Les bons joueurs qui n’ont jamais joué en NBA
Si la NBA représente l’échelon ultime pour un basketteur professionnel, certains très bons joueurs n’ont jamais eu l’opportunité d’y évoluer, pour une raison ou une autre. Victimes de leur tempérament, d’un manque de chance, de soucis extra-sportifs ou de leur propre volonté, ces terreurs des parquets n’ont jamais pu se frotter au gratin de la balle orange. Si quelques-uns ont, malgré tout, récolté quelques lauriers, la majeure partie d’entre eux voient leurs noms associés à un sentiment de gâchis. Pour plus de lisibilité, j’ai pris le parti de subdiviser ces rois sans couronnes en plusieurs catégories.
Les poissards
Lenny Cooke

Lycéen surdoué, Lenny Cooke était considéré par tous comme le meilleur jeune joueur de sa génération. Aussi impressionnant sur le playground du Rucker Park que dans les matchs high school de La Salle Academy, Cooke avait tout pour dominer. Cependant sa carrière naissante va connaitre un premier gros couac durant le ABCD Camp 2001 où il affrontera le jeune LeBron James. Après que James ait prit le dessus sur Cooke en finale du camp, le limitant à neuf points en plus d’inscrire le shoot de la gagne face à lui, la confiance du jeune new-yorkais va décliner. A cause de ses mauvaises notes, il se voit obliger de quitter son lycée d’Old Tappan pour aller finir son cursus à la Mott High School de Flint (Michigan). Mal conseillé, il décide de faire l’impasse sur la fac malgré quelques propositions alléchantes et se présente directement à la draft 2002. Handicapé par sa mauvaise réputation, il n’est retenu par aucune Franchise à sa grande surprise. Il se retrouve obligé de rejoindre les ligues mineures (D-League puis USBL) où il se montrera dominant. S’il participe à quelques camps d’été avec des équipes NBA, il ne sera jamais conservé par ces dernières. Il s’exile aux Philippines puis en Chine où il écrase tout. De retour aux Etats-Unis, le sort s’acharne. Il est victime d’un accident de voiture qui ruinera définitivement sa carrière de basketteur.
Ronnie Fields

Partenaire de Kevin Garnett au lycée, Ronnie Fields connaîtra une carrière moins brillante que celle de son coéquipier. Si les deux adolescents brillaient de mille feux avec la Farragut Academy de Chicago, leur manque d’entrain pour le travail scolaire va finir par leur jouer des tours. Alors que Kevin Garnett, décide de se présenter à la draft 1995, Fields choisit d’effectuer une année de plus au lycée. Sur le moment, ce n’était pas une si mauvaise idée, surtout que Fields était un des prospects les plus convoités du pays. Malheureusement, la malchance va s’en mêler. Alors qu’il domine comme jamais la ligue de l’Illinois, Fields est victime d’un accident de voiture en février 1996. Il s’en sort avec une fracture du cou qui l’oblige à porter une protection pour jouer. Cet incident malheureux aura pour conséquence de lui fermer les portes du monde professionnel. Bien que retenu par la DePaul University dans un premier temps, il doit la quitter à cause de son mauvais dossier scolaire. Pour ne rien arranger, il est dans la foulée mêlé à une sombre histoire d’abus sexuel pour laquelle il plaidera coupable. Fin 1996, il se retrouve en CBA (ligue mineure aujourd’hui disparue). En 1997, il s’inscrit à la draft mais retire finalement son nom. L’année suivante, il décide de retenter sa chance à la draft NBA mais n’est retenu par aucune Franchise. Le reste de sa carrière se déroulera à l’étranger (Philippines, Venezuela, Turquie, Liban, République Dominicaine, Puerto Rico…) et dans les ligues mineures américaines, en CBA notamment.
Raymond Lewis

Légende du streetball, Raymond Lewis fut l’une des vedettes incontestées du mythique Rucker Park dans les années 70. Il effectua son cursus à la California State University de Los Angeles où ses exploits, attirèrent l’attention des équipes NBA. Il finit par s’inscrire à la draft 1973. Retenu dès le premier tour par les Philadelphia Sixers, tout semblait aller pour le mieux. Et pourtant, l’embellie prit fin dès la pré-saison. Suite à une dispute relative à son contrat, il fut écarté de l’équipe et ne foula jamais les parquets NBA. Désireux de se relancer, il conclut un accord avec les Utah Stars (équipe ABA, ligue concurrente de la NBA aujourd’hui disparue) mais fut empêché d’y évoluer par les dirigeants des Sixers. Finalement, il quitta la Franchise à cause de ce litige financier et ne fit jamais de carrière professionnelle.
Ben « Benji » Wilson

