L’année où l’Atlético chuta
Troisième force footballistique d’Espagne depuis quelques années, l’Atlético Madrid connut cependant un gros couac dans son histoire : sa relégation en deuxième division au terme d’une saison 1999-2000 où quasiment rien n’aura fonctionné et ce en dépit d’un effectif de qualité (José Molina, Carlos Gamarra, Radek Bejbl, Ruben Baraja, Juan Carlos Valeron, Santiago Solari, Kiko et Jimmy Floyd Hasselbaink). Revivons cette saison qui aura vu les Colchoneros sombrer corps et biens.

Contexte
Modeste treizième de Liga la saison précédente, l’Atleti n’a dû sa qualification en Coupe de l’UEFA qu’à son statut de finaliste de la Copa Del Rey. Inquiétant pour une formation qui avait réalisé le doublé coupe-championnat en 1996 et qui, depuis, ne parvenait plus à jouer les premiers rôles malgré des campagnes de recrutement clinquantes. Qu’importe pour le bouillant et controversé président Jesus Gil y Gil. Fidèle à ses principes, il recrute à tout va (dix nouveaux joueurs rejoignent le club) et confie les rênes de l’équipe à l’italien Claudio Ranieri.
Tableau des transferts
| Arrivées | Départs | |
| Été | Toni Jiménez et Joan Capdevila (Espanyol Barcelone), Celso Ayala (Betis Séville), Juanma Delgado (Recreativo Huelva), Carlos Gamarra (Corinthians/BRE), Hugo Leal (SL Benfica/POR), Leonel Pilipauskas (Bella Vista/URU), Jimmy Floyd Hasselbaink (Leeds United/ANG), Marcos Márquez (FC Séville B), José Juan Luque (Albacete, retour de prêt), Veljko Paunović (Majorque, retour de prêt), Gustavo (Atlético Madrid B) | Pedro Jaro (Retraite), Delfí Geli (Albacete), Ramón et Luis Tevenet (Las Palmas), Michele Serena et Stefano Torrisi (Parme/ITA), Quinton Fortune (Manchester United/ANG), Vladimir Jugović (Inter Milan/ITA), Loren (FC Séville), Juan González (Real Oviedo, retour de prêt) |
| Hiver | José Chamot et José Mari (AC Milan/ITA), Giorgio Venturin (Libéré) |

Déroulé de la saison
Le championnat débute mal pour les hommes de Ranieri (trois défaites lors des trois premières journées) qui se retrouvent lanterne rouge quasiment d’entrée. Il faudra attendre la cinquième journée pour que les Rojiblancos enregistrent leur première victoire. Cette embellie sera de courte durée et au soir de la huitième journée, l’Atlético Madrid est bon dernier du championnat (deux victoires, un nul, cinq défaites). Seule éclaircie dans ce marasme ambiant, le premier tour de la C3 est bien négocié (qualification aux dépends des Turcs d’Ankaragucu). Le club sort de la zone rouge et remonte au classement à la faveur d’une paire de victoires consécutives fin octobre. Mais le mois de novembre sera totalement raté (un nul puis deux défaites en Liga), ce qui fait retomber le club dans les profondeurs du classement, juste au-dessus de la zone de relégation. En Coupe de l’UEFA par contre, tout va bien. Le club élimine l’Amica Wonkri (Pologne) en seizièmes avant de se défaire des Allemands du VFL Wolfsburg en huitièmes de finale.

C’est en décembre que la saison prendra un nouveau tournant. Outre des résultats inconstants en championnat (deux victoires et deux défaites, une quinzième place à la trêve hivernale), les choses se gâtent en coulisses. Suite à une enquête de la police économique espagnole, Jesus Gil y Gil, suspecté de malversations est suspendu de ses fonctions le 21 décembre et se voit obligé de céder son fauteuil présidentiel à José Manuel Rubi, un administrateur judiciaire. Conséquence, le club se montrera amorphe sur le marché des transferts hivernal, n’enregistrant que des départs. Au plan sportif, le mois de janvier est contrasté (deux victoires, trois nuls et une défaite en championnat). Treizièmes, les Rojiblancos vont totalement s’effondrer lors des mois suivants ne parvenant plus à gagner le moindre match en championnat. Éliminés de la Coupe de l’UEFA en quarts de finale par le RC Lens, les Colchoneros ne se montrent à leur avantage qu’en Copa Del Rey où ils passent les tours assez facilement.

