami Proof en 2006 consacreront sa déchéance. Em’ s’éclipse et ne réapparaît que de temps en temps durant près de trois ans. Finalement et au moment où on s’y attendait le moins, il reprend le micro pour un nouvel album supervisé par Dr. Dre, Relapse. Le disque n’est certes pas du niveau de ceux de ses années fastes mais il suffit à le réinstaller au sommet de la hiérarchie rapologique. En 2010, il sort Recovery, certainement son moins bon disque mais le public est au rendez-vous et l’album est un grand succès. Si malgré sa longue période d’inactivité Eminem est parvenu à conserver son statut, il n’est clairement plus le même qu’en début de siècle, plus le même homme et plus le même rappeur. Toutefois, il semble avoir encore un avenir doré dans le rap game. Son futur album prévu pour 2013 devrait permettre à tous d’être fixés.


50 Cent

50cent Où en sont les rappeurs-stars des années 2000 ?

C’est au sein de la major Columbia que 50 Cent fait ses premiers pas dans l’industrie, enregistrant un album, Power Of The Dollar, qui ne sortira jamais officiellement. Suite à l’agression par balles dont il est victime en 2000, il est libéré de son contrat. Loin de se laisser abattre, il reprend le chemin de l’indépendance et se forge une réputation par ses mixtapes. Il finit par être repéré par l’équipe Shady/Aftermath et signe un gros contrat pour cette écurie. Son premier album, Get Rich Or Die Tryin’ , fera l’unanimité et le consacrera comme rappeur le plus hot du moment derrière Eminem. Ce ne sera que la première pierre de l’édifice G-Unit qui dominera le rap mainstream durant une bonne partie de la décennie. S’ils s’attirent énormément d’inimitiés, 50 Cent et ses lieutenants n’en demeurent pas moins productifs et enchaînent les réussites commerciales. Cependant en 2007, le vent semble tourner pour le crew le plus détesté de l’époque. Les ventes de son troisième album Curtis sont en deçà des espérances et le deuxième album de la G-Unit Terminate On Sight est un échec complet, tant artistiquement que commercialement, marquant au passage la fin du règne du crew. 50 Cent éprouvera les pires difficultés à se remettre de cette déconvenue. En dépit d’un statut privilégié dans la presse people, il éprouve de grosses difficultés à se faire du buzz. Pour ne rien arranger ses rapports avec Jimmy Iovine, CEO d’Interscope où il était sous contrat ne sont pas franchement au beau fixe. De sorte que lorsque sort son quatrième album, Before I Self Destruct, l’intérêt du public n’est pas vraiment au rendez-vous, surtout en comparaison avec ses trois premiers solos. Toutefois, il aura son petit succès commercial. Par la suite, 50 Cent fera davantage parler de lui pour sa carrière de businessman, voire d’acteur. Maintes fois reporté faute de buzz suffisant, son cinquième album (le premier depuis la fin de son contrat avec Interscope) Street King Immortal est cependant prévu pour la fin de l’année. De son accueil dépendra certainement la suite de la carrière de Fiddy.


Kanye West

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Producteur à succès pour l’écurie Roc-A-Fella et MC à ses heures, Kanye West finit par se lancer dans une carrière de rappeur. En 2004, il sort l’excellent The College Dropout, succès critique et commercial qui l’installe dans l’industrie comme un des acteurs sur lesquels il faudra compter. Bien que pas franchement brillant par sa technique au micro, il fait l’unanimité et enfonce admirablement le clou l’année suivante avec Late Registration, un deuxième opus tout aussi réussi. Son troisième opus Graduation, livré en 2007 connaîtra cependant un accueil critique plus mitigé. Certaines expérimentations ne sont pas du goût de tous mais les ventes sont toujours au rendez-vous et Kanye West est même intronisé icône pop. Deux drames personnels viendront cependant enrayer la machine. Le décès de sa mère fin 2007 puis sa rupture d’avec sa girlfriend d’alors Alexis Phifer. Deux événements qui le décideront à enregistrer un disque plus orienté pop. Ainsi sortira 808’s & Heartbreak, parenthèse pop loin d’être réussie, abusivement encensée par une presse pas forcément objective. Il reviendra cependant avec succès au rap avec My Beautiful Dark Twisted Fantasy, un album qui s’il n’atteint pas les sommets de ses deux premiers opus est cependant plus que correct. À la différence de la plupart des têtes d’affiche des années 2000 et exception faite de la parenthèse 808’s & Heartbreak, la cote de popularité de Kanye n’a jamais vraiment faibli, pas même suite à l’épisode Taylor Swift et Ye semble bien parti pour rester au sommet quelques années encore. On espère tout de même que ses projets solos ne seront pas du calibre du mitigé Watch The Throne, son disque en collaboration avec Jay-Z sorti en 2011. On devrait être fixés à la sortie de son sixième album solo.


