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Ruud Van Nistelrooy, légende batave

Considéré comme l’un des meilleurs avant-centres des années 2000, Ruud Van Nistelrooy a marqué son époque tant par sa redoutable efficacité devant le but que par son caractère bien trempé. Pur renard de surfaces, le buteur batave a acquis un statut de légende à Manchester United avant de briller en Espagne sous les couleurs du Real Madrid notamment. Si sa fin de carrière fut plombée par les blessures, il n’en demeure pas moins un des joueurs majeurs de ce début de millénaire en dépit d’un tempérament difficile.

van-nistelrooy-den-bosch Ruud Van Nistelrooy, légende batave

Les débuts à Den Bosch

Né le 1er juillet 1976 à Oss dans le Brabant, le jeune Rutgerus Johannes Martinus van Nistelrooij montre très vite un goût certain pour le sport. Il excelle en effet en natation, au tennis et au basketball. Il choisit cependant de se consacrer au football pour suivre les traces de son plombier de père, footballeur amateur. Il intègre ainsi le Nooit Gedacht, petit club de Geffen où avait évolué son géniteur. Malheureusement, le jeune Rutgerus (vite surnommé Ruud) ne brille pas outre mesure. Loin d’être un foudre de guerre, il ne s’illustre que par sa pointe de vitesse et sa bonne volonté. Limité techniquement, il compense par un engagement de tous les instants et une réelle soif d’apprendre. Ce sera suffisant pour taper dans l’oeil du RKSV Margriet, un club de sa ville natale reputé pour la qualité de sa formation, en 1990. A quatorze ans, Ruud fait ses classes comme milieu de terrain et finit par rejoindre le FC Den Bosch, club de Eerste Divisie (deuxième division néerlandaise) un an plus tard. Toujours aussi peu extraordinaire, il s’accroche et décroche son premier contrat professionnel. Il effectue ses grands débuts en D2 lors de la saison 1993-1994. Il ne signe que deux apparitions. Lors de l’exercice suivant, alors qu’il vient de fêter ses dix-huit ans, il bénéficie d’un temps de jeu plus conséquent (15 matchs, trois buts en championnat, 17 matchs pour six buts TCC). Cependant, son entraîneur Co Adriaanse, le trimballe à tous les postes. Ruud sera tour à tour utilisé comme milieu axial (son poste de base), ailier gauche, arrière gauche et même défenseur central. Conséquence, sa saison 1995-1996 ne sera pas des plus marquantes (21 matchs joués, deux buts inscrits). Etrangement, le PSV Eindhoven s’intéresse à lui mais refuse de miser les 450.000 euros demandés par Den Bosch. Ce ne sera que partie remise. L’exercice suivant sera cependant plus réussi pour Ruud. Redevenu titulaire au milieu de terrain, il inscrit douze buts en 31 apparitions. Problème, le club ne décolle pas et végète toujours en deuxième division. Après cet exercice réussi, Ruud Van Nistelrooy commence à susciter des convoitises. C’est finalement le SC Heerenveen qui s’attache ses services moyennant 460.000 euros.

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Repositionnement et révélation à Heerenveen

Ce transfert à Heerenveen va être le tournant de la carrière de Van Nistelrooy. En plus de découvrir l’Eredivisie (D1 néerlandaise), il fait la rencontre de Foppe De Haan, l’entraîneur qui va changer sa vie. Ce dernier est interpellé dès le départ par une particularité physique de son nouveau joueur: « Ruud a des pieds uniques, très larges, aussi sensibles que des mains« . De Haan va transformer le jeu du jeune Ruud. Il le repositionne en avant-centre, lui apprend les bases du poste et l’enjoint d’étudier le jeu de Dennis Bergkamp pour s’améliorer. Pour le fan de Marco Van Basten qu’est Ruud, c’est une révélation. L’apprentissage est rapide, facilité par le tempérament besogneux du jeune joueur. Il se montre appliqué et fait rapidement parler la poudre. Il s’impose à la pointe de l’attaque du club frison. Il glane dans la foulée ses premières sélections avec les U21 et termine l’année sur une bonne note (treize buts en 31 matchs d’Eredivisie, seize réalisations en 40 apparitions TCC). Après cette saison réussie, il se retrouve dans les petits papiers d’une flopée de clubs. Le PSV Eindhoven revient à la charge et casse sa tirelire pour s’attacher ses services. Avec 6,3 millions d’euros, il devient le joueur le plus cher du pays (le montant de son transfert est le plus élevé à l’époque entre deux clubs néerlandais).

