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Jimmy Floyd Hasselbaink, le malchanceux

Bien que figurant parmi les buteurs les plus prolifiques de la fin des années 90 et du début des années 2000, Jimmy Floyd Hasselbaink est cependant globalement sous-estimé par beaucoup, la faute à un palmarès famélique, une carrière internationale assez modeste et le fait d’avoir principalement évolué pour des outsiders. Pourtant, le néerlandais était l’une des attractions de la Premier League, figurant dans le haut du panier des meilleurs buteurs. Retour sur la carrière de celui qui aura souvent été au mauvais endroit au mauvais moment pour enrichir son palmarès.

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Des débuts modestes

Originaire du Surinam, Jerrel Floyd Hasselbaink voit le jour à Paramaribo. Ses parents et lui migrent par la suite aux Pays-Bas où il tapera dans ses premiers ballons. Celui qu’on surnomme à présent Jimmy commence par évoluer au poste de gardien de but avant d’être reconverti ailier droit puis avant-centre au sein de petits clubs. Il débute finalement sa carrière professionnelle en 1990 sous les couleurs du SC Telstar, un modeste club de deuxième division néerlandaise où il a parachevé sa formation. Ses débuts sont frustrants. Il ne signe que quatre apparitions sans jamais pouvoir faire la décision. Dès la fin de saison, il signe à l’AZ Alkmaar alors en deuxième division. Il y reste trois ans sans pouvoir s’imposer définitivement. Après 46 matchs disputés (et cinq buts marqués), il est libéré de son contrat avec l’AZ en 1994. Incapable de retrouver un club, il s’entraîne avec le HFC Haarlem tout en faisant des essais un peu partout. Pour garder le goût du terrain, il évolue en amateur avec Neerlandia, un petit club d’Amsterdam.

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L’aventure portugaise

Après une saison en amateur, il retrouve un club lors de l’intersaison 1996. Il s’engage avec le promu portugais Campomaiorense. Il découvre la première division et réalise une saison encourageante (12 buts en 31 matchs). Cet attaquant inconnu au bataillon attire logiquement les convoitises de clubs plus huppés et il signe à Boavista dès la fin de la saison. Avec le club portiste, il explose définitivement, signant 20 buts en 29 matchs de championnat ce qui lui permet d’être deuxième meilleur buteur du championnat derrière Mario Jardel, le brésilien du FC Porto. Il s’illustre également en coupe de l’UEFA avec trois réalisations en cinq apparitions. Mais surtout, il remporte la coupe du Portugal contre le Benfica Lisbonne. Après cette grosse saison, il apparait que le championnat portugais est désormais trop petit pour lui. Il s’engage avec Leeds United à l’intersaison 1997.

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Réussite à Leeds

Recruté pour deux millions de livres sterling, Hasselbaink mettra un peu de temps pour trouver ses marques dans l’effectif de George Graham. Il n’inscrit que cinq buts lors de la première moitié de saison, peinant à s’exprimer. Heureusement, il prend la mesure de la Premier League lors de la seconde partie de saison et termine l’exercice avec 16 buts en championnat (22 toutes compétitions confondues). Il est récompensé de ses bonnes performances par ses premières convocations en équipe nationale. Guus Hiddink, le sélectionneur, apprécie son profil et le retient pour le Mondial 1998. Il le débute même comme titulaire malgré une forte concurrence (Patrick Kluivert et Pierre Van Hooijdonk). N’ayant pas fait la différence lors du premier match, il est remplacé en cours de match et ne rejouera pas la moindre minute du tournoi. Lors de la saison 1998-1999, il se montre encore plus décisif avec les Peacocks inscrivant 18 buts en Premier League. Ce qui lui permet de décrocher le titre de meilleur buteur à égalité avec Michael Owen et Dwight Yorke. Il signe également 13 passes décisives. Leeds finit quatrième et décroche la qualification en coupe de l’UEFA. Mais en coulisses, les choses se gâtent. Un désaccord financier l’oppose à la direction de Leeds qui le trouve trop gourmand. Fatalement, un départ semble inéluctable.

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Une aventure contrastée à l’Atletico Madrid

Faute de pouvoir s’entendre sur un nouveau contrat, la rupture entre les Peacocks et Hasselbaink est consommée. Il est transféré à l’Atletico Madrid durant l’intersaison 1999 pour 10 millions de livres sterling. Il trouvera immédiatement ses marques au sein de l’attaque des Colchoneros et deviendra le buteur-maison. Une bonne opération pour celui qui vient de retrouver la sélection. Il claquera but sur but, tant en championnat qu’en coupes. Problème, le club vit une saison très difficile marquée par des soubresauts en coulisses (le controversé président Jesus Gil Y Gil est provisoirement écarté de son poste par la justice espagnole) et les prouesses d’Hasselbaink ne peuvent cacher le désert. En plein marasme sportif malgré un effectif ayant fière allure sur le papier, l’Atletico décline et est sorti en quarts de finales de la Coupe de l’UEFA par le RC Lens (le coach Claudio Ranieri s’en ira le lendemain du match aller). En championnat, tout va mal. Incapable de gagner (15 matchs consécutifs sans victoire), le club finit 19e et est relégué en seconde division. Seul éclaircie, un bon parcours en Copa Del Rey où les hommes de Radomir Antic se hissent en finale. Malheureusement, ils s’inclinent contre l’Espanyol Barcelone. Pour Hasselbaink, la saison est tout de même réussie au plan individuel avec 24 buts en championnat (33 toutes compétitions confondues) et une deuxième place au classement des meilleurs buteurs. Ultime désillusion, bien qu’étant dans la liste des 25 présélectionnés, il ne sera pas retenu pour l’EURO 2000 disputé à domicile malgré l’indisponibilité de Ruud Van Nistelrooy (le sélectionneur Rijkaard lui préfère Roy Makaay et Peter Van Vossen).

