Ligue 1 3e Journée: Chaleur et coups de froids
Que retenir de cette journée? Peu de choses au fond si ce n’est que la Ligue 1 semble être rentrée dans le rang. Lequel me diriez-vous, et bien celui qui la caractérise. Rencontres cadenassées, application défensive et prises de risques en berne. Résultat une pleine brouette de matchs nuls (6 au total) et le grand retour des 0-0 et des matchs sans relief et ce dès la troisième journée. Pour le spectacle, il faudra repasser. Certains préfèreront évoquer l’homogénéité du championnat pour justifier ces scores, mais on a bien le droit d’être difficile pour une fois surtout que ce championnat a le don de recycler son insipide disque de tactiques frileuses. C’est franchement énervant pour les (télé)spectacteurs toutes ces équipes qui jouent que pour ne pas perdre. Et le pire est que la donne risque de ne pas changer. A cette allure il sera impératif de se munir d’un oreiller à chaque fois qu’il nous viendrait à l’idée de regarder un match de Ligue 1.
A dire vrai cette journée aura au moins été marquée par une invitée inattendue: la chaleur. Elle s’est imposé dans l’essentiel des stades de Ligue 1 et a mis à rude épreuve nos valeureux (à défaut d’être tous talentueux) athlètes. Si elle dédouane partiellement ces derniers, elle n’excuse pas ce manque de résultats. Mais ne noircissons pas trop le tableau. Ce troisième round a été profitable à l’essentiel des grosses cylindrées. On avait quitté Marseille, Bordeaux et Lyon en plein doute, pointant à de peu glorieuses places au classement et incapable s’imposer et de présenter un jeu cohérent. La réaction des cadors aux pieds d’argile était donc plus qu’attendue. Après une semaine plus que compliquée (départ de Niang, affaire Ben Arfa, luttes intestines au sein de la direction, anomalie cardiaque de la nouvelle recrue Remy), l’OM s’est présenté au Vélodrome ce samedi la peur au ventre. en face un adversaire Lorientais qui ne lui réussi pas vraiment (neuf ans sans victoire au Vélodrome face à Lorient). Si la tension était extrême au coup d’envoi, le match fut plus rassurant, les marseillais ouvrant le score dès les dix premières minutes. Malgré un match plutôt correct c’est à grands coups de bol que l’OM s’est offert cette précieuse victoire. Lorient joue en effet de malchance en perdant Bourillon taclé par Ayew, puis Koné (entré à la place de Bourillon justement) en une seule mi-temps. Ajoutons à cela un Gameiro maladroit et peu inspiré, vendangeant plus que de raison et on a fait le tour des malheurs lorientais. Si Marseille s’impose au final, il n’y a pas de quoi être rassuré. L’attaque a été muette. Gignac et Remy parviendront-ils à la rebooster? Réponse la semaine prochaine. Mais de toutes façons seul compte le resultat et celui-ci empêche Marseille de s’enfoncer dans la crise.
Bordeaux a connu un sort quelque peu comparable à son homologue marseillais. On savait le groupe miné par le doute depuis la fin de l’ère Blanc. Pour ne rien arranger ça s’agite aussi en coulisses. Yoan Gourcuff a en effet décidé de mettre les voiles (il est annoncé à Lyon). Conséquence, il est éjecté de l’équipe-type et commence la rencontre contre le PSG sur le banc. Dans ce duel au sommet, les Parisiens semblent plus en jambes mais jouent de malchance et accumulent les occasions ratées. Acculés les bordelais s’en remettront aux coups de pied arrêtés. Un exercice qui leur a plutôt réussi. Au final ils s’imposent sans être franchement convaincants. Les Parisiens peuvent rager, mais ils ont laissé passer leur chance. Seule consolation pour eux, l’entame de saison manquée des autres grosses écuries leur laisse encore une chance de jouer les premiers rôles.
Du côté Lyonnais, la donne est aussi au scepticisme. Entre l’absence de résultats et une épidémie de blessures, difficile d’être guilleret. Puel déjà sous pression est donc obligé de faire ce qu’il peu avec ce qu’il a (il a au moins eu le mérite de reconnaitre enfin que la préparation est en cause). L’occasion pour les jeunes du centre de formation d’apparaitre sur la feuille de match. Le hic est que l’hémorragie ne semble pas prête de s’arrêter vu que Cissokho s’en est allé rejoindre lui aussi une infirmerie déjà bondée. Sans compter que Gassama est sorti complètement cuit. Encore heureux que Lyon ait pu s’imposer face à des promus brestois déterminés mais maladroits. Première victoire oui, mais à quel prix? Avec un effectif aussi décimé, on voit mal comment Lyon parviendra à tenir la cadence.
Si la tendance est donc au soulagement pour chez les « gros », on est moins enthousiaste chez les autres. Le leader surprise toulousain a peut-être perdu Gignac (le club n’a plus aucun vrai attaquant de pointe dans son effectif), mais a tout de même réussi à s’imposer, confortant au passage son classement. Aligné en pointe Braaten a fait un match parfait (un but, une passe décisive) malgré son manque d’automatismes à ce poste. Pas sur que ce soit suffisant surtout que les adversaires n’auront pas toujours une équipe aussi disparate que nos promus d’Arles-Avignon. Si les arlésiens ont fait ce qu’ils ont pu avec les moyens du bord pour se renforcer, ils semblent déjà condamné à redescendre à l’étage inférieur après seulement trois journées, la faute à un groupe sans cohésion. La saison risque d’être longue pour eux. Caen un autre promu a par contre le sourire. Une bonne entame de championnat malgré un coup d’arrêt pour cette troisième journée (nul blanc face à Montpellier) peut permettre à la formation de Franck Dumas d’être ambitieuse.
Les déceptions de la journée sont à mettre à l’actif de Rennes et Monaco. Si les premiers ont eu fort à faire face à des stéphanois recroquevillés devant leur but et peu réalistes, ils ont cependant déçu en attaque. Incapables de cadrer leurs frappes en dépit d’une armada offensive impressionnante, la formation bretonne n’a rassuré personne. De plus le jeu n’a pas été particulièrement fluide. Mauvais point. Les monégasques ont eux par contre enfin réussi à trouver le chemin des filets, mais ce sont avérés incapables de tenir le résultat. Après avoir mené 2-0 ils se font rejoindre par des Lensois trop heureux de s’en tirer à si bon compte. Toujours sans victoire, Monaco est bien parti pour revivre une saison à l’image de celles dont elle nous a gratifié ces dernières années, à savoir médiocre. Incroyable qu’une des meilleures formations françaises de ces vingt dernières années en soit réduite à jouer les seconds, voire les troisièmes rôles sans même manifester un semblant de révolte. Pas grand-chose à retenir des autres matchs de la journée (heureusement même dirons les mauvaises langues) si ce n’est qu’on pourra leur rejeter la faute au cas on l’on commence la semaine fatigué, tant on a baillé devant.
Trois journées et une impression de déjà vu. Sur qu’on se farcira encore énormément de matchs laborieux et insipides. Pour le moment on préfèrera guetter les derniers rebondissements du marché des transferts et attendre la journée suivante en espérant ne pas trop s’ennuyer.
Partagez ce contenu :



Laisser un commentaire