Giuseppe Signori, le bombardier Laziale
Au panthéon des meilleurs buteurs de la Serie A des années 90, Giuseppe Signori est pourtant tombé dans un relatif oubli depuis sa retraite. La faute à une carrière internationale plutôt modeste et surtout par le fait de n’avoir que peu brillé sur la scène européenne. Résultat, son génie ne fut reconnu qu’en Italie. Un fait plutôt surprenant pour un joueur qui enquillait les buts (il figure dans le top 10 des meilleurs buteurs de l’histoire de la Serie A) et fut trois fois meilleur buteur de ce qui était alors le championnat le plus relevé de la planète football. Ce gaucher au shoot puissant et précis était aussi un redoutable tireur de coups de pieds arrêtés.
Des débuts difficiles
Originaire de la province de Bergame, le jeune lombard intègre les équipes de jeunes de l’Inter Milan à quatorze ans. Il y effectuera sa formation mais jugé trop petit, il sera libéré en 1984 sans passer professionnel. Alors âgé de dix-huit ans, il ne se laisse cependant pas abattre et part poursuivre son rêve de devenir footballeur professionnel dans les divisions inférieures. Alors ailier gauche, il s’engage avec l’UC AlbinoLeffe en Serie D (quatrième division). Il y restera deux saisons n’y inscrivant que huit buts avant de rejoindre Piacenza en Serie C (troisième division) à l’intersaison 1986. Pour sa première saison, il ne s’impose pas et ne marque qu’un seul but. Il est alors prêté à l’AC Trento (Serie C) pour la saison 1987-1988. L’expérience n’est pas concluante (trois réalisations en 31 matchs) et il retrouve Piacenza, montée en Serie B (D2 italienne) pour la saison 1988-1989. Il s’impose enfin (32 matchs en championnat, cinq buts inscrits). De quoi attiser l’intérêt d’autres clubs. Il est transféré à la Foggia (Serie B) à l’intersaison 1989.
A la Foggia, il est sous les ordres de Zdenek Zeman, l’entraîneur qui va changer sa carrière. Le tchèque décèle des qualités de buteur chez le jeune ailier de 21 ans. Il décide de le repositionner comme avant-centre malgré son modeste mètre soixante-dix. Le résultat sera fulgurant. Pour sa première saison, il marque 15 buts en 34 matchs. Il en plante onze lors de l’exercice suivant et permet au club de décrocher une promotion en première division en 1991 (Foggia est champion de deuxième divison cette année-là). Conservé, il brille à l’échelon supérieur durant la saison 1991-1992, inscrivant onze buts en Serie A.
Starification à la Lazio
Après cette première saison en Serie A prometteuse, il est logiquement sur les tablettes des cadors du championnat. Il s’engage avec la Lazio à l’intersaison 1992. Dans une équipe comptant des joueurs comme Paul Gascoigne, Karl-Heinz Riedle ou Aron Winter, il arrive sur la pointe des pieds mais s’impose à la vitesse grand V sous les ordres de Dino Zoff. Devenu entretemps international, il inscrit 26 buts et finit meilleur buteur du championnat. La saison suivante, il découvre la coupe de l’UEFA et porte l’attaque laziale aux côtés de ses nouveaux coéquipiers offensifs: Pierluigi Casiraghi et Alen Boksic. Le club finit cinquième, se qualifiant pour la coupe de l’UEFA. Signori finit meilleur buteur du championnat pour la deuxième fois consécutive (23 buts marqués).