Grand espoir du basket américain, Benji Wilson avait fait forte impression au sein de l’équipe de son lycée, Simeon. Tous s’accordaient à dire que ce jeune joueur avait tout pour briller aux échelons supérieurs. Convoité par l’University of Illinois, l’Indiana University et la DePaul University, celui qu’un de ses coachs avait surnommé Magic Johnson avec un Jump Shot sera malheureusement assassiné en 1984 lors d’une altercation, à seulement 17 ans. Sa mort tragique fit de lui un monument dans son lycée de Chicago. Nombre d’anciens joueurs de Simeon ou de Chicago passés professionnels (Nick Anderson, qui fut son coéquipier, Juwan Howard, Derrick Rose…) lui rendront hommage en adoptant son numéro de maillot, le 25.
Hank Gathers

Joueur vedette de la Loyola Marymount en ligue universitaire, Hank Gathers était l’un des prospects les plus observés du pays au poste d’ailier fort. Pressenti pour être un top pick dans la future draft 1991, il décédera sur le playground lors d’un match de la WCC. Le futur crack avait déjà été victime d’une alerte cardiaque un peu plus tôt dans la saison, mais il avait tout de même repris la compétition. Sa disparition tragique entraînera l’annulation de la WCC cette année-là. On ne saura jamais ce que Hank Gathers aurait pu montrer à l’échelle NBA.
Len Bias

Excellent durant son cursus NCAA avec l’université du Maryland, Len Bias était certain de faire partie du haut du panier de la draft 1986. Il est logiquement retenu en deuxième position par les Boston Celtics. Deux jours après la draft, il revient dans son état et est entraîné par ses amis dans une fête estudiantine en son honneur. C’est durant cette nuit que son destin va se nouer. Len consommera de la cocaïne et mourra d’une overdose. Une triste fin pour celui que certains considéraient comme un éventuel concurrent à Michael Jordan bien qu’il ne jouaient pas au même poste. Son décès aura pour principale conséquence d’entraîner un durcissement général des règles anti-drogue au sein de la ligue et au-delà, vu que la lutte contre la toxicomanie et les cartels de drogue entrera dans sa phase active par la suite.
Les flemmards
Jack Ryan

Originaire de Brooklyn, ce merveilleux shooteur à 3-points ne fit cependant pas de carrière professionnelle. Si sa légende s’est d’abord construite au sein de la John Jay High School durant ses années lycée, il ne parviendra pas à l’échelon NCAA à cause d’un dossier scolaire médiocre. Devenu un streetballer de renom par la suite, il ne parviendra pas à surmonter ses problèmes d’alcool et encore moins à faire les efforts nécessaires pour passer professionnel. Les New Jersey Nets lui offriront une chance en 1990, mais il ne saura pas la saisir. La réputation de Black Jack restera confinée au petit monde du streetball et aux rues new-yorkaises. Il fut cité par Chris Mullin comme étant le meilleur shooteur qu’il ait vu à n’avoir jamais joué en NBA.
James « Fly » Williams

Originaire de Brooklyn (New York) cet excellent show-man fera parler de lui dès le lycée. Recruté par la Austin Peay State University de Clarksville (Tennessee), il s’y illustrera deux années durant avant de décider de passer professionnel. Mais plutôt que de s’inscrire à la draft NBA, il opte plutôt pour celle de la ABA moins restrictive à ses yeux. Il est sélectionné par les Denver Nuggets (alors en ABA) au premier tour de la draft 1974 puis transféré dans la foulée aux Spirits of St-Louis où il débute sa carrière professionnelle. Malheureusement, il ne confirme pas les promesses entrevues en NCAA et ne tourne qu’à 9,4 points de moyenne dans sa saison rookie. Son individualisme dérange et son incapacité à se fondre dans un collectif ruine sa réputation. Après une saison blanche, la fusion de la ABA avec la NBA provoque la disparition de sa Franchise. Il s’inscrit alors à la draft NBA 1976 mais n’est sélectionné qu’au neuvième tour (il y avait dix tours à l’époque), en 152e position par les Philadelphia Sixers. Les Sixers ne lui offriront pas de contrat, l’obligeant à rejoindre les ligues mineures faute d’offres d’équipes NBA. Par la suite, une blessure par balle, consécutive à une tentative de braquage, l’obligera à mettre un terme à sa carrière professionnelle. Toutefois, il se reconvertira dans le streetball où il acquerra un statut de légende.
Ed « Booger » Smith

Dernière légende du streetball à avoir acquis la notoriété avant la vulgarisation d’internet, Booger Smith a préféré se faire directement de l’argent dans la rue plutôt que de rejoindre un programme universitaire ou une ligue professionnelle. Et pourtant, ce n’était pas le talent qui lui manquait. A seulement 17 ans, il était déjà à l’affiche d’un documentaire en son honneur Soul In The Hole. De plus, il a même été en couverture du prestigieux magazine Sports Illustrated (la bible des magazines de sports US) sans avoir jamais joué de match professionnel. Trop accro à la vie de rue (il a commencé la débrouille à seulement neuf ans), ce merveilleux passeur et dribbleur n’a jamais voulu aller plus haut.
Les têtes brûlées
Doug Wrenn

