Allemagne – Grèce, la logique respectée
Présentée comme la plus déséquilibrée des oppositions de ces quarts de finale, le duel entre une Allemagne toujours aussi solide et grande favorite après un premier tour parfaitement négocié (trois victoires en trois rencontres) et une Grèce courageuse, volontaire mais limitée et décimée par les blessures et les suspensions n’était pas vraiment attendu comme le sommet du tournoi. Finalement cette rencontre à elle aussi eu son lot de rebondissements.
Critiquée par la presse allemande pour son incapacité à tuer les matchs et son manque de réalisme devant le but ( on est loin de l’efficacité affichée durant la dernière coupe du monde), la ligne offensive allemande connait d’importants chamboulements. Joachim Löw change tout et titularise Reus et Schürrle en lieu et place de Podolski et Thomas Müller. En pointe le vétéran Miroslav Klose est titularisé aux dépends de Mario Gomez. Pour le reste Boateng récupère sa place sur le côté droit de la défense. Du côté Grec, la suspension de Giorgios Karagounis oblige Fernando Santos à titulariser Ninis.
Comme on pouvait s’y attendre la sélection Hellène ne change pas de partition et nous ressert le même football que depuis dix ans (sans exagérer). Défense basse et regroupée tout en don de soi, milieu besogneux et attaque n’existant que sur d’éventuels contres. Sans surprise la Nationalmannschaft prend le contrôle des opérations et essaye de faire la différence au plus vite. Elle marquera un but refusé dans les premières minutes mais aura énormément de mal à faire la différence. La Grèce défend son bastion comme s’il eût s’agit d’une forteresse et malgré un Sifakis pas très rassurant dans les buts ne rompt pas. Mais à force de reculer la sanction finit par arriver. L’attaque étant en échec, c’est Philip Lahm, positionné latéral gauche qui fait la différence grâce à sa spéciale (percée côté gauche, avancée dans l’axe et frappe enroulée second poteau). Sifakis est contraint de s’incliner et l’Allemagne mène au score à la 39e minute. Assez pour rentrer au vestiaire confiant.
En seconde période par contre la Grèce change de fusil d’épaule. Gekas remplace Ninis et avec lui les Hellènes se lancent à l’offensive. Moins attentiste et plus entreprenante elle fait jeu égal avec une Allemagne qui retombe dans ses travers et ne parvient pas à creuser l’écart. Giorgios « Jésus » Samaras crée des brèches dans l’arrière-garde germanique et ses coéquipiers en profitent du mieux qu’il peuvent. C’est d’ailleurs lui qui ramènera sa sélection dans le match en égalisant à la 55e minute. On craint alors le scénario catastrophe pour les Allemands mais ceux-ci se reprennent et poursuivent leur domination. La Grèce semble alors moins rigoureuse derrière. Finalement le madrilène Sami Khedira redonnera l’avantage à la Nationalmannschaft juste après l’heure de jeu sur une reprise un peu heureuse (du tibia). La Grèce a à peine le temps de se remobiliser qu’elle encaisse de nouveau un but à la 68e minute. Klose profite admirablement des largesses défensives sur corner et de la sortie hasardeuse de Sifakis pour donner deux longueurs d’avance à l’Allemagne. Le match est alors plié, mais l’Allemagne continue de martyriser l’arrière-garde Hellène et trouve la faille une quatrième fois par l’intermédiaire de Marco Reus d’une frappe surpuissante à la 74e minute. Le but sur penalty de Salpingidis en fin de match reste anecdotique.
Avec ce large succès la Nationalmannschaft valide son ticket pour les demis avec la manière. Avec quatre victoires et quatre matches elle apparait comme irrésistible. La donne sera certainement différente face aux Italiens ou aux Anglais mais avec le niveau affiché par cette fringante équipe, il y a fort à parier que la demie sera plaisante. La Grèce elle est renvoyée à ses insuffisances. Sans avoir été brillante, elle est tout de même créditée d’un beau parcours et son état d’esprit guerrier est à saluer. Par contre pour mieux figurer dans une grande compétition, un peu plus de génie serait le bienvenu.
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