Les choix de carrière les plus étranges
Tout autant que les différents championnats et coupes, les transferts rythment le quotidien du microcosme foot. A ce titre chaque joueur en fonction de ses ambitions, de sa condition physique et des offres proposées est amener à établir des choix de carrière. Il arrive cependant que les destinations choisies s’avèrent improbables. Souvent guidées par des raisons essentiellement pécuniaires, parfois motivés par un challenge sportif, ces transferts surprenants mettent le plus souvent en veilleuse la carrière des joueurs, surtout quand ceux-ci ont encore de belles années de football devant eux. Ces choix apparaissent alors comme inappropriés au strict sens footballistique. Petit retour sur quelques-uns de ces transferts qui en auront surpris plus d’un.

Gerald Vanenburg
Pilier du PSV Eindhoven avec qui il remporta cinq championnats et une coupe des clubs champions, Vanenburg quitte les Pays-Bas en 1993 et s’engage à 29 ans avec le club japonais de Yamaha Motors (rebaptisé plus tard Jubilo Iwata), une issue étrange quand on se rappelle qu’il avait refusée une offre alléchante de l’AS Roma quelques années plus tôt. L’expérience durera trois ans, assez cependant pour sortir des mémoires des fans de foot. Il reviendra finalement dans sa ville natale Utrecht terminer la saison 1996-1997. Lors de la saison suivante il évoluera à l’AS Cannes mais ses meilleures années sont loin derrière lui. C’est finalement au TSV Munich 1860 qu’il terminera sa carrière en 2000.

Michael Laudrup
Joueur majeur du FC Barcelone de l’époque Cruijff puis du Real Madrid, le meneur de jeu Danois aura été l’un des meilleurs joueurs européens durant le début de la décennie 90. A 32 ans il décide de s’offrir une retraite dorée au Japon (alors terre d’asile privilégiée des joueurs continentaux en pré-retraite) dans le club du Vissel Kobe. Un choix qui aura surtout surpris au vu du statut de cette modeste formation qui sortait tout juste de la deuxième division nippone. De plus, Michael Laudrup était encore un titulaire indiscutable en sélection et l’éloignement de l’Europe n’est pas ce qu’il y avait de mieux lors des rassemblements. Il n’y disputera finalement que 15 matches et reviendra à l’Ajax d’Amsterdam terminer sa carrière et préparer au mieux son dernier challenge, la coupe du monde 1998 au cours de laquelle il brillera une dernière fois avant une retraite bien méritée.

Andres D’Alessandro
Révélation de la coupe du monde junior 2001 qu’il remporta avec la sélection argentine, Andrés D’Alessandro est ensuite devenu un des atouts offensifs majeurs de son club formateur River Plate aux côtés de Javier Saviola avec lequel il forma un duo meneur/avant-centre de haute qualité. Convoités par tout ce que l’Europe comptait comme clubs côtés, les deux jeunes joueurs finissent par céder aux sirènes du vieux continent. Mais alors que Saviola rejoint le FC Barcelone, D’Alessandro surprend le monde du football en s’engageant avec le VFL Wolfsburg, modeste club de milieu de tableau en Bundesliga. Un choix motivé par l’intention du jeune joueur de s’adapter aux rigueurs du football européen. Malheureusement cette signature dans une formation avec aussi peu de visibilité aura pour conséquence de précipiter la carrière de D’Alessandro dans l’anonymat. Bien qu’il aie été de l’aventure victorieuse de l’Argentine aux Jeux Olympiques d’Athènes en 2004, il se fait oublier, perd définitivement sa place en sélection et ne revient sous le feu des projecteurs qu’à la faveur d’un prêt à Portsmouth lors du mercato 2006 alors que le club se battait pour éviter la relégation. Malgré le désir du manager de Pompey, Harry Redknapp, de le conserver, il préfèrera rejoindre l’Espagne et la Real Zaragoza pour se relancer au sein d’un club comptant une forte communauté sud-américaine (notamment les frères Milito et Pablo Aimar). Malheureusement l’aventure se soldera par un retour en Argentine à San Lorenzo en 2008 avant qu’il ne rejoigne l’Internacional Porto Alegre. D’Alessandro ne sera finalement jamais devenu le grand meneur de jeu qu’on espérait.

