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Se faire éditer en Côte d’Ivoire: les types de contrat d’édition

Dans le monde de l’édition ivoirienne, on dénombre trois principaux types de contrat: le contrat à compte d’auteur, la coédition et le contrat à compte d’éditeur. Afin que vous puissiez en avoir une juste idée, je me fais le devoir de vous les expliquer sommairement.

1. Le contrat à compte d’auteur

Il s’agit bien évidemment du type de contrat le plus facile à obtenir. Dans ce cas de figure, la grande majorité des frais d’édition sont pris en charge par l’auteur lui-même. La maison d’édition se contente d’apposer son logo et de s’occuper de la distribution en librairie et grandes surfaces moyennant un pourcentage (entre 10 et 30%). Elle peut aussi s’occuper des démarches administratives légales (numéro ISBN, déclaration au BURIDA, dépôt aux archives de la bibliothèque nationale…). Généralement, lorsqu’un auteur décide d’opter pour ce type de contrat, il essuie rarement des refus (sauf si l’ouvrage fait l’apologie d’actes illégaux et d’idéologies réprimées par la loi) et est donc quasiment certain d’être édité.

Toutefois, cette solution s’avère plus qu’onéreuse. Les frais d’édition peuvent se chiffrer à plusieurs millions de francs CFA dans certains cas. Par dessus le marché, la maison d’édition ne prenant aucun risque financier, la majeure partie du travail de promotion incombe à l’auteur. En plus de payer pour être édité, il doit également se débrouiller pour promouvoir son ouvrage. L’édition à compte d’auteur peut vite devenir un gouffre financier. Pour ne rien arranger, les œuvres publiées via ce type de contrat sont souvent très mal considérées dans le monde du livre.

Les plus: Droits d’auteur importants, assurance d’être édité, contrôle total sur le contenu de l’œuvre, possibilité de conserver ses droits sur l’ouvrage.

Les moins: Solution chère, promotion laissant à désirer, manque de reconnaissance dans le milieu des auteurs

Mon avis: Je ne recommande pas d’opter pour cette solution. A moins d’être nanti et de pouvoir compter sur un circuit de promotion efficace, on a plus à perdre qu’à gagner avec ce type de contrat. Et quand bien même vous seriez capable de promouvoir votre œuvre par vos propres moyens, mieux vaut opter pour l’auto-édition.

2. La coédition

Aussi appelée formule participative par certains éditeurs locaux. Ici, il est demandé à l’auteur de pré-financer ou de prendre en charge certaines des étapes de l’édition. En contrepartie, il se voit accorder un pourcentage de droits d’auteurs plus important (25 à 60%) et voit son ouvrage arriver plus rapidement en librairie. Si sur papier cette formule peut sembler séduisante, dans les faits, on est bien plus proches de la formule à compte d’auteur. Les tarifs sont assez élevés (entre 300.000 et un million de francs CFA) et l’auteur reçoit le plus souvent un lot de livres qu’il doit écouler LUI-MÊME.

Malheureusement, cette formule est désormais privilégiée par bon nombre de maisons d’éditions locales, au motif que les livres se vendent mal. Chacune y va de sa propre approche pour faire passer la pilule et pousser l’auteur à passer à la caisse (des facilités de paiement sont même proposées). Dans ce cas de figure, vous bénéficiez tout de même d’un minimum de promotion, mais comme pour l’édition à compte d’auteur, c’est vous qui avez le plus à perdre. A moins d’avoir une âme de commercial, ce n’est pas la panacée. Vous serez certes rapidement édité, mais il vous faudra beaucoup d’abnégation pour rentrer dans vos frais et dans certains cas, vous serez livrés à vous-même pour la promotion. Économiquement parlant, cette formule est risquée.

Les plus: Délai de publication réduit, droits d’auteurs plus importants, promotion assurée par l’éditeur, démarches légales à la charge de l’éditeur.

Les moins: Contribution financière importante, gros risque de se retrouver avec des invendus sur les bras, promotion moins importante que pour les ouvrages à compte d’éditeur.

Mon avis: A moins d’être impatient, je ne recommande pas cette option. Vous vous retrouvez à payer pour des frais qui incombent normalement à l’éditeur (correction, mise en page, maquette…) et vous allez devoir compter sur votre propre réseau pour vendre la centaine d’exemplaires que l’éditeur vous donnera « gracieusement » en échange de votre participation aux frais.

3. Le contrat à compte d’éditeur

C’est le type de contrat le plus difficile à obtenir. Dans ce cas de figure, l’auteur ne débourse rien du tout. Tout ce qui concerne la confection, la promotion et la commercialisation du livre est à l’entière charge de l’éditeur. Bien sûr, l’auteur est consulté durant certaines étapes de la conception de la maquette, mais sa marge de manœuvre est réduite. L’éditeur peut ainsi lui imposer des modifications, un changement de titre, voire une réécriture du livre pour le rendre plus vendeur. L’œuvre peut ainsi être totalement dénaturée.

De plus, l’éditeur étant pratiquement seul maître à bord, c’est à lui que revient toutes les décisions concernant la promotion (normal vu qu’il a investi ses deniers sur l’œuvre). L’auteur est alors tenu de se montrer le plus disponible possible. Enfin dans cette formule, les droits d’auteur sont minimes (6 à 10%). Malgré tout, il s’agit du meilleur type de contrat pour l’auteur (il est le moins risqué) et il est d’ailleurs considéré comme la formule de base dans toute l’industrie du livre.

N.B.: L’usage veut que l’auteur perçoive un à-valoir (une avance sur ses futurs droits d’auteur) au moment où il signe un contrat à compte d’éditeur. Mais en Côte d’Ivoire, rares sont les maisons d’éditions qui en proposent à leurs auteurs. Ne soyez donc pas surpris si votre éditeur ne vous en donne pas.

Les plus: Aucun frais à engager, démarches légales, promotion et opérations commerciales assurées par l’éditeur

Les moins: Moins de flexibilité, obligation de se soumettre aux diktats de la maison d’édition, droits d’auteur peu importants.

Mon avis: Ce type de contrat est le plus avantageux pour l’auteur. S’il n’est pas certain de bénéficier d’un à-valoir, il ne risque pas non plus de se retrouver endetté au cas où le livre se vendrait mal. En plus, cela permet d’avoir une promotion à la carte réalisée par des professionnels en la matière et une présence correcte en librairie. Il convient tout de même de refuser un pourcentage de droits d’auteur en dessous des 6 %

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5 comments

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Soumahoro Kassia

Je vous remercie pour toutes ces informations qui pour moi seront très utiles pour cet monde auteurs que je m’en vais embrasser.

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Mousso

Merci !

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Kouassi konan venance

Merci de nous éclairer. Il est vraiment important d’en savoir plus sur la publication d’un ouvrage. Les types de contrats qui régissent le secteur. Inifini merci.

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GUEU Patrice

Merci. Mais comment contacter physiquement ISBN côte d’Ivoire. je précise que je suis à l’intérieur.

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Brignon yadi grâce Rachelle

Merci pour l’information et je souhaite réussir dans le milieu de l’écriture

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