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Vainqueurs oubliés de Coupe d’Europe

Si l’actuel format de compétitions adopté par l’UEFA pour les coupes d’Europe laisse de moins en moins de place aux surprises, il n’en a pas toujours été ainsi. Dans le passé, la compétition s’avérait plus équitable et moins élitiste, de sorte que des clubs anonymes ou peu prestigieux pouvaient aisément bousculer la hiérarchie. Si nombre d’entre eux se sont illustrés par de belles épopées parfois restées dans les mémoires collectives des fans de foot, certains de ces outsiders sont parvenus à décrocher les titres suprêmes. Bien qu’elles ne soient pas les premières équipes auxquelles on pense au moment d’évoquer les palmarès européens, ces formations peuvent toutefois se targuer de compter une ou plusieurs coupes d’Europe dans leur armoire à trophées.

West Ham United (Angleterre) (C2 1965)

Club majeur du championnat anglais dans les années 60, les Hammers remportent la FA Cup en 1964 et gagnent le droit de disputer la C2 l’année suivante. Ils parviendront à se hisser en finale au terme d’une campagne qui les a vu triompher successivement de La Gantoise (Belgique) du Sparta Prague (Tchécoslovaquie), de Lausanne-Sports (Suisse) et du Real Zaragoza (Espagne). Opposés au TSV 1860 Munich (le deuxième club munichois) en finale, ils s’adjugent le titre grâce à un doublé d’Alan Sealey (2-0).

Celtic Glasgow (Ecosse) (C1 1967)

Cette édition de la coupe des clubs champions marquera la fin du règne des clubs latins. Pour la première fois, une formation britannique parvient à remporter le prestigieux trophée. Les écossais démarrent tambour battant en éliminant le FC Zürich (Suisse), le FC Nantes (France) puis Vojvodina (Yougoslavie). En demis, ils ne laissent aucune chance au Dukla Prague (Tchécoslovaquie) et se retrouvent en finale face à l’Inter Milan de Giacinto Facchetti et Sandro Mazzola. Favorite, la formation coachée par Helenio Herrera ouvre rapidement la marque mais se fait surprendre deux fois en seconde mi-temps par les Bhoys qui triomphent 2-1. Un exploit que le club de Glasgow n’a pu rééditer jusqu’à présent.

Slovan Bratislava (Tchécoslovaquie) (C2 1969)

A une époque où les pays du bloc de l’Est réalisaient de bons résultats sur la scène continentale, le Slovan est cependant loin d’être favori pour la victoire finale. La formation tchécoslovaque se débarrasse du  FK Bor (Yougoslavie) en seizièmes avant de frapper un grand coup en éliminant le FC Porto en huitièmes. Vainqueurs du Torino (Italie) en quarts, ils triomphent de Dunfermline Athletic (Ecosse) en demis. Opposés au FC Barcelone en finale, le Slovan crée la sensation en s’imposant (3-2).

Feyenoord Rotterdam (Pays-Bas) (C1 1970)

Dans le contexte de l’époque, le Feyenoord était un sans-grade qui n’avait rien prouvé sur la scène européenne. Le vent avait tourné quelques années auparavant avec les succès de clubs britanniques, mais les Pays-Bas n’avaient encore rien gagné. Le Feyenoord démarre sa campagne pied au plancher en détruisant les islandais du KR Reykjavík. Dès les huitièmes, ils marquent les esprits en sortant le Milan AC. La suite de la compétition est de la même teneur avec les succès face au Vorwärts Berlin (RDA) et le Legia Varsovie (Pologne). En finale, il leur faudra avoir recours aux prolongations pour venir à bout du Celtic Glasgow et devenir le premier club batave à remporter une coupe des clubs champions. Une première qui préfigure la nette domination qu’aura l’Ajax Amsterdam sur le football européen.

FC Magdebourg (RDA) (C2 1974)

Bien que comptant parmi les meilleures formations de la RDA, le club est-allemand n’impressionne personne au moment où débute la campagne. Tombeur du NAC Breda (Pays-Bas), du Banik Ostrava (Tchécoslovaquie) et du Beroe Stara Zagora (Bulgarie), le FC Magdebourg rencontre son premier adversaire sérieux en demies: le Sporting CP. Vainqueurs du club lisboète à la surprise générale, les est-allemands se retrouvent opposés au Milan AC en finale. Largement donnés outsiders, ils profitent d’un coup du sort (auto-goal du défenseur italien Enrico Lanzi) pour prendre l’avantage. Ils doubleront plus tard la mise et s’imposeront 2-0.

