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Miroslav Klose, l’anti-flashy

En dépit de qualités de finisseur qui ont fait l’unanimité et de son statut de meilleur buteur de l’histoire des coupes du monde, Miroslav Klose ne vient pourtant pas immédiatement à l’esprit lorsqu’on demande à la plupart des fans de football d’évoquer leur attaquant préféré. S’il n’a pas l’aura d’autres grands attaquants des années 2000 (Ronaldo, Shevchenko, Raul, Eto’o, Van Nistelrooy, Drogba…), ce pur renard des surfaces dans la plus pure tradition allemande a tout de même marqué son temps.

Klose-FC-Hombourg-1024x688 Miroslav Klose, l'anti-flashy

Les débuts en amateur

Fils de Jozef Klose, un footballeur polonais faisant partie de la minorité allemande de Pologne, Miroslav Klose voit le jour à Opole, en Pologne, le 9 juin 1978. La famille déménage en France peu après sa naissance pour suivre le père qui a signé à l’AJ Auxerre. De retour en Pologne en 1984, elle finit par s’installer à Kusel, en Allemagne, en 1985. C’est là que le jeune Miroslav va taper dans ses premiers ballons. Malheureusement pour lui, il est loin d’être le plus doué et est boudé par les recruteurs. Il n’intègre donc jamais de centre de formation, ni de club professionnel durant ses jeunes années. C’est chez les amateurs qu’il fait ses gammes. En 1987, il commence à jouer avec le SG Blaubach-Diedelkopf, modeste club de septième division ouest-allemande. Il y évoluera jusqu’en 1998 tout en suivant une formation d’apprenti charpentier, bien loin des lumières du monde professionnel. En 1998, pourtant, il reçoit une proposition du FC 08 Hombourg (club de troisième division) pour intégrer l’équipe réserve. A tout juste vingt ans, Klose se laisse convaincre et débute la saison avec l’équipe B. Très vite cependant, ses bonnes performances en équipe réserve (10 buts en 15 matchs) lui offrent un strapontin pour l’équipe première. Il l’intègre en seconde partie de saison en qualité d’attaquant réserviste. Malheureusement pour lui, il ne se montre pas particulièrement brillant (un seul but en dix-huit apparitions).

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La révélation à Kaiserslautern

Alors qu’on l’imagine retourner à l’anonymat des championnats amateurs, il reçoit une offre de la réserve du FC Kaiserslautern, qui évolue alors en troisième division. Il y répond favorablement et impressionne en inscrivant 11 buts en 36 matchs. Cerise sur le gâteau, il se voit offrir quelques minutes en Bundesliga (deux bouts de matchs) avec l’équipe première à la faveur des défections des attaquants. Il débute l’exercice 2000-2001 avec la réserve. Mais, il tape dans l’œil d’Otto Rehhagel, l’entraîneur de l’équipe A, qui décide de l’intégrer à son effectif. Klose évoluera alternativement avec les deux formations (les A et la réserve) durant toute la saison. Paradoxalement, il est très utilisé et finit la saison avec neuf buts en 29 matchs de Bundesliga (11 toutes compétitions confondues) en plus de quinze buts en quatorze matchs avec l’équipe B. Après un tel exercice, il devient un membre à part entière de l’équipe première et s’impose d’entrée comme titulaire à la pointe de l’attaque de Die Roten Teufel. Ses bonnes performances attirent les convoitises du sélectionneur de la Pologne. Ce dernier le rencontre en janvier 2001 pour lui proposer de représenter son pays de naissance. Il décline l’offre et reçoit une convocation de la sélection allemande en mars 2001. Il effectue ses premiers pas avec la Nationalmannschaft lors d’un match de qualification à la coupe du monde 2002. Il trouve le chemin des filets quelques minutes après être entré en jeu, inscrivant le but de la victoire. Il récidivera lors de sa deuxième sélection quatre jours plus tard.

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Pilier de la sélection

Auréolé de son nouveau statut d’international, Klose est définitivement intégré au groupe professionnel et est intronisé avant-centre titulaire. Il fait également son trou en sélection et devient progressivement un des hommes de base de Rudi Völler. Sa saison est plutôt brillante (16 buts en 31 matchs de Bundesliga). Völler en fait son titulaire à la pointe du NationalElf dans l’optique de la coupe du monde 2002. Il brillera sous les couleurs nationales en inscrivant cinq buts dont un triplé lors du match inaugural contre l’Arabie Saoudite. Seule ombre au tableau, il ne parviendra pas à marquer lors de la phase à élimination directe. L’Allemagne se hisse en finale mais s’incline contre le Brésil (0-2). Après ce Mondial réussi, tout laisse penser que Klose rejoindra un grand club. Ce ne sera cependant pas le cas. Il rempile pour une saison à Kaiserslautern. L’exercice 2002-2003 sera plus difficile. S’il conforte son statut de cadre de la sélection, ses performances sont moins brillantes en club (neuf buts en 32 matchs de championnat, 13 en 36 matchs toutes compétitions confondues). La saison 2003-2004 sera à peine plus probante (dix buts en 26 matchs de Bundesliga, 12 buts TCC en 29 matchs). Avec la Nationalmannschaft, il peine à trouver la mire (un seul but inscrit en près de neuf mois). Völler continue cependant de lui faire confiance et le sélectionne pour l’EURO 2004. Ce dernier sera un échec pour la sélection germanique qui sera éliminée dès la phase de poules. Muet durant la compétition, à l’image de ses autres partenaires d’attaque, Klose n’a pas convaincu. Malgré tout, il ne manque pas de prétendants. Il décide de s’engager avec le Werder Brême, champion d’Allemagne en titre.