Entretemps, Ranieri, fragilisé par son mauvais mois de février (deux nuls et deux revers en championnat), est limogé le 3 mars. Radomir Antic lui succède mais ne parvient pas non plus à redresser la barre malgré le soutien de Jesus Gil y Gil qui a récupéré son poste le 12 avril 2000. L’Atleti squatte la zone rouge, enchaîne les contre-performances (trois nuls et six défaites en Liga en mars et avril 2000) et ne parvient pas à s’extirper des limbes de la ligue. Le club se qualifie tout de même pour la finale de la Copa Del Rey mais ne parvient pas à se sauver en championnat. Scotchés à la dix-neuvième place à trois journées de la fin, les Colchoneros enchaînent deux nuls qui scellent leur sort. Leur relégation en deuxième division est actée et coûte sa place à Antic qui est révoqué par le président. Fernando Zambrano se charge d’assurer l’intérim jusqu’à la fin de la saison. Si les Rojiblancos remportent le dernier match de championnat (première victoire du club en Liga depuis janvier), ils ne peuvent rien faire en finale de Copa Del Rey (défaite contre l’Espanyol Barcelone [1-2]), confortant un peu plus cette impression d’accident industriel.
L’effectif
| N° | Poste | Joueur | Pays | Club précédent |
| 1 | Gardien de but | José Molina | Espagne | Albacete |
| 3 | Défenseur | Toni Muñoz | Espagne | Atlético Madrileño |
| 4 | Défenseur | Carlos Gamarra | Paraguay | Corinthians (BRESIL) |
| 5 | Défenseur | Juanma López | Espagne | Atlético Madrileño |
| 6 | Défenseur | Santi | Espagne | Albacete |
| 7 | Milieu de terrain | Veljko Paunović | Yougoslavie | Partizan Belgrade (YOUGOSLAVIE) |
| 8 | Milieu de terrain | Rubén Baraja | Espagne | Real Valladolid |
| 9 | Milieu de terrain | Santiago Solari | Argentine | River Plate (ARGENTINE) |
| 10 | Défenseur | Celso Ayala | Paraguay | Real Betis |
| 11 | Milieu de terrain | Jordi Lardín | Espagne | Espanyol |
| 12 | Milieu de terrain | Hugo Leal | Portugal | SL Benfica (PORTUGAL) |
| 13 | Gardien de but | Toni Jiménez | Espagne | Espanyol |
| 14 | Milieu de terrain | Óscar Mena | Argentine | Majorque |
| 15 | Défenseur | Carlos Aguilera | Espagne | Tenerife |
| 16 | Milieu de terrain | Juan Carlos Valerón | Espagne | Majorque |
| 17 | Attaquant | Jimmy Floyd Hasselbaink | Pays-Bas | Leeds United (ANGLETERRE) |
| 18 | Milieu de terrain | Roberto | Espagne | Espanyol |
| 19 | Attaquant | Kiko | Espagne | Cadix |
| 20 | Attaquant | Fernando Correa | Uruguay | River Plate (URUGUAY) |
| 21 | Défenseur | Gustavo | Espagne | Atlético Madrid B |
| 22 | Défenseur | Joan Capdevila | Espagne | Espanyol |
| 23 | Défenseur | Zoran Njeguš | Yougoslavie | Etoile Rouge Belgrade (YOUGOSLAVIE) |
| 24 | Milieu de terrain | Radek Bejbl | Tchéquie | Slavia Prague (TCHEQUIE) |
| 25 | Milieu de terrain | Leonel Pilipauskas | Uruguay | Bella Vista (URUGUAY) |
| 26 | Défenseur | Gaspar | Espagne | Atlético Madrid B |
| 27 | Défenseur | Juanma Delgado | Espagne | Recreativo Huelva |
| 28 | Attaquant | Marcos Márquez | Espagne | FC Séville B |
| 29 | Attaquant | Pepe Domingo | Espagne | Atlético Madrid B |
| 30 | Milieu de terrain | José Juan Luque | Espagne | CD Badajoz |

Meilleurs buteurs
| Championnat | Toutes compétitions confondues |
| Jimmy Floyd Hasselbaink (24 buts) | Jimmy Floyd Hasselbaink (35 buts) |
| Santiago Solari (6 buts) | Ruben Baraja (7 buts) |
| Juan Carlos Valerón (4 buts) | Juan Carlos Valerón (6 buts) |
| Ruben Baraja (3 buts) | Santiago Solari (6 buts) |
Partagez ce contenu :



Laisser un commentaire