Eintracht Francfort (RFA) (C3 1980)

Dans une édition largement dominée par les clubs ouest-allemands (quatre clubs en demi-finales), Francfort remporte la première coupe d’Europe de son histoire. Ce fut cependant loin d’être un long fleuve tranquille pour Die Adler. Sur la route de la finale, Francfort se défait difficilement d’Aberdeen (Ecosse) et du Dinamo Bucarest (Roumanie). Les quarts de finale contre le Feyenoord Rotterdam sont heureusement mieux maîtrisés. En demis, les rouge et noir sortent vainqueurs du duel fratricide contre le Bayern Munich avant de prendre le meilleur dans la double confrontation contre le Borussia Mönchengladbach en finale (jusqu’en 1997, la finale de la coupe de l’UEFA se jouait en matchs aller-retour).

Dinamo Tbilissi (URSS) (C2 1981)

Dans cette édition de la coupe des coupes particulièrement ouverte durant laquelle le bloc de l’Est a brillé (quatre équipes en quarts de finales et une finale 100% Est), le club géorgien s’est montré le meilleur. Logique vainqueur des grecs de Kastoria puis des irlandais de Waterford, le représentant soviétique surclasse West Ham United en quarts de finale avant d’éliminer le Feyenoord Rotterdam en demis. Favoris contre un sans-grade en finale (les est-allemands du Carl Zeiss Iéna), les soviétiques s’imposent 2-1 et remportent leur seul trophée européen à ce jour.

Ipswich Town (Angleterre) (C3 1981)

Alors en pleine bourre en championnat (ils jouaient le titre cette année-là), les Tractor Boys font bonne figure sur la scène européenne. Victorieux des grecs de l’Aris Salonique puis des tchécoslovaques du Bohemians Prague, et des polonais du Widzew Lodz, ils héritent du statut de favoris de la compétition lors de la mise à mort de St-Etienne en quarts (4-1;3-1). La demi-finale contre les allemands du FC Cologne est cependant plus délicate mais Ipswich Town passe l’obstacle et boucle la boucle en finale contre l’AZ Alkmaar (Pays-Bas). Modeste pensionnaire de troisième division à présent, Ipswich Town est bien loin de cette époque faste.

Aston Villa (Angleterre) (C1 1982)

Les clubs anglais avaient beau dominer de la tête et des épaules la coupe des clubs champions, personne ne s’imaginait que les Villains parviendraient à la remporter, surtout que Liverpool prenait également part à la compétition. Pourtant le club de Birmingham va surprendre tout le monde. Vainqueurs du Valur Reykjavík (Islande) puis du Dynamo Berlin (RDA), ils réalisent un premier coup d’éclat en sortant le Dynamo Kiev (URSS) en quarts de finale. Après s’être défaits du RSC Anderlecht en demis, ils se retrouvent face au Bayern Munich en finale. Donnés largement favoris, les bavarois se font surprendre un peu après l’heure de jeu et s’inclinent (0-1). Aston Villa réalise là son plus grand exploit.

IFK Göteborg (Suède) (C3 1982)

Troisième de son championnat la saison précédente, le club de Göteborg va placer la Suède sur la carte du football européen au terme d’une campagne de haute volée. Dans une édition comptant nombre de grands noms au départ (Real Madrid, Atlético Madrid, Arsenal, Hambourg SV, PSV Eindhoven, Feyenoord Rotterdam, Inter Milan, Sporting CP, Spartak Moscou pour ne citer qu’eux), la formation suédoise emmenée par son buteur Torbjörn Nilsson déjouera tous les pronostics. Les voisins finlandais du FC Haka rendent les armes en trente-deuxièmes de finale. La suite sera tout aussi favorable avec des qualifications contre le Sturm Graz (Autriche) puis le Dinamo Bucarest (Roumanie). En quarts, ils parviennent à battre les espagnols du Valence CF avant de se qualifier pour la finale suite à leur succès contre le FC Kaiserslautern. En finale, ils affrontent un autre club ouest-allemand, le Hambourg SV qui à l’époque fait figure d’épouvantail. Grâce à deux succès de prestige, ils triomphent à la surprise générale.

Aberdeen FC (Ecosse) (C2 1983)

Coachée par un certain Alex Ferguson, la formation écossaise démarre la compétition timidement en sortant le Dinamo Tirana (Albanie) puis le Lech Poznan (Pologne). Opposés au Bayern Munich en quarts, ils créent la surprise en éliminant le club bavarois. Ils décrochent leur ticket pour la finale en venant à bout du Waterschei Thor de Genk (Belgique). Leur adversaire, le mythique Real Madrid, est logiquement favori, mais les écossais s’imposent à la surprise générale en prolongations (2-1). Notons que cette édition de la coupe des coupes particulièrement relevée avait enregistré les participations des deux ogres espagnols (le FC Barcelone et le Real Madrid) ainsi que de l’Inter Milan et de Tottenham en plus du Bayern Munich.