Joueur talentueux mais doté d’un mauvais caractère, Doug Wrenn fut l’une des terreurs des playgrounds de Seattle durant ses jeunes années, donnant notamment la leçon aux futurs NBAers Jamal Crawford, Brandon Roy et Nate Robinson. Il fut nommé High School Player of The Year de l’état du Washington. Recruté par la prestigieuse University of Connecticut, il ne s’y adaptera pas et s’engagera par la suite avec les Washington Huskies. Il n’y brillera pas plus et son étoile déclinera de façon vertigineuse. Catalogué joueur à problèmes, Doug Wrenn ne passera jamais professionnel. Son indiscipline notoire et son caractère exécrable lui fermeront les portes de la NBA. Dire qu’il fut un moment l’un des lycéens les plus convoités aux côtés de Carmelo Anthony, Dwyane Wade et LeBron James.
Joe « The Destroyer » Hammond

Autre légende du streetball n’ayant jamais foulé les parquets NBA. The Destroyer était l’un des tout-meilleurs joueurs de l’histoire du Rucker Park. Au nombre de ses exploits, un match légendaire dans lequel il avait totalement pris le dessus sur Julius Irving, inscrivant notamment 50 points en une seule mi-temps. Déscolarisé trop tôt, Hammond n’a jamais pu rejoindre la ligue universitaire. Toutefois, il aura sa chance en 1971 lors de la NBA Hardship Draft (à titre exceptionnel, les Franchises NBA avaient la possibilité de drafter des joueurs n’étant pas forcement issus du cursus universitaire, ce qui ouvrait la porte aux lycéens, amateurs et joueurs des petites ligues). Hammond sera sélectionné en cinquième position par les Los Angeles Lakers mais refusera de rejoindre la Franchise californienne. Plus tard, il déclinera également une offre de contrat d’un club ABA. Il faut dire que The Destroyer se faisait plus d’argent dans la rue et n’envisageait pas le basket comme une porte de sortie. Plus tard, il sera arrêté et condamné à onze ans de prison pour vente de drogue.
Demetrius « Hook » Mitchell

Rare légende du streetball non issue de la région new-yorkaise (il est originaire d’Oakland), Hook Mitchell fut la référence incontestée pour de nombreux jeunes joueurs californiens. Spectaculaire à souhait, capable de gestes de génie et d’exploits athlétiques (les fameux dunks par dessus des voitures), il est considéré comme l’équivalent West Coast de Earl Manigault. Malheureusement, Hook fut incapable de se tenir à l’écart du monde du crime et de la came (il a commencé à se droguer dès l’âge de douze ans). Il a notamment été incarcéré deux fois. Son parcours fut immortalisé par le documentaire Hooked: The Legend of Demetrius « Hook » Mitchell. Dire qu’il inspira des joueurs comme Gary Payton (un de ses rivaux au lycée), Jason Kidd, Antonio Davis, Brian Shaw ou Drew Gooden qui le côtoyèrent sur les playgrounds d’Oakland.
Earl « The Goat » Manigault

Surnommé The Goat (probablement une déformation de G.O.A.T, Greatest Of All Times) pour ses prouesses, Earl Manigault est considéré par beaucoup comme le meilleur streetballer de tous les temps. Il faut dire qu’il était plus que complet. Adroit, précis, athlétique, spectaculaire, d’une intelligence de jeu rare, The Goat avait pratiquement toutes les qualités du joueur de basket idéal. Seul bémol, son addiction à la drogue qui fut l’une des raisons de sa déchéance. Dès le lycée, il s’était fait épinglé pour consommation de marijuana. Condamné à seize mois de prison en 1969 pour possession de drogue, il attira l’attention du propriétaire des Utah Stars, une Franchise ABA qui le mit à l’essai après qu’il ait purgé sa peine. Il ne convaincra cependant pas le staff et ne jouera donc jamais au niveau professionnel. Par la suite, son addiction à l’héroïne le fera sombrer dans la délinquance et dans le crime. Il sera de nouveau condamné à deux ans de prison en 1977 pour une tentative de braquage. Les dernières années de sa vie seront marquées par la maladie (il souffrait du cœur). Il décédera en 1988.
Pee Wee Kirkland