Il est logiquement sélectionné pour la Coupe du monde 1994. Ce sera malheureusement une expérience mitigée. Arrigo Sacchi, le sélectionneur, le titularise au poste de milieu gauche. Ce qui n’est pas du goût de Signori qui préfère évoluer en position plus avancée. Le point de non-retour entre les deux hommes sera atteint avant la finale. Sacchi lui annonce son intention de l’aligner comme arrière gauche. Ce qui provoque l’ire de Signori qui refuse immédiatement. Après la défaite, son refus fera polémique. Il lui sera reproché d’avoir refusé de se sacrifier pour le collectif. Il fera le dos rond et reprendra du poil de la bête en championnat à la faveur de l’arrivée sur le banc laziale de Zeman, son ancien mentor. Ce dernier change le système de jeu et instaure une attaque à trois associant Signori, Casiraghi et Boksic plutôt que de les mettre en concurrence. Ce nouveau système permettra aux autres attaquants de briller davantage (ils dépasseront chacun les dix buts inscrits). Signori inscrit un peu moins de buts cette année-là (17 réalisations en championnat, 21 TCC) mais reste tout de même le meilleur buteur du club. La Lazio finit deuxième. En sélection par contre tout va mal. Bien qu’étant encore convoqué de temps en temps, ses relations tendues avec Sacchi conduisent ce dernier à l’écarter tout bonnement. La saison 1995-1996 voit Signori continuer sur sa lancée. Il marque 24 buts et finit meilleur buteur de Serie A pour la troisième fois (titre partagé avec Igor Protti, le buteur de Bari). Il n’est malgré tout pas retenu pour l’EURO 1996 et ne rejouera d’ailleurs plus jamais en sélection.
La saison 1996-1997 est plus contrastée du fait du renouvellement partiel de l’effectif. Protti remplace Boksic (parti à la Juventus) dans le trident offensif. La mayonnaise ne prendra pas. L’équipe se montre inconstante et Zeman finit par être débarqué et remplacé par Zoff. Malgré tout, Beppe conserve son efficacité et finit l’exercice avec quinze buts en Serie A au compteur.

Passage mitigé à la Sampdoria et relance à Bologne
La donne change lors de l’intersaison 1997. Sven-Göran Eriksson devient l’entraîneur de la Lazio. Problème, il amène Roberto Mancini, son ancien joueur, dans ses bagages et en fait son titulaire au détriment de Signori. Il n’est que très peu sollicité durant la première partie de saison (six matchs de Serie A, deux buts) et doit se contenter de jouer le plus souvent en Coppa Italia ou en Coupe de l’UEFA (il inscrit neuf buts en treize matchs TCC). Frustré par son temps de jeu en baisse, Signori se retrouve contraint de quitter le club. Il est prêté à la Sampdoria jusqu’à la fin de la saison et y réalisera son pire bilan (17 matchs, trois buts). De retour au club, il réalise qu’il n’y a plus sa place au vu des recrutements offensifs effectués (Christian Vieri et Marcelo Salas). Il est prêté pour toute la saison 1998-1999 à Bologne pour se relancer. Au sein de cette jeune équipe, il revit et inscrit quinze buts en championnat. Il s’avère également déterminant durant l’épopée européenne des Rossoblus (demi-finalistes de C3 après avoir disputé la coupe Intertoto) inscrivant six buts en onze matchs. Les dirigeants de Bologne décident de le conserver et il y est définitivement transféré. Ses deux saisons suivantes seront tout aussi réussies avec à chaque fois une quinzaine de buts inscrits en Serie A. Lors de la saison 2001-2002, il ne dispute que 14 rencontres (Trois buts). Il revient cependant en grâce durant l’exercice suivant (12 buts). Pour sa dernière saison à Bologne, il n’inscrit que six buts. A 36 ans, il quitte le club après six ans de bons et loyaux services.
Une fin de carrière en queue de poisson
Désireux de s’offrir un nouveau défi, il quitte l’Italie pour la première fois de sa carrière et s’engage avec l’Iraklis Salonique (D1 grecque). Ce sera un échec. Il ne jouera que cinq rencontres sans parvenir à marquer et est libéré de son contrat en fin de saison. Loin de se laisser affecter, il décide de continuer et signe avec le FC Sopron (D1 hongroise) à 37 ans. Il ne joue que neuf matchs pour trois buts inscrits. A la fin de la saison, il décide de mettre un terme à sa carrière.
En dépit de quelques distinctions individuelles (meilleur joueur du championnat italien en 1993, cinquième meilleur tireur de penaltys de l’histoire de la Serie A, record du plus grand nombre de matchs consécutifs à l’extérieur avec au moins un but inscrit sur une saison, premier joueur à avoir marqué dix fois de suite à l’extérieur, premier joueur de Serie A à avoir inscrit trois coups-francs dans un même match…) Signori n’a pas été très chanceux dans sa carrière. En dehors de son titre de champion de D2 et d’une coupe d’Italie, il n’a rien gagné. En outre, il n’a jamais disputé la Champions League.
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