Cam’ron

Camron Où en sont les rappeurs-stars des années 2000 ?

C’est en 1998 que l’ex-Children of The Corn débute sa carrière solo avec un premier album, Confessions Of Fire, mais ce n’est qu’à la faveur de sa signature chez Roc-A-Fella et la sortie de son troisième album, le classieux Come Home With Me, que Killa Cam s’impose définitivement comme une valeur sûre. Par la suite, la toile, les rues et le microcosme rapologique seront pris d’assaut par les ouailles de Killa Cam réunis sous la bannière des Diplomats, Dipset pour les aficionados. Très vite le crew s’impose comme une alternative au règne de la G-Unit et des rappeurs sudistes à l’aide de street singles, slogans et gimmicks tapageurs (le fameux No Homo) et fringues flashys. Le Dipset est sur toutes les lèvres et son règne semble parti pour durer. Cependant Cam’ron éprouve déjà quelques difficultés à se maintenir commercialement. Sorti en 2004, son Purple Haze sera injustement descendu par la critique à sa sortie (il sera vite réhabilité) et bénéficiera de ventes assez décevantes. Déçu par cette issue et en conflit larvé avec Jay-Z, il quittera finalement Roc-A-Fella et s’engagera avec Asylum Records. Il y sortira le très mitigé Killa Season en 2006 et verra son étoile commerciale pâlir. Pour ne rien arranger, son capital sympathie s’érode lui aussi suite à ses piques balancées à Jay-Z mais surtout son beef avec 50 Cent. Il se retrouvera vite mis en difficulté dans cette joute verbale. Cerise sur le gâteau, un vent de révolte court au sein des Diplomats. Les tensions entre membres finissent par diviser le crew. Enfin, des difficultés personnelles (grave maladie de sa mère) viennent l’ébranler. Amer, Cam’ron prend du recul avec le game et part s’occuper de sa mère malade. On se dit alors que la page est définitivement tournée, mais Cam finit par reprendre du service en 2009 avec un nouveau disque, Crime Pays, sur lequel n’est convié aucun membre du Dipset. L’accueil sera meilleur que celui de Killa Season mais ne le réinstallera pas en tête des charts. Cam a cependant de la ressource. Il fonde un nouveau groupe The U.N. avec le jeune Vado. Depuis s’il n’a plus rien sorti en solo, il s’illustre régulièrement via la série de mixtapes Boss Of All Bosses avec son nouvel acolyte et bénéficie toujours des faveurs d’une fan base plutôt fidèle. Une réunion du Dipset a même été à l’ordre du jour en 2010. Pour le moment son avenir s’écrit avec The U.N. et son retour en solo ne semble pas d’actualité même si la porte n’est pas fermée.


Ludacris

Ludacris Où en sont les rappeurs-stars des années 2000 ?