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Mandatory Credit: Photo by Colorsport/Shutterstock (3039428a) Ruud Van Nistelrooy (PSV and Holland) PSV Eindhoven v Valencia Champions League 22/9/99 Holland Eindhoven Sport

Explosion à Eindhoven

A Eindhoven, Ruud est loin d’arriver en territoire conquis. Bobby Robson, son entraîneur, ne lui accorde que peu de crédit en début d’exercice. Mais très vite, Van Nistelrooy lui fera changer d’avis. Il glanera ses galons de titulaire indiscutable et s’illustrera par une redoutable efficacité, éclipsant même Luc Nilis le buteur-maison. 008 (son surnom à l’époque vu qu’il portait le numéro 8) inscrit 31 buts en 34 matchs de championnat. Il découvre également la Champions League et y trouve six fois le chemin des filets en sept apparitions. Au total, il a marqué 41 buts pour 46 matchs lors de cette première saison. Ses bonnes perfomances lui ouvrent les portes de la sélection (première cape en novembre 1998). Il est également élu footballeur néerlandais de l’année. Après ces débuts fracassants avec le PSV, il est plus courtisé que jamais. Malgré le départ de Robson, il décide de rempiler pour une saison supplémentaire surtout pour mettre toutes les chances de son côté dans l’optique de l’EURO 2000 organisé à domicile. Sous les ordres d’Eric Gerets, le nouvel entraîneur, il se montre encore plus décisif. Tout semble aller pour le mieux mais son élan sera brutalement stoppé en mars 2000. Il contracte une blessure au genou lors d’un match amical. Il l’ignore à ce moment mais cette blessure sera un nouveau tournant dans sa carrière. Courtisé par toute l’Europe, RVN se laisse séduire par la proposition de Manchester United en dépit de l’insistance de Newcastle United (formation coachée par Robson). Les Red Devils mettent 18,5 millions de livres sterlings sur la table pour le recruter. C’est alors que tout s’écroule. Constatant une faiblesse au genou droit, le staff médical mancunien propose d’ouvrir le genou pour mieux inspecter les dégats. Le PSV et Van Nistelrooy refusent catégoriquement, le joueur craint en effet de rater l’EURO. Conséquence, il est recalé à la visite médicale et le transfert est annulé. Le lendemain, il se blesse sérieusement au genou droit à l’entraînement (rupture des ligaments croisés) et doit se faire opérer. Ce contretemps l’oblige à mettre fin à sa saison et lui fait manquer l’EURO. Il se consolera avec le titre de champion des Pays-Bas et un deuxième titre de footballleur néerlandais de l’année. Ses statistiques stratosphériques (29 buts en 23 matchs de championnat, 32 buts en 32 rencontres TCC) en auraient fait l’un des joueurs les plus convoités n’eut été sa grave blessure. Sur le flanc et confronté à des problèmes personnels (décès de son grand-père, divorce de ses parents…), Ruud est au plus mal. Il mettra de longs mois à revenir et manquera presque toute la saison 2000-2001. Malgré tout, Sir Alex Ferguson ne le lâche pas et continue de prendre de ses nouvelles durant sa convalescence. Il retrouve les pelouses en 2001. Utilisé à doses homéopathiques par Gerets (d’autant que Mateja Kezman, son successeur à la pointe de l’attaque du PSV fait feu de tout bois), il doit se contenter de deux buts en championnat (quatre TCC) pour une dizaine de bouts de matchs (douze TCC). Suffisant tout de même pour s’adjuger le deuxième titre de champion de sa carrière. Son état de forme suscite des interrogations légitimes mais qu’importe pour Fergie qui décide de le recruter malgré tout pour près de 19 millions de livres sterlings. Ruud signe un contrat de cinq ans en faveur du club mancunien.