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L’aventure brêmoise

L’adaptation de Klose au Werder est immédiate. Aux côtés de Johan Micoud, Tim Borowski, Ivan Klasnic ou Frank Baumann, il trouve rapidement ses marques et dispute la Champions League pour la première fois de sa carrière à 26 ans. Il étoffe également son registre en devenant un meilleur passeur. La saison ne sera malheureusement pas couronnée de succès. Le Werder ne gagne rien en dépit de la bonne saison de Klose (15 buts et 10 passes décisives en 32 matchs de Bundesliga en plus de deux buts en C1). S’il a retrouvé l’efficacité en sélection (quatre buts en six matchs), il n’est cependant pas retenu pour la Coupe des Confédérations par Jürgen Klinsmann, le nouveau sélectionneur. Qu’importe, il retrouve les terrains plus affuté que jamais pour l’exercice 2005-2006. Il réalise sa meilleur saison (25 buts et 14 passes décisives en 26 matchs de championnat, quatre buts en neuf matchs de Champions League, 31 réalisations TCC) et est sacré meilleur buteur de Bundesliga. Il fut également élu joueur allemand de la saison par ses pairs puis footballeur de l’année 2006 en Allemagne. Sans surprise, il figure dans la liste des 23 sélectionnés pour le Mondial 2006 disputé à domicile. Titulaire à la pointe de l’attaque, il termine le tournoi avec cinq réalisations (meilleur buteur allemand) et se montre décisif lors du parcours de la sélection germanique qui finit troisième. L’intersaison 2006 est marquée par le départ de Micoud. Diego, son remplaçant, le supplée avec brio mais l’alchimie avec Klose est moins marquée vu que le meneur brésilien n’hésite pas à conclure lui-même ses actions. Fatalement, Klose devient moins productif (13 buts et 15 passes décisives en 31 matchs de Bundesliga). Il se console avec la Supercoupe d’Allemagne, le premier trophée de sa carrière, remportée en lever de rideau de la saison. Après cette troisième saison durant laquelle le Werder n’a pu décrocher le titre, il surprend tout le monde en décidant de rejoindre le Bayern Munich pourtant non-qualifié pour la Champions League.

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Passage mitigé au Bayern

Avec les arrivées de Frank Ribery et Luca Toni, la venue de Klose en Bavière est l’une des attractions de l’intersaison. Le Bayern est immédiatement considéré comme un favori au titre. Sous les ordres d’Ottmar Hitzfeld, Klose a un peu de mal à s’épanouir. Dans le système à deux pointes du technicien allemand, il est obligé de se sacrifier pour permettre à Toni de briller. Il inscrit tout de même dix buts et délivre huit passes décisives en 27 matchs de Bundesliga et décroche son premier titre de champion. Mieux, il réalise le doublé vu que le club bavarois s’adjuge également la coupe d’Allemagne. Avec cinq buts et deux passes décisives en six rencontres, Klose a rayonné dans cette compétition. Seule la coupe de l’UEFA a échappé au Bayern Munich qui fut éliminé en demi-finales (Klose a inscrit cinq buts en douze apparitions en C3). Il est logiquement sélectionné par Joachim Löw pour l’EURO 2008. Titulaire malgré la concurrence de Mario Gomez, il inscrit deux buts en six matchs. L’Allemagne atteint la finale mais s’incline contre l’Espagne. La saison 2008-2009 sera sensiblement pareille pour lui malgré l’arrivée sur le banc de Klinsmann. Au plan collectif, elle ne sera cependant pas couronnée de succès. Le Bayern ne remporte pas le moindre titre et Jupp Heynckes finit la saison à la tête de l’équipe suite au licenciement de Klinsmann fin avril 2009. Klose reste sur ses standards de l’exercice précédent en Bundesliga (dix buts et sept passes décisives en 26 matchs). Il se montre en revanche très en vue en Champions League (sept buts en huit matchs) et termine meilleur buteur du club avec 20 buts au compteur TCC. La saison 2009-2010 sera nettement plus contrastée. Le système de jeu de Louis Van Gaal, le nouvel entraîneur, nuit à son efficacité. Il perd sa place de titulaire au profit du nouvel arrivant Mario Gomez et d’Ivica Olic. S’il entre souvent en jeu, il réalise sa pire saison statistique (trois buts en championnat, six TCC). En dépit d’un nouveau doublé coupe – championnat, Klose à l’œil triste. Heureusement, il conserve la confiance de Löw qui l’inclut dans sa liste pour le Mondial 2010. A trente-deux ans, Klose dispute sa troisième coupe du monde dans la peau d’un titulaire. Il trouve le chemin des filets quatre fois durant la compétition. L’Allemagne finit une fois de plus sur la troisième marche du podium. Malgré cette coupe du monde réussie, son statut en club reste le même. Van Gaal ne lui accorde toujours que peu de crédit. Cantonné à un rôle de remplaçant, il ronge son frein sur le banc et doit se contenter de miettes de matchs. En dehors de la Supercoupe d’Allemagne durant laquelle il s’est montré décisif, le Bayern se loupe complètement durant cette saison. Prématurément éliminé de la Champions League, le club bavarois perd ses titres nationaux. Van Gaal est viré de son poste en avril et est remplacé par Andries Jonker. Avec un seul but inscrit en championnat et un autre en C1, Klose n’a pu compter que sur la coupe d’Allemagne pour briller (trois buts et une passe décisive en quatre matchs). Même s’il a conservé sa place en sélection, il décide de mettre les voiles d’autant que le Bayern ne compte plus sur lui.