C’est en tant qu’animateur radio sous le nom de Chris Luva Luva que Ludacris se fait d’abord remarquer. Ses premières rimes il les posera sur le premier album solo de Timbaland Tim’s Bio: Life From Da Bassement sur le single Phat Rabbit en 1998. Ces débuts encourageants le poussent à se lancer en solo avec un premier disque Inconegro d’abord sorti au plan local. Suite à sa signature pour Def Jam South, Inconegro est réédité, se voit adjoindre des titres supplémentaires et est officiellement rebaptisé Back For The First Time. L’album est un succès et le suivant Word Of Mouf explose tout et l’impose dans l’aristocratie des gros vendeurs. Luda reste constant et ses albums suivants sont plébiscités autant par la critique que par le public. Mieux, il franchira même un palier avec Release Therapy, sorti en 2006, qui remportera un Grammy l’année suivante. Cependant cette consécration restera comme le point culminant de sa carrière. De plus en plus accaparé par sa carrière d’acteur et de businessman, Luda est moins présent et lorsqu’il revient aux affaires en 2008 avec Theater Of The Mind, l’accueil est plus mitigé. Depuis Ludacris n’a plus retrouvé la verve des débuts. Son projet suivant, Battle Of The Sexes, aura encore moins de succès et sera très critiqué. Ludacris ne baisse cependant pas pavillon et prévoit toujours sortir Ludaversal, un opus sans cesse repoussé depuis quelques années. Retrouvera t-il la formule gagnante ? Ses dernières mixtapes ne prêtent pas à l’optimisme.


Missy Elliott

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Après des débuts remarqués en 1997 avec le décalé et novateur Supa Duga Fly essentiellement produit par un Timbaland alors peu connu, la miss a transformé l’essai dès son deuxième opus Da Real World sorti en 1999 avant de tout exploser à l’orée du millénaire avec l’excellent So Addictive, boosté par l’hypnotique Get Ur Freak On. Starifiée par cette réussite tant artistique que commerciale, Missy se fera un devoir de maintenir la cadence les années suivantes avec trois disques de qualité qui l’installeront définitivement au panthéon des artistes multi-platinés. Cependant ce statut ne suffira pas à lui permettre de conserver sa popularité après le tournant 2006. Malheureusement, Missy a dû faire face à de graves problèmes de santé (elle souffrait de la maladie de Basedow) entraînant de fait son retrait provisoire de l’industrie. Si son talent de productrice est resté intact et bien que ses quelques apparitions en featuring n’aient pas été décevantes, quid de sa faculté à rebondir pour de bon après cette épreuve. Son septième album, provisoirement intitulé Block Party, est toujours attendu (il est sans cesse repoussé depuis 2008) et de sa réception dépendra certainement l’issue de sa carrière. Deux singles ont été récemment dévoilés, laissant augurer d’une sortie prochaine, probablement pour 2013.


Ja Rule

Ja-Rule Où en sont les rappeurs-stars des années 2000 ?

Enfin sorti de l’ombre en 1999 après de nombreuses galères grâce à son premier album Venni Vetti Vecci, Ja Rule marque les esprits dès son deuxième opus, Rule 3:36, grâce à deux singles à succès Between Me & You et Put It On Me. Une embellie qui se poursuivra avec son album suivant Pain Is Love qui cartonnera dans le monde entier. Devenu un des rappeurs les plus bankables de l’époque, il signera de nombreuses collaborations avec la scène R&B ce qui lui attirera les foudres de ses pairs, notamment 50 Cent qui se paiera sa tête dans diverses chansons. D’abord silencieux, son crew et lui tenteront de saboter le lancement du premier album de Fiddy en alléguant qu’il serait un indic. Une manœuvre qui restera sans effet sur les ventes de Get Rich Or Die Tryin’. Entretemps, le quatrième album de Ja Rule, The Last Temptation, sorti quelques mois avant, n’avait pas atteint les sommets du précédent. Ja réagira en s’investissant corps et âme dans le beef avec 50 Cent. Seul problème, il s’en prendra également à la G-Unit, Eminem et Busta Rhymes. Résultat des courses, le clan Shady/Aftermath unira ses forces pour le discréditer et l’écraser. De plus, son album suivant Blood In My Eye sera un échec commercial. Depuis ce beef, la carrière de Ja n’a plus jamais retrouvé les cimes du début du siècle. Sorti en 2004, R.U.L.E. n’atteindra pas non plus le million et son projet suivant, The Mirror, sera finalement ajourné avant de sortir gratuitement sur la toile. Pour ne rien arranger, il sera arrêté pour possession d’arme en 2007 et finalement condamné à deux ans de prison en 2011. Un malheur n’arrivant jamais seul, il subira une deuxième condamnation de 28 mois ferme pour évasion fiscale. Avant son incarcération, il eut le temps de boucler un nouvel album, Pain Is Love 2, finalement sorti en février 2012 dans l’anonymat le plus total (seulement 3.200 disques vendus en première semaine). Bien qu’il ait annoncé un nouveau projet baptisé Renaissance Project, on voit difficilement comment Ja pourra retrouver son statut. Ses meilleures années semblent définitivement derrière lui.


