The Big Bang Theory
Comme nombre d’entre vous je suis plusieurs séries télévisées aux seules fins de me délasser et d’oublier un peu la routine quotidienne. En la matière mes préférences sont assez variées. De la sitcom la plus gnangnan à la frasque télévisuelle finement narrée en passant par la série policière riche en explosions, rien ne me répugne (Exception faite cependant des télénovelas). A ce titre j’ai été amené à absorber tout et n’importe quoi dans ce giron, l’essentiel étant que l’histoire parvienne à me divertir (après tout n’est ce pas le but premier de la série télé ?). Bien évidemment au fil des années on en exige plus, on devient de plus en plus sélectif, et on prête attention à des détails qui auraient été royalement ignorés par le passé. Ainsi je me suis donc retrouvé à cibler mes producteurs préférés, mes studios de prédilection et bien d’autres détails dont ne s’embarrasse que moyennement le téléspectateur lambda. Si cette façon de procéder m’a souvent été utile pour m’aiguiller sur des séries susceptibles de m’intéresser, elle a également l’inconvénient de pousser à déprécier certaines productions qui s’avèrent malgré tout plus que sympathiques. Mais dans l’ensemble le taux de satisfaction est tout de même assez élevé de mon côté, n’ayant eu que très rarement la malchance de tomber sur des shows inintéressants de bout en bout.
C’est via cette méthode que je me suis intéressé à la série The Big Bang Theory. Autre son intitulé assez accrocheur (j’en vois qui déjà viendront soutenir le contraire mais dans le genre on a eu bien pire et de toutes façons ça se saurait si l’intitulé à lui tout seul faisait une série) j’ai été interpellé par une lecture rapide du synopsis découvert dans mon programme télé mensuel. Une sitcom sur les geeks, j’ai trouvé l’idée intéressante vu que très peu commune. De plus la production étant siglée Chuck Lorre, mes doutes ont été plus que rapidement levés. Malheureusement la diffusion dans mon pays ne fut pas effective. Des problèmes de droits l’ont entravée et ne me sentant pas le courage de rechercher les épisodes en streaming sur le web, je me suis résolu à ne pas la voir. Le « miracle » vint cependant via MTV qui entreprit de diffuser la série depuis son premier épisode. Je ne pouvais rêver de mieux. Rendez-vous fut donc pris pour la première retransmission. Les premiers épisodes m’ayant convaincu, je décidai donc de suivre assidument les pérégrinations de cette bande de surdoués marginaux.
Bien évidemment qui dit sitcom sous-entend intrigues basiques, rafales de vannes, rires préenregistrés, et psychologie rudimentaire des personnages (juste ce qu’il faut pour les rendre attachants). Dans le genre The Big Bang Theory n’est pas la plus accessible. Les tirades des personnages sont plutôt longues comparées à ce à quoi nous étions habitués dans ce créneau mais elles sont en grande partie les tenantes de l’humour grinçant qui surplombe cette série à appréhender avec une bonne dose de second degré. Si on rigole de bon cœur devant les délires de geeks dans leur bulle, il est moins évident d’esquisser un sourire à l’écoute des répliques des personnages principaux. Les subtilités des vannes ne sont perceptibles qu’a condition d’avoir un minimum de bagage intellectuel (notamment pour le personnage de Sheldon). De plus il convient de constamment avoir à l’esprit que les héros ont tendance à tout rationnaliser, ce qui offre parfois d’intéressantes perspectives. Leur inadaptation sociale participe également de l’humour de la série partagée entre le monde simple et la bulle de nos physiciens qui vue de l’extérieur de leur cercle parait en tous points ridicule. Pas ce qu’il y a de plus fin, mais suffisant pour susciter le rire chez le téléspectateur.
Cependant tout est loin d’être rose dans l’organisation de cette série. Outre le fait qu’elle ne soit pas très évidente à appréhender (et peut s’avérer même barbante par moments), elle souffre de nombreux écueils. Tout d’abord les personnages sont on ne peut plus caricaturaux. Si le grossissement des traits négatifs est aussi une marque de fabrique des sitcoms, on nage par contre entre clichés des plus malsains et parodie psycho-scientifique peu crédible. De plus le principe même de la série n’offre que peu de possibilités de s’affranchir de cet univers créé sur mesure pour les héros. Ce qui à le défaut d’installer la série dans un certaine redondance. Toutes choses qui au fil des saisons finit par lasser.
En dépit de ces quelques fausses notes The Big Bang Theory reste cependant une bonne série avec tout ce qu’on est en droit d’attendre d’un programme comique. Un peu abrupte oui, peu évidente à apprécier aussi mais réellement intéressante quand on entre dans le truc comme on dit
Partagez ce contenu :


Laisser un commentaire