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Los Angeles Lakers, chronique d’une reconstruction ratée

A l’orée de la saison 2012-2013, les Los Angeles Lakers, monument parmi les monuments de la NBA se posait plus que jamais en grand favori pour la victoire finale. Fort d’une période de trade parfaitement gérée avec les arrivées de Steve Nash et de Dwight Howard, les Angelenos semblaient bien partis pour tout écraser avec leur Big Five. Rarement dans l’histoire du basket un éventuel cinq de départ n’avait semblé aussi dominant et cette starting lineup est devenue de facto l’une, si ce n’est la meilleure de tous les temps sur le papier. Cinq mois après la constitution de cette équipe de rêve, les Lakers sont tout de même en mauvaise posture et il leur faudrait réaliser une deuxième partie de saison étincelante pour avoir une chance de jouer les playoffs cette année. Une humiliation au vu des espoirs nés de cette association de talents et de la valeur intrinsèque de chacun des éléments du cinq majeur. Il est de bon ton de s’interroger sur les raisons de ce qui s’annonce comme un des plus gros couacs de l’histoire du sport US.

L’après Phil Jackson mal géré

Si au fil de l’histoire les Lakers ont toujours réussi à se relever, au point qu’on pourrait croire la franchise éternelle, il est acquis que les derniers succès des pourpre et or portent la marque d’un homme: Phil Jackson. L’ex-impérator des Chicago Bulls de la grande époque a remporté cinq trophées avec l’équipe californienne, mais au-delà de ses succès il s’avère être un homme plus que difficile à remplacer. Les fans de basket se rappellent tous que son départ des Lakers en 2004 après des Finals perdues avait transformé l’épouvantail de la ligue en équipe ordinaire de playoffs. Lorsqu’il jette l’éponge en 2011 après un sweep face aux Dallas Mavericks au deuxième tour des playoffs, une page se tourne, et les dirigeants de la Franchise vont rater la transition. La décision de Jerry Buss, propriétaire de l’équipe d’en laisser la gestion à son fils Jim va s’avérer être une mauvaise idée. Ce dernier décide de faire table rase du passé en engageant l’ancien entraîneur des Cleveland Cavaliers Mike Brown, bien que les joueurs se soient prononcés pour la confirmation d’un des adjoints du zen master. Il continuera son grand ménage en se débarrassant de Lamar Odom, meilleur sixième homme de la ligue envoyé de façon assez ignominieuse aux Mavericks. N’étant pas parvenus à faire signer Chris Paul (le transfert a été invalidé par la NBA propriétaire à l’époque des Hornets), ils abordent l’exercice suivant affaiblis et ne parviennent pas à se qualifier pour la Finale de conférence pour la deuxième saison de suite (défaite contre Oklahoma City Thunder).

Recrues pas au niveau, effectif vieillissant

Les recrutements en grandes pompes de Steve Nash, l’un des meilleurs passeurs de l’histoire, puis de Dwight Howard, pivot le plus dominant de la ligue à l’intersaison ont été de vrais gros coups mais la contrepartie s’avère lourde à porter. En effet pour faire l’équilibre des comptes, les Lakers se sont retrouvés avec une des Second Unit les plus faibles de la ligue. Lorsque les titulaires sont au repos, les seconds couteaux peinent à se montrer dangereux, de sorte que même le minimum attendu des remplaçants (rester au contact au scoring) est difficile à obtenir. Un écueil qui avait déjà pu se constater lors des matchs de préparation  et qui n’a fait que s’empirer une fois la saison lancée. Les Lakers ont l’un des bancs les plus ridicules de la NBA qualitativement parlant et les stars ne peuvent pas tout faire toutes seules. Cette faiblesse aurait pu être comblée si les meilleurs joueurs avaient encore toutes leurs facultés physiques. En effet Steve Nash (38 ans), Kobe Bryant (34 ans),  Metta World Peace (33 ans) et Pau Gasol (32 ans) ne sont plus des jeunes hommes et doivent se ménager. Ajoutons à cela des blessures et méformes (Nash, Blake, Hill, Gasol, Howard) et on se retrouve avec un effectif plutôt limité. Le fameux Big Five n’a au final été aligné en intégralité que moins de dix fois et lorsqu’il l’a été, le niveau de forme inégal de ses constituants n’a pas aidé. Résultat les matchs de rêves que tout le monde espérait continuent de se faire attendre.

