Groupe B 3e journée, clap de fin pour les Pays-Bas
Rarement l’expression « groupe de la mort » aura été aussi bien choisie au vu de l’indécision qui régnait sur l’issue de ce groupe ou moment où débutait la dernière journée. Aucune nation qualifiée et aucune éliminée à l’entame de la dernière journée, des favoris aux fortunes diverses et des outsiders ayant parfaitement tenu leur rang. Cette poule n’aura en tout cas pas déçu.
Condamnée à l’exploit pour ce dernier match, les Pays-Bas minés par des dissensions internes avaient l’obligation de triompher de Portugais peu en jambes pour espérer disputer le second tour. Il fallait en outre s’imposer par au moins deux buts d’écart et espérer un succès allemand lors du match contre le Danemark pour être certain de passer. Du coup le sélectionneur néerlandais Bert Van Marwijk a concocté une formation très offensive d’entrée sacrifiant Van Bommel. Bien que leur association n’ait pas porté ses fruits lors des quarante-cinq minutes qu’ils ont eu à disputer conjointement, Huntelaar et Van Persie sont alignés ensemble. Van Der Vaart qui piaffait d’impatience est lui aussi titularisé aux côtés de Robben et Sneijder. En défense Heitinga perdait sa place au profit de Vlaar associé pour l’occasion à Mathijsen. Côté portugais le onze de départ reste quasiment le même. Helder Postiga est confirmé en pointe et Cristiano Ronaldo en dépit de son match précédent totalement raté.
Dès l’entame de la première période les Oranje jettent toutes leurs forces dans la bataille et asphyxient les lusitaniens. Ces derniers se défendent comme ils peuvent mais finissent par céder sur une magnifique frappe de Rafael Van Der Vaart. On pense alors les Pays-Bas sur la voie de la qualification mais le Portugal se ressaisit et finit même par prendre le jeu à son compte. Face à une formation coupée en deux, la Selecçao se réorganise et commence à se montrer dangereuse. La défense néerlandaise est aux abois et son milieu trop porté sur l’offensive ne parvient pas à lui prêter main-forte (Nigel De Jong ne peut pas tout faire). C’est donc logiquement que le Portugal revient à la marque par l’intermédiaire de Cristiano Ronaldo qui conclue d’une frappe magnifique un merveilleux mouvement collectif. N’eût été un bon Stekelenburg et une bonne dose de baraka, l’ailier du Real de Madrid et ses acolytes auraient même pu prendre l’avantage. A la mi-temps, les Pays-Bas sont menés aux points par un Portugal enfin convaincant.
La deuxième mi-temps ne sera pas plus heureuse pour les Oranje. Huntelaar est introuvable en pointe et le quintet offensif n’arrive pas à faire sauter le verrou portugais. Pis les Pays-Bas s’exposent aux contres, à la grande joie des Lusitaniens et d’un Cristiano Ronaldo retrouvé. Dans tous les bons coups, le capitaine portugais sonne la charge et harcèle l’arrière-garde néerlandaise qui ne doit son salut qu’à son gardien Stekelenburg et par la maladresse des attaquants adverses. Mais à force de subir elle finira par flancher. Sur un contre rondement mené, CR7 punit les Oranje et offre la victoire à ses troupes. Les Pays-Bas ne se créeront aucune occasion nette de toute la mi-temps laissant une impression d’impuissance à la fin du match. La malédiction du vice-champion du monde (aucune qualification au deuxième tour depuis 1988) a encore sévit. Sauf que cette fois les néerlandais terminent avec le pire bilan: trois défaites, aucun point marqué et seulement deux buts inscrits, ce qui au vu du potentiel offensif de l’équipe est plus que décevant. Un véritable camouflet qui fera certainement grand bruit. Cette équipe semble déjà en fin de cycle et il faudra avant toute reconstruction régler la question des égos et recréer un esprit d’équipe.
Dans l’autre match l’Allemagne qui n’avait besoin que d’un point pour composter son billet a eu le plus grand mal à se défaire de Danois accrocheurs qui pouvaient encore espérer une qualification. Malgré une partie assez maîtrisée dans son ensemble, les Allemands ne se sont pas montrés très précis devant le but. Bien qu’ayant ouvert le score par l’entremise de Luka Podolski, leur incapacité à tuer le match aura eu pour effet de redonner confiance à leurs adversaires qui parviendront à égaliser grâce au toujours décisif Krohn-Dehli. La Danish Dynamite aurait même pu prendre le meilleur si elle avait bénéficié d’un penalty suite à un duel dans la surface entre Bendtner et Badstuber. Finalement c’est Lars Bender qui fera la décision et offrira la première place du groupe à la Nationalmannschaft. En quarts les Allemands affronteront la Grèce et devront montrer plus d’efficacité pour éviter les mauvaises surprises.
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