Everton (Angleterre) (C2 1985)

Sur un nuage cette saison là (ils seront sacrés champions d’Angleterre), les Toffees brillent également en coupe d’Europe. En dépit d’un seizième de finale brouillon contre les irlandais de l’University College Dublin, les liverpuldiens se débarrassent  sans peine des tchécoslovaques de l’Inter Bratislava et des néerlandais du Fortuna Sittard. En demis, ils triomphent du Bayern Munich et s’offrent une finale de prestige contre le Rapid Vienne (Autriche). Everton s’imposa 3-1 et remporta ce qui est à ce jour son seul trophée européen.

Steaua Bucarest (Roumanie) (C1 1986)

Quand démarre la compétition, le club roumain n’est même pas cité parmi les outsiders. Il faut dire qu’avec les présences de la Juventus Turin, du FC Barcelone, du Bayern Munich et de l’Ajax Amsterdam, personne ne mise un kopeck sur le Steaua qui n’a jamais fait d’étincelles dans cette coupe d’Europe. Il démarre la compétition en sortant le Velje BK (Danemark) puis le Honved Budapest (Hongrie)  avant de venir à bout du FC Kuusysi (Islande), la formation surprise de ces quarts de finale. En demis, les roumains battent le RSC Anderlecht et se retrouvent en finale face au FC Barcelone. Dans un match qui semble joué d’avance et se déroulant en Espagne (au Sanchez Pizjuan de Séville), le Steaua va cependant contenir les assauts catalans et s’imposer aux tirs aux buts. Helmuth Duckadam, le gardien roumain, arrêtera les quatre tirs barcelonais de la séance, offrant ainsi le succès final à son équipe.

IFK Göteborg (Suède) (C3 1987)

Cinq ans après leur premier succès dans la compétition, les Blavitt remettent ça. Plus attendus cette fois, ils font toutefois figure d’outsiders. Un statut qui leur conviendra parfaitement, leur permettant de faire leur chemin dans l’ombre. Ils éliminent successivement le Sigma Olomouc (Tchécoslovaquie), le Stahl Brandenburg (RDA) et La Gantoise (Belgique). En quarts, ils triomphent de l’Inter Milan avant de surclasser le Swarovski Tirol (Autriche) en demis. En finale, ils prennent le meilleur sur les écossais du Dundee United et remportent leur second titre européen.

FC Malines (Belgique) (C2 1988)

Finalistes surprise, les belges partent avec la défaveur des pronostics face à l’Ajax Amsterdam. Pourtant, la formation du plat pays prend le meilleur sur son voisin batave et s’impose contre toute attente 1-0. Ce succès inattendu vient clouer le bec à ceux qui arguaient que le club malinois avait toujours eu la chance de bénéficier d’un bon tirage. En effet, Malines a été souvent verni au jeu du tirage au sort. Pour se qualifier en finale, les belges ont affronté successivement le Dinamo Bucarest (Roumanie), St Mirren (Ecosse), le Dinamo Minsk (URSS) et enfin l’Atalanta Bergame (Italie).

Etoile Rouge Belgrade (Yougoslavie) (C1 1991)

Qualifié pour la première finale européenne de son histoire, le club yougoslave semble faire pâle figure devant son adversaire du jour, l’Olympique de Marseille. Si le club français marche sur l’eau et est grandissime favori, l’Etoile Rouge qui a déjà éliminé coup sur coup le Grasshopper Zürich (Suisse), les Glasgow Rangers (Ecosse), le Dynamo Dresde (Allemagne) et le Bayern Munich ne vient pas en victime résignée. Les yougoslaves joueront crânement leur chance en bétonnant leur défense. C’est aux tirs aux buts que la décision se fera après un match nul et vierge. Habitués des séances de penaltys, les joueurs de l’Etoile Rouge réussissent tous leurs tirs et triomphent à la surprise générale.

Galatasaray SK (Turquie) (C3 2000)

Reversés en Coupe de l’UEFA après avoir finis troisièmes de leur groupe de Champions League, les turcs vont jouer à fond la compétition et se qualifieront pour la finale après avoir écarté les italiens de Bologne, les allemands du Borussia Dortmund, les espagnols de Majorque et les anglais de Leeds United. Confrontés à Arsenal en finale, les partenaires de Gheorghe Hagi et Hakan Sükür vont faire mieux que résister aux Gunners. Le score demeurant vierge après les prolongations, c’est aux tirs aux buts que tout s’est joué. Le gardien brésilien Claudio Taffarel détourne le penalty de Davor Suker et voit celui de Patrick Vieira s’écraser sur la barre transversale. Les tireurs du club turque ne tremblent pas et Gheorghe Popescu offre le titre aux stambouliotes en transformant le quatrième tir.

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