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Star des Red Devils

Débarqué en grande pompe à Manchester United, il ne mettra pas longtemps à se mettre l’exigeant public d’Old Trafford dans la poche. Il glane immédiatement ses galons de titulaire aux côtés d’Ole Gunnar Solskjaer (une des rares saisons où ce dernier est titulaire) au grand dam de Dwight Yorke et Andy Cole. Van Nistelrooy devient le chouchou du théâtre des rêves. Il inscrit 23 buts en 32 matchs de Premier League et score dix fois en Champions League. Il finit la saison avec 36 buts TCC à son actif. Malheureusement, les Red Devils ne gagnent rien durant cet exercice (troisièmes du championnat, demi-finalistes de la Champions League, éliminés des deux coupes nationales). Mais ce n’est rien par rapport à la désillusion vécue en sélection. Les Pays-Bas ne parviennent pas à se qualifier pour la coupe du monde 2002 à la surprise générale. RVN revient encore plus affuté pour l’exercice 2002-2003. Efficace au possible, il martyrise encore plus les défenses du royaume (25 buts marqués, meilleur buteur de Premier League) et d’Europe (14 buts en seulement 11 matches de Champions League). Le club mancunien s’adjuge le titre de champion mais échoue en finale de la League Cup (battu par Liverpool) et se fait sortir en quarts de finale de la C1 par le Real Madrid au terme d’un match retour d’anthologie. La saison 2003-2004 sera par contre plus difficile. Il démarre pourtant bien en inscrivant un minimum d’un but pendant dix matchs consécutifs. Mais le premier couac vient lors du match contre Arsenal en septembre 2003. Il fait expulser Patrick Vieira, le capitaine des Gunners, après une simulation et manque un penalty décisif en fin de match. S’il inscrit un triplé dès le match suivant, il ne trouvera pas une seule fois le chemin des filets en octobre. Pour ne rien arranger, les Red Devils se font distancer en championnat et sont éliminés de la Champions League dès les huitièmes de finale par le FC Porto de José Mourinho. La saison est sauvée grâce à une victoire en FA Cup. Avec 30 buts toutes compétitions confondues (20 en championnat), Ruud réalise sa saison la moins prolifique depuis son arrivée en Angleterre. Il est logiquement retenu pour l’EURO 2004 qu’il dispute dans la peau d’un titulaire. Les Pays-Bas se hissent en demi-finales mais doivent rendre les armes contre le Portugal. L’exercice 2004-2005 sera le moins abouti pour lui. Il doit composer avec d’innombrables pépins physiques et manque une bonne partie de la saison. Limité à 17 apparitions en championnat, il n’inscrit que six buts cette saison-là. Etrangement, il se montre à son avantage en Champions League malgré un temps de jeu en baisse (huit buts en sept matches). Il termine la saison avec 16 buts en 27 matches TCC. En interne, les choses se dégradent. Le caractère entier du batave devient de plus en plus problématique, surtout qu’il n’hésite pas à s’en prendre à ses coéquipiers. Entre Cristiano Ronaldo et lui, les relations s’effilochent. Les deux hommes se prennent le bec lors de la saison 2005-2006. Ils en viennent même aux mains durant un entraînement. Cet incident laissera des traces surtout que Ferguson prend le parti du prodige portugais. S’il reste le meilleur buteur du club (21 buts en Premier League, 24 TCC), RVN ne brille pas en C1 (deux buts seulement) et est de plus en plus confiné au banc. Lors de la finale de League Cup, remportée par les mancuniens, il reste sur le banc durant tout le match. Ce sera l’humiliation de trop pour Ruud qui envisage dès lors de quitter le club. Sélectionné pour la coupe du monde 2006, il vit un tournoi compliqué. Systématiquement remplacé lors des trois premiers matchs de poule (il n’a marqué qu’une fois), il est laissé sur le banc lors du huitième de finale contre le Portugal. Il aura une violente confrontation avec le sélectionneur Marco Van Basten du fait de sa non-titularisation. Seule consolation, il ne prend donc pas part à La bataille de Nuremberg et regardera depuis le banc les Oranje se faire éliminer. Tout semble s’écrouler pour RVN qui a clairement besoin d’un nouveau départ.