Paraskevas Antzas
Pour une raison qui nous échappe encore, Antzas, titulaire indiscutable dans l’axe de la défense de la sélection grecque fraîchement qualifiée pour l’Euro 2004 (qu’elle remportera d’ailleurs) décide de quitter son club de l’Olympiakos Le Pirée lors du mercato 2004. Ce solide défenseur s’offre alors un nouveau défi en rejoignant le modeste club de Doxa Drama… qui évoluait alors en troisième division grecque. Un choix surprenant et limite incompréhensible qui est venu ruiner la belle mécanique d’une carrière jusque là plus que correcte pour ce joueur de 26 ans. Résultat des courses Paraskevas ne sera pas retenu pour l’Euro bien qu’il ait plus souvent joué que son partenaire de défense, le romain d’alors Dellas, manquant au passage cet exploit historique réalisé par la sélection hellène. Un contretemps qui l’encouragera à se relancer dans le club de ses débuts, le Skoda Xanthi dès l’intersaison suivante avant de revenir à l’Olympiakos en 2007. Il parviendra heureusement à regagner sa place en sélection et sera du groupe qui jouera l’Euro 2008 avant de prendre sa retraite à la fin de la saison suivante.

Fernando Cavenaghi
Buteur prodige des équipes de jeunes de River Plate, c’est au sein de son club formateur que Fernando Cavenaghi débute sa carrière, s’imposant rapidement comme un attaquant d’exception. Mais ce sont ses brillantes prestations lors du championnat mondial des moins de 20 ans de 2003 qui contribueront définitivement à sa notoriété. Alors courtisé par la quasi-totalité des plus grands clubs européens, Fernando surprend tout le monde en s’engageant en 2004 avec le Spartak de Moscou qui lui avait fait la meilleure offre financière. Un choix essentiellement guidé par des raisons pécuniaires qui s’avèrera être un véritable désastre au plan sportif. Cavenaghi ne parviendra jamais à s’adapter aux rigueurs hivernales et à la rudesse du championnat russe, n’inscrivant que 6 buts lors de sa saison la plus complète. Finalement il sera prêté à Bordeaux en 2007 et retrouvera ses sensations durant la saison 2007-2008. Lors de l’exercice suivant il prendra une part active au sacre des Girondins avant de totalement s’effondrer (à l’image de son équipe) en 2009-2010. Depuis il a fait l’objet de deux prêts. S’il n’a pas convaincu avec Mallorca, il espère pouvoir relancer sa carrière à la pointe de l’attaque de River Plate actuellement en deuxième division argentine.

Maniche
Homme de base du FC Porto période José Mourinho, Maniche était également un titulaire indiscutable en Selecçao et était globalement considéré comme l’un des meilleurs milieux de terrain de l’époque. A la surprise générale, il s’engagera avec le club russe du Dynamo Moscou à l’image de ses coéquipiers Derlei, Costinha et Seitaridis en 2005. L’expérience au sein de la super-équipe du milliardaire Alexei Fedorychev tournera court. Après seulement 12 matches, Maniche sera prêté à Chelsea dès le mercato suivant dans l’optique de rester compétitif et de gagner sa place en sélection pour la coupe du monde 2006. Il y retrouvera Mourinho mais ne fera que huit apparitions, assez cependant pour être du voyage allemand, mais pas suffisant pour faire lever l’option d’achat qu’avait le club londonien. Il tentera de se relancer en s’engageant dans la foulée à l’Atletico Madrid. Un pari réussi qui s’arrêtera lui aussi assez brutalement en 2008 quand suite à des soucis relationnels avec son entraineur Javier Aguirre il sera de nouveau prêté cette fois à l’Inter Milan pour une demi-saison avant de revenir à Madrid (un incident qui lui coutera sa place pour l’Euro 2008). L’exercice 2008-2009 sera par contre plus houleux. Il refusera de renouveler son contrat et partira de l’Atletico en très mauvais termes avec ses dirigeants. Il se laissera convaincre par la proposition du FC Cologne mais là aussi l’aventure sera brève. Dès la saison 2010-2011, il reviendra au pays au Sporting CP Lisbonne où de fréquentes blessures nuiront à sa saison et le pousseront à résilier son contrat. Il est actuellement sans club.