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Les années Blues

Sans surprise, Hasselbaink se retrouve sur les tablettes de grands clubs. C’est finalement Chelsea qui le recrute pour 15 millions de livres dès l’ouverture du mercato estival 2000. Au sein d’un championnat qu’il connait bien, le batave fait parler la poudre dès son premier match officiel (le Community Shield remporté par Chelsea). Il s’impose immédiatement à la pointe de l’attaque des Blues et brille durant cette première saison (23 buts en Premier League, 26 toutes compétitions confondues). Il retrouve même sa place en sélection sous les ordres de Louis Van Gaal. Son exercice 2001-2002 est tout aussi brillant (23 buts en championnat et le titre de meilleur buteur, 29 réalisations TCC) mais Chelsea finit la saison sans titre. Touché à un tendon, il doit se faire opérer durant l’été 2002, ce qui lui fait manquer le début du championnat 2002-2003. L’entraîneur Claudio Ranieri décide de faire de Gianfranco Zola son atout offensif numéro un durant son absence. Hasselbaink joue un peu moins et ses statistiques s’en ressentent. Ce qui lui vaudra d’être définitivement écarté de la sélection. Il est même à deux doigts de quitter le club durant le mercato hivernal (le FC Barcelone coaché par Louis van Gaal en avait fait sa priorité). Il terminera la saison chez les Blues avec 15 buts au compteur (11 en Premier League). Lors de la saison suivante, il fait indirectement les frais du rachat du club par Roman Abramovich. Il voit débarquer deux concurrents de poids: Hernan Crespo et Adrian Mutu. Il conserve cependant la confiance de Ranieri qui l’aligne assez régulièrement. Chelsea vivra une nouvelle saison blanche (deuxième derrière Arsenal, demi-finaliste de Champions League). A titre individuel, Hasselbaink s’en sort plutôt bien malgré un temps de jeu réduit et finit meilleur buteur du club pour la troisième fois en quatre ans (13 réalisations en championnat, 18 TCC). Malgré tout, il n’est pas prolongé et se retrouve libre de tout contrat à 32 ans.

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Relance à Middlesbrough

Convoité par Fulham et les deux géants écossais (Celtic Glasgow et Glasgow Rangers), il préfère s’engager pour deux ans avec Middlesbrough. Au sein de la formation coachée par Steve McClaren, il prend le dessus sur ses concurrents (Mark Viduka, Joseph-Désiré Job, Massimo Maccarone…) et finit meilleur buteur du club dès sa première saison (13 buts en Premier League, 16 TCC). La saison suivante sera moins réussie du fait de la concurrence du nigérian Yakubu Ayegbeni, arrivé durant l’intersaison 2005. Son bilan reste cependant positif avec 10 pions en Premier League et quatre autres en C3 (18 buts TCC). Il est même le deuxième meilleur buteur du club avec seulement un but de moins que le nigérian. Problème, Steve McClaren quitte le club à la fin de la saison. En fin de contrat, Hasselbaink ne reçoit pas d’offre de prolongation et se retrouve libre.

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Fin de carrière difficile

A 34 ans, il ne consent pas à raccrocher tout de suite les crampons. Pressenti pour rejoindre le Celtic Glasgow, il signe finalement pour un an à Charlton Athletic. Cette fois, l’expérience ne sera pas concluante. Bien que régulièrement aligné, il n’inscrit que deux buts en Premier League (quatre TCC). Le club finit 19e et est relégué en Championship. Non-conservé par les Addicks, il rebondit à Cardiff City en Championship pour la saison 2007-2008. Associé dans un premier temps à Robbie Fowler, le poids des ans jouera en la défaveur du duo. Auteur de huit buts toutes compétitions confondues (six en championnat), il prend part à la belle aventure des Bluebirds qui se hissent en finale de FA Cup (battus par Portsmouth). Ne parvenant pas à trouver un accord contractuel avec les dirigeants, il quitte le club libre lors de l’intersaison 2008. Désormais âgé de 36 ans, il ne trouve pas preneur et finit par mettre un terme à sa carrière pour embrasser celle d’entraîneur.

De toute sa carrière, il n’a jamais eu l’honneur de remporter un championnat. Ses seuls titres ont été glanés en coupes (une coupe du Portugal avec Boavista et un Community Shield avec Chelsea). Ce qui est bien maigre au vu de sa carrière. Etrangement, il n’a disputé la Champions League qu’une seule fois. En sélection, il a fait les frais d’une concurrence exacerbée (Kluivert, Bergkamp, Van Hooijdonk, Van Nistelrooy, Makaay, Van Vossen…) et n’a jamais réussi à s’imposer.

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