Nelly

Nelly Où en sont les rappeurs-stars des années 2000 ?

En 2000, les ondes des radios spécialisées sont prises d’assaut par un single ultra-addictif, Ride Wit Me, réalisé par un inconnu venant du Missouri. En l’espace de quelques semaines ce jeune rappeur s’impose comme une des révélations de l’année et sort dans la foulée un premier album Country Grammar qui explosera tout sur son passage (plus de 8 millions de copies écoulées au total). Devenu une star du genre, il enfoncera le clou deux ans plus tard avec un deuxième opus, Nellyville, contenant une autre bombe tout aussi accrocheuse : Dilemma, le duo avec Kelly Rowland. Tout semble aller pour le mieux dans le meilleur des mondes pour Nelly et rien, pas même un beef avec la légende KRS-One, ne paraît en mesure de le déstabiliser surtout qu’en 2004 il marque de nouveau les esprits avec deux albums sortis simultanément (une première) : Sweat et Suit qui trusteront le haut des charts. La suite sera cependant moins probante pour lui. À l’image de nombre de têtes d’affiche, il trouvera difficilement sa place dans le grand chamboulement post-2006. Son sing song rap semble avoir fait son temps et son retour en 2008 avec Brass Knuckles ne recevra pas les faveurs du public. Loin de se laisser décourager, il sortira un cinquième disque Nelly 5.0 qui, en plus d’être mal promotionné (il est sorti dans un relatif anonymat), recevra un accueil critique encore plus tiède. Dans le creux de la vague, il entend cependant revenir cette année avec un nouvel opus M.O.. On l’imagine cependant mal déchaîner de nouveau les foules.


Eve

eve Où en sont les rappeurs-stars des années 2000 ?

Après des tribulations qui l’auront conduite de Aftermath, d’où elle fut évincée, à l’écurie Ruff Ryders, Eve fait des débuts fracassants avec un premier album Let There Be Eve…Ruff Ryder’s First Lady tutoyant le classique en 1999. Désormais solidement installée dans l’industrie, elle poursuivra sur sa lancée avec un deuxième disque, Scorpion, en 2001 qui écrasera la concurrence. Dès l’année suivante, elle livre un troisième opus, Eve-Olution, qui s’il est toujours d’aussi bonne facture que les précédents recevra un accueil commercial un tantinet plus mitigé (même si lui aussi se vendra relativement bien). Dans la foulée, elle débute une carrière d’actrice, ce qui aura pour principale conséquence de l’éloigner des studios de musique. De plus, la belle surprend tout le monde en retournant au sein d’Aftermath. Un choix discutable qui s’avérera finalement être malvenu. Le roster du label de Dr. Dre a beau être l’un des plus impressionnants, il est toujours aussi difficile de sortir un projet dans cette écurie. S’en suivra donc un long silence discographique seulement rompu par quelques featurings de ça de là. Finalement, lasse d’attendre, elle finit par claquer la porte et retrouve un autre de ses anciens mentors Swizz Beatz, principal architecte musical de ses trois premiers opus. Son quatrième album, Here I Am, semble alors en bonne voie et deux singles sont même en rotation mais ne se sentant pas soutenue par son label et craignant un échec commercial, elle préfère surseoir à la sortie du disque qui viendra enrichir la longue liste des albums mort-nés siglés Interscope. Depuis, sa carrière de rappeuse est entre parenthèses. Cependant elle devrait faire son come-back en 2013 avec un nouvel opus baptisé Lip Lock.