Costinha
Comme son partenaire Maniche, l’agressif Costinha était devenu un des éléments-clés de la sélection et du FC Porto. Comme lui il se laissera tenter par l’aventure russe et le suivra au Dynamo Moscou en compagnie de Giourkas Seitaridis en 2005, ce qui ne semblait pas être une si bonne idée pour un joueur de tout juste 29 ans. Lui non plus ne parviendra pas à s’adapter au championnat russe. A la différence de Maniche il bouclera la saison entière 2005-2006 avec le Dynamo ne disputant qu’une dizaine de matches. Un échec cuisant qui ne lui coutera cependant pas sa place en sélection et il se montrera nettement plus à son avantage lors de la coupe du monde 2006. Dès la saison suivante il s’engagera à l’Atletico Madrid avec Maniche et Seitaridis (une fois de plus) et réalisera une saison assez complète. Mais en fin d’exercice, le club madrilène ne le retiendra pas et il signera alors à l’Atalanta Bergame où il touchera le plus gros salaire à l’été 2007. Malheureusement ce sera un échec total. Trop souvent blessé, il ne fera qu’une seule apparition en Serie A et passera deux saisons entières sans disputer la moindre minute par la suite. Son club essaiera bien d’obtenir la rupture du contrat de cette star surpayée qui lui plombait les finances sans succès. Finalement les deux parties trouveront un terrain d’entente en février 2010, date à laquelle le contrat fut officiellement abrogé. Costinha arrêta sa carrière dans la foulée.

Mauro Zarate
Révélé au Velez Sarsfield son club formateur où il a rapidement fait parler de lui pour ses qualités de buteur, Mauro Zarate est vite devenu une des cibles prioritaires des scouts européens. Sur les tablettes de la quasi-totalité des grands clubs, il fait cependant le choix de privilégier l’aspect financier et en juin 2007, il signe avec Al-Sadd Doha en première division qatari à tout juste 20 ans. Ce transfert ne fut finalement qu’une excellente opération numéraire tant pour lui que pour Velez. Il n’y jouera que six matches (pour quatre buts inscrits) avant d’être envoyé en prêt à Birmingham City. Là aussi l’aventure tournera court. Zarate n’inscrit que quatre buts en quatorze apparitions et le club est relégué. Heureusement il rebondira bien vite grâce à un nouveau prêt, cette fois à la Lazio de Rome où il retrouvera toutes ses sensations (treize réalisations dès sa première saison) devenant même un des éléments-clés des Biancocelesti qui lèveront l’option d’achat dès la fin de saison. Seul problème toutes ces tribulations ne lui permettront jamais de faire son trou en sélection argentine surtout avec la concurrence féroce qui y règne pour les postes en attaque. Barré par Messi, Higuain, Agüero et Tevez, il n’a encore jamais été appelé avec les A argentins.

David Beckham
En délicatesse avec son nouvel entraîneur Fabio Capello en début de saison, David Beckham à l’image des autres vestiges de l’époque des Galactiques (Ronaldo, Michel Salgado…) n’était plus à son aise avec l’encadrement technique et l’hypothèse de son départ fut même évoquée. Alors qu’on l’imaginait rentrer en Angleterre ou s’offrir un nouveau challenge sportif dans un autre grand club européen, il surprend la planète entière en paraphant un contrat de cinq ans pour le Los Angeles Galaxy, club majeur de la faiblarde Major League Soccer américaine, à seulement 31 ans. Un choix contestable et contesté qui aura fait coulé énormément d’encre et de salive tant il semblait improbable. Après une deuxième partie de saison de qualité où il retrouva sa place de titulaire, il quitta le Real Madrid sur un titre de champion (une constante dans sa carrière) et s’en alla dans la Cité des Anges honorer son contrat. Sa côte de popularité n’aura au final pas trop souffert de ce transfert mais sportivement cela sera moins probant. Et au vu des prêts réguliers dont il faisait l’objet entre deux saisons de MLS au Milan AC et de ses performances, il était difficile de ne pas ressentir une impression de gâchis.

Sol Campbell
Il avait déjà pris tout le monde de court en rejoignant Portsmouth en 2006 après cinq saisons fructueuses à Arsenal. C’est pourtant en 2009 que Sol Campbell va estomaquer le monde du football en paraphant un contrat de cinq ans au profit de Notts County qui évoluait alors en League Two (équivalent de la quatrième division). En dépit du fait que le doyen des clubs professionnels se soit offert les services de Sven-Goran Ericksson comme manager, ce choix semblait totalement incohérent au strict plan sportif. Finalement l’aventure tournera court. Quelques jours seulement après son seul et unique match pour cette équipe il résilie son contrat et retourne à Londres s’entraîner avec Arsenal avec qui il finira par signer un nouveau bail dès l’ouverture du mercato suivant.