Natif de New York, Richard « Pee Wee » Kirkland fait montre d’un talent basket hors norme dès son jeune âge. Il devient la star de Charles Evans Hughes High School, son lycée. Sans surprise, il poursuit sa progression à l’université au Kitrell College puis à Norfolk State University. Approché par UCLA, il renonce à intégrer ce programme, trop occupé qu’il était à se faire une réputation dans le monde du crime. En effet, s’il fut un joueur de très grand talent, Pee Wee fut également un des grands noms du trafic de drogue dans les rues de New York. Il privilégiera son ascension au sein de la criminalité, délaissant le basket professionnel. Ainsi, bien que drafté par les Chicago Bulls en 1969 (quatrième pick du treizième tour), il ne rejoindra pas l’équipe. C’est finalement en tant que streetballer qu’il construira sa réputation tout en continuant ses activités de dealer. Incarcéré à partir de 1971, il dominera comme personne les ligues de prison, confortant encore plus cette impression de gâchis.
Les non-américains
Alexander Belov

Légende FIBA, ce pivot russe fut le métronome de la sélection de l’URSS au début des années 70. Double champion d’Europe junior (1968 et 1970), il confirma son talent chez les seniors avec qui il remportera deux EuroBaskets, un titre olympique et une coupe du monde FIBA. La NBA n’aura cependant jamais l’opportunité de le voir à l’oeuvre. Sélectionné par le New Orleans Jazz (actuel Utah Jazz) lors de la draft 1975, il ne rejoindra pas la Grande Ligue, comme pratiquement tous les joueurs du bloc de l’Est de l’époque (il faudra attendre 1989 et le lituanien Sarunas Marciulionis pour voir un joueur soviétique sur un parquet NBA). Belov effectuera la totalité de sa courte carrière en Europe avec le Spartak Leningrad. Il décédera très jeune, à 26 ans, des suites d’un cancer.
Angelo « Monchito » Cruz

Originaire des Patterson Projects dans le Bronx (New York), fut une des attractions du monde du streetball new-yorkais dans les années 60. Rival de Nate Archibald, il évoluera avec All Hallows High puis DeWitt Clinton High School au lycée. Son cursus universitaire l’éloignera cependant de la grosse pomme vu qu’il rejoindra Bethany Nazarene College dans l’Oklahoma puis l’Essex County College dans le New Jersey. Alors qu’on l’imagine tenter sa chance en NBA, il décide de commencer sa carrière professionnelle à Porto Rico, son pays d’origine. En 1977, il signe avec les Indios de Canovanas. Monchito effectuera toute sa carrière à Porto Rico en dépit de la hype dont il bénéficiait dans les rues de New York. Les rares occasions de le voir à l’oeuvre furent durant les compétitions internationales (Coupes du monde FIBA, Tournois des Amériques, Jeux Olympiques, Jeux Panaméricains…) dans lesquelles il faisait souvent très bonne impression.
Oscar Schmidt

Légende absolue du basket FIBA, cet excellent arrière brésilien (il pouvait aussi jouer ailier) fut l’un des joueurs les plus dominateurs de son temps en compétition internationale. Vedette incontestée du championnat brésilien (ses numéros de maillot sont retirés dans trois équipes!), il a également évolué en Italie et en Espagne, deux pays où il a brillé. Cependant, Schmidt n’a jamais jugé bon évoluer en NBA. Les New Jersey Nets le sélectionnent à la draft 1984, mais il renonce à les rejoindre. Il aura d’autres opportunités de rejoindre la Grande Ligue plus tard, mais, il les déclinera toutes. Principale raison, sa volonté de continuer à jouer en équipe nationale (jusqu’en 1989, les joueurs NBA ne pouvaient pas jouer pour des sélections). Retraité en 2003, Oscar Schmidt a depuis fait son entrée au Hall Of Fame.
Divers
Larry Brown

Avant d’être un des meilleurs coachs NBA de tous les temps (il est au Hall Of Fame), Larry Brown fut aussi un excellent basketteur qui fut notamment le meneur de Team USA avec qui il remporta la médaille d’or aux Jeux Olympiques 1964. Drafté par les Baltimore Bullets (actuels Washington Wizards) en 1963 (55e pick), il ne rejoindra cependant pas la NBA. Il deviendra brièvement assistant coach au sein de son université de North Carolina avant de rejoindre les New Orleans Buccaners et la ABA en 1967. Larry Brown effectuera toute sa carrière de joueur au sein de cette ligue y remportant un titre, trois sélections All Star et un titre de MVP du All Star game. C’est d’ailleurs au sein de la ABA qu’il débutera sa carrière de coach en 1972 avec les Carolina Cougars.
Marques Haynes

Ce dribbleur de génie est considéré comme l’un des meilleurs ballhandlers de tous les temps. Il a d’ailleurs inspiré des futures stars NBA comme Bob Cousy et « Pistol » Pete Maravich. Cependant, il ne fera jamais admirer sa conduite de balle sur les parquets NBA (la ligue fut créée en 1946). En 1947, il rejoint les Harlem Globetrotters. Il passera toute sa carrière dans le monde du basket-spectacle.
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