Xzibit

Xzibit Où en sont les rappeurs-stars des années 2000 ?

Après deux premiers albums qui resteront des succès d’estime, Xzibit met à profit ses nouvelles connexions avec l’écurie Aftermath pour se faire confectionner un troisième opus supervisé par et comptant des productions de Dr. Dre. Restless le fera entrer dans la cour des MC’s multi-platinés en grandes pompes. La suite sera cependant plus mitigée. Son disque suivant, Man Vs. Machine, sera moins bien accueilli, mais profitant de sa nouvelle notoriété entretenue notamment par l’émission télévisée Pimp My Ride qu’il présentait sur MTV, sa popularité demeurera intacte en dépit de ventes en baisse pour son Weapon Of Mass Destruction sorti en 2004 sans la tutelle du bon docteur mais avec des contributions de son team de producteurs. De retour aux affaires en 2006 avec Full Circle, il ne retrouvera pas non plus le succès de Restless en plus de diviser la critique. Depuis X To The Z court après sa gloire passée. Pis, il s’offre une longue pause après avoir été libéré par Koch Records, privilégiant sa carrière d’acteur. Ce n’est qu’en 2009 qu’il reprend le chemin des studios annonçant un nouvel album baptisé MMX prévu pour 2010. Le projet ne sera finalement pas mené à bien et après de nombreux reports, le disque, depuis rebaptisé Napalm, est finalement sorti en octobre 2012. Pas certain qu’il suffise à le réinstaller dans le cœur des auditeurs.


Clipse

clipse Où en sont les rappeurs-stars des années 2000 ?

Après un premier album, Exclusive Audio Footage, avorté, les deux frères virginiens se sont vus libérés de leur contrat par Elektra. Leur aventure rapologique aurait pu ainsi prendre fin, mais forts de leurs connexions avec leurs potes The Neptunes, producteurs exclusifs de leur disque, ils parviendront à se relancer. Récupérés par Star Trak, label des Neptunes devenus entretemps des producteurs stars, Malice et Pusha T exploseront en 2002 avec un single aussi minimaliste qu’efficace, Grindin usiné par Pharrell Williams et Chad Hugo. Un succès qui fera d’eux des nouvelles valeurs sûres du milieu et qui sera confirmée par un album, Lord Willin, quasi intégralement produit par les Neptunes, figurant parmi les meilleures sorties hip-hop de la décennie. L’avenir semble alors radieux pour le duo qui était bien parti pour dominer. Malheureusement, des problèmes de label viendront stopper le développement de leur carrière. Suite aux difficultés financières d’Arista (distributeur de Star Trak), le catalogue de la maison de disques se retrouvera reparti entre diverses majors. Conséquence, les Clipse se retrouvent sous contrat avec Jive alors que Star Trak signe un nouvel accord de distribution avec Interscope. Ce méli-mélo aura pour effet de retarder la sortie de leur deuxième album Hell Hath No Fury. Initialement prévu en 2004, il ne sortira qu’en 2006. Néanmoins, il s’imposera comme l’une des sorties de l’année et sera acclamé par la critique. Malgré tout, le groupe quittera Jive et trouvera asile chez Columbia. Le combo restait cependant très actif grâce aux mixtapes réalisées avec leur crew The Re-Up Gang. Une collaboration sanctionnée par un album chez Koch en 2008 avant que le duo ne revienne aux affaires en 2009 avec un troisième LP officiel : Til The Casket Drops. S’il s’avère lui aussi être un disque majeur de l’année, il est cependant un ton en dessous de ses deux prédécesseurs. Depuis le groupe est plus ou moins mis en suspens. Malice a pris ses distances avec le game et a sorti un livre intitulé Wretched, Pitiful, Poor, Blind & Naked en 2011. Son frère Pusha T lui est désormais signé chez G.O.O.D. Music et travaille sur un album solo. Il a d’ailleurs révélé que le duo n’est plus sous contrat avec Columbia. Dans ce contexte, la sortie d’un quatrième album semble plus qu’hypothétique.


