Disparition de Jules Bocandé
C’est avec une tristesse non feinte que j’ai appris via les réseaux sociaux le décès de François Jules Bocandé, légende du football sénégalais. Une bien triste nouvelle faisant écho à la disparition récente d’un autre ex-international africain, l’attaquant nigérian Rashidi Yekini. Il est décédé suite à une intervention chirurgicale subie ce lundi à Metz.
Cet attaquant puissant avait marqué les années 80 tant par son style de jeu faisant autant la part belle à la grinta qu’à la technique pure que par ses dreadlocks qui faisaient partie intégrante du personnage. Le natif de Zinguinchor avait fait ses débuts dans sa ville natale au sein du Casa Sport avant de s’envoler pour la Belgique et l’ US Tournaisienne en troisième division suite à un bannissement à vie du championnat sénégalais (Il avait fait un croche-pied à l’arbitre lors d’une finale de coupe nationale perdue) . En 1982 il est recruté par le FC Seraing et découvre la première division belge. Il y restera deux saisons avant de s’établir à Metz où il fera ses meilleures années. Il terminera meilleur buteur de Division 1 lors de la saison 1985-1986 (23 buts inscrits) et se verra dans la foulée offrir un contrat au Paris Saint-Germain, le champion en titre. L’expérience ne sera malheureusement pas concluante (seulement six buts marqués) et il rebondira dès la saison suivante à l’OGC Nice où il jouera quatre saisons. Après la rétrogradation du club en D2, il rejoint le RC Lens avant de terminer sa carrière en Belgique à Alost en 1993.
Pilier des Lions de la Teranga, il disputera trois coupes d’Afrique des nations avec son pays atteignant les demi-finales lors de l’édition 1990. Mais c’est surtout son rôle décisif lors des éliminatoires de la CAN 1986 qui le mythifiera à jamais. Grâce à un triplé lors du match décisif contre le Zimbabwe, il offrira au Sénégal une participation à la prestigieuse compétition après dix-huit années de disette. Il restera d’ailleurs proche des Lions jusqu’à la fin de ses jours. Une fois sa carrière de joueur achevé, il est promu sélectionneur et dirige l’équipe nationale lors de la CAN 1994 notamment. Évincé à l’issue de la compétition suite à l’élimination précoce des Lions de la Teranga, il intègrera tout de même l’encadrement de la sélection et vivra dans ce nouveau rôle les plus belles heures du football sénégalais, notamment cette année 2002 marquée par une finale de CAN et une coupe du monde brillante.
Ce sont finalement les soucis de santé qui éloigneront du vestiaire cette figure du sport africain. Victime d’un accident vasculaire cérébral qui le laissera diminué, il entreprendra de se faire opérer pour recouvrer la guérison. Une intervention à laquelle il ne survivra malheureusement pas. Il avait 53 ans.
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