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Consécration tardive en fin de carrière

En dépit de ses trente-trois ans, Klose est tout de même convoité. Il ne donne pas suite aux lucratives propositions américaines et asiatiques, préférant rester en Europe. Il signe un contrat de trois ans en faveur de la Lazio Rome. Klose prend le meilleur sur ses concurrents (Djibril Cissé, Tommaso Rocchi, Giuseppe Sculli…) et devient titulaire indiscutable. La Lazio finit la saison 2011-2012 à la quatrième place du championnat. Avec treize buts marqués et sept passes décisives en championnat (16 buts TCC), Klose réalise une saison positive. Il est sélectionné pour l’EURO 2012. Remplaçant (c’est Gomez le titulaire), il joue peu et ne marque qu’un seul but (lors de sa seule titularisation en quarts de finale). Sa saison suivante est plus probante sous les ordres de Vladimir Petkovic. Si la Lazio ne se classe que septième, elle remporte la Coppa Italia. Pour sa part, Klose inscrit 15 buts en Serie A (16 TCC). Sa troisième saison romaine est moins probante (sept buts et cinq passes décisives en 27 matchs de championnat). Engluée à la neuvième place, la Lazio vit une saison blanche. Malgré tout, Klose est sélectionné pour la coupe du monde 2014. A trente-six ans, il s’agit de sa dernière danse. Remplaçant en début de tournoi, il devient titulaire à partir des quarts de finale et garde sa place jusqu’en finale. L’Allemagne remporte le trophée et Klose touche le graal en devenant champion du monde et meilleur buteur de l’histoire de la compétition (16 buts marqués) grâce aux deux buts qu’il a inscrit durant cette campagne. Il annonce sa retraite internationale au mois d’août 2014. Klose prolonge son contrat avec le club romain. Il se montrera à son aise lors de la saison 2014-2015 (13 buts et sept passes décisives en championnat, 16 réalisations TCC) que la Lazio termine à la troisième place. Malheureusement, les Biancocelesti s’inclinent en finale de la Coppa Italia. Il rempile pour une saison supplémentaire. Rattrapé par le poids des ans, il joue moins (24 apparitions dont 14 comme titulaire). Il inscrit tout de même sept buts et délivre huit passes décisives en Serie A. En fin de contrat, il ne trouve pas de projet lui convenant durant l’intersaison 2016. Il décide d’arrêter les frais et annonce sa retraite en novembre 2016 avant d’embrasser une carrière d’entraîneur.

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S’il restera à jamais dans l’histoire pour son record de buts en coupe du monde, Klose a moins marqué les esprits en club malgré de bonnes saisons. Le fait qu’il ait moins brillé dans les compétitions européennes n’a pas non plus joué en sa faveur. Paradoxalement, il fut le seul membre de la génération Ballack à avoir remporté un titre avec la Nationalmannschaft. Peu médiatique comparé à ses pairs, sa discrétion en dehors des pelouses l’a quelque peu desservi mais ne doit pas faire oublier ce qu’il fut avant tout : un excellent footballeur doté d’un jeu de tête impressionnant, d’un flair incroyable devant le but et d’une précision quasi-chirurgicale. Deuxième joueur le plus capé de l’histoire de la sélection allemande (137 sélections), il en est toujours le meilleur buteur de tous les temps avec 71 réalisations.

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