Fabolous

Fabolous Où en sont les rappeurs-stars des années 2000 ?

À la différence de nombre de ses pairs, Fabolous n’aspirait pas vraiment à faire carrière dans le rap à ses débuts. Cependant, il se fera vite remarquer par DJ Clue qui le signera sur son label Desert Storm. Après avoir fait ses preuves sur les mixtapes de son mentor, il bénéficiera du deal de Desert Storm avec Elektra pour se lancer en solo. Résultat des courses, des débuts fracassants avec Ghetto Fabolous qui, s’il ne fera pas l’unanimité dans le milieu, sera couronné d’un joli succès commercial. Son second set beaucoup plus mainstream Street Dreams recevra un accueil plus tiède tant au plan critique que commercial mais il rectifiera le tir avec son troisième opus Real Talk, beaucoup plus inspiré malgré des ventes toujours en baisse. S’en suivra une éclipse discographique de trois ans et une signature chez Def Jam avec qui il sortira son quatrième album From Nothin’ To Something en 2007 qui lui fera retrouver les sommets des charts. Suivra Loso’s Way en 2009, mais la suite de sa carrière sera plus délicate. S’il a malgré tout réussi à se maintenir durant toute la décennie, il lui est devenu plus difficile de conserver son étoile commerciale. Ainsi la suite de Loso’s Way prévue pour 2010 n’a toujours pas été livrée. C’est finalement un EP There Is No Competition 2: The Grieving Music EP qui sortira en 2010, originellement pour préparer le terrain à Loso’s Way 2. Lui succèderont quelques mixtapes mais elles ne suffiront pas à lui faire retrouver son buzz passé. Difficile d’affirmer que Loso’s way 2 sortira effectivement avant 2013.


Mystikal

Mystikal Où en sont les rappeurs-stars des années 2000 ?

Après avoir fait ses classes au sein de No Limit Records, Mystikal quitte l’écurie de Percy Miller en 1999 et signe dans la foulée chez Jive. En 2000 il sort l’acclamé Let’s Get Ready. Boosté par deux singles produits par The Neptunes, Shake Ya Ass et Danger (Been So Long), l’album truste les premières places des charts et s’impose sans peine comme une des sorties de l’année. Mystikal devient donc un des rappeurs les plus hot du moment et on voit alors difficilement ce qui pourrait venir entraver sa progression, malgré un disque suivant Tarantula (sorti en 2001) un ton en-dessous. Les ennuis judiciaires auront cependant raison de la suite de sa carrière. Inculpé pour agression sexuelle et extorsion de fonds en 2003, il plaide coupable et est condamné à six ans de réclusion criminelle en 2004. Sorti de prison en janvier 2010, il n’a toujours pas retrouvé la verve d’antan. Désormais lié à Cash Money avec qui il a signé en 2011, son retour dans les bacs ne semble malgré tout pas d’actualité avec un buzz au ras des pâquerettes. Sa situation contractuelle n’est, elle non plus, pas totalement clarifiée, vu que quelques mois après sa libération il avait déclaré devoir encore un album à Jive. Quoi qu’il en soit les meilleures années de Mystikal semblent définitivement derrière lui, surtout qu’il n’a plus rien sorti depuis 2001.


The Game

Game Où en sont les rappeurs-stars des années 2000 ?