Christian Wilhelmsson
En 2006, le FC Nantes annonçait la signature d’une recrue de premier plan en la personne de Christian Wilhelmsson. L’ailier Suédois était jusqu’alors un des cadres du RSC Anderlecht où il était impressionnant par son volume de jeu. Sortant d’une coupe du monde réussie, tous s’accordaient à penser qu’il s’imposerait rapidement en Ligue 1. La greffe ne prit cependant pas et dès le début de l’année il était envoyé en prêt à l’AS Roma. Bloqué par son contrat avec le club Français qui végétait, il passera les saisons suivantes en prêt à Bolton puis à La Corogne.
Une fois libéré de ses engagements en 2008, il surprend tout le monde en s’engageant avec le club Saoudien d’ Al Hilal à seulement 28 ans. Depuis sa carrière se déroule dans l’anonymat du golfe persique (il a été prêté à Al Ahly de Doha pour la durée de la saison 2011-2012) et ce joueur a été oublié de tous sur le vieux continent. Paradoxalement il a réussi à conserver sa place en sélection et a même disputé l’Euro 2012 lors duquel il a été plutôt convaincant.

Youssef El-Arabi
Atout offensif numéro 1 du Stade Malherbe de Caen, Youssef El-Arabi fut l’une des attractions de la Ligue 1 saison 2009-2010. Auteur de 17 réalisations sur la saison, ses talents de buteur lui vaudront rapidement d’être courtisé par de nombreux clubs, au point qu’il annonce son intention de quitter le club en fin d’exercice. La France du football semblait à ses pieds et son départ à Marseille semblait pratiquement acquis. Cependant l’opération capote et Caen se voit obliger de devoir le céder pour rentrer dans ses fonds. Problème les offres reçues sont moins intéressantes et le jeune attaquant choisi de toutes les snober en s’engageant avec le club saoudien d’Al-Hilal moyennant un gros salaire, et ce à seulement 23 ans. Un choix étrange au regard des objectifs sportifs qui lui vaudra une nomination plus qu’abusive au Ballon de Plomb 2011. Récemment transféré à Grenade, il espère y relancer sa carrière.

Samuel Eto’o
Qui aurait pu parier qu’ un club du calibre de l’Anzhi Makhatchkala, obscure formation du championnat russe, puisse s’offrir le luxe d’enrôler l’un des tous meilleurs avant-centres en activité? En quittant l’Inter de Milan pour s’engager avec cette équipe lors de l’intersaison 2011, Samuel Eto’o aura pris la planète du foot (et peut-être la planète tout court) à contre-pied. La saison 2010-2011 de l’Inter avait il est vrai été moins probante, l’équipe ayant eu du mal à digérer l’après-Mourinho, mais le bilan de l’attaquant camerounais était tout de même très loin d’être négatif (37 buts en 53 matches dont 21 en championnat) et il est clair qu’il a encore de belles années devant lui. Mais à 30 ans, celui qui a déjà tout gagné en Europe a privilégié l’aspect financier au détriment du challenge sportif (et ce même si son nouveau club espère devenir un grand d’Europe). A la clé un contrat pharaonique de 20,5 millions d’euros net par an (plus 20 000 € par but et 10 000 € par passe décisive) faisant de lui le footballeur le mieux payé de la planète. Les plus observateurs se rappellent qu’il était déjà convoité en 2008 par le club ouzbèke FC Bundoykor prêt lui aussi à lui offrir un salaire faramineux, mais absolument personne ne pouvait s’imaginer Eto’o filer dans un club de milieu de tableau dont le dernier titre de gloire est un championnat de D2 russe remporté en 2009.

Nicolas Anelka
A regarder sa carrière de près il est clair que Nicolas Anelka a souvent fait des choix surprenants. Des tribulations qui l’auront mené dans des clubs aussi improbables (pour l’époque) que Manchester City et Bolton en passant par son exil turque à Fenerbahçe. Toutefois depuis son arrivée à Chelsea il semblait avoir trouvé enfin un club à sa mesure. Cependant dans la foulée des déboires de son club il connait un début de saison emprunté. Lui aussi fera les frais de la tentative de révolution prônée par André Villas-Boas et sera au final peu utilisé, progressivement poussé vers la sortie comme un bon tiers des cadres de l’équipe. Cependant là où les autres joueurs emblématiques des Blues faisaient le dos rond, lui choisira de quitter le club dès le mercato hivernal. Un choix sommes toutes judicieux, mais c’est la destination qui surprendra tout le monde. A 32 ans Nico rejoint le championnat chinois en paraphant un contrat de deux ans avec le Shanghai Shenshua. Dans ce championnat de seconde (voire de troisième zone), l’expérience va s’avérer plutôt chaotique. Sportivement le club n’a pas atteint ses objectifs et Anelka s’est même retrouvé temporairement avec un statut d’entraîneur-joueur suite au licenciement prématuré de Jean Tigana. Une expérience bien partie pour tourner au vinaigre mais qui pourrait évoluer positivement avec l’arrivée de Didier Drogba.
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