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Le roi de Madrid

Ruud Van Nistelrooy s’engage avec le Real Madrid durant l’été 2006. Un pari très risqué dans la mesure où Ronaldo figure toujours dans l’effectif madrilène. Cependant, tout se goupillera bien pour RVN. Fabio Capello en fait son titulaire au détriment du brésilien. Le batave le lui rend bien en portant quasiment à lui seul l’attaque des Merengues. La saison est contrastée (élimination prématurée en C1 et en Copa del Rey) et la Casa Blanca s’illustre par un jeu peu transcendant. Mais Ruud surnage dans ce marasme et permet au club de rester au contact avec le FC Barcelone grâce à ses 25 réalisations en championnat (33 buts TCC). Le Real remporte le titre de champion de façon assez inattendue. Van Nistelrooy s’adjuge le titre de meilleur buteur de la saison et est élu meilleur joueur de l’année. Seule ombre au tableau, la sélection. En conflit ouvert avec Van Basten, il prend sa retraite internationale en janvier 2007 surtout que, depuis le Mondial 2006, ce dernier ne l’avait convoqué que pour remplacer Klaas-Jan Huntelaar blessé (RVN avait décliné cette convocation). Grâce à la médiation d’Edwin Van der Sar, les deux hommes finissent par enterrer la hache de guerre durant l’été 2007 et Van Nistelrooy consent enfin à revenir dans le groupe Oranje. Il récupèrera même sa place de titulaire. En club, la saison 2007-2008 est moins aboutie à cause de nombreux pépins physiques qui l’éloignent des terrains. Il ne dispute que 24 rencontres de championnat (33 TCC) et inscrit 16 buts (20 TCC). Le Real conserve sa couronne nationale mais se loupe encore en coupes avec une nouvelle élimination en huitièmes de C1. Sélectionné pour l’EURO 2008, il inscrit deux buts durant le tournoi mais les Oranje sont éliminés en quarts de finale par la Russie. Touché par ce nouvel échec et le poids des ans, il annonce sa retraite internationale en aout 2008 à 32 ans. La saison 2008-2009 sera malheureusement à oublier pour lui. Après des débuts prometteurs (quatre buts en six matchs de Liga, dix en douze apparitions TCC), il se blesse de nouveau au genou droit en novembre 2008 et est obligé de se faire opérer. Il se retrouve sur le flanc pour tout le reste de la saison. Ce n’est qu’en aout qu’il rejouera lors d’un match de pré-saison. En son absence, Gonzalo Higuain s’est imposé et les arrivées de Cristiano Ronaldo et Karim Benzema durant l’intersaison lui bouchent l’horizon. Pour ne rien arranger, une blessure à la cuisse l’éloigne des pelouses pendant six semaines. A son retour, il ne joue quasiment plus (quatre matchs joués dont un en Liga pour un but). Devenu réserviste, il met fin à son aventure madrilène et quitte le club durant le mercato hivernal.

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Relance à Hambourg

RVN signe un contrat d’un an et demi en faveur du Hambourg SV en janvier 2010 dans le secret espoir de retrouver la sélection (il avait émis l’idée de revenir en septembre 2009). A court de rythme, il se montre pourtant relativement efficace malgré un temps de jeu limité (cinq buts en onze matchs de Bundesliga). Ce sera par contre plus compliqué en Europa League où il ne marque que deux fois en sept apparitions sur le pré. Trop peu pour le sélectionneur Bert Van Marwijk qui décide de se passer de ses services dans l’optique du Mondial 2010 (RVN n’est même pas préselectionné). S’il retrouve une place de titulaire lors de l’exercice suivant, il accuse clairement le poids des années (sept buts en 25 matchs de championnat, dix réalisations TCC). Il est cependant brièvement rappelé en sélection mais finit par être définitivement écarté. Hambourg se classe modestement huitième de Bundesliga. En fin de contrat, Van Nistelrooy décide de ne pas prolonger et se retrouve libre.

ruud-van-nistelrooy-malaga Ruud Van Nistelrooy, légende batave

Fin de carrière à Malaga

En quête d’une star, Malaga offre un contrat d’un an avec option à RVN qui effectue son grand retour en Espagne durant l’intersaison 2011. Au sein d’une formation ambitieuse comptant des joueurs comme Santi Cazorla, Joaquin, Martin Demichelis, Jérémy Toulalan, Joris Mathijsen ou Isco et entraînée par Manuel Pellegrini, Ruud est souvent utilisé (28 matchs joués en championnat, 32 TCC) mais il ne se montre pas sous son meilleur jour (cinq buts inscrits TCC dont quatre en championnat). En fin de saison, il décide d’arrêter les frais et annonce sa retraite après avoir inscrit plus de 380 buts en carrière. Il entame ensuite une carrière d’entraîneur en prenant en main les équipes de jeunes du PSV Eindhoven avant d’assister le sélectionneur Guus Hiddink à partir de 2014. Il a ensuite eu l’honneur d’entraîner le PSV lors de la saison 2022-2023, remportant la coupe des Pays-Bas et la supercoupe des Pays-Bas. Cette saison, il fut intérimaire à Manchester United après le départ d’Erik Ten Hag avant de devenir le manager de Leicester City.

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Trois fois meilleur buteur de la Champions League, Ruud Van Nistelrooy n’a malheureusement jamais pu remporter la coupe aux grandes oreilles et a fini sa carrière avec un palmarès européen vierge. Il en est de même avec la sélection. Plus surprenant, il n’a jamais remporté deux titres en Angleterre bien qu’il ait tout raflé (une seule fois champion, une seule fois vainqueur de la FA Cup, de la League Cup et du Community Shield). Toutefois, cet attaquant de grande taille (1,88 mètres) au sens du but ultra-aiguisé est resté à jamais dans les mémoires de tout fan de football des années 2000.

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