Repéré par l’équipe Aftermath en 2003 après la sortie de sa mixtape You Know What It Is Vol. 1 , The Game se voit offrir un contrat par l’équipe du bon docteur et est très vite présenté comme la next big thing et l’espoir du rap west (commercialement s’entend). Pour faire bonne mesure il est intégré à la G-Unit histoire de capitaliser sur le buzz du crew de 50 Cent. Son premier solo The Documentary, supervisé par Dr. Dre et Fiddy, confirmera les attentes placées en lui. L’album sera l’une des plus grosses ventes de l’année 2005 et il se verra de facto starisé. Cependant, en coulisses, la situation s’avère plus délicate. Game se retrouve vite en beef avec la G-Unit et est écarté du groupe. Les tensions persistantes en 50 Cent et lui précipitent d’ailleurs son départ du label. Il trouvera très vite asile chez Geffen où il sortira dès 2006 son deuxième disque, Doctor’s Advocate. Si qualitativement le disque s’avère de bon niveau, il ne bénéficiera cependant pas du même succès que le précédent. En 2008, il annonce son intention de prendre sa retraite après la sortie de ce qui sera son troisième album, LAX. Ce supposé ultime opus trouvera son public mais n’atteindra pas non plus les chiffres de son premier set. On imaginait alors The Game quitter le milieu après trois disques solides sans pour autant être de grands classiques. Mais surprise, des indiscrétions révèlent qu’il travaille sur un quatrième album baptisé The R.E.D. Album. Il raccourcit son nom de scène pour l’occasion devenant désormais Game (pas de quoi dérouter les fans). Initialement prévu pour 2009, le disque sera maintes fois reporté. Game meublera cette attente avec diverses collaborations et quelques mixtapes, se rapprochant de nouveau de l’équipe Aftermath (il est désormais signé chez Interscope). Cependant, il éprouvera les pires difficultés à reconquérir son public et ses mixtapes, trop inégales, ne rassureront pas non plus. Finalement après deux ans d’expectative, il finit par sortir The R.E.D. Album en 2011. Le projet s’avérera plutôt décevant comparé à ses trois premiers opus et ne fera pas recette. Cependant, il en faut plus pour décourager Jayceon. Il travaille sur un cinquième album baptisé Jesus Piece qui devrait sortir dans les prochains mois.


T.I.

t-i Où en sont les rappeurs-stars des années 2000 ?

Révélé par son deuxième album Trap Muzik après s’être illustré sur diverses mixtapes, T.I. devient rapidement la nouvelle sensation du rap sudiste. Un statut qu’il confirmera avec Urban Legend puis King, deux disques acclamés par la critique. En pleine gloire il gagne deux Grammys et devient définitivement l’une des têtes d’affiche du rap US. Mais alors que tout semble lui sourire, la suite de sa carrière empruntera une trajectoire plus sinueuse. Jugé trop expérimental, son cinquième album T.I. vs T.I.P., sorti en 2007, divisera son public et la critique. Un peu plus tard dans l’année, il a maille à partir avec la justice après s’être fait arrêter pour détention d’armes. Cette affaire ne l’empêchera pas de revenir encore plus fort dans les bacs en 2008 avec Paper Trail, un disque plutôt bien accueilli. Cependant, son inculpation finit par porter un coup de frein à sa carrière. En 2009, il est condamné à un an de prison. Libéré en mars 2010, il entreprend de revenir dans le game avec un disque baptisé King Uncaged. Cependant, l’intérêt du public se fait nettement moins sentir et la mixtape lancée en éclaireuse reçoit un accueil mitigé. Pour ne rien arranger, T.I. se fait arrêter en septembre 2010 pour possession et consommation de drogues. Il est de nouveau condamné à onze mois de détention pour violation des termes de sa probation. Cette nouvelle condamnation plombe la promotion du disque qui est rebaptisé No Mercy. Le disque sortira finalement à la fin de l’année 2010 alors qu’il est incarcéré. Cet album peu inspiré et largement inférieur au précédent se fera incendier, à juste titre, par la critique. Depuis T.I. est libre, mais on se demande bien comment il parviendra à rebondir. Il entend cependant se relancer avec Trouble Man, un huitième album qu’il espère livrer pour la fin de l’année 2012.

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