Coaching défaillant

La nomination de Mike Brown à la tête des Lakers avait dans le temps fait couler pas mal d’encre, beaucoup estimant qu’il n’était pas fait pour le poste (Brian Shaw avait la préférence des fans et de certains joueurs). Avec une starting lineup cinq étoiles, on se disait pourtant qu’il avait la possibilité de faire quelque chose de correct. Et pourtant les premiers matches vont amener les premiers doutes. Mike Brown ne parvient pas à trouver le bon équilibre et à faire de cette association de talents une équipe. Pis, il se fait hara-kiri en  décidant d’instaurer la Princeton Offense. Finalement cette idée sera un échec et il sera congédié après seulement six matches. Il faut dire que son bilan était loin de plaider en sa faveur (un match gagné pour cinq défaites en plus de la totalité des matchs de pré-saison perdus). Son remplaçant Mike D’Antoni, réputé pour savoir utiliser au mieux Steve Nash, n’a pour le moment pas réussi à inverser la vapeur. L’ex-coach des Suns et des Knicks est un partisan de l’attaque à outrance et ne se préoccupe pas de l’assise défensive de ses équipes. Vouloir jouer le run and gun avec un effectif aussi vieillissant est une gageure, mais surtout délaisser la défense à ce point frise l’inconscience. Les Lakers affichent à présent l’un des pires bilans défensifs de la saison et au vu des derniers matchs ça ne semble pas près de s’améliorer. Pour le moment l’alchimie est très loin d’avoir été trouvée. Malgré deux éléments réputés dominateurs dans la peinture (Gasol et Howard) les Lakers sont loin d’être brillants dans ce secteur, les trop nombreux changements dans le cinq de départ au gré des blessures ne favorise pas les automatismes et même la gestion de la gonfle en attaque suscite des interrogations avec un Kobe Bryant trop omniprésent. Alors que l’on s’approche à grands pas de la mi-saison, les Lakers ne sont toujours pas une équipe jouant ensemble et vu que D’Antoni persiste dans ces options, difficile d’être optimiste.

Un avenir hypothéqué?

Au vu de tous ces errements on se demande bien comment les Lakers arriveront à rebondir en cas de non-qualification aux playoffs. L’effectif sera encore plus âgé l’an prochain, et même s’il est épargné par les blessures il est peu probable qu’il soit un candidat au titre. Pour se sortir de cette mauvaise passe la solution pourrait être un nouveau changement de coach mais au vu de l’urgence de la situation, il est peu probable que cela suffise à sauver les meubles. Pour ne rien arranger les Lakers qui ont cédé pratiquement tous leurs tours de draft futurs sur les prochaines années ne pourront même pas se payer le luxe d’espérer se refaire via un pick. Il ne reste plus que les trades pour apporter du sang neuf. Le General Manager, Mitch Kupchak a beau être l’un des plus fins négociateurs de la ligue, il lui sera très difficile d’améliorer cet effectif sur lequel plane encore des incertitudes. Si Kobe Bryant terminera très certainement sa carrière en pourpre et or, on ne peut en dire autant de ses coéquipiers. Bien malin qui peut affirmer que Steve Nash ira au terme de son contrat et surtout s’il restera aussi compétitif à plus de quarante ans. Dwight Howard n’a pas encore prolongé et même s’il est bien parti pour rester, il pourrait faire faux bond dès la fin de la saison. Pau Gasol qui entretient des relations plutôt tièdes avec Mike D’Antoni pourrait faire ses valises dès les prochaines semaines et être échangé. Même s’il n’est pas annoncé partant, Metta World Peace pourrait très bien être envoyé lui aussi ailleurs. Dans le pire des cas les Lakers peuvent tout miser sur la Free Agency 2014 qui s’avère plus que prometteuse. Quoi qu’il en soit il faudra tout le génie de Mitch Kupchak pour redresser la situation et si ce Big Five vient à être démanteler prématurément, ce sera un